La promesse, de Tony Cavanaugh
Le roman qui va vous donner des sueurs froides
Darian Richards a laissé derrière lui un cortège de vies anéanties. Épuisé par cette litanie de souffrances, il a pris une retraite solitaire dans le Queensland. Mais les démons sont partout. Et dans la région, depuis quelques mois, des adolescentes disparaissent sans laisser de traces.
Le choc de ce printemps côté roman noir. Je ne dirais pas forcément qu’il est meilleur que les autres quant à l’écriture ou l’originalité de l’histoire mais c’est celui qui m’a le plus amenée dans son univers. Un peu trop même… Un flic qui fuit la ville pour prendre sa retraite à la campagne et se tenir éloigné des ennuis. Jusque-là la trame est classique, tout comme le personnage de flic solitaire. Quant à l’intrigue, des jeunes filles qui disparaissent sans laisser de traces : encore une valeur sure. Simple et efficace en somme. Mais ce qui déroute vraiment dans ce roman, c’est le « méchant ». Certains passages sont écrits avec son point de vue et franchement, ça fait froid dans le dos. Il y a avait longtemps que ça ne m’étais plus arrivée mais je n’ai pas pu fermer l’œil avant de 1/ connaître la fin et 2/ savoir ce taré hors d’état de nuire. Une nuit blanche à dévorer ce roman parfois dérangeant, comme je le faisais adolescente avec les plus tordus des Stephen King. J’ai adoré retrouver cette sensation, cette immersion totale dans l’univers de l’auteur. Un univers sombre et dérangeant pour ce thriller terriblement efficace.
Un tombeau sur l’île rouge, de Jean Eli Chab
Plongée dans les traditions malgaches
À Ambotemena, petit village au sud de Madagascar, un tombeau a été profané. Les os ont été retrouvés dans une décharge, une trentaine de kilomètres plus loin. Alors que le jeune inspecteur Monza est chargé de les ramener à bon port, il comprend qu’une jeune femme a déjà été accusée à tort.
Après un roman aussi fort que La promesse, je dois avouer que le reste a eu tendance à me sembler bien fade, et c’est un peu le cas de ce roman. J’ai bien aimé que l’intrigue ait pour base les fondements de la culture malgache que ça m’a ainsi permis d’un peu découvrir. En revanche j’ai trouvé l’écriture plutôt moyenne, elle manque de rythme et de personnalité. C’est un peu plat. Sans compter quelques lourdeurs de style : l’auteur balance en boucle du « le jeune policier » alors qu’il doit avoir la quarantaine (à ce qu’il m’a semblé, mais je me trompe peut-être) et paraît bien désabusé, ce manque de vocabulaire pour le désigner s’est avéré terriblement agaçant. Heureusement qu’il s’avère assez sympathique quoique parfois un peu balourd. Je n’ai pas trouvé qu’il y avait beaucoup d’originalité dans ce texte qui a un peu de mal à envoûter le lecteur malgré un contexte intéressant. Il reste toutefois agréable à lire et permet au moins de découvrir quelques bribes de la culture malgache.
Le pensionnat des innocentes, d’Angela Marsons
Victimes, ou capables ?
Kim Stone, inspectrice rebelle et solitaire, se voit confier une nouvelle enquête. Teresa Wyatt, directrice d’école, a été retrouvée noyée dans sa baignoire. Peu de temps avant sa mort, elle s’était intéressée à une fouille archéologique prévue autour d’un foyer d’accueil où elle avait travaillé avant que le lieu ne soit entièrement détruit par les flammes.
Je ne sais pas trop quoi penser de ce roman que j’ai pourtant pris un certain plaisir à lire. La personnage principale est assez attachante dans son genre même si elle s’avère un peu trop caricaturale pour convaincre totalement, la jeune flic manque encore un peu de relief. L’intrigue est plutôt prenante et j’ai bien aimé qu’elle mette en scène des jeunes filles vivant dans un foyer (encore du déjà vu, je sais, mais c’est plutôt bien fait en l’occurrence). Dans l’ensemble c’est assez agréable à lire malgré quelques maladresses, notamment avec des tentatives d’intégrer des passages « émotion » qui ne collent pas du tout avec le caractère de l’héroïne et donnent l’impression de pièces rapportées. Quant à l’intrigue, s’il y a une bonne base, elle aurait mérité d’être un peu plus corsée. La fin est pas mal tirée par les cheveux mais le tout fonctionne à peu près. S’il y a de bonnes idées dans l’ensemble, je suis plus mitigée sur la mise en œuvre, toutefois la nervosité du style empêche de trop s’arrêter sur les lourdeurs. Pas parfait mais plutôt efficace.
