Librairies

Le livre écarlate

          Le livre écarlate est une petite librairie du 14° arrondissement, entre Pernety et Alésia. Son propriétaire accueillant sera vous prodiguer des conseils avisés et trouver LE livre qu’il vous faut et dont vous ignoriez même l’existence. On n’y croyait plus mais si, il reste encore quelques libraires qui connaissent le métier et le font avec amour.

          Cette petite librairie est un peu perdue dans le petite rue du Moulin vert. Elle n’est pas facile à repérer. On m’en avait dit le plus grand bien et j’ai décidé d’aller voir ce qu’il en était. Quand j’y suis allée pour la première fois (il y a déjà quelques mois), je cherchais le dernier livre de Michel Folco (encore et toujours…). Première bonne surprise : le libraire était lui aussi un adepte. J’ai vu son regard s’illuminer à cette simple demande et cet amour commun pour un auteur méconnu m’a emplie de joie. Il n’avait plus le livre et, seconde bonne surprise, il m’en a déconseillé l’achat, la sortie en poche ayant été annoncée. Un libraire qui ne cherche pas à vendre à tout prix, étrange.

          Ne voulant pas repartir sans rien acheter, ç’eut été dommage, je lui ai donc demandé conseil en romans historiques, genre que je connais peu et pour lequel j’étais entrée. Il m’a de suite avertie : l’humour et les romans historiques font rarement bon ménage, la réputation d’un genre quelque peu soporifique n’est pas totalement usurpée. Après une petite discussion autour de mes lectures pour tâter le terrain, il m’a finalement conseillé une biographie romancée sur l’histoire de l’anarchisme. Je ne me suis décidée à le lire que cette semaine, et je pense pouvoir dire que si je n’aurais jamais lu ce livre par moi-même, je suis contente de ce conseil. Dans cette librairie on trouve une sélection très intéressante, à l’image de son propriétaire. Un fonds qui mêle romans et essais, souvent assez engagés, mais aussi beaucoup de jeunesse. Je vous conseille d’aller y faire un tour pour voir. Une belle librairie généraliste qui propose également des rencontres régulières avec les auteurs. Une très bonne adresse où il fait bon s’arrêter ne serait-ce que pour le plaisir de parler littérature. 

Le livre écarlate

31, rue du Moulin Vert

75014 Paris

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Et si vous aviez une librairie ?

          La question du jour vise à aider une lectrice assidue qui se lance dans une grande aventure : elle ouvre sa propre librairie. Vos idées peuvent l’aider alors soyez nombreux à répondre à l’appel. La librairie sera de taille modeste et dans une petite ville qui en est pour le moment dépourvue. Les questions sont simples :

– Pour quelles raisons vous rendez-vous chez un libraire de quartier ? pour y acheter un titre précis ? pour faire un cadeau ? pour demander conseil et trouver des idées ?

– Que vous attendez-vous à y trouver ? plutôt des classiques ou des nouveautés ? des poches ou des grands formats ?

– Quels types de livres achetez-vous plutôt chez un libraire qu’en grande surface (culturelle ou non) ou sur internet ? littérature classique, romans contemporains, polars, essais, beaux-livres… ?

– Qu’aimeriez-vous trouver chez votre libraire et qui n’y est pas forcément ? des livres « rares » ou originaux, des rencontres avec des auteurs méconnus, des lectures à voix haute ?

– Quels sont ces livres, qui sortent des sentiers battus, mais que vous voudriez absolument voir figurer dans les rayonnages de votre librairie ? Pour moi il y aurait Folco et Somoza par exemple.

          La liste est non exhaustive et, bien sûr, l’idée n’est pas de répondre à tout. Je voudrais simplement me faire une idée de ce que vous aimez chez votre libraire qu’il n’y a pas ailleurs, ce qui peut vous faire faire des kilomètres rien que pour le voir. J’aimerais essayer de toucher du doigt ce qu’est l’essence même pour vous d’une librairie. Comment en faire un petit coin de paradis ou on se sent chez soi ? Toutes les idées, même les plus folles, seront les bienvenues. En un mot :

DECRIVEZ-MOI VOTRE LIBRAIRIE IDEALE !

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Brentano’s

          J’avais déjà entendu parler de cette librairie et j’en avais vu de très belles photos. Mon niveau d’anglais étant pitoyable, je n’avais pour autant jamais eu l’envie d’aller voir de plus près. Heureusement, mon amie Jo a arrangé ça. Je suis donc enfin aller voir ce très beau lieu, malgré ma phobie de la langue anglaise. 

          S’il est vrai qu’on y va essentiellement pour trouver des titres en langue anglaise, il y a toutefois quelques livres en français, notamment en jeunesse. Mais surtout, beaucoup de cartes, carnets, affiches et de très beaux objets, si british. Des boites, des tasses à thé, et tout un tas de petits objets qui vous feront craquer. Idéal pour trouver LE cadeau original quand vous manquez d’idées. Je regrette de ne pas eu mon appareil photo sous la main pour vous montrer ça. Un lieu séduisant et agréable à découvrir absolument.

37 avenue de l’Opéra, 75002 Paris

Culture en vrac

La mort des libraires ?

