Mes lectures

Arsène Lupin, Gentleman cambrioleur de Maurice Leblanc

Vif, audacieux, impertinent, rossant sans arrêt le commissaire, traînant les cœurs après lui et mettant les rieurs de son côté, se moquant des situations acquises, ridiculisant les bourgeois, portant secours aux faibles, Arsène Lupin, gentleman cambrioleur est un Robin des Bois de la « Belle Époque. » Un Robin des Bois bien français : il ne se prend pas trop au sérieux, ses armes les plus meurtrières sont les traits d’esprit; ce n’est pas un aristocrate qui vit comme un anarchiste mais un anarchiste qui vit comme un aristocrate.

J’avais déjà lu des Arsène Lupin étant ado mais bizarrement, jamais le premier. C’est un tort ! J’adore ce personnage charismatique et je ne doutais pas une seconde que j’allais apprécier ma lecture mais je ne m’attendais pas à un pareil coup de cœur. Dès les premières lignes je suis tombée totalement amoureuse du style. C’est enlevé, c’est léger, c’est spirituel, c’est drôle : du grand art. A tel point que j’ai relu la première page à voix haute pour mieux en profiter. C’est un véritable bonbon littéraire.

Couverture du roman Arsène Lupin Gentleman cambrioleur

Bon, par la suite le style se fait un peu plus classique, je suppose que c’est compliqué de tenir ce ton-là tout un roman. Mais ça reste d’excellente tenue et particulièrement agréable. Je trouve le personnage de Lupin absolument génial. Légèrement imbus de lui-même mais c’est un de mes personnages de fiction favoris, enfant il me faisait rêver et j’y reste assez attachée. D’ailleurs aujourd’hui encore il inspire, les adaptations de l’œuvre de Maurice Leblanc sont légion.

L’histoire est très prenante. Je me suis parfois demandé si c’était crédible mais au fond j’ai attaché peu d’importance à savoir si les exploits de Lupin étaient réalisables ou non tant c’est un plaisir de suivre ses facéties. Un vrai régal de bout en bout. Pour moi c’est un des personnages les plus marquants de l’époque. J’ai adoré redécouvrir ses aventures et ça m’a donné très envie de lire la suite. Un très gros coup de cœur pour ce classique qui a beaucoup de charme et ne manque ni d’humour ni de panache.

Portrait de Maurice Leblanc

Personne, soit, mais Arsène Lupin ? Pour Arsène Lupin, est-ce qu’il existe des portes, des ponts-levis, des murailles ? A quoi servent les obstacles les mieux imaginés, les précautions les plus habiles, si Arsène Lupin a décidé d’atteindre le but ?

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Dommage, tout de même, de ne pas être un honnête homme

Mes lectures

Un notaire peu ordinaire – Yves Ravey

          Quand son cousin Freddy sort de prison, Mme Rebernak a peur qu’il s’en prenne à sa fille, Clémence. Elle va tout faire pour le tenir éloigné de sa famille et en parle à Me Montussaint, qui lui a déjà rendu bien des services. Mais cela suffira-t-il à éloigner le danger qui rode ? 

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          Ce texte court est assez bien écrit. Un style fluide et une écriture concise qui sont très agréables et assez caractéristiques du type de textes publiés par Minuit. De suite, les éléments de l’intrigue se mettent en place et naît une certaine tension. Une atmosphère lourde se dégage de ces lignes et on sent le drame arriver peu à peu. La fin vient clore cette montée en puissance avec brio. J’ai trouvé que parfois la psychologie des personnages manquait un peu de finesse, leurs réactions ne sont pas toujours très plausibles et j’aurai aimé un plus grand accent de vérité, avec des personnages qui auraient sans doute mérité d’être un peu plus fouillés. Toutefois, l’écriture étant rapide et efficace, on ne s’attarde pas vraiment sur cette impression d’étrangeté qui se dégage parfois, sur ces petits décalages qui enlèvent un peu de sa force au texte. Ils se retrouvent finalement un peu noyés dans le rythme du récit et ne laissent que peu de traces à la fin de la lecture.

          L’intrigue est relativement classique et le dénouement même s’il m’a surprise par certains aspects, est prévisible par d’autres. Cependant, j’ai trouvé cela suffisamment bien mené pour ne pas être gênant. Les amateurs de polar regretteront ou de romans psychologiques regretteront sans doute ces petites maladresses qui gâchera un peu leur plaisir. Ils se douteront sans doute également assez vite du dénouement, ce qui pour m’a part ne m’a d’ailleurs nullement dérangée, une certaine incertitude demeurant jusqu’au bout. Pour les autres, ce roman est une bonne initiation au thriller dont il reprend certains des codes qu’il mêle avec ceux d’une littérature contemporaine plus « classique ». Un joli texte auquel j’ai pris grand plaisir.

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Les larmes ça ne sert à rien,c’est trop tard pour regretter,de toute façon ça ne change pas grand-chose…

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En attendant, fallait quand même être gonflé pour déranger une brigade pour un chien assis au milieu de la cour, qui ne fait aucun mal, évidemment. Le brigadier a ajouté qu’il n’allait quand même pas mettre une amende au chien pour violation de propriété privée et pour tapage nocturne.