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Petit bilan des spectacles vus ce trimestre

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          Ceux qui me suivent l’auront remarqué, j’écris peu ces derniers temps. Je suis passée de 5/6 articles par semaine à un tous les 4 ou 5 jours, quand ce n’est pas moins. Même si mon activité culturelle s’est également réduite avec quasi aucune expo depuis le début de l’année et un peu moins de sorties théâtre que de coutume, les articles à écrire s’entassent dans mes brouillons à une vitesse affolante (je viens de passer le cap des 50 articles en retard !). Après maints atermoiements, j’ai fini par me mettre aux articles groupés pour essayer d’endiguer un peu ce flux qui menace de me submerger. Prenant exemple sur ma copine Laura du blog De ma plume à vos oreilles, j’ai décidé de vous faire un petit résumé des spectacles vus non pas ce mois-ci comme elle le propose, mais carrément ce trimestre-ci histoire de faire du vide une bonne fois pour toutes. Voici donc les pièces du théâtres, ballets ou autres spectacles de cirque vus depuis le 1° mai.

Le lac des cygnes au Palais des Congrès

          J’avais été terriblement déçue de rater Le lac des cygnes à l’Opéra cette année. Je l’avais dans mon abonnement, je l’attendais depuis presque un an, et ces foutus problèmes de santé qui ne me lâchent pas m’ont empêché de me déplacer ce jour-là (je fulmine encore). Heureusement, un ami qui me veut du bien a entendu ma détresse et m’a offert une place pour aller voir le ballet au Palais des Congrès par le Bolchoï de Minsk. Ca m’aura d’ailleurs permis de comparer avec la version du ballet national de Prague (si c’est bien son nom). Nous étions moyennement bien placés, malgré des places assez chères, et je dois avouer avoir eu un peu de mal à entrer dedans. Si la première partie ne m’a pas déplu et que je n’ai pas grand chose à lui reprocher, elle ne m’a pas non plus emballée outre mesure. Je lui ai peut-être trouvé un côté trop classique, un petit manque de modernité. En revanche, la deuxième partie m’a beaucoup plus séduite. Les costumes sont beaux, les lumières assez travaillées et bien sûr, les danseurs impeccables. D’ailleurs quelle qu’en soit la version, c’est toujours le début de la seconde partie que je préfère. Cette version est loin d’être aussi kitsch que celle vue à Prague qui m’avait laissée sur ma faim. J’ai apprécié la présence d’un orchestre. Il n’y a pas à dire, la musique de Tchaïkovski est absolument magnifique ! Pas un énorme coup de cœur mais un beau spectacle tout de même.

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Paquita à l’Opéra Garnier

          Aucun rapport avec le spectacle certes mais c’est toujours la même émotion à chaque fois que j’entre à l’Opéra Garnier. Qu’est-ce que c’est beau ! Ca aide quand même à apprécier le spectacle. J’étais placée franchement loin mais le premier rang du balcon offre toutefois une belle vue (pour la saison prochaine, je me suis procuré des jumelles pour compenser ce trop grand éloignement). Je ne connaissais pas du tout Paquita. Ni le type de ballet dont il s’agissait, ni l’histoire. Il faisait partie de mon abonnement et j’y suis allée totalement à l’aveugle. J’étais particulièrement crevée ce jour-là et je dois admettre avoir encore une fois somnolé fortement une bonne partie du spectacle (allez savoir pourquoi le ballet me fait cet effet-là : plus j’aime, plus ça m’endors, ça doit avoir un côté hypnotique je suppose). Malgré la fâcheuse tendance de mes yeux à se fermer malgré moi, je peux quand même vous dire que j’ai adoré ce spectacle foisonnant bourré d’humour. Dans l’Espagne du XIX°, amour, enlèvement, trahison et secrets de famille se succèdent à un rythme effréné. Les costumes sont riches en couleur et tout simplement magnifiques. Dans beaucoup de tableaux les danseurs sont nombreux sur scène dans des chorégraphies parfois très techniques. Le meilleur est pour la fin avec une scène de bal somptueuse où les deux danseurs principaux rivalisent de prouesses. A la fois technique et bouillonnant, avec des décors magnifiques et des costumes féeriques, le genre de ballet qui pousse les petites filles à faire de la danse et continue d’éblouir les plus grandes. Mon plus grand moment émerveillement de l’année.

