Cinéma

Nos plus belles vacances, de Philippe LELLOUCHE

         Comédie familiale française de et avec Philippe Lellouche. Avec Julie Gayet, Gérard Darmon.

          Des vacances en Bretagne vue par les yeux d’un petit parigot. Autant vous dire que ça démarre mal. Les bretons sont gentils mais sont ploucs. Après un temps d’adaptation, on finit quand même par bien les aimer. Le papa parisien arrive et trouve plein d’idées géniales pour aider les habitants parce que quand même, chez eux c’est un peu le Moyen Age. Du coup, il est adopté et tout le monde est très tristes quand ils repartent.

          Je ne sais trop que dire. Des parisiens qui découvrent la campagne restent des parisiens qui découvrent la campagne. Quand on en fait partie, ça doit rappeler des souvenirs et on doit trouver ça attendrissant. Quand on a passé ses vacances du côté des « ploucs », on apprécie moins. Pas que ce soit malveillant, bien au contraire, mais une telle naïveté est horripilante. Ces vacances en technicolor sont un cliché ambulant. Que dire ? c’est navrant. C’est plein de bons sentiments, dans un été où il fait toujours beau et où  les vacances sont forcément merveilleuses. Désespérant.

Cinéma

Les infidèles

          Comédie française  de et avec avec Jean Dujardin et Gilles Lelouche.

          Les Infidèles, comme son nom l’indique, retrace l’histoire d’hommes qui trompent leur femme ou l’ont trompée. Ou parfois essaient sans y parvenir. Le film est en réalité une succession de courts-métrages qui offrent des vision très différentes du sujet.

          Je suis allée voir ce film un peu par curiosité, un peu par dépit. J’avais envie de voir si on pouvait faire un film potable d’une comédie sur l’infidélité et il n’y avait pas grand chose d’autre au cinéma à l’heure qui m’arrangeait. Pour être franche, je n’ai pas grand chose à dire de ce film. Il y a des passages plutôt drôles (pour la plupart condensés dans la bande-annonce), d’autres qui tombent un peu à plat. Dans l’ensemble, j’ai trouvé ça assez convenu, je m’attendais à plus d’audace. Si j’ai souri par moments, dans l’ensemble je me suis un peu ennuyée. J’ai trouvé qu’il y avait des longueurs et finalement assez peu de surprises. Un film divertissant mais qui manque un peu d’allant.

Cinéma

Recherche bad boys désespérément, de Julie Anne ROBINSON

          Comédie américaine de julie Anne Robinson avec Katherine Heigl, Jason O’mara, Daniel Sunjata.

          Stéphanie Plum ne manque ni de fierté ni d’aplomb, même si elle vient de se faire virer et qu’un créancier vient lui prendre sa voiture. Fauchée, elle parvient à convaincre son cousin, un type plutôt louche, de l’engager dans son agence de cautionnement… comme chasseuse de primes ! Elle n’y connait rien mais ne va pas moins se lancer aux trousses de Joe Morelli, un ancien flic suspecté de meurtre.

          Oui, je sais, c’est honteux d’aller voir ce genre de films. Mais bon, j’étais devant le cinéma, j’avais du temps et ma carte illimitée en poche et j’avais déjà vu tous les autres films qui passaient à cette heure là. Je me suis donc lancée en me disant qu’au pire, ça me donnerait toujours l’occasion de faire la sieste dans un fauteuil moelleux. Ceci étant dit, je vais être brève, pas la peine de s’étaler. On a déjà cent fois ce genre de comédie américaines pas bien futées. Quand c’est bien fait, c’est drôle et enlevé et on passe un bon moment même si on oublie ce qu’on a vu aussitôt sorti de la salle. Là, honnêtement, ce n’est pas franchement une réussite. Le scénario est plus que léger, il n’y a aucun suspense et ce n’est même pas spectaculaire (à peine une petite explosion de rien du tout). Ce n’est pas désagréable à regarder mais très entendu. Heureusement que les acteurs ne se prennent pas au sérieux et arrivent à transmettre un peu de leur amusement flagrant. Bof bof…

Théâtre

Pensées secrètes, au Théâtre Montparnasse

          Pensées secrètes, c’est d’abord et avant tout un roman génial de David Lodge, drôle et enlevé, grinçant juste ce qu’il faut, une perle d’humour anglais. C’est l’histoire d’un professeur de faculté qui entame une relation extra-conjugale avec une collègue fraîchement débarquée. Il va faire preuve de trésors d’ingéniosité pour la séduire et nous dévoilera à travers l’étude qu’il mène sur l’inconscient ses pensées les plus secrètes et inavouables.

