Jeunesse·Mes lectures

La nuit du visiteur, le petit chaperon rouge comme vous ne l’avez jamais vu

          Si ce n’est pas son gentil petit chaperon rouge, qui donc frappe à la porte de Mère-Grand à cette heure de la nuit ? II vous faudra des nerfs d’acier pour ne pas abandonner cette lecture éprouvante en cours de route et risquer ainsi de louper la clef de l’énigme.

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          Je dois avouer que quand on m’a mis ce livre dans les mains en me forçant presque à le lire, j’étais moyennement emballée. Il faut dire que je ne savais pas trop à quoi j’avais affaire. Le titre me parlait moyennement, les dessins faisaient un peu peur et ne me plaisaient pas outre mesure, je ne savais même pas si c’était destiné aux enfants ou aux adultes. Bref, je rechignais un peu. Et puis, comme je n’avais que ça sous la main et que je fais confiance à l’amie qui me l’a prêté, je me suis décidée à l’ouvrir. Il m’a fallu quelques pages pour comprendre où l’auteur voulait en venir (il y a des fois où je ne suis pas très vive, que voulez-vous…) et à partir de là, j’ai été conquise.

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          Pour vous résumer l’histoire, la mère-grand de notre petit chaperon est dans sa chaumière et le loup frappe à sa porte. Il tente de la persuader par tous les moyens de le laisser entrer mais la vieille dame est loin d’être sénile et trouve toujours un moyen de le repousser. S’en suit une joute verbale franchement truculente. Les dessins qui rappellent le théâtre d’ombres complètent admirablement ce texte plein de malice. Je n’accroche pas spécialement au style des illustrations mais il est adapté au récit et on s’habitue si bien qu’on y prendrait presque goût.

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          J’ai beaucoup ri en lisant ce livre. J’ai même relu certains passages plusieurs fois tellement je les trouvais drôles. Chaque double page est consacrée à une nouvelle réplique des deux protagonistes, comme autant de saynètes. Certaines répliques sont vraiment très bien trouvées et c’est un plaisir de suivre cet échange rythmé. Le livre est assez court et se lit rapidement. Si j’avais des enfants, j’adorerais leur lire cette histoire. Benoît Jacques nous emmène dans son univers pour une adaptation très réussie. Un livre plein d’humour et de fantaisie qui ravira les enfants et leurs parents.

Mes lectures

Retour en absurdie, quand le langage devient un art

          Vous avez raté les chroniques de Stéphane de Groodt sur Canal+ et vous le regrettez amèrement ? Ce livre est fait pour vous ! Après Voyage en absurdie, le truculent humoriste belge revient avec le second tome de ses chroniques. Hilarant.

9782259227971           Bon, je n’ai jamais eu l’occasion de vous en parler mais voilà, je suis une grande fan des chroniques de Stéphane de Groodt dans le Supplément de Canal+. Chaque samedi ou presque a été l’occasion de rire aux larmes et j’ai été très très triste d’apprendre qu’il quittait le navire. J’aime ses jeux de mots à tiroir, la finesse de son humour et son esprit incroyable. Je rêverais d’être capable d’en faire autant. Bref, j’arrête là ma déclaration d’amour à cet homme hors du commun. Après avoir vu une bonne partie de ses chroniques, j’ai eu envie de les lire (parce que des fois on ne suit pas tout du premier coup, il faut bien l’admettre) et j’ai donc acheté le second tome, le premier n’ayant pas croisé mon chemin. Je ne sais pas pourquoi mais en partant en vacances, c’est LE livre que j’avais envie d’amener avec moi.

