Cinéma

Flight

Drame américain de Robert Zemeckis avec Denzel Washington, Don Cheadle, Kelly Reilly

          Whip est pilote de ligne expérimenté. Lors d’un vol, un incident grave survient et il parvient miraculeusement à faire atterrir l’appareil. Il aurait pu devenir un héros mais il est alcoolique et avait bu avant le vol, sa compagnie va essayer de se décharger en lui mettant l’accident sur le dos.

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          Le film démarre avec le vol catastrophe. Je ne suis pas franchement une adepte du genre mais j’ai trouvé le passage sur l’accident très réussi. On a beau savoir qu’il va réussir à se poser, l’ambiance anxiogène est très bien reconstituée. Sans nul doute la partie du film que j’ai préférée ! Je m’attendais à tout autre chose pour la suite. Je pensais qu’ayant sauvé tous ces gens en étant saoul, le pilote douterait de lui, de son rôle dans tout ça, de son nouveau statut de héros. C’est tout l’inverse ! Alors qu’il est imbus de lui-même et crie sur tous les toits que sans lui tout le monde serait mort (ce qui est vrai d’ailleurs), ce sont les autres qui l’accablent et tiennent à rejeter sur lui la responsabilité d’un accident qui ne peut en aucun cas lui incomber. J’avoue avoir été un peu perplexe et assez sceptique face à ces réactions pour le moins surprenantes. Je me suis finalement dit que ça devait être typiquement américain…

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          Malgré cette bizarrerie, l’histoire reste assez réussie, avec un anti-héros un peu paumé assez loin des stéréotypes du genre. C’est d’ailleurs là que se trouve tout l’intérêt du film, dans cette volonté de sortir un peu des sentiers battus et de présenter des personnages nuancés. Malheureusement, si l’idée était très bonne, ça se gâte sérieusement sur la fin. Si pendant quasi toute la durée du film, malgré quelques maladresses, un certain équilibre est conservé grâce aux tâtonnements de Whip et à des opinions assez diverses qui se confrontent, la fin est une véritable catastrophe. On sombre dans un moralisme d’une incroyable lourdeur avec une touche de religiosité en prime. Inutile de dire que ça gâche tout le film, dont l’intérêt tenait justement dans le côté un peu incertain d’un point de vue moral. Ca commence sur les chapeaux de roue et ça s’enfonce dans le cliché sur la fin. Un film assez moyen qui malgré de bonnes idées peine à décoller et finit par s’écraser lamentablement.

Cinéma

Blancanieves

Drame espagnol de Pablo Berger avec Maribel Verdú, Daniel Gimenez-Cacho, Ángela Molina

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          Dans les années 20 en Andalousie, Carmen est la fille dont célèbre torero dont la femme est morte en couches. Sa belle-mère acariâtre l’empêche de voir son père et elle grandit, heureuse, avec sa grand-mère. Quand celle-ci meurt, la jeune fille va devoir aller s’installer dans la demeure familiale. Elle finira par fuir dans des circonstances tragiques et sera recueillie par des nains qui vont de ville en ville pour toréer. Avec eux, elle deviendra Blancanieves et connaîtra le succès, mais surtout, elle renouera avec son douloureux passé.

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 blanca2Le succès de The Artist a donné des idées à certains et le muet revient au cinéma. Si j’aime beaucoup le cinéma muet pour les comédies, j’ai beaucoup plus de mal lorsqu’il s’agit de drames, j’étais donc quelque peu réticente. A vrai dire, je ne saurai toujours pas dire au juste si j’ai aimé. Ce film est extrêmement déroutant. Etant donné le titre, je m’attendais à une Blanche-Neige revisitée. Pourtant, ce n’est pas tout à fait le cas : l’inspiration est lointaine et d’autre contes viennent s’y mêler, comme Cendrillon. Ce mélange inattendu m’a dans un premier temps quelque peu déstabilisée. La musique m’a également laissée perplexe. Si j’ai aimé les moments enlevés, les passages typés « suspens » m’ont parfois hérissée ; un mélange violon/contrebasse qui m’a mise mal à l’aise et m’ont surtout fortement agacée (oui, je vous l’ai déjà dit, depuis quelques temps je suis parfois un peu sensible avec les musiques de film…). En revanche, beaucoup de bonnes choses du côté de l’image. Je craignais le côté hyper-esthétisant qui accompagne souvent le noir et blanc et m’avait notamment gênée dans Taboumais ici les plans sont bien moins appuyés et le réalisateur nous régale de nombre de trouvailles visuelles.

