Cinéma

Les enfants de Belle Ville

          Drame iranien d’Asghar Farhadi avec Taraneh Alidoosti, Babak Ansari, Faramarz Gharibian

          Abkar vient d’avoir 18 ans. Il était en centre de détention pour mineur après le meurtre de sa petite amie en attendant d’avoir l’âge d’être exécuté. Son anniversaire sonne la fin de la trêve. Son seul espoir est de convaincre le père de sa victime d’accorder son pardon. Sa soeur et son meilleur ami vont unir leurs force pour tenter de le sauver.

          Le film est construit autour de la tension qui entoure la demande du pardon dans cette circonstance extrême. Le rythme est extrêmement lent et le style assez aride. J’ai bien aimé le tout début, ensuite j’ai été un peu déroutée par le déroulement des évènements. Le film est assez intimiste avec peu de personnages et une économie d’énergie troublante. Je n’aime pas beaucoup les engueulades au cinéma et autant vous dire que côtés cris j’ai été servie ! Des thèmes intéressants sont évoqués avec simplicité : le devoir, la religion, l’amitié, le pardon, l’amour…  C’est l’aspect de ce film qui m’a le plus convaincu. Ainsi que la manière dont le réalisateur se passe de juger ses personnages. Chacun a ses convictions et ses raisons pour cela, toutes sont exposées, sans donner de réponse au spectateur. J’ai trouvé cette manière de traiter le sujet intelligente. C’est ce qui fait tout l’intérêt de ce film par ailleurs pas dénué de défauts quant à la réalisation et au scénario. Datant de 2004 et inédit en France, il préfigure ce qui fera le succès du réalisateur notamment dans Une séparation. Trop âpre à mon goût, mais pas inintéressant, une séance mitigée.

Cinéma

360 – Fernando MEIRELLES

          Drame, romance britannique de Fernando Meirelles, avec Anthony Hopkins, Jude Law, Rachel Weisz.

          Des histoires qui s’entrecroisent, aux quatre coins du monde. Des histoires d’amour heureuses ou hésitantes, esquissées ou à venir. Sans en avoir conscience, des destins qui s’entre-mêlent, pour le meilleur ou pour le pire.

          Ce film est une réécriture de la pièce La Ronde d’Arthur Schnitzer, dont je n’avais jamais entendu parler mais ça se signale quand même. La première chose notable est le casting assez surprenant, nous proposant pêle-mêle Jude Law, Anthony Hopkins ou Jamel Debbouze. Un mélange assez improbable qui m’a intriguée et m’a donné envie d’aller voir ce qu’il en était (enfin ça et surtout le fait que c’était le seul film qui passait à l’heure qui m’arrangeait…). Honnêtement, j’étais assez septique quant au résultat et y suis allée un peu par dépit (beaucoup ?). J’étais donc assez mal disposée en entrant dans la salle et finalement, la surprise fut plutôt bonne.

          La critique était franchement moyenne quant à ce film, qui grosso modo, a été considéré comme sans intérêt. Je n’irais certes pas jusqu’à dire que c’est un chef d’oeuvre du septième art mais j’ai trouvé le résultat très agréable à regarder. J’étais fatiguée et la légèreté de l’intrigue me saillait admirablement. Je me suis laissée porter par ces histoires qui s’entrecroisent avec plaisir. Les saynètes sont un peu inégales et parfois tirées par les cheveux et le lien avec les histoires n’est pas toujours très fluide ni très crédible. Toutefois, j’ai trouvé le tout très frais et agréable à regarder. Le talent et l’énergie déployée par les acteurs y sont aussi pour beaucoup. Malgré d’indéniables faiblesses, un film léger devant lequel j’ai passé un bon moment.

Cinéma

La nostra vita

          Drame franco-italien de Daniele Luchetti avec Elio Germano, Raoul Bova, Isabella Ragonese.