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L’anatomie de la sensation à l’Opéra Bastille

          Les images que j’avais vues de ce ballet contemporain me plaisaient beaucoup, j’ai donc pris une place pour clôturer la saison. Je ne sais trop que dire de ce spectacle sinon qu’il m’a déçue. C’est très étrange car j’ai trouvé que visuellement c’était très beau. Ca joue beaucoup sur les couleurs, les formes, la géométrie. Bien que je n’apprécie guère en général les choses aussi dépouillées, j’ai trouvé qu’il y avait ici une véritable grâce. Les danseurs sont excellents, la chorégraphie souvent sensuelle et la lumière incroyable. Quel était le problème alors ? La musique. Parfaitement dissonante de bout en bout. Le hic, c’est que j’ai horreur de ça. Ca me crispe. J’ai passé tout le temps du spectacle tendue à l’extrême, à m’enfoncer les ongles dans les paumes en serrant les dents. Je ne suis pas partie histoire de ne pas déranger toute la rangée mais ça me démangeait sérieusement. J’étais tellement concentrer sur mes tympans sur le point d’exploser que je n’ai quasiment rien vu de la chorégraphie. Ils auraient dû fournir les boules Kies à l’entrée. Malgré une performance impeccable en danse, la musique absolument horripilante m’a empêché d’apprécier ce spectacle. Dommage. 

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Soirée de gala des étés de la danse au théâtre du Châtelet

         Voici plusieurs saisons que j’assiste aux étés de la danse et j’ai eu l’occasion l’année dernière de profiter de la soirée de gala qui était tout simplement sublime (mon résumé très très très enthousiaste ici). Des chorégraphies très variées qui m’avaient enchantées. J’ai donc resigné pour cette année et me suis même payé le luxe d’une bonne place. Apeès le San Francisco ballet, c’était cette année, la compagnie Alvin Ailey qui était à l’honneur. Je les avais vus il y a 2 ou 3 ans et j’avais bien aimé leurs créations même si certaines sont un peu trop modernes à mon goût. Je dois avouer que j’ai dans un premier temps été un peu déçue. Je n’ai pas retrouvé la diversité de l’année précédente. Ici, toutes les chorégraphies sont assez contemporaines, rien qui ressemble à du ballet classique. La compagnie s’inspire le plus souvent des rythmes et danses africains dans ses spectacles. Pourtant, à y regarder de plus près cette soirée offrait un très beau panel de la culture afro américaine dans ses inspirations. J’ai beaucoup aimé la plupart des chorégraphies, où le corps est souvent mis à l’honneur. Assez dépouillées, certaines sont d’une incroyable sensualité. Mais mon énorme coup de cœur a été dans la seconde partie. Une longue chorégraphie signée Alvin Ailey himself que j’ai trouvée absolument magnifique. Toute la troupe est sur scène pour une chorégraphie en plusieurs tableaux qui s’inspire du travail des esclaves dans les champs de coton sur des airs de blues et de gospel. Emouvant, magnifique, un moment riche en émotions. Malgré quelques réticences au départ, une soirée qui m’a totalement charmée avec du très grand spectacle. 

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Mistinguett au théâtre Comedia