          Il y a peu, Télérama proposait un dossier sur la disparition progressive des librairies indépendantes. En effet, la situation de ces commerces de proximité est précaire. Les marges des libraires sont faibles, les loyers élevés et la concurrence rude. Et la hausse de la TVA sur les livres n’est pas pour arranger la situation. Dans une société où on veut tout tout de suite, on se tourne de plus en plus vers les grandes surfaces culturelles ou les sites de vente en ligne pour subvenir à un désir immédiat (pour un livre qu’on laissera finalement sans doute moisir des mois avant de l’ouvrir), oubliant que si notre libraire n’a pas l’objet de notre désir en stock il peut aussi le commander dans un délai somme toute très court.

          Mais l’évolution de la société est-elle la seule responsable de cette situation ? Le site La lettre du libraire pose la question. Les libraires n’auraient-ils pas également une part de responsabilité dans cette débâcle ? En effet, l’article met en avant deux points importants :

– le secteur ne s’adapte que très lentement aux évolutions de son milieu. Par exemple, l’utilisation d’Internet commence à peine à se généraliser, avec des années de retard sur les librairies en ligne.

– la librairie est souvent considérée comme un temple du savoir inaccessible au commun des mortels. Les « faibles lecteurs » (grande majorité de la population) sont intimidés par ce lieu où le silence règne et où il se sentent souvent méprisés par le maître des lieux.

          Peut-être certains s’insurgeront : « le libraire est une pauvre victime innocente ! » Si la situation est aujourd’hui difficile, il est vrai que la librairie n’est peut-être pas toujours très accessible à un public « populaire ». Et les libraires ne sont pas toujours très accueillants. Ils ont trop souvent tendance à prendre de haut le lecteur, oubliant qu’ils sont aussi et avant tout autant des conseillers que des commerçants. Il y a aussi ceux qui ont été embauchés pour leurs compétences en caisse plus que pour leur amour de la lecture (je donnerai comme exemple le vendeur de la petite librairie en face de chez moi qui ignore tant l’existence de Raymond Queneau que celle de Truman Capote – si si, je vous assure).

          Il y a toutefois une bonne nouvelle là-dedans : si les libraires ont leur part de responsabilité, ils ont par la même occasion une marge de manoeuvre pour tenter de rectifier le tir. Déjà des libraires créent des évènements pour se rapprocher du client : signatures, expositions, animations pour les enfants. On trouve parfois des coins lecture dans les librairies, leur rendant leur fonction de lieu de rencontre, ce qui les différencie de leurs concurrents et en fait tout le charme.

          Alors, plus aucun espoir pour nos librairies ? Si les lecteurs font l’effort d’aller chez leur libraire plutôt qu’en grande surface, ou de commander sur son site plutôt que sur une librairie en ligne; si on se sort de la tête que les grandes surfaces culturelles ont « plus de stock » alors que bien souvent, elles n’ont finalement qu’on choix très ciblé (personnellement, il est bien rare que j’y trouve mon bonheur) ; si on considère le libraire aussi comme quelqu’un qui est là pour nous conseiller et nous ouvrir de nouveaux horizons ; si le libraire accepte ce rôle ; si les librairies redeviennent des lieux de vie ; bref, si lecteurs comme libraires y mettent un peu du leur, alors il y a quand même un vague espoir pour qu’on puisse continuer à acheter ses livres chez des gens compétents et passionnés.

          Comme d’autres (voir l’article de I heart books à ce sujet), faisons nous aussi le choix quand nous en avons la possibilité de n’acheter nos livres qu’aux libraires indépendants et permettons leurs ainsi de ne pas mettre la clef sous la porte tout de suite. Redécouvrons la joie de discuter avec des gens qui aiment leur métier. C’est parfois difficile de trouver LA librairie qui nous correspond, mais vous verrez, c’est un effort largement récompensé.

Expositions

Salon du Livre de Paris, 2011

          Jeudi soir se tenait l’inauguration du Salon du Livre de Paris. La soirée d’ouverture était consacrée aux 30 ans de la loi sur le prix unique du livre.

          Le prix unique du livre, c’est quoi ? En France, depuis 1981, la loi Lang (du nom du ministre de la culture de l’époque) impose un prix unique pour chaque ouvrage édité. Ce prix est déterminé par l’éditeur et est indiqué sur le livre (parfois sous forme de code), le revendeur (librairie, supermarché, vendeur de biens culturels…) est tenu de respecter ce prix. Il peut toutefois accorder à ses clients une remise de 5% ou faire payer des frais supplémentaires dans le cadre d’une commande. Contrairement aux idées reçues, le livre ne coûte pas plus cher chez votre libraire ! Cette loi vise à éviter la concurrence déloyale et à protéger ainsi les petits libraires. Ne croyez pas pour autant que la situation est facile pour eux ! Si la loi leur permet de survivre, le système avantage largement les grosses structures. Aujourd’hui, on trouve encore en France des librairies indépendantes de grande qualité mais leur équilibre est toujours plus précaire alors n’hésitez pas à aller acheter vos livres chez votre libraire et à faire passer le message autour de vous !

          Le Salon du Livre regroupe chaque année de nombreux éditeurs. Il permet de découvrir de petites maisons qui ont très peu de visibilité en librairie. Pour les petites structures, ce sont souvent les éditeurs eux-mêmes qui tiennent les stands. L’occasion de discuter et de faire de belles rencontres littéraires. N’hésitez pas notamment à passer sur le stand des éditions du Sonneur qui vous accueilleront chaleureusement. N’oubliez pas non plus de jeter un oeil au programme des conférences et signatures. Vous avez encore une journée pour profiter de la plus grande librairie de France, porte de Versailles.