Quand Daffodil Silver perd ses parents et doit régler leur héritage, elle décide de raconter avant leur histoire au notaire en charge de la succession. L’histoire de deux sœur inséparables, dont l’une, morte trop tôt, laisse un vide que l’autre n’aura de cesse de combler, créant un projet faramineux.
Deuxième livre de cette rentrée littéraire auquel je me suis attaquée, il m’avait également été recommandé par un libraire. Dès les premières lignes, j’ai été surprise par la qualité de l’écriture et il ne m’aura fallu que deux pages pour tomber totalement sous le charme de ce style assez particulier. Le roman est conséquent (400 pages) et la première moitié est un vrai régal ! Je suis rentrée avec bonheur dans cette fresque familiale originale, à la fois touchante et pleine de fantaisie. Malheureusement, j’ai trouvé qu’elle s’essoufflait un peu dans la durée et tout en prenant un tour peut-être un peu trop fantaisiste à mon goût. Sans doute aurait-il fallu songer à alléger ce scénario foisonnant pour le rendre un peu plus digeste. Toutefois, malgré une construction qui ne m’a pas toujours semblé à la hauteur, ce texte n’en demeure pas moins intéressant.
En effet, le premier point fort de ce texte – hormis le style, déjà évoqué – est tout simplement son histoire, originale et foisonnante, qui a le mérite de sortir de l’ordinaire. Et si celle-ci parait légère et bien souvent excentrique, elle n’en aborde pas moins des thèmes essentiels. J’ai trouvé notamment que le deuil était traité de manière intéressante et très sensible. C’est d’ailleurs sans doute la partie de ce roman que j’ai préférée. Si les personnages sont excessifs, ils échappent aux clichés et leurs émotions exacerbées surprennent et nous renvoient à nos propres réactions et nos propres peurs. On frôle parfois la folie avec cette histoire qui se veut à la fois tendre et légère et si le texte aurait à mon goût demandé à être allégé, ce roman original au joli style n’en demeure pas moins une lecture agréable et surprenante.
Les morts sont des vivants qui me foutent la paix.
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Elle ne cultive pas seulement des champs de coquelicots mais aussi son chagrin, un parterre d’orties que l’on nourrirait scrupuleusement d’engrais. Toujours renaissent pour vous gratter les jambes, sans cesse reviennent les vilains souvenirs et les peines comme un lierre finissant par étouffer les plus vivaces des plantes.