          Nous avions failli aller voir ce spectacle à Noël avec mes parents mes les places étaient excessivement chères et nous avions peur que la qualité ne soit pas au rendez-vous. Finalement, en chargeant un spectacle à aller voir pour la Fête des Mères, je suis retombée dessus et me suis finalement décidée. Je dois admettre que j’étais tout de même un peu circonspecte… La bonne surprise c’est que nous étions très bien placées. La salle n’était pas pleine et nous avons plus ou moins pu choisir notre emplacement. Ca commençait on ne peut mieux. J’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire au début. La comédie musicale reprend l’histoire du déclin puis du retour au succès de la célèbre chanteuse de cabaret Mistinguett. J’ai toujours un peu de mal quand les acteurs portent un micro, ça me donne l’impression (à supposer que c’en soit une…) qu’ils jouent faux. Mais après un petit temps d’adaptation, je me suis franchement laissée séduire par ce spectacle. La chanteuse qui tient le rôle principal a une voix impressionnante et s’avère très crédible en Mistinguett. Le reste de la troupe n’est pas moins convaincant. J’ai beaucoup aimé les décors et costumes qui en mettent plein la vue. Bien sûr, les parties dansées sont celles que j’ai préféré : magnifiques. La musique est entraînante, avec des airs assez bien revisités et on se laisse prendre à l’histoire qui nous plonge dans le Paris des années 20. Si ça met un peu de temps à démarrer et qu’il y a bien quelques défauts, l’énergie communicative de la vedette nous fait vite oublier tout ça. Un spectacle léger et haut en couleurs qui m’a fait passer un excellent moment.

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La Verita aux Folies Bergères

         Après le cadeau de Fête des Mères, celui de Fête des Pères, avec du cirque cette fois-ci. Heureusement que mes parents viennent de temps en temps pour me sortir sinon je ne sais pas ce que je ferais ! J’aime beaucoup le cirque, en particulier les spectacles très contemporains qui offrent souvent beaucoup de poésie. Les images de celui-ci étaient… surprenantes ! et je ne savais pas trop à quoi m’attendre mais les Folies Bergères offrent généralement de beaux spectacles, je me suis donc lancée. Tout ne m’a pas emballée dans ce spectacle mais il y a énormément de bonnes choses pour un résultat plutôt réussi. La bonne nouvelle c’est que les numéros de cirque sont en grande majorité excellents. J’ai beaucoup moins aimé le fil rouge, qui permet certes de changer rapidement les décors et de passer d’un numéro à l’autre sans interruption, mais ne présente à peu près aucun intérêt et s’avère même aussi compliqué qu’agaçant. Mais bon, on est là pour voir du cirque et il est de qualité. J’ai particulièrement aimé certains numéros d’acrobaties proches de la danse, un très beau numéro de jonglage ou encore une musicienne qui fait chose tout bonnement hallucinantes. Souvent les numéros s’entremêlent et si les tableaux sont magnifiques, il est parfois difficile de savoir où porter son attention dans cet univers foisonnant. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la compagnie italienne Finzi Pasca est inventive ! Elle propose un univers burlesque parfois inquiétant inspiré de Salvador Dali. Costumes, lumières, mise en scène, tout est très travaillé pour nous présenter des scènes plus belles les unes qui m’ont souvent donné l’impression de se lire comme des peintures. Malgré un côté parfois un peu fourre-tout et désordonné, un spectacle magnifique qui propose des numéros de haute volée.

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La maison de Bernarda Alba à la Comédie Française

          Je ne sais pas pourquoi j’étais persuadée de vous avoir parlé de cette pièce de suite après l’avoir vu mais visiblement j’ai totalement oublié… Je me rattrape donc. Je ne savais de trop où je mettais les pied avec ce texte de Federico Garcia Lorca, auteur que j’aime énormément pour la poésie mais parfois moins pour le théâtre. J’étais extrêmement mal placée et une bonne partie de la mise en scène était concentrée dans mon angle mort (j’honnis les metteurs en scène qui ne travaillent que pour le carré or, aussi talentueux puissent-ils être par ailleurs). Même en me tordant le cou, je n’ai donc eu qu’une version radio pendant tout le premier acte. Pourtant, malgré ces conditions pour le moins défavorables, je dois bien dire que j’ai de suite adoré cette pièce. La mise en scène est sobre mais magnifique. Décor simple mais efficace (très ingénieux, comme je les aime), belle lumière, ambiance tamisée qui se tend peu à peu : on se laisse emmener dans ce huis clos entre femmes. Les comédiennes sont excellentes et campent leur rôle à la perfection. La tenson devient vite palpable et on sent le drame inéluctable. Une pièce magnifique, joliment mise en scène et magistralement interprétée. Mon gros coup de cœur théâtral de cette fin d’année.

