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Woman at war

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Thriller islandais de Benedikt Erlingsson avec Halldora Geirhardsdottir, JóhannSigurðarson, DavídThórJónsson

          Halla, la cinquantaine, déclare la guerre à l’industrie locale de l’aluminium, qui défigure son pays. Elle prend tous les risques pour protéger les Hautes Terres d’Islande… Mais la situation pourrait changer avec l’arrivée inattendue d’une petite orpheline dans sa vie…

Affiche du film Woman at war

          Parmi les (rares) films que je tenais absolument à voir cet été, celui-ci était en bonne place. Et je n’ai pas regretté ! J’aime souvent beaucoup les films islandais bien que j’aie rarement l’occasion d’en voir, il y a souvent un humour très particulier que j’apprécie et un rapport à la terre qui me parle (c’est mon côté ours ariégeois qui ressort). Celui-ci ayant en plus pour personnage une femme forte et engagée sur fond d’écologie, je ne pouvais qu’être tentée. Et à vrai dire, je n’ai pas été déçue !

Image extraite du film Woman at war

          J’ai beaucoup apprécié le personnage principal. Une femme engagée et jusqu’au-boutiste qui ne manque pas pour autant de fantaisie et de sensibilité. Un personnage assez atypique et attachant. Le rôle est extrêmement bien campé par Halldora Geirharosdottir. Si le film semble avoir une certaine naïveté dans la réalisation, son message engagé et son côté décalé en font une fable pour le moins plaisante et plus profonde qu’il n’y paraît. Le message écologique est au centre du film et parvient à être clair sans que le message ne soit trop lourd.

Image extraite du film Woman at war

          Certains reprocheront peut-être à ce film son humour décalé, parfois absurde et un peu répétitif. Il y a notamment un orchestre qui apparaît à l’écran dans des situations improbables dès que la tension est un peu forte, créant ainsi un décalage que j’ai beaucoup apprécié mais qui peut s’avérer lassant. La toute fin du film m’a laissée songeuse, je ne suis pas sure d’en avoir bien saisi le message mais c’est un détail, l’essentiel ayant été dit avant. Un beau film, original, décalé, cynique et très engagé. Une belle découverte sur fond de splendides paysages islandais.

Riz au lait très épais islandais et lummur

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Pour le riz au lait

2 à 3 verres de riz

2 verres d’eau froide

1 c. à café de sel

1/2 verre de raisins secs

1,5 l de lait

Sucre à la cannelle

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Rincez le riz à l’eau froide jusqu’à ce qu’elle soit limpide.

Mettez le riz dans une casserole avec l’eau et le sel. Portez à ébullition puis baissez le feu et laissez cuire 5 min jusqu’à ce que l’eau soit quasiment évaporée sans que le riez ne colle.

Ajoutez ensuite les raisins puis le lait peu à peu et portez à ébullition sans couvrir.

Faites cuire feu doux jusqu’à ce que le riz soit tendre. Retirez du feu et laissez reposez 5 min pour que le riz prenne.

Dégustez saupoudré de sucre à la cannelle.

Il paraît que c’est aussi délicieux avec de la saucisse de foie de mouton.

          Un riz au lait très épais (surtout quand comme moi on le laisse un peu trop cuire) qui se déguste de préférence chaud et change un peu du riz au lait traditionnel. J’ai beaucoup aimé les raisins et cannelle dedans, mais comme j’en mets partout, ce n’est pas surprenant…

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Pour les lummur

Un reste de riz au lait (environ 2 verres)

1 verre de farine

2 œufs

1/2 c. à café de sel

1/2 c. à café de bicarbonate de soude

1 c. à soupe de sucre brun

1,5 verre de lait

Un peu de beurre

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Mélangeant tous les ingrédients dans un saladier en terminant par le lait.

Faites fondre un peu de beurre dans une poêle. Versez une louche de pâte dans la poêle chaude. Laissez cuire environ 2 min puis retournez les crêpes à l’aide d’une spatule et laissez cuire environ autant de temps de l’autre côté. Dégustez chaud avec du sirop d’érable ou de la confiture.

