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Fakir : le journal qui s’engage

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          Il y a quelques mois, comme 500 000 français, je découvrais Merci Patron ! J’avais trouvé que ce film faisait tellement de bien au moral. Enfin quelqu’un de drôle, qui se met au service des autres et propose des manières d’agir intelligentes. Une sorte de Robin des Bois des temps modernes. C’était tellement rafraîchissant, ça rendait un peu espoir. Je me suis donc procuré un exemplaire de Fakir, le journal tenu par François Ruffin. J’y ai retrouvé ce que j’avais aimé dans son documentaire : l’humour, les facéties, mais aussi et surtout un vrai engagement. Un journal qui donne redonne le sourire et donne envie d’aller battre le pavé, une banderole au poing. Et comme on a eu envie de les soutenir, pour Noël, on s’est abonnés.

Fakir

          Le numéro suivant était moins drôle, mais non moins instructif, j’ai appris ce qu’était le CICE, comment ça marchait et qui s’en mettait plein les poches au passage. Et là, on ne rigole pas du tout. Surtout quand je vois comment je galère en ce moment et le fait que je n’ai droit à aucune aide, savoir que des mecs se mettent 30 millions dans les poches chaque année sans contre-partie et licencient à tour de bras au passage, je l’ai un peu mauvaise quand même (oui, la vie est injuste, bouh-ou). Dans chaque numéro, une grande part est laissée aux lecteurs et contributeurs bénévoles, l’équipe étant restreinte. Mais il y a aussi quelques dossiers plus fournis sur des sujets d’actu. C’est pas mal ciblé soutien aux ouvriers (du Nord, souvent) des entreprises qui délocalisent.

Fakir

          C’est assez éloigné des grands journaux, tant par le ton que par le choix des sujets. Le moins qu’on puisse dire c’est que c’est engagé, très engagé même ! Ca change de la presse qui ronronne. Un engagement surtout local mais qu’on pourrait imaginer plus global avec d’autres moyens. On ressort de cette lecture avec l’envie de se battre un peu plus pour ses convictions. Je lis peu de journaux mais comme il n’y a qu’environ un numéro tous les deux mois, ça laisse le temps. Alors, à qui s’adresse Fakir ? Au gens de gauche d’abord. Très très à gauche, qui ont envie de lire une presse engagée, indépendante et pleine d’autodérision. N’hésitez pas à aller découvrir ce qu’ils font sur leur site internet. Franchement, ça fait un bien fou !

logo Fakir

Merci Patron !

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Film documentaire français de et avec François Ruffin

Pour Jocelyne et Serge Klur, rien ne va plus : leur usine fabriquait des costumes Kenzo (Groupe LVMH), à Poix-du-Nord, près de Valenciennes, mais elle a été délocalisée en Pologne. Voilà le couple au chômage, criblé de dettes, risquant désormais de perdre sa maison. C’est alors que François Ruffin, fondateur du journal Fakir, frappe à leur porte. Il est confiant : il va les sauver.

Merci patron, affiche

          On en a beaucoup parlé, notamment suite à sa projection Place de la République pendant les premières veillées de Nuit Debout. Après quelques ratés côté organisation, ça y est, je l’ai enfin vu, ce documentaire qui a tant fait parler de lui. Si connaissais Fakir de nom – c’est le journal dont le réalisateur est le rédac chef, je ne l’avais jamais lu, ni même tenu entre les mains. Je me doutais bien que c’était très à gauche de la gauche (surtout actuelle) mais mes connaissances en la matière n’allaient pas plus loin. Quant au documentaire, tout ce que je savais c’est que « tout le monde l’aime sauf Bernard Arnaud ». Comment ne pas se laisser appâter par tel slogan ? Cela mis à part, j’avais lu peu de critiques sur le film, pour ne pas dire pas du tout. J’y allais donc un peu à l’aveugle tout de même.

Merci patron, image du film

          Eh bien autant vous dire que je n’ai pas du tout été déçue. Même si je n’en vois plus autant qu’avant par légère flemmardise intellectuelle, je suis assez férue de cinéma engagé. Toutefois, je lui trouve bien souvent un côté austère qui peut rebuter, d’autant plus lorsqu’on est face à un documentaire. Point de cela ici ! On s’amuse avant tout. Au dépends de Bernard Arnaud, ce qui n’est pas sans ajouter du piquant à l’affaire. J’ai beaucoup, beaucoup ri devant ce film. Je suis un pacifiste convaincue (ben oui, ça doit être mon côté peu naïf qui ressort) et il y a peu j’ai eu une discussion sur les moyens d’action pour changer la société, regrettant amèrement qu’on use de la violence plutôt que de chercher des moyens plus subtils. Je rêvais d’une armée de gentlemen-cambrioleurs. Et voilà que je découvre François Ruffin et son ingéniosité au service des plus démunis : j’ai trouvé mon héros !

Merci patron, image du film

          Je ne vais pas vous raconter tout le film parce qu’il y a quand même un petit suspens qui se crée autour de la résolution du conflit et ce serait dommage de vous le gâcher. J’ai en tout cas trouvé que François Ruffin mettait une énergie, une bonne humeur et un certain sens de la ruse au profit de ceux qui en ont besoin assez appréciable. J’aurais aimé avoir quelqu’un comme lui pour régler mes galères administratives ! C’est certes une goutte d’eau dans un océan d’emmerdes et de cas désespérés mais tout de même, ça fait du bien au moral. Il a un petit côté Robin des Bois qui me l’a rendu très sympathique. On sent également qu’il se délecte de la situation : être une épine dans le pied de Bernard Arnaud semble être pour lui une source de jouissance quasi-inépuisable. Le résultat m’a d’ailleurs assez bluffée et donne à réfléchir sur notre capacité à infléchir le système. Bref, vous l’aurez compris j’ai adoré ce documentaire plein d’humour et de second degré qui met en avant ceux qui en ont le plus besoin et redonne un peu d’espoir dans cette sombre période : espérons qu’il donnera des idées à certains. Un documentaire à voir absolument, un peu plus si vous êtes de gauche quand même…