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          Je ne m’en étais pas rendu compte mais j’ai vu très peu de pièces ces trois derniers mois malgré les nombreuses que comportaient mes divers abonnements. Je n’ose même pas regardé combien de pièces de théâtre j’ai raté cette année… En revanche, même si je suis très déçue de ne pas avoir pu aller voir Les enfants du Paradis que j’attendais avec impatience, beaucoup de ballets vus ce trimestre. Moi qui n’allais quasi jamais voir de danse il y a encore deux ans à peine, je me rattrape sérieusement ! Je suis également allée faire un tour à La Villette Sonique, que j’ai fui au pas de course en voyant la foule, et au Paris Jazz Festival au Parc Floral (que je visitais au passage pour la première fois) où j’ai trouvé l’ambiance aussi sympa que la programmation. L’été s’annonce calme mais je m’acharne à m’abonner à l’opéra pour la programmation de danse, à la Comédie Française pour le théâtre et au 104 pour du cirque, en espérant être plus en forme que la saison passée et à ne pas trop en manquer cette fois-ci. Moins de pièces de prévues que cette année mais je devrais tout de même avoir quelques sorties culturelles à vous raconter. Rendez-vous bientôt pour la suite.

Le chant de la terre à la Garnier

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          Suite de mon abonnement à l’opéra de Paris, exclusivement composé de ballet. Cette fois, je suis allée voir Le chant de la terre à l’opéra Garnier. Un ballet contemporain de John Neumeier. Je dois admettre que je ne savais absolument pas à quoi m’attendre avant d’y aller et que j’ai particulièrement fatiguée ce soir-là et donc assez peu réceptive. Rien à voir avec le spectacle (mais en fait si quand même un peu) mais chaque fois que je rentre à Garnier, c’est la même émotion. Cet endroit est tellement beau et chargé d’histoire, je me sens chaque fois aussi privilégiée de pouvoir y entrer. Cette parenthèse étant refermée, je dois dire qu’assez vite, ce ballet m’a laissée un peu perplexe. Pas ou peu de décor, même combat pour les costumes absolument pas tape à l’œil. Disons que c’est… épuré. Assez banal pour du contemporain mais c’est vrai que je suis toujours plus à l’aise avec les choses plus classiques. J’ai toutefois beaucoup apprécié le jeu de lumières qui semble reproduire la course du soleil ainsi que certains costumes, très sobres mais élégants.

©Ann Ray/OnP

©Ann Ray/OnP

          Si par moments j’ai trouvé ce ballet très beau, avec de grands moments de danse et une esthétique pleine de sensibilité, à d’autres j’ai eu plus de mal à en saisir le sens et j’ai parfois un peu décroché. Dans l’ensemble, j’ai trouvé que c’était plein de poésie, avec une belle musique et un équilibre intéressant entre performance et moments qui semblent plus se rapprocher de l’improvisation. Pourtant, si cette chorégraphie a tout pour séduire, j’ai eu du mal à accrocher vraiment et il m’a manqué le petit quelque chose en plus qui fait toute la différence. Il faut dire aussi qu’étant novice en la matière, j’ai souvent l’impression de manquer de références. Il y a des passages magnifiques et une belle diversité mais il manque parfois peut-être un peu de cohésion à l’ensemble, ce qui empêche sans doute de l’apprécier pleinement. En écoutant les commentaires à la sortie, visiblement je n’étais pas la seule à ne pas trop savoir que reprocher à ce spectacle sans pour autant avoir été emballée outre mesure. C’est vraiment dommage étant donné les beaux moments qu’il recèle qu’il s’en dégage parfois comme un léger parfum de confusion. Beau mais parfois décousu, un ballet poétique qui m’a un peu laissée sur ma faim.

©Ann Ray/OnP

©Ann Ray/OnP

La belle au bois dormant se réveille à Chaillot

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          Voilà un spectacle que j’ai vu il y a déjà quelques temps et dont j’ai totalement oublié de vous parler. Je dois avouer que je ne vois pas trop par quel bout prendre des choses. J’aime beaucoup les contes de fées et je m’y suis un peu intéressée à la fac (modestement, et j’ai presque tout oublié depuis). J’étais vraiment très curieuse de découvrir ce que ça allait donné, d’autant plus que j’avais a-do-ré l’excellente chorégraphie de Cendrillon l’an passé, également à Chaillot. Je n’avais pas regardé le programme de très très cette année, me fiant surtout au titre – technique de sélection pour le moins périlleuse – et j’ai été assez surprise de constater que le spectacle se déroulait dans la petite salle.

