Actualité

Moi aussi, je pleure Charlie

          Ce matin, pour la première fois, j’ai eu le ventre noué en allant au boulot. Pas parce que je n’aime pas mon travail, pas parce que j’en ai marre de voir la tête de mes collègues ou que ma chef me harcèle. Non rien de tout ça, j’aime mon travail, mes collègue me font rire, ma chef est géniale, jamais au grand jamais je n’ai ressenti la plus infime angoisse avant d’aller bosser (pas ces 3 dernières années du moins). Mais ce matin, tout était différent. Ce matin, j’aurais voulu rester sous ma couette et oublier que le monde existe. Ne pas reprendre prise avec la réalité. Parce que mon travail, c’est de suivre l’actualité et que pour la première fois, ça m’a paru insurmontable.

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          Hier, en arrivant au travail, j’ai appris la nouvelle. Ca venait d’arriver. J’ai cru à une mauvaise blague de mes collègues, mais non. Non, il y a bien des fous furieux qui ont débarqué au milieu de journalistes armés jusqu’aux dents et les ont abattus de sang froid. J’aurais voulu repartir de suite pour me rendre là-bas et aller pleurer avec tous ceux qui se sont spontanément rendu sur les lieux. Les guerres, l’affaire Merah, toutes les affaires sordides, celles qui font froid dans le dos, je trouvais ça horrible, je passais une sale journée, mais j’encaissais. Mais ça ?! Je suis une lectrice de Charlie Hebdo. Occasionnelle, mais quand même. Longtemps, j’ai acheté Le canard enchaîné toutes les semaines. Les journaux satyriques ont accompagné beaucoup de mes nombreux voyages en train.

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          J’ai toujours admiré ces hommes-là, capables de rire de tout, qui trouvent toujours le bon angle pour arriver à nous faire rire même du pire. Comme beaucoup, je me suis parfois demandé s’ils allaient trop loin, je n’ai pas ri à toutes leurs blagues, mais au fond, l’humour peut-il aller trop loin ? J’aurais aimé être comme eux, avoir leur esprit, leur talent, leur impertinence. Comme beaucoup, je n’arrive pas à réaliser leur mort. Qui sera-là pour en rire cette fois ? Alors on relit en boucle l’information, on partage les dessins qui leur rendent hommage, on crie notre indignation, comme si à force de se le répéter ça allait devenir plus réel.

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          Je ne fais pas partie de ceux qui s’étonnent que ce soit arrivé en France, il y a longtemps que je sais que c’est possible. Je me suis souvent dit dernièrement que c’était même surprenant qu’on soit aussi épargnés (merci aux hommes de l’ombre qui font quand même bien leur boulot !). Non, ce qui me choque c’est qu’on s’en prenne à un journal. Un journal qui a parfois fait parler de lui mais est à l’agonie faute d’avoir suffisamment de lecteurs. Non mais allô quoi ! C’est tellement con comme idée. Franchement, avec un peu de chance, ils auraient attendu 6 moi et avec un peu de chance, le journal mourrait de lui-même, là ils ont tué les caricaturistes mais ont paradoxalement fait du journal un symbole inébranlable. Dans le genre coup foireux, ça se pose là. Bon évidemment, je raisonne comme une personne sensée, comme si le djihadisme était un truc logique, moi et ma manie de toujours vouloir comprendre.

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          J’aimerais savoir dessiner pour leur dédier une caricature, être humoriste pour qu’ils aient droit à une dernière chronique, être écrivain, chanteuse, ou que sais-je encore pour que ma tristesse laisse une trace. Mais je ne peux rien faire. Hier, quand j’ai parlé du rassemblement Place de la République, on m’a demandé « Pourquoi faire, ça ne sert à rien » et je n’ai pas su que répondre d’autre que « parce qu’on ne peut rien faire d’autre ». Mais ce n’est pas que pour ça qu’on se réunit. On se réunit parce qu’on ne peut rien faire d’autre, mais aussi parce que si on reste chez soi, notre indignation ne se voit pas. On se rassemble pour montrer que ça nous touche. Pour être tristes ensemble, pour se sentir moins seul, pour sentir qu’il y a encore des choses qui nous unissent. On se rassemble pour dire qu’on n’a pas peur, ou au contraire parce qu’on est mort de trouille mais que tous ensemble, on se sent moins vulnérable. On se rassemble pour montrer aux intégristes de tous bords qu’on est nombreux et que ça va être dur de nous éliminer tous. On se rassemble parce que c’est notre meilleure arme.

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Dimanche, on sera nombreux, qu’il pleuve ou qu’il vente, à 15h Place de la République.