          Adapté par Gérald Sibleyras, on peut découvrir ce texte au Théâtre Montparnasse dans une mise en scène de Christophe Lidon avec Samuel Labarthe et Isabelle Carré. Les décors sont extrêmement réussis, avec une mise en scène très inventive. Il y a notamment des jeux de lumière intéressants. Les deux acteurs restent en permanence sur scène, même lorsque leurs personnages ne sont pas sensée se croiser, les acteurs sont côte à côte. Ca marche très bien, on ne s’y perd pas (le récit marche essentiellement par monologues, ce qui fait gagner en clarté) et ça donne l’impression que les personnages continuent leur vie en dehors de l’histoire.

          La pièce est un peu longue à démarrer, nous faisant craindre le pire pendant quelques interminables minutes. Et puis ça se met en place peu à peu. Une fois le décor posé, l’histoire prend forme et on retrouve l’humour irrésistible de David Lodge. Les comédiens sont très convaincants, particulièrement Samuel Labarthe à qui le rôle va parfaitement. Finalement on rit et on prend plaisir à voir les personnages se démener dans cette histoire d’adultère. S’il manque peut-être un petit quelque chose pour en faire un grand moment ce théâtre, cette pièce est toutefois réussie et retranscrit bien l’univers d’un roman pourtant difficile à adapter. Décors et mise en scène à eux seuls valent le détour. On aimerait que toutes les pièces soient de ce niveau. A voir.

Pensée secrètes

A l’affiche jusqu’au 31 mars 2012 (ou plus)

Du mardi au samedi 20h30, et samedi 17h30

Théâtre Montparnasse

31, rue de La Gaîté

75014 Paris

 http://www.theatremontparnasse.com/

Cinéma

L’amour dure trois ans, de Frédéric Beigbeder

Comédie romantique française de Frédéric Beigbeder avec Gaspard Proust, Luise Bourgoin, Joey Starr.

          Marc Marronnier est critique littéraire et chroniqueur mondain. Après son divorce, il se met à l’écriture d’un roman acide, « L’amour dure trois ans ». Ce pamphlet misogyne sera le succès de la rentrée littéraire. Mais sa rencontre avec Alice va bouleverser sa vie. 

          Comme vous pouvez le constater, rien de très original dans l’histoire. Tous les ingrédients classiques de la comédie romantique sont là. Un homme qui en croit pas à l’amour mais qui tomba amoureux et que son passé rattrape, un scénario pour le moins classique. Frédéric Beigbeder adapte ici son propre livre, l’actualisant au passage. Je ne sais trop que dire de ce film. Je l’ai trouvé assez réussi. J’ai passé un très bon moment, j’ai beaucoup ri et je me suis même laissée surprendre par moments. Je dirais que dans l’ensemble c’est une comédie qui fonctionne bien.

          Le choix de Gaspard Proust comme double de l’auteur semble assez naturel. Je ne dirais pas franchement qu’il joue bien tant ce rôle est proche du personnage qu’on connaît. C’est d’ailleurs assez perturbant au début. Joey Starr confirme quant à lui un certain talent comme acteur, ainsi qu’une bonne dose d’humour. Les acteurs semblent s’amuser et par la même occasion, nous aussi. Un concentré de bonne humeur. Pour le reste on retrouve tout l’univers de Beigbeder, intello mondain, talentueux et jemenfoutiste. Je craignais qu’il ne sombre une fois de plus dans la facilité avec ce film mais pas du tout.

          Le film est très soigné du point de vue des décors et de la mise en scène. On peut reconnaître les lubies du réalisateur sans peine (une bibliothèque avec des livres anciens dans une salle de bain, un hommage plus que marqué à Michel Legrand, et un appartement entier couvert de livres). J’ai beaucoup apprécié cette omniprésence des livres. D’ailleurs je rêve d’avoir le même appartement que Marc Marronnier. A son habitude, Frédéric Beigbeder alterne humour subtil et grivoiseries, mais échappe cette fois au mauvais goût. Il a su recréer dans ce film l’univers de ses meilleurs livres. Si le tout manque de profondeur, il demeure brillant. Beigbeder au mieux de son talent.