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© François Stemmer

          Sur scène, seulement 3 danseurs. L’histoire se déroule en 3 temps : un premier qui semble représenter le bonheur et l’insouciance, un second qui est celui de la rencontre avec la sorcière et la « transformation », enfin, le réveil. Le début est très lumineux. On est dans un univers léger, solaire, d’une certaine naïveté. Notre jeune Aurore, puisque c’est le nom de la Belle, danse le menuet (du moins de crois, je ne suis pas une grande spécialiste des danses des XVII et XVIII° s.) – après recherche, il s’agirait de danse baroque puisque c’est la spécialité de la chorégraphe, comme quoi je ne suis pas si mal tombée. J’ai trouvé ça très joli mais passé le plaisir immédiat que me procurait cette charmante scène, j’avoue que sur le moment je n’ai pas bien vu où ça voulait en venir. Ni le rapport avec l’histoire d’ailleurs, d’autant plus que cette première partie est assez longue. Toutefois, ça ne m’a guère empêchée de savourer.

© François Stemmer

© François Stemmer

          J’ai beaucoup moins accroché avec la partie avec la sorcière. Heureusement, elle est relativement courte parce que je crois bien que je n’ai rien aimé dedans ! Je l’ai trouvée des plus désagréables. Enfin, la sorcière n’est pas sensée nous être sympathique non plus. Et puis il faut bien faire peur aux enfants. N’empêche, je n’aurais pas été contre un endormissement de notre jeune héroïne plus expéditif. Vient ensuite le temps du réveil, la partie la plus créative avec un atterrissage dans un univers moderne et beaucoup d’humour. J’ai vraiment adoré cette fin dont la touche espièglerie est délectable. Le côté technique n’est pas en reste non plus, avec un joli mélange des genres. Si ce spectacle m’a fait douter à un moment, il s’avère au final très bien conçu avec une vraie ligne directrice. Artistiquement parlant, il parvient à créer des univers forts avec très peu de moyens. Béatrice Massin nous livre une création originale et inventive qui donne un coup de jeune à notre belle endormie.

Tutu, les Chicos Mambo dépoussièrent la danse

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          Tutu est un spectacle dont on a beaucoup parlé depuis quelques semaines. Sur scène, uniquement des hommes qui révisent les classiques de la danse, du ballet au tango en passant par la danse contemporaine. J’avoue que je n’étais pas sure d’adhérer à cet univers. Pas que je sois dénuée de toute forme d’humour mais n’étant pas très calée en danse, je n’étais pas sure d’être en mesure d’apprécier les détournements de ses codes. Mais finalement, même s’il y a deux-trois références que je n’ai qu’à moitié comprises, c’est passé tout seul. Il n’y a pas besoin d’être spécialement amateur de danse pour apprécier ce spectacle plein d’humour qui aborde beaucoup de genres différents. Chacun devrait y trouver son compte.

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          Franchement, j’ai beaucoup aimé ce spectacle plein d’humour. Dès le début, j’ai trouvé la mise en scène juste géniale. Les costumes qu’on voit sur l’affiche sont vraiment très drôles et il y a beaucoup de poésie dans ces chorégraphies. Le spectacle est découpé en saynètes qui représentent différentes danses ou des ballets célèbres. J’ai beaucoup, beaucoup ri devant leur interprétation du Lac des Cygnes : juste géniale ! Je vois une version plus classique bientôt mais je sens que je ne la regarderai plus du même œil. La compétition de GRS (Gymnastique Sportive et Rythmique) est également très drôle (et assez impressionnante techniquement). Le tutu est au cœur du spectacle, comme un fil rouge entre les séquences.