          Ces crêpes sont assez surprenantes, elles ont à la fois le goût de crêpes et de riz au lait : totalement régressif et hyper réconfortant. Et puis c’est idéal au petit-déjeuner pour éviter les petits creux dans la matinée.

Ces recettes sont extraites du roman L’embellie d’Audur Ava Olafsdottir.

Deux recette au goût à la fois connues et surprenant. Un peu étrange mais dépaysant.

Bon appétit !

L’embellie, un récit poétique et dépaysant

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          Quand son mari la quitte brusquement et que sa meilleure amie lui confie son fils de 4 ans à l’allure étrange, la narratrice décide subitement de  partir faire le tour de l’île. Qu’importe qu’on soit en plein mois de novembre et que le petit soit presque sourd ? Un voyage de plusieurs moi qui la ramène vers ses origines. 

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          L’auteur, Audur Ava Olafsdottir, est surtout connue pour son roman Rosa Candida, qui a connu un beau succès. Ne l’ayant pas lu, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Ma tante m’a offert ce livre après l’avoir lu en raison de l’importance de la cuisine dans le récit et j’avoue que ça m’intriguait ! Pour ceux qui ne le savent pas encore, le temps que je ne passe pas à lire, je le passe à cuisiner, un roman qui allie mes deux passions avait donc tout pour me plaire. D’autant plus que j’ai toujours rêvé d’aller en Islande et que la littérature de ce pays, que je connais mal, m’attire particulièrement. Sur le papier, ce roman avait donc tout pour me plaire !

          Je dois d’ailleurs avouer qu’il tient dans l’ensemble ses promesses même si ce n’est pas exactement ce que j’attendais. C’est un peu étrange cette impression à la fois de trouver ce qu’on attendait et tout autre chose, ou en tout cas dans un style qu’on n’aurait pas imaginé. L’écriture m’a un peu déstabilisée. Elle est assez discrète, il faut un certain temps pour se couler dedans. Le rythme est lent et correspond très bien à celui de l’histoire. On est loin d’une littérature qui veut impressionner : l’écriture est simple – mais belle – tout comme l’histoire. Ici, c’est l’Islande du froid, de la nuit et du brouillard qui est décrite. Bizarrement, même si ça fait bien sûr moins rêver que les paysages verdoyants, les geysers ou les aurores boréales, ça a quand même confortée mon envie de voir ce pays qui semble si particulier.

          J’ai bien aimé ce récit un peu en demie-teinte, tout en discrétion, qui semble coller aussi bien à l’histoire un peu chaotique de cette jeune femme qu’à la grisaille de son environnement. J’ai beaucoup aimé la justesse dans la description des sentiments confus de la jeune femme, les réflexions sur l’absence de désir d’enfant aussi. Ce personnage au caractère fort est attachant et surtout pas dénué d’un certain humour. Le récit a un côté vraiment dépaysant, tant par les paysages décrits que par la manière d’aborder les choses. Il y a de la poésie dans ces lignes, dans les mots bien sûr, mais aussi dans le mode de vie de ses personnages. J’ai beaucoup apprécié de trouver à la fin du livre les recettes évoquées au cours du récit. Il me tarde d’en tester quelques-unes ! Une jolie histoire et une écriture poétique pour ce roman qui fait voyager. Après La lettre à Helga, une autre belle surprise de la littérature islandaise.

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– Je n’ai pas la fibre maternelle, d’ailleurs je ne pense pas avoir d’enfant un jour. Je n’ai même pas l’allure d’une mère.
– Les mères n’ont qu’une chose en commun : ce sont des femmes qui ont couché avec un homme au moment de l’ovulation sans prendre les précautions adéquates. Pas même besoin de le faire deux fois, en tout cas avec le même homme. (…) Etre mère, c’est se réveiller le matin, faire de son mieux puis se coucher le soir en espérant que tout ira pour le mieux.

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Une des caractéristiques d’une liaison amoureuse défaillante apparaît quand les gens se croient obligés d’avoir des enfants ensemble.