          J’avais beau connaître une grande partie de ces chroniques, ça ne m’a pas empêché de me choper des fous rires toute seule en les lisant. D’ailleurs c’est assez marrant comme ce ne sont pas les mêmes jeux de mots que je saisis à l’écrit et à l’oral, c’est assez déroutant. Stéphane de Groodt a été un excellent compagnon de voyage. Dans une ville dont on ne parle pas la langue, retrouver dans un livre un français aussi riche, ça fait un bien fou. Et quand une femme seule rit sous cape devant son livre dans un bar en essayant désespéramment d’être discrète, forcément, on la remarque et on lui demande ce qu’il lit. Croyez-moi, c’est l’occasion de lier connaissance. Bon, certaines chroniques sont évidemment plus drôles que d’autres et je recommande une lecture à petite dose pour éviter la saturation. Le « courrier des lecteurs » à la fin m’a un peu moins emballée mais n’en reste pas moins divertissante. Une lecture qui ravira tous les amoureux de la langue française. A éviter quand on veut rester discret : fou rire garanti !

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Plutôt que demander de l’aide à un vil-saint dont je n’ai pas-l’estime, je-ruse-allez… et tente un sauve Kippour.

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Vous ne le savez sûrement pas, et si vous le saviez vous auriez pu me prévenir, mais la semaine dernière nous avons mois, ou zomis si vous aimez les liaisons dangereuses, ou Romy si vous préférez Delon discours à de courtes intros, d’évoquer la dis-parution de Victor Hugo qui aurait eu, s’il ne s’était tu un 22 mai, 129 ans et des poussières, surtout des poussières d’ailleurs puisqu’il fut un grand inspirateur.

          Juste pour le plaisir, je vous met le lien de sa chronique le jour de la venue sur le plateau de Nabilla. J’en ris toujours autant à chaque fois, un régal ! C’est par-là !

Cinéma

Le temps de quelques jours : une passionnante incursion à l’Abbaye de Bonneval

          L’abbaye de Bonneval se situe dans l’Aveyron, sur le plateau de l’Aubrac. Une trentaine de religieuses de l’ordre Cistercien de la Stricte Observance y vivent loin du monde. Pour la première fois, elles ont accepté d’être suivies par une caméra, celle de Nicolas Gayraud.

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          Je connaissais l’Abbaye de nom pour y être allée cet été. Les religieuses y fabriquent du chocolat qu’elles vendent à l’abbaye et dans les commerces des environs. Nous avions manqué les heures d’ouverture et j’en conservais un petit regret. Quand j’ai vu à peine quelques jours plus tard qu’un documentaire leur était consacré, je n’ai pas pu résister à l’envie d’en savoir plus. Je m’attendais à quelque chose d’assez austère, comme c’et souvent le cas dans ce type de reportage. Les réalisateurs ont également tendance lorsqu’il s’agit de religion à faire dans l’esthétique très contemplative, ce qui me fait toujours un peu peur. Pourtant, bien que j’aie vu nombre de films et documentaires se passant dans des couvents, je dois avouer avoir été assez surprise par le résultat.

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          Visuellement, ce film est d’une grande sobriété. Filmé caméra à l’épaule, il se compose essentiellement de déclarations ou de conversations glanées au fil de la visite du réalisateur dans l’abbaye. Il y a passé (le temps de) quelques jours et le documentaire est découpé jour par jour, ce qui permet de voir l’évolution des relations avec les religieuses, un peu réticentes au début à s’épancher. On est donc plus proche du reportage à la Strip-tease qui nous présente des images brutes et non commentées (ou presque) que du film à proprement parler. Il m’a fallu un peu de temps pour m’y faire, préférant les choses un peu plus lissées – oui oui, je l’admets tout à fait, je peux me montrer très conformiste parfois malgré mes bonnes intentions. Pourtant, j’ai fini par me faire à ce rythme particulier et cet univers qui ne l’est pas moins.