Michel Cavalca

Michel Cavalca

          Les réinterprétations sont plus ou moins réussies mais dans l’ensemble le niveau est très bon. J’ai trouvé la 2° partie moitié plus intéressante. Il faut dire que j’étais fatiguée et que la danse moderne me parler franchement moins. J’ai apprécié que malgré une bonne dose d’auto-dérision, la performance ne soit pas oubliée dans ce spectacle qui laisse la place à l’émerveillement. Les danseurs sont non seulement très bons et très beaux (ces corps, c’est juste incroyable, ça me laisse sans voix à chaque fois !) mais ils sont en plus très sympathiques et on a l’impression qu’ils ont une petite marge de manœuvre pour s’exprimer, ce qui fait qu’on a le sentiment que la personnalité de chacun ressort un peu au fil de la représentation. Un spectacle inventif et drôle qui m’a fait passer un très bon moment.

Michel Cavalca

Michel Cavalca

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Bobino

7, rue de la Gaîté

75014 Paris

Jusqu’au 24 mai 2015

De 20 à 50€

Sara Baras, un ballet flamenco d’une technique impressionnante

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          Pour Noël, avec mes parents nous sommes allés voir Sara Baras au Théâtre des Champs Élysées. Sans pratiquer ni y connaître grand chose, nous avons toujours aimé les spectacles de flamenco et en avons donc vu un certain nombre. Je n’avais jamais eu l’occasion de la voir sur scène et bien qu’ayant déjà eu l’occasion d’entendre son nom, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. J’ai eu l’agréable surprise de constater qu’on allait avoir affaire à une mise en scène très travaillée et à une troupe assez conséquente. Les premières minutes laissaient présager d’un excellent spectacle. Si ce fut le cas par bien des aspects, quelques détails sont toutefois venus tempérer mon enthousiasme.

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          Nous étions au 2° balcon face. Des places moyennes, très en hauteur et donc un peu loin de la scène, mais bien en face et avec une excellente visibilité. Pourtant, dès que les projecteurs ont éclairé la scène, nous avons été tout bonnement aveuglés. L’ambiance se veut tamisée avec de beaux jeux d’ombres. Malheureusement, vu d’en haut ben… on n’y voit rien justement. Je suppose que l’éclairage a été conçu pour être vu à hauteur de scène (du carré or quoi) et qu’on n’a pas pensé aux pauvres bougres en hauteur (qui paient quand même leur place 40€, signalons-le). Cet effet « lampe torche en pleine poire » est fort heureusement moins prononcée sur certains tableaux mais nombreux sont les moments où on ne distingue que vaguement les silhouettes. La bonne nouvelle c’est que les pieds étant presque toujours en pleine lumière, on peut quand même juger du niveau des danseurs, ce qui est après tout l’essentiel. J’ai quand même trouvé dommage que le jeu des lumières si travaillé et qui s’annonçait splendide (et il doit l’être quand on est place en bas !) et aurait dû être un gros plus devienne un frein pour apprécier le spectacle.

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          Même s’il  a un petit (gros ?) loupé coté lumières, la mise en scène est soignée avec un réel effort artistique. Des panneaux représentent les grands noms du flamenco, comme un hommage muet. Entre les morceaux, on entend des interviews sur la danse et le monde gitan. Elles sont en VO avec un accent andalous à couper au couteau, autant vous dire qu’il faut un espagnol irréprochable pour espérer suivre ! L’intention est quand même louable et ça crée une ambiance un peu particulière que j’ai beaucoup aimée. Coté technique, musiciens comme danseurs sont impressionnants. Sara Baras est époustouflante. Certains regretteront un spectacle peut-être un peut trop technique. Personnellement ça ne m’a pas trop gênée mais c’est vrai qu’on est plus dans la performance que dans l’émotion, ce qui est parfois du à juger quand on ne s’y connaît pas outre mesure. Il  a quand même quelques tableaux très poétiques avec des jeux de châles ou des robes qui ressemblent à des coquelicots. Une technique époustouflante et une belle mise en scène pour un spectacle qui ravira les amateurs de flamenco.

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Sara Baras Ballet Flamenco

Voces, suite flamenca

Théâtre des Champs Elysées

15 av Montaigne, 75008 Paris

Jusqu’au 11 janvier

De 15 à 68€