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Mais gardons à l’esprit que les apparences sont parfois trompeuses et que contrairement à une photo, la réalité, elle, grouille de sens.

La lettre à Helga

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          Bjarni a vécu un amour aussi bref qu’impossible avec Helga. A la fin de sa vie, depuis la chambre de sa maison de retraite qui donne sur l’ancienne ferme de sa bien-aimée, il lui écrit une lettre dans laquelle il lui dit tout : ses regrets et ses joies ; son amour pour elle, mais aussi pour sa terre natale, les pêches solitaires, ses moutons et la nature sauvage.

livre_l_572074          Ce roman qui se présente sous la forme d’une longue confession se lit d’une traite. Je craignais un peu de m’ennuyer dans ce monologue sur l’amour qui, avouons-le, n’est pas trop ma tasse de thé. Un peu peur de tomber dans les clichés, que le propos ne peine à se renouveler et s’enlise rapidement, sombrant dans la mièvrerie en voulant jouer sur la corde sensible. Les critiques m’avaient toutefois un peu rassurée de ce côté-là : une belle déclaration d’amour, qui n’en fait pas trop ; mais tant qu’on n’a pas lu, la crainte persiste pourtant, les romans d’amour, c’est quitte ou double : soit on passe totalement à côté, soit on est embarqué et c’est alors magique.

          L’écriture de ce texte peut s’avérer assez déroutante. En effet, on est habitué aux histoires d’amour pleines de tendresse et de bons sentiments. Il semblerait que la guimauve supporte très mal le climat islandais et gèle sous ces latitudes. Tout y paraît plus dur et plus froid, comme les terres arides malmenées par le vent violent de l’hiver qui donne au paysage des teintes un peu grisées, un peu inhospitalières à première vue peut-être et tellement plus authentiques pourtant. Une force incroyable se dégage de ces lignes au parler franc, voire parfois cru, mais jamais vulgaire. La confession d’un homme simple qui parle sans détours et se livre sans retenue.

29331-253          Mais avant tout, la véritable force de ce texte tient à mon sens dans le fait qu’il soit en réalité une double déclaration d’amour, à la fois à la femme aimée, mais aussi et surtout à sa terre natale. Car s’il n’a pu aimer la première comme il aurait voulu, c’est qu’il n’a pu se résigner à quitter la seconde. Un choix impossible entre Helga, qu’il désire plus que tout, et la ferme qui l’a vu naître, son mode de vie, ses racines en somme, dont il sent bien qu’en homme simple il ne pourrait se détacher sans devenir un ivrogne de plus englouti par la ville.

          Je me suis immergé pendant quelques heures dans la campagne islandaise en compagnie de cet éleveur de mouton. J’aurai presque pu ressentir sa souffrance devant ce choix impossible. Que la vie peut-être cruelle parfois ! J’ai beaucoup aimé ce roman qui m’a fait voyager, loin très loin et m’a donné – si besoin était – envie d’aller errer sur les terres islandaises. Une écriture rude et simple, comme le personnage, des sentiments francs et purs pour un roman aussi vivifiant que l’air islandais. C’est beau, c’est très beau, c’est simple surtout. Et universel.

birgisson-bergsveinn-347C’est quand les gens tournent le dos à leur histoire qu’ils deviennent tout petits.

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Je me souviens avoir dit que les sociétés humaines étaient comme des pommes. Plus elles sont grosses, moins elle ont de goût.

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Les foyers d’aujourd’hui sont sacrément pauvres du point de vue de notre culture. Les objets qu’on y trouve viennent des quatre coins du monde, le plus souvent sans indication de leur lieu d’origine.
Or quelle est la différence entre un objet fabriqué maison et un autre qui sort de l’usine ? Le premier a une âme et l’autre non.

          Vous pouvez trouver la très jolie lettre d’un libraire au personnage ici  ou des informations complémentaires sur le site des éditions Zulma là.

J’ai lu ce roman dans le cadre des matchs de la critique littéraire Price Minister et lui attribue la note de 17/20.