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          J’ai été extrêmement surprise par les discours que tenaient ces religieuses, pour le moins impertinentes. Et j’ai beaucoup ri ! Il y a des réflexions tout à fait savoureuses : une première dit qu’elle est rentrée au couvent dans les années 70 et que c’était un acte purement contestataire, une seconde avoue que tout lui manque et qu’elle rêve de chaussettes Shadoks (je ne vous dit pas ce qu’elle veut voir inscrit dessus, vous ne me croiriez pas !), une autre encore refuse d’aller faire le piquer aux Vêpres. Je m’attendais à tout sauf à un discours aussi libéré et décomplexé. Et je ne vous parle pas du chocolatier athée ! Ce qui m’a étonnée, c’est la quasi-absence de discours religieux. Elles parlent de liberté, d’indépendance, de vouloir échapper au monde et ses problèmes mais très peu de Dieu. Un aspect qui m’a presque choquée tant je le trouve surprenant voire incongru. En tout, si ce documentaire est passé largement inaperçu, il ne laisse pas indifférent et mérite largement d’être vu tant il bouscule les clichés. Sautez dessus si vous en avez l’occasion, il m’a fait passer un très bon moment.

Cinéma·Mes lectures

Gemma Bovery : un livre, un film

         Martin est boulanger en Normandie. Il est passionné de littérature et Madame Bovary est son roman préféré. Quand des anglais, Charly et Gemma Bovery, s’installent en face de chez lui, il y voit un signe. Leur comportement lui semble inspiré des personnages de Flaubert. Sous le charme de la belle Gemma, il va tout faire pour influer sur son destin.

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         Gemma Bovery, c’est avant tout un roman graphique de Posy Simmonds. Après Tamara Drewe, adapté au cinéma par Stephen Frears en 2010, c’est au tour de cette histoire d’arriver sur nos écrans avec cette fois encore Gemma Atterton dans le premier rôle. L’éditeur m’a gentiment fait parvenir un exemplaire du livre afin que je puisse en parler à l’occasion de la sortie du film. Mon erreur aura été de lire le livre en premier. Ne jamais lire un livre avant d’aller voir le film qui en est tiré ! A moins d’avoir eu le temps de presque tout oublier de l’histoire, c’est s’exposer à une déception quasi-certaine. L’inverse est toujours plus flatteur. Ceci étant dit, voyons quand même ce qu’il en est de cette BD et de son adaptation au cinéma.

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         J’ai été assez surprise par le livre de Posy Simmonds avec lequel le nom de « roman graphique » prend tout son sens. Le texte est extrêmement présent, ce qui m’a franchement déroutée. On est loin de la BD traditionnelle ! Il y a pourtant un poil trop de dessin pour parler de roman illustré. Jamais l’appellation de roman graphique ne m’avait parue aussi limpide tant l’équilibre entre texte et image est fort. Les deux se complètent d’ailleurs parfaitement. Toutefois, je dois avouer qu’au début autant de texte m’a un peu rebutée. Je lis beaucoup de romans, même des pavés, mais quand j’ouvre une BD j’ai envie de quelque chose de léger, rapide, facile – dans une certaine mesure en tout cas. Je dois admettre que j’ai eu un peu de mal à me plonger dedans.

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         Après quelques pages, j’ai été assez prise par cette histoire qui ne manque pas d’humour. Cette réinterprétation d’Emma Bovary est teintée d’une ironie qui lui donne beaucoup de charme. Je me suis finalement laissée prendre au jeu de cette réécriture. A priori, je n’aime pas trop qu’on réécrive, continue ou interprète les classiques (je vous en parlais déjà pour Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary, qui décidément a du succès côté réécriture). Je suis sans doute vieux jeu mais je trouve que les classiques doivent rester à leur place, je suis toujours mal à l’aise devant la vision qu’ont les autres de ces textes qu’on connaît tous et qui souvent diffère de la nôtre. J’ai bien ressenti cette petite gêne ici mais la réécriture est tellement décalée que ça passe finalement plutôt bien.

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         Bien que très dense, le texte va droit au but et réinvente avec beaucoup d’inventivité et d’humour le roman de Flaubert. J’ai trouvé l’idée d’un homme tellement obsédé par son livre préféré qu’il tient absolument à ce que ses voisins vivent les mêmes aventures vraiment très chouette. Ca crée un décalage juste suffisant pour que la référence au texte de départ soit claire sans être pesante. Le dessin apporte souvent des nuances au texte et l’enrichit. Bien que ce ne soit a priori pas le style de BD que je préfère, je l’ai trouvé très agréable et j’ai aimé cette lecture. 