Sous nos yeux, de Cara Hunter
Une famille pas si parfaite
Alerte enlèvement : la petite Daisy Mason, 8 ans, a disparu lors d’une fête, donnée dans le jardin de ses parents. Elle était déguisée en pâquerette : elle portait une robe, des collants et des chaussures vertes, ainsi qu’une coiffe avec des pétales blancs. Et personne n’a rien vu.
Plus encore que le précédent, ce roman m’a laissée mitigée. Ca se lit très bien, avec une trame là encore pas très originale – une petite fille disparaît, la famille est accusée et les méchants secrets ressortent. C’est simple et efficace avec un style pas franchement flamboyant mais qui se laisse oublier (c’est déjà ça…). La première partie est un peu lente, ça met du temps à se mettre en place, ça manque de rythme. Et puis ensuite au contraire ça s’emballe un peu. Vers la moitié du roman, j’ai soudainement eu l’impression que l’auteur cherchait à brouiller les pistes à tout prix, en ne lésinant pas sur la péripétie improbable au besoin : ça en devient assez brouillon pour un résultat pas terrible terrible puisqu’au final on continue à soupçonner les parents malgré tout. Bien que la trame tienne à peu près la route, l’auteur se perd un peu en chemin en voulant trop en faire. On sent un petit manque d’inventivité. Pas désagréable à lire mais tout à fait dispensable.
Principes mortels, de Jacques Saussey
Temps d’orage à la ferme
Franck fuit le naufrage du foyer familial pour réviser son bac chez son oncle et sa tante, dans une ferme isolée de la Creuse où quatre ans plus tôt, son cousin a trouvé la mort sur une route qu’il connaissait pourtant depuis son enfance. Cette tragédie a ouvert une plaie qui ne s’est jamais refermée. Elle ronge insidieusement le cœur de ses proches.
Ce roman m’a étonnée. En le commençant, j’ai eu l’impression d’un roman régionaliste, avec le parisien qui débarque chez sa tante à la ferme. D’autant plus que le style est assez classique (et pas mal du tout d’ailleurs). Mais on sent poindre bien vite le drame familial. La mort du cousin de Franck a laissé des plaies ouvertes dans sa famille mais aussi quelques zones d’ombres qu’il compte bien éclairer. Le tout sur fond de travaux à la ferme et d’amour de vacances. Un mélange plus original qu’il n’y paraît. D’autant plus qu’on se rend compte assez vite que tout n’est pas rose dans la famille Servin et que le front uni se fissure rapidement… Si tous les indices sont mis en place au fur et à mesure de l’histoire, le dénouement m’a tout de même surprise. J’ai beaucoup aimé l’originalité de l’intrigue et l’ambiance que l’auteur parvient à mettre en place. Une jolie surprise.




Quand j’ai trouvé ce roman dans ma boîte aux lettres, j’étais absolument ravie ! Je n’avais jamais lu de polar islandais mais j’aime à la fois les polars et la littérature islandaise – enfin le peu que j’en connais : ça démarrait bien. Sans compter la maison d’édition plutôt prestigieuse qui me semblait être une valeur sure (oui, je suis snob). J’ai été cruellement déçue. Le style est d’une pauvreté sidérante. On dirait par moment un mauvais roman à l’eau de rose. Pourtant, je suis généralement plus encline à la clémence avec les romans policiers, que je lis avant tout pour l’intrigue. Il faut dire aussi qu’il ne s’agit pas d’une traduction de l’islandais directement mais depuis l’anglais, ce qui peut expliquer une déperdition assez énorme. Plus gênants encore sont quelques non-sens (18 janv, « le printemps n’arrive-t-il jamais jusqu’ici ? »… en France non plus, janvier ce n’est pas le printemps alors au nord de l’Islande, je vous laisse imaginer). Je lui ai tout me même laissé une chance, espérant que l’intrigue allait rattraper le coup. Déjà, c’est long à démarrer, et puis franchement… ça n’a rien de bien palpitant. C’est très convenu. Les personnages sont creux et stéréotypés et l’enquête traîne en longueur. Heureusement que ça se lit vite parce que c’est d’un ennui ! Bref, pas le grand coup de cœur du printemps quoi, passez votre chemin.