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Blancanieves         Comme je vous le disais, j’ai eu un peu de mal à accrocher au début. Malgré quelques très beaux moments, avec la grand-mère notamment, je me suis ennuyée ferme durant une (très) grosse première moitié du film. Les passages avec le père sont très réussis mais n’ont pas suffi à me sortir totalement de la léthargie dans laquelle j’étais plongée. Et puis, la rencontre avec les nains. Blancanieves se met à toréer et la magie opère enfin ! C’est beau à pleurer. Une deuxième partie exceptionnelle qui rattrape un début un peu long. Sans doute aussi parce qu’elle s’affranchit un peu du conte traditionnel et l’utilise de manière plus subtile, parvenant à trouver un ton plus percutant. Un petit bémol sur la toute fin, qui retombe un peu trop directement dans le conte pour réussir à me convaincre. Ce film est très intéressant visuellement et sort clairement du lot. Il se trouve que ce n’est pas nécessairement le type de cinéma qui me touche, d’où surement cette difficulté à rentrer dans cet univers. Toutefois, malgré cette petite réticence toute personnelle, je ne peux que reconnaître la créativité et l’intelligence de ce cinéma qui sort de l’ordinaire et fait rêver en revisitant les classiques qui peuplent notre inconscient. Un film dans lequel je n’ai pas tout aimé mais qui quand il fonctionne est vraiment magique. Un cinéma inventif qui vaut clairement le détour.

Cinéma

Hitchcock

Biopic américain de Sacha Gervasi avec Anthony Hopkins, Helen Mirren, Scarlett Johansonn

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          A plus de soixante ans, Alfred Hitchcock est une célébrité. Il est surtout le maître incontesté du suspens, avec de nombreux succès à son actif. Mais quand l’idée de son nouveau projet lui vient, personne n’y croit. Les producteurs de ne suivent pas, tout le monde le lâche, tante de la dissuader et refuse de mettre le moindre sous dans ce futur film. Seuls sa femme et son agent le suivent. Il va alors décider de se lancer seul dans l’aventure, quitte à tout perdre. Psychose allait voir le jour…   

Hitchcock

          Un des films de ce début d’année que j’attendais avec impatience. Hitchcock est un monstre du cinéma américain, il reste aujourd’hui encore une référence et tout le monde a déjà vu au moins un de ses films. Et bien sûr, Anthony Hopkins en tête d’affiche ne pouvait que faire battre mon coeur ! C’est donc avec très grand plaisir que je suis allée voir ce film dès sa sortie. Je m’attendais à des scènes assez accrochées autour de la naissance de ce projet dont personne ne voulait. J’avais supposé qu’on ne disait pas non au maître du suspens en toute impunité ! Pourtant, le film est plutôt axé sur la relation d’Hitchcock avec sa femme. En effet, si celle-ci l’a toujours soutenu et a beaucoup contribué au succès de son mari, elle est restée dans son ombre. Pas simple de vivre avec un génie ! Le scénario s’intéresse donc surtout aux relations tendues entre les deux époux, négligeant un peu celles, tout aussi électriques, avec les producteurs et autres porte-monnaies ambulants.

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          J’ai été un peu déçue par le côté parfois trop lisse de ce film. Comme je le disais, je m’attendais à des scènes vraiment plus accrochées avec les producteurs au sujet du financement. J’ai également trouvé que le maître manquait de relief, il ne semble à aucun moment hanté par le doute, alors même que tout le monde le lâche. La relation avec sa femme est en revanche traitée de manière plus intéressante, avec plus de profondeur. Certes, cet un aspect qui m’inspire beaucoup moins, mais ça reste toutefois un bel hommage à la dame. D’ailleurs, Helen Mirren est absolument parfaite et donne un peu de relief à ce film. Anthony Hopkins est quant à lui un peu fade en Hitchcock, petite déception donc quant à la prestation de cet acteur de génie. Pour ce qui est de la bande-son, je ne l’ai pas toujours trouvé très en phase avec le scénario avec parfois une musique de suspens à des moments qui ne s’y prêtent guère… L’image est quant à elle assez intéressante, bien qu’un peu trop saturée, rappelant l’univers des années 60. Un résultat en demi-teinte donc avec une histoire intéressante mais dont certains aspects ont été un peu négligés. On retrouve avec plaisir l’univers d’Hitchcock et malgré ses petites faiblesses, on regarde toutefois ce film avec plaisir. 