        Claudio est maçon dans la banlieue de Rome et travaille sur de gros chantiers. Il est très amoureux de sa femme, enceinte de leur troisième enfant. Proche de sa famille, il a toujours pu compter sur leur soutien. Mais un drame va venir rompre cet équilibre et bouleverser sa vie. Il va devoir se battre pour s’en sortir, et recommencer à vivre.

          J’avais raté ce filma sa sortie, j’ai donc profité de son passage sur Canal+ pour rattraper mon retard. J’en avais entendu le plus grand bien. Etrangement je ne saurais pas trop dire si j’ai aimé ce film ou pas. J’ai trouvé le drame moyennement bien amené. Un peu trop manichéen peut-être : trop de bonheur avant l’accident, trop de malheur après. Ensuite j’ai trouvé la réaction de personnage assez déroutante. Il a une manière de répondre aux évènements qui m’a laissée quelque peu perplexe. La fin m’a semblé également m’a un peu dérangée. En revanche, j’ai assez aimé la sobriété de ce film, sa violence. Il est filmé de manière très froide et ne se perd pas dans un sentimentalisme qui eut été mal venu. Toutefois, si le sujet est bien traité d’un point de vue technique, l’histoire reste un peu faible pour en faire un grand film. Ni vraiment bon, ni vraiment mauvais, un résultat assez mitigé.

Cinéma

Tomboy

          Drame français de Céline Sciamma avec Zoé Héran, Malonn Lévana, Jeanne Disson.

          Lorsque la famille de Laure déménage, la petite fille très garçon manqué décide de se présenter à ses nouveaux amis sous une fausse identité. Pour eux, elle sera Mickaël. Un changement qui ne sera pas sans conséquences, pour elle comme pour son entourage.

          La thématique est intéressante et traitée habilement. On voit l’histoire des yeux de cette jeune fille qui se fait passer pour un garçon. On la voit donc jouer avec ses nouveaux amis, se disputer avec sa soeur ou tomber amoureuse. On en vient totalement à oublier qu’une petite fille se cache derrière ce petit garçon si plein de vie. Du moins jusqu’à ce que sa mère découvre ce qu’il se trame…

          J’ai bien aimé ce film qui montre sans porter de jugement. On ne tombe jamais dans le Pathos. Ce que je reprocherais peut-être à ce film c’est de suggérer les questions sans vraiment les poser, et encore moins y répondre. J’aurais peut-être préféré un traitement un peu moins frontal. Toutefois ce film est très réussi : sobre, il va droit à l’essentiel. Sur un sujet dérangeant, un film qui échappe aux clichés en choisissant un traitement un peu froid. A voir.

Cinéma

Bienvenue parmi nous

         Drame français de Jean Becker avec Patrick Chesnais, Jeanne Lambert, Miou-Mio

          Taillander a la soixantaine et est en pleine déprime. Peintre qui connaît un certain succès, il a pourtant raccroché les pinceaux. Sa femme ne sait plus quoi faire pour lutter contre son apathie et sa mauvaise humeur. Un jour il décide de partir et croise la route de Marylou. Cette adolescente paumée qui vient de se faire virer de chez elle par sa mère et son beau-père violent va lui redonner le goût de vivre.

          L’affiche était alléchante : Becker/Chesnais, on commençait bien. Et pourtant… Est-il vraiment nécessaire de se fatiguer à commenter pareille platittude ? Si je ne devais choisir qu’un mot pour définir ce film, ce serait « navrant ». L’histoire est convenue et reconvenue. On voit tout venir avec 20 bonnes minutes d’avances. Aucune surprise. Pas plus que de crédibilité d’ailleurs. Que dire que dire ?

          L’histoire ne tient pas franchement la route et est larmoyante au possible, la jeune actrice joue comme un pied, autant de suspense que dans un épisode de Bonne nuit les petits ; bref, on s’ennuie ferme. Heureusement que Patrick Chesnais vient un peu remonter le niveau, mais ça ne suffit absolument pas à sauver ce film absolument sans intérêt.