Je dois bien avouer que je n’avais rien lu de Tracy Chevalier, même si je la connaissais de nom depuis l’adaptation cinématographique de son roman La jeune fille à la perle il y a quelques années. J’avais très envie de découvrir son univers mais je ne sais pas, j’ai lu d’autres choses et je n’ai finalement jamais vraiment eu l’occasion. J’ai donc été comblée de recevoir son dernier roman. Je dois avouer que je n’ai pas été déçue ! J’ai beaucoup aimé le style, classique et élégant, presque désuet par moment mais qui a tellement de charme : un vrai régal. L’histoire m’a tout autant séduite. Même si les pommiers ne sont pas franchement ma spécialité, j’ai trouvé quelque chose de familier dans cette famille qui peine à survivre du fruit de son labeur à la ferme. La psychologie des personnages est assez complexe et si tous ne sont pas sympathiques, ça rend leurs relations intéressantes. J’ai également pris un grand plaisir à suivre la part d’aventure qui vient donner un nouveau souffle en court de récit. J’ai trouvé que sur la fin certains événements manquaient peut-être un peu de crédibilité dans leur enchaînement mais à ce stade de ma lecture je dévorais tellement ce roman que ça ne m’a pas gênée outre mesure. Ca contribue même au charme de l’histoire d’une certaine manière. Pour le reste, d’un point de vue historique, ça m’a eu l’air particulièrement bien documenté (si je ne m’abuse, l’auteur est d’ailleurs réputée pour ça). Un roman aux multiples facettes qui a su me séduire de bout en bout. A dévorer sans modération.
Je n’avais pas lu le premier roman de l’auteur, dont on avait pourtant beaucoup parlé, en revanche j’avais lu un recueil de nouvelles paru en septembre dernier et qui, je dois le dire, m’avait très peu convaincue (ma critique
Ceux qui me lisent régulièrement le savent, les histoires d’amour et moi, ça fait généralement deux. Je craignais donc un peu cette lecture, d’autant plus que le traumatisme du très mièvre
Une bonne vieille histoire de mafia : voilà qui avait de quoi me réjouir. Si les bases de l’histoire sont assez classiques avec des histoires de clan, de loyauté et de règlements de comptes, j’ai trouvé la mise en oeuvre très originale. On s’éloigne de l’univers classique de la mafia italienne pour découvrir un monde bien plus feutré mais non moins pourri. Le personnage principal va devoir s’adapter à son changement de fonction et va s’avérer surprenant dans ce changement radical, avec bien plus de profondeur que ce qu’on aurait pu attendre de lui. J’ai beaucoup aimé cet aspect là du roman, où chacun est amené à méditer sur ses actes et le sens qu’il veut donner à sa vie. La distinction entre le bien et le mal y est souvent assez fluctuante, ce qui n’est pas pour me déplaire. On met à peu près aussi longtemps que le personnage à comprendre les tenants et les aboutissants de son changement de statut et ce flou artistique contribue largement à la réussite de l’histoire. Par ailleurs, c’est plutôt bien écrit, ce qui ne gâche rien. Une base classique, une plume efficace, un développement original et une touche d’introspection en font un thriller original et très prenant.
Autre thriller, autre bonne surprise (quand je vous dis que je suis sur une bonne lancée !). Ici on a affaire à deux enfants qui ont été enlevées l’été de leur 12 ans et qui s’en sont sorties indemnes. Une fois adultes, elles affrontent les conséquences assez troubles de ce kidnapping chacune à leur manière. On alterne le point de vue des deux jeunes femmes, l’une professeur à l’université et l’autre actrice. Elles ont eu des parcours très différents et n’ont pas gardé contact, pourtant un lien ténu persiste entre elles. J’ai beaucoup aimé les questionnements psychologiques autour de la question de l’enlèvement et de ses conséquences. Les fillettes n’ont pas cherché à fuir et c’est finalement cette absence de traumatisme tangible qui les hante. Les choses sont abordées de manière originale et ça sonne terriblement juste. Si dans l’ensemble la trame du roman est assez prévisible, c’est vraiment sur le fond que la différence se fait, avec un angle d’approche intéressant. L’écriture est assez légère mais agréable. Les personnages ne sont pas toujours très sympathiques mais leur côté un peu dingue les rend bien plus humains. Un thriller psychologique efficace qui traite d’un sujet délicat avec sensibilité et une certaine profondeur, difficile de le lâcher une fois la lecture entamée.
