Mes lectures

François Cheng, de touchants entretiens avec Françoise Siri

          Ces entretiens sont issus de la série de cinq émissions «A voie nue» diffusées sur France Culture en octobre 2014. Sur un ton très personnel, François Cheng y dévoile certains épisodes de son enfance et de son adolescence chinoises, évoque la misère de ses premières années en France et son apprentissage du français. Il revient sur ses thèmes de prédilection et livre 12 poèmes inédits. 

          Certains le savent peut-être, je suis une grande admiratrice de François Cheng. J’apprécie beaucoup les textes de cet auteur, d’une grande sensibilité, même si ses romans sont bien trop rares à mon goût. Quand j’ai vu son livre d’entretiens en librairie, je n’ai bien sûr pas pu résister ! C’était l’occasion également d’apprendre à mieux connaître cet homme très discret dont je ne savais finalement pas grand chose. J’ai pris un très grand plaisir à lire ses confessions, tout en retenue. Françoise Siri sait le mener tout en douceur sur des sujets intimes, l’invitant à se dévoiler sans jamais le brusquer. J’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture qui nous fait rentrer dans l’intimité de l’auteur.

          L’entretien se construit autour de différentes questions comme l’enfance, l’apprentissage du français ou la méditation. L’occasion d’en apprendre plus sur certains aspects de la vie de l’auteur mais également sur sa manière de penser et d’envisager la vie. La journaliste aborde avec lui des questions intéressantes et leur échange tient plus de la discussion que de l’interview. J’ai été particulièrement touchée par la partie concernant son enfance et son arrivée à Paris avec notamment le choix du nom François lors de sa naturalisation, en hommage à la France. N’étant absolument pas mystique, je dois avouer que la partie consacrée à la méditation me touche moins. Les poèmes sont d’une grande sensibilités et représentatifs du style de l’auteur. Des entretiens passionnants qui permettent de découvrir un peu de l’homme qui se cache derrière les textes.

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Camus disait : « Ma patrie, c’est la langue française. » Pour moi, la langue française a forgé mon destin.

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A cause de ma longue vie, je suis porteur d’une longue mémoire chargée de vécus, de drames, de blessures subies, de blessures infligées aux autres, de passions impossibles à effacer, de nostalgies impossibles à combler.

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La seule manière d’être digne de nos morts, c’est d’aimer la vie.

Mes lectures

Heureuse surprise matinale…

          Hier, le sujet du top ten de la semaine concernait les livres qu’on attendait avec impatience. En n°1, sans la moindre hésitation, j’avais placé François Cheng. L’éternité n’est pas de trop, bien que trop romantique à mon goût, m’avait tout de même tiré quelques larmes, Le dit de Tianyi m’avait bouleversée et reste l’un de mes souvenirs de lectures les plus forts. Je n’avais qu’une peur, que François Cheng, poète et spécialiste d’art oriental, n’écrive plus de romans.

          Ce matin, je suis allée à la librairie à côté de chez moi chercher des cartons pour mon déménagement (je sais, on s’en fiche de ça). Je jette un oeil aux ouvrages tout de même en passant. Et là, que vois-je ? François Cheng écrit en gros sur une couverture. Pas d’emballement, je pense tout d’abord à un nouvel essai. Je lis la 4° de couverture pour voir tout de même quel est le sujet. Et là… ô surprise ! Un roman, c’est un romaaaaaaaan !!!!!!!!!! Vous allez encore penser que je suis totalement dingue mais j’en aurais pleuré d’émotion.

          Une question se pose maintenant. Peut-on ne pas être déçu par un auteur que l’on place ainsi au dessus de tout ? Peut-on vraiment monter plus haut quand on a déjà atteint l’Olympe littéraire ? Est-il possible d’écrire une oeuvre qui ne comporte aucun raté, seulement des prodiges de sensibilité ? Depuis des années que j’attends ce livre (depuis avril 2005 très exactement, date où j’ai lu son chef-d’oeuvre, soit 7 ans d’une attente angoissée), comment pourrait-il être à la hauteur de mes espérances ? Evidemment je pourrais choisir de ne pas le lire et de n’être ainsi jamais déçue, mais ce serait également prendre celui de rater une belle surprise.  Et cela au moment où je viens à peine de commencer un énorme pavé, reportant de plusieurs semaines sans doute le début de cette lecture… Quel suspens intenable. Le verdict, dès que possible.

          Ah, et pour vous prévenir tout de même, le premier qui ose laisser ici un commentaire de ce livre avant que je ne l’aie lu, gâchant ainsi une surprise payée par une si longue attente, sera banni à tout jamais et maudit sur 3 générations !