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         Le film est une adaptation très fidèle. Je l’ai vu de suite après avoir fini de lire la BD et la plupart des dialogues sont mot pour mot les mêmes que dans le texte d’origine. C’est d’ailleurs assez déroutant quand on les a encore bien en tête. J’avoue que même si j’adore Gemma Atterton, je ne l’aurai pas spécialement vue dans ce rôle. Au début, Gemma est sensée être grosse et moche du coup choisir une actrice aussi belle et qui serait sublime même avec un sac à patate me semble relativement peu judicieux. Mais bon, comme c’est une actrice que j’aime bien et que je vois finalement assez peu, ça ne m’a pas tellement dérangée.

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         J’ai bien aimé ce film mais j’ai trouvé qu’il n’apportait pas grand chose par rapport à la BD. J’ai trouvé qu’à l’écran les personnages avaient moins de profondeur que sur le papier. Gemma est moins sympathique dans le livre mais ses petits défauts agaçants la rendent aussi plus humaine. Les rares modifications apportées à l’histoire ne m’ont pas franchement convaincue. Il aurait peut-être fallu prendre un peu plus de recul avec le texte pour mieux le mettre en valeur. Je n’ai pas tout à fait retrouvé le même humour et la même fraîcheur dans le film que dans le livre.

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         Les acteurs sont assez convaincants. J’avais peur que comme à son habitude Fabrice Luchini n’en fasse trop mais contre toute attente il est assez crédible en boulanger obsédé par sa jeune voisine. Formellement parlant, le film est assez lisse. J’ai trouvé que l’histoire passait parfois un peu vite sur certains aspects. Le film m’a semblé surtout centré sur l’adultère de Gemma, passant un peu sous silence les problèmes qui font le sel de cette histoire. Je suis toutefois mauvais juge, difficile d’apprécier à sa juste valeur le film quand on a encore autant le livre en tête. Je pense que ceux qui n’ont pas lu la BD l’apprécieront bien mieux. Un livre surprenant et plein de charme et un film assez réussi, extrêmement fidèle et qui se regarde avec plaisir. Gemma Bovery mérite qu’on la découvre.

Mes lectures

Une histoire d’hommes touchante par Zep

         Après plusieurs années de séparation, une bande de copains se retrouve. Ils étaient membre d’un groupe de rock qui a été dissout après l’erreur de l’un d’eux. Sandro a su tirer son épingle du jeu et devenir une star au détriment de sa relation avec son frère. Un week-end suffira-t-il à les réconcilier ?

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          J’avais entendu dire le plus grand bien de cette BD et j’avais hâte de la lire. De l’auteur je ne connaissais que le célèbre Titeuf et j’avoue que je voyais mal ce que ça pouvait donner dans un style aussi différent. A moins de le savoir, difficile de deviner que c’est la même personne qui a donné naissance au célèbre petit garçon à la mèche et à cette histoire d’hommes mûrs aux rêves brisés. Et honnêtement, je trouve que ce sérieux lui réussit.

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          J’ai lu cette BD d’une traite. J’ai été vraiment prise par l’histoire de ces hommes qui essaient de se retrouver. L’univers très rock avait tout pour me séduire et ç’a été le cas ! J’ai également beaucoup aimé l’univers visuel très marqué avec des monochromes qui donnent un petit air mélancolique que j’ai beaucoup apprécié et mettent parfaitement en avant la subtilité de l’histoire qui se cache parfois sous le vernis de l’humour.

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          La seule chose que j’ai un peu regrettée, c’est que cette BD soit trop courte. J’aurais aimé que l’histoire soit un peu plus développée pour en profiter plus longtemps. Malgré ce léger regret, je l’ai trouvée touchante et déroulée avec intelligence. Bien que rapidement esquissées, les relations entre les personnages sonnent juste et ne sont pas dépourvues d’une certaine authenticité. Un joli texte et des dessins réussis pour une BD pour le moins séduisante.