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          Je sais qu’après, les gens oublieront. On retournera tous à nos petites vies, plus ou moins vite. La tristesse passera, on n’entendra plus que les haineux s’exprimer. Qui continuera à se battre alors ? où sera ce front uni ? Je n’y pense pas. Je ne suis pas très optimiste sur la nature humaine. Je me contente de me réjouir que les gens soient au moins sortis 5 minutes de leur léthargie. Dommage qu’il ait fallu 12 morts pour ça.

Mercredi prochain, un numéro de 8 pages de Charlie Hebdo paraîtra, il sera publié à 1 000 000 d’exemplaires.

Cinéma

Calvary, un film noir très réussi

Comédie dramatique, policier irlando-britannique John Michael McDonagh avec Brendan Gleeson, Chris O’Dowd, Kelly Reilly

437689.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx           La vie du père James bascule le jour où il entend une confession bouleversante. Sa fille revient au même moment dans sa vie et il va commencer à voir les choses sous un nouveau jour.

140894.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx           La fin d’année 2014 a été riche en bonnes surprises cinématographiques parmi lesquelles Calvary. Un film pour le moins austère mais extrêmement fort. Dès les premières minutes, on entre dans le vif du sujet quand le prêtre reçoit une confession très particulière. Suite à ça, sa vie va se trouver bouleversée et il va commencer à envisager les choses sous un autre angle. Sans compter l’arrivée de sa fille après une tentative de suite qui va venir perturber ses habitudes. Difficile je trouve de parler de ce film. Impossible de parler du scénario sans en dévoiler le ressort essentiel, ce qui serait un peu dommage. La trame est très simple et tout tient sur la psychologie des personnages qui est particulièrement réussie. Si certains portraits peuvent sembler caricaturaux, j’ai trouvé qu’ils fonctionnaient à merveille, amenant souvent une touche d’humour à cet univers très sombre.

517168.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx           Calvary, c’est ce genre de film où il ne se passe rien et beaucoup de choses à la fois. L’intérêt du film tient surtout dans l’évolution du personnage. Un homme à la personnalité complexe qui est partagé entre ses ouailles dont il semble proche, et sa (grande) fille, qu’il délaisse. Il va peu à peu être amené à se poser des questions sur le pardon. Le doute est au centre de cette histoire poignante. Je n’ai pas toujours trouvé les cadrages très convaincants mais le récit est filmé de manière très frontale, sans concession, ce qui lui donne une certaine rudesse qui contribue à sa force. L’interprétation de Brendan Gleeson est magistrale et le reste du casting tient également bien la route. Le résultat est un genre de thriller intimiste sur fond de religion. Vraiment surprenant. Si dans l’ensemble le film est assez lent, la fin est à la hauteur du début, ce qui n’est pas peu dire. Un film dur et austère qui n’est pas dénué d’une certaine beauté.

Cinéma

La french, un polar en demie-teinte

Drame français de Cédric Jimenez avec Jean Dujardin, Gilles Lelouche, Céline Sallette

          Marseille. 1975. Pierre Michel, jeune magistrat venu de Metz avec femme et enfants, est nommé juge du grand banditisme. Il décide de s’attaquer à la French Connection, organisation mafieuse qui exporte l’héroïne dans le monde entier.

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          Vous le savez peut-être (ou si vous ne le savez pas je vais vous l’apprendre), je suis très bon public pour les films de gangsters. Je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours aimé ça. Pour une fois ici on est plutôt du côté des gentils que des méchants, ça change. Je suis un peu jeune pour avoir suivi cette affaire mais le juge Michel est resté un grand nom dans le milieu judiciaire et j’avais hâte d’en apprendre plus sur son histoire. Par contre, il est vrai que les américains sont souvent meilleurs que nous pour ce type de films et que j’étais un peu sceptique sur le casting. Mais bon, je suis curieuse alors j’étais curieuse de voir le résultat. Honnêtement, je suis un peu mitigée sur ce film et je ne sais pas trop quoi en penser alors que je l’ai déjà vu depuis quelques temps, ce qui m’a grandement laissé le temps de réfléchir à la question.

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          Ce que j’ai aimé bien sûr, c’est l’histoire. Des malfrats et un juge incorruptible, à défaut d’être original, ça fonctionne à tous les coups. En revanche j’ai été un peu sceptique sur le casting. Jean Dujardin peine à être crédible dans des rôles sérieux – il a définitivement une tête à faire rire avec ses mimiques très marquées – même s’il s’en tire bien mieux que ce que j’aurais cru finalement. Malgré quelques scènes qui ne sont pas sans rappeler OSS 117, ça reste suffisamment rare pour qu’il soit convaincant dans la peau du juge Michel. En revanche j’ai trouvé que Gilles Lelouche manquait franchement de carrure pour le rôle de Zampa. Sur le papier ça me semblait pouvoir passer mais je ne sais pas, j’aurais attendu plus de charisme pour ce personnage, il est un peu palot. Quant à Benoît Magimel, que j’aime bien d’habitude, il en fait des tonnes et sombre dans la caricature. Cette impression de personnages en carton-pâte m’a empêchée de rentrer réellement dans ce film, surtout dans la première moitié où j’ai eu une petite impression de voir une version « polar » des Petits mouchoirs.