Cinéma

Lincoln

Drame/biopic américain de Steven Spielberg avec Daniel Day-Lewis, Sally Field, David Strathairn

          Abraham Lincoln vient d’être réélu Président des Etats-Unis, alors que la Guerre de Sécession fait rage. Il souhaite voir ce conflit meurtrier prendre fin au plus vite et profiter de cette instabilité pour abolir l’esclavage. Un changement pour lequel le pays ne semble pas vraiment prêt mais Lincoln compte bien se battre pour obtenir ce qu’il souhaite, par tous les moyens…

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          Je dois admettre mon amour certain pour ce type de films. Les histoires politiques me fascinent et j’aime découvrir la vie des grands hommes à l’écran. Je me rends également compte avec le temps que j’apprécie le cinéma hollywoodien. Certes, il en fait souvent trop, joue sur la corde sensible plus souvent que de raison, abuse des violons et autres artifices surfaits, ne se lasse pas d’être moralisateur et sacrifie parfois l’histoire au grand spectacle et pourtant, quand ça marche, c’est tellement magique ! J’ai beau trouver des tonnes de défauts à ces films calibrés pour plaire, ils n’en parviennent pas moins à me faire rêver. Telles étaient mes principales réflexions devant cet imposant Lincoln. Il faut avouer aussi, que comme je vous le disais ici, je partais déjà conquise : Lincoln sur fond d’abolition de l’esclavage, Spielberg et Daniel Day-Lewis fleuraient bon le trio gagnant, d’autant que les critiques semblaient quasi-unanimes.

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         Dès les premières minutes, j’ai trouvé le résultat presque à la hauteur de mes espérances (oui, juste presque). Commençons par l’essentiel, Daniel Day-Lewis est absolument parfait en Lincoln. Sa remarquable prestation mise à part, j’ai aimé la manière dont l’histoire était filmée avec une lumière intéressante et quelques très jolis plans. L’histoire est quant à elle évidemment grandiose, l’abolition de l’esclavage est un sujet en or ! Spielberg fait de Lincoln un président profondément humain avec ses contradictions, ses manies, ses convictions, ses doutes et ses peurs. Il fait parfois penser à un grand-père quelque peu roublard, à la fois sympathique et rassurant.

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          Je suis sortie de la salle avec l’envie d’en savoir plus sur l’homme et la période chaotique de sa présidence. On peut reprocher au film un côté un peu scolaire sur les coulisses du pouvoir et un aspect parfois un peu lisse alors même qu’il traite d’un sujet qui a déchaîné les passions (ce n’est d’ailleurs pas sans rappeler des débats récents…). Malgré ce petit bémol (et quelques longueurs), Spielberg signe ici un grand film et offre à Daniel Day-Lewis un rôle magnifique. Un très bel hommage que ce Lincoln tout en profondeur et en humanité.


Cinéma

Django Unchained

Wester américain de Quentin Tarantino avec Jamie Foxx, Christoph Waltz, Leonardo DiCaprio

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          Django était esclave dans une plantation de coton. Quand son maître décide de le vendre, il est acheté par un chasseur de prime qui lui rend sa liberté en échange d’un coup de main. Ils vont devenir associés et quand au printemps Django décide d’aller chercher sa femme vendue au terrible Mr. Candy, son nouveau ami va l’y aider malgré le danger.

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          Django Unchained était sans nul doute le film le plus attendu de ce début d’année. Il faut dire que le programme est alléchant. Depuis des années déjà, chaque nouveau film de Quentin Tarantino est un évènement. On se demande toujours ce qu’il a bien pu inventer de nouveau pour nous distraire. Cette fois, il s’attaque à un western spaghetti, genre hautement jouissif s’il en est ! Ajoutez Leonardo DiCaprio dans le rôle du grand méchant et vous comprendrez la curiosité et l’attente suscitées par ce film ! Etant moi-même une grande fan du réalisateur (oui, je sais, je sais, ça manque d’originalité…), je ne pouvais que me jeter dans les salles pour le voir dès sa sortie !

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          Vous l’aurez deviné, j’étais très enthousiaste à l’idée de voir ce film, d’autant que les critiques étaient unanimes, chose extrêmement rare pour ce type de film grand public. Ma seule crainte résidait un certain amour de Tarentino pour la violence : l’hémoglobine qui gicle comme dans un cartoon, ça va, mais dès que les choses sont montrées de manière frontale, j’ai plus de mal… Dès les premiers plans, j’ai été happées dans l’univers de ce western. Rien que le générique parvient à nous mettre dans l’ambiance ! Le début du film est bien plus drôle que ce à quoi je m’attendais, c’est frais et plein d’humour, on sent qu’on va passer un grand moment !

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          Que dire sans tomber dans une grande banalité ? C’est drôle, l’histoire est prenante et bien construite, on retrouve tous les ingrédients d’un bon western spaghetti, les acteurs sont impeccables, il y a de l’action, les images sont magnifiques et la musique est géniale. Certes, c’est un peu violent par moments mais c’est souvent filmé avec suffisamment de recul et d’humour pour ne pas choquer et les rares scènes psychologiquement difficiles sont quant à elles plutôt dans la suggestion. Un film grand spectacle auquel je trouve rien à redire tant le divertissement est de qualité. Quentin Tarantino nous livre ici un de ses meilleurs films et on passe un excellent moment. LE film à voir en ce début d’année !!!