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          Contrairement aux apparences, je n’ai pas non plus détesté ce film. J’ai juste eu un peu de mal à rentrer dedans et j’en ai trouvé certains aspects un peu gentillets. On finit tout de même par se prendre au jeu et un certain suspens naît bien qu’on sache à l’avance comment ça finit. Le talent de Céline Sallette est sous-exploité ici, c’est dommage quand on sait de quoi elle est capable. La réalisation reste classique mais s’avère efficace et j’ai trouvé que l’image avait une assez belle patine qui fait très années 80. J’ai passé un bon moment devant ce film (ce qui est quand même l’essentiel) mais il n’est pas tout à fait assez musclé à mon goût et ne parvient à mon sens qu’à convaincre à moitié. Il a au moins le mérite de sortir des oubliettes cette affaire qui montre bien qu’en 30 ans les choses ont peu changé à Marseille. Une histoire forte et une interprétation inégale pour un film agréable mais qui manque d’envergure.

Cinéma

Vie sauvage

Drame de Cédric Khan avec Matthieu Kassovitz, Céline Sallette, David Gastou

          Quand Paco perd la garde de ses enfants, il décide de ne pas les ramener chez leur mère. Va s’en suivre une longue cavale. Ils vivront cachés sous une autre identité avec la peur d’être découverts. Une vie hors du système et proche de la nature qui va durer 11 ans.

Affiche de Vie sauvage          J’avais suivi l’histoire des Fortin au moment où elle est sortie. D’une part, parce que c’est mon travail, d’autre part parce que je suis originaire de la vallée dans laquelle ils se cachaient et que j’avais déjà eu l’occasion de les croiser. J’ai trouvé qu’ils avaient extrêmement bien géré tout ça, profitant de l’occasion pour vendre leur première interview à Paris Match (enfin, si ma mémoire est bonne), écrire un livre qui a connu un certain succès et enchaîner avec ce film, avec Matthieu Kassovitz tout de même. Pour des enfants qui ont grandi au fin fond des bois, je trouve qu’ils maîtrisent très bien le système médiatique. Les critiques étaient plutôt bonnes et j’étais assez curieuse de voir ce que ça allait donner au cinéma même si je me doutais que ça allait forcément être un peu bizarre comme expérience. Etant donné que le film n’a pas été filmé là où se sont déroulés les faits, difficile de le faire coller à mes attentes.

Extrait de Vie sauvage          Dans l’ensemble j’ai bien aimé ce film qui évoque des aspects intéressants de cette vie hors normes. Les relations entre ces enfants et leurs parents sont complexes et plutôt bien traitées. La thématique de la séparation n’est pas facile et je trouve que ça sonne assez juste. La vie dans la nature pose un certain nombre de questions sur le bonheur, l’éducation ou l’intégration à la société. On voit finalement rarement ce type de modes de vie au cinéma. Je suppose que le côté enfants sauvages doit surprendre quand on est citadin mais dans mon coin reculé de l’Ariège, nombreux sont les enfants qui vont à l’école à dos de cochon, ou même qui n’y vont pas du tout. Les Fortin ne faisaient donc pas tâche dans le paysage et y étaient même plutôt plus « civilisés » que la moyenne, ce que le film ne montre bien sûr pas, mettant l’accent sur le côté marginal de leur mode de vie et la difficulté qu’il peut représenter pour des adolescents qui rêvent d’être comme tout le monde.

Extrait de Vie sauvage          Ce qui est étrange quand on connaît un peu l’histoire, c’est qu’on s’attend à tout moment à voir les paysage que l’on connaît, les gens auprès de qui on a grandi, et on est forcément un peu déçu de ne pas les trouver là où ils auraient dû être s’il s’était agit d’un documentaire. Mais c’est une fiction, il est objectivement ridicule de s’attendre à y retrouver la réalité. J’ai toutefois trouvé que les acteurs étaient très bien choisis. Matthieu Kassovitz et Céline Sallette y sont excellents. Je dois avouer que j’ai regardé ce film avec la curiosité de voir comment serait faite cette adaptation, j’ai du mal à imaginer comment on doit l’envisager avec un regard extérieur. J’ai toutefois trouvé que la manière dont les enfants vivaient cette situation intenable était bien mise en lumière. Un film assez réussi sur la famille, la séparation et les choix de vie marginaux.

Cinéma

Une nouvelle amie, quand François Ozon offre son plus grand rôle à Romain Duris

Drame français de François Ozon avec Romain Duris, Anaïs Demoustier, Raphaël Personnaz

           A la mort de Laura, tout le monde est bouleversé, notamment sa meilleure amie, Claire, et son mari, David. Un jour, Claire découvre un lourd secret concernant celui-ci. Ils vont alors établir une relation privilégiée.

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           Pour je ne sais quelle raison, j’ai toujours eu un petit faible pour les films qui parlent d’homosexualité ou de transsexualité (ah, Almodovar !). Comme généralement j’aime bien les films de François Ozon, ça me faisait deux bonnes raisons d’aller voir celui-ci. Et puis Romain Duris en femme, je ne pouvais pas rater ça ! J’ai bien aimé ce film et pourtant je ne sais trop qu’en dire. Sur le moment, j’étais très enthousiaste, et puis, avec le temps, les petits défauts me sont apparus et j’ai du mal à les laisser de côté. C’est ça de faire ses chroniques toujours très tard : parfois, des films qu’on n’a pas trop aimés nous marquent plus qu’on ne le pensait, et d’autres qu’on a adoré laissent finalement une impression moins durable. Difficile alors de remettre ses idées dans l’ordre pour se construire un avis.

417813.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx           Je le répète, sur le moment, j’ai adoré ce film. Je n’aime pas toujours beaucoup Romain Duris qui peut s’avérer excellent mais a tendance quelque soit le rôle à garder son jeu très nerveux et pas toujours très adapté. J’ai vu beaucoup de films avec lui, j’en ai aimé la plupart, mais pour moi, il tient là son premier grand rôle de composition. Jusque-là, je le trouvais bon quand il était naturel, ici il crève l’écran en étant un(e) autre. L’acteur s’efface derrière son personnage et j’ai l’impression de le voir jouer, ou plutôt incarner, pour la première fois. Métamorphosé physiquement, il livre un jeu d’une grande sensibilité. Il prend avec ce rôle une toute autre envergure, celle d’un grand acteur. Le reste du casting est bien également, notamment Anaïs Demoustier, même s’il semble forcément un peu pâle en comparaison. Cette déclaration d’amour à Romain Duris étant faite, parlons un peu du film quand même.

maxresdefault           On suit le parcours de cet homme qui peut à peu décide de se travestir avec plaisir, voire même avec une certaine fascination. Le scénario prend peut-être quelques raccourcis. L’amie qui découvre son secret l’accepte sans doute un peu vite, une scène d’engueulade de plus aurait rendu le tout plus crédible (oui, oui, c’est moi qui dit ça !). D’une manière générale, je trouve que l’entourage ne le prend d’ailleurs pas si mal que ça. Quant au personnage de David, j’aurais apprécié avoir un peu plus accès à ses doutes dès le début. On ne voit ses craintes qu’en réponse aux réactions de son entourage. Je crois que j’aurais préféré le voir un petit peu plus seul avec lui même pour mieux ressentir ses doutes. Mais je chipote, au fond je trouve ce personnage réussi. En revanche, j’ai beaucoup aimé l’évolution du personnage de Claire, qui gagne en complexité tout au long du film. J’ai trouvé la scène dans une boîte de nuit particulièrement émouvante. C’est sans nul doute le moment fort de ce film.

cb4e5030813.png           C’est sur la fin que j’ai été un peu moins convaincue. On tombe un peu dans l’attendu, pour ne pas dire dans le mauvais scénario de série B dans le passage à l’hôpital. Certes, il se passe exactement ce qu’on attend mais justement, les choses auraient mérité d’être un eu moins téléphonées, de prendre des chemins plus détournés. A parti de là, la suite est à l’avenant (on est dans les 10 dernières minutes, donc ça passe encore). La sortie de l’hôpital est trop rapide et surtout la dernière scène un peu utopique. C’est peut-être moi qui suis pessimiste mais je n’ai pas l’impression que la plupart des gens fassent preuve d’une ouverture d’esprit sans borne quand même. Certes, c’est voulu par le réalisateur qui cherchait à faire un film idéaliste mais bon, un peu subtilité n’aurait peut-être pas fait de mal quand même. Ca doit être mon côté rabat-joie qui parle. Je suis trop terre-à-terre pour tous ces débordements d’amour. Malgré quelques légèretés dans le scénario, François Ozon signe un film agréable sur un sujet difficile. Le casting est au top et Romain Duris est bouleversant, il mérite à lui seul le déplacement. Son plus beau rôle.