Cet essai est sorti en début d’année dans une période où je n’étais pas très bien. Je suis habituellement assez réfractaire à ce genre d’ouvrage mais je me suis dit que ça ne pouvait pas faire de mal et que j’y trouverais peut-être quelques astuces pour voir la vie en rose (ou de préférence dans une autre couleur puisque celle-là m’indispose particulièrement). Comment exprimer l’ampleur de ma déception ? Les 40 premières pages ne font que reprendre le titre avec un art de la paraphrase qui m’a laissée pantoise. A tel point que j’ai eu envie de laisser là ma lecture. J’ai tout de même continué un peu. Dans l’ensemble l’ouvrage ne fait qu’enfoncer des portes ouvertes. J’ai trouvé le ton insupportable avec une espèce de bonne humeur surjouée et des citations à tout bout de champ qui tentent de masquer la vacuité du propos. J’attendais quelques exemples concrets ou des exercices pratiques qui permettent une mise en application. Il y en a quelques-uns mais ils sont trop rares et trop peu développés pour être réellement utiles. Difficile de choisir ce qui nous correspond tant le choix est chiche. Ce livre fait de belles promesses qu’il ne tient pas et s’avère aussi creux que désespérant. Totalement contre-productif !
J’ai toujours un peu peur quand je commence la lecture d’un témoignage. Même si je trouve un plaisir coupable dans la lecture du malheur des autres, souvent le style n’est pas franchement au rendez-vous. J’ai été ici très agréablement surprise, aussi bien par le style justement que par le contenu. L’auteur a été affilié à des réseaux terroristes au moment des attentats de 1995. Revenu à une vie rangé, il décide au moment des attentats de Charlie Hebdo de raconter son histoire afin d’expliquer les mécanismes de radicalisation. Il nous raconte son histoire chronologiquement, en commençant à l’adolescence avec le début pour lui de la petite délinquance. Peu à peu c’est la dérive jusqu’à la formation en Afghanistan. L’enchaînement semble assez incroyable pour un jeune homme qui semble un peu paumé mais pas violent. Il semble se considérer jusqu’à la fin simplement comme un petit délinquant, ne prenant pas la mesure de la situation. Il met cela sur le compte de sa jeunesse, ce qui peut sembler parfois une excuse facile (il a alors plus de 20 ans). Pour le reste, il offre une analyse assez poussée et très intéressante des mécanismes de radicalisation et met en avant le lien étroit entre la situation actuelle et les attentats de 95. Un texte clair et agréable à lire qui offre un éclairage intéressant sur le recrutement et le fonctionnement des milieux terroristes.
Je lis très peu d’essais (même si dernièrement j’ai fait des efforts notables) et encore moins d’économie, sujet qui ne me passionne guère et me dépasse un peu. Pourtant, je ne sais pas trop pourquoi celui-ci me tentait bien. Je crois que le titre, la couverture et le sujet m’ont attirée. L’Afrique a toujours exercé sur mon une certaine fascination. Je suis assez mitigée sur cette lecture. L’écriture est plutôt accessible. Tout est compréhensible, même pour une novice comme moi. Ca demande juste un peu de concentration. Il m’a fallu des pause fréquentes pour bien intégrer les principes et ne pas tout mélanger mais ils ont le mérite d’être énoncés avec une grande clarté. En revanche j’ai été un peu gênée par l’idée qu’il y aurait des solutions valables pour l’ensemble de l’Afrique, qui me semble regrouper des réalités très diverses. Ce postulat n’est jamais réellement justifié (à part entre les lignes par la colonisation), ce qui est un peu dommage. Je n’ai pas eu l’impression d’idées très originales dans cet essai qui reprend des thèses déjà connues et qui m’ont parues se fonder sur le bon-sens. L’analyse inclut également la culture et les réalités sociales, ce que j’ai trouvé intéressant. C’est l’aspect de cet essai que j’ai préféré. Si l’ensemble est clair et pertinent, ça aurait mérité d’approfondir les pistes de réflexions et d’aller plus loin, il constitue toutefois une bonne initiation au sujet.
L’Académie française, cette institution où sont passés tant de grands hommes. J’avais hâte d’en apprendre plus sur ceux qui depuis plus de trois siècles s’y sont succédé. Amin Maalouf occupe le 29° fauteuil et rend dans ce livre hommage à ceux qui l’y ont précédé. Noble ambition. En commençant ma lecture, j’ai été agréablement surprise par le style enlevé que j’ai trouvé très agréable. Malheureusement, j’ai trouvé qu’il s’empâtait bien vite. Je ne connaissais quasiment aucun des hommes qui ont occupé ce fauteuil. J’ai beaucoup aimé la partie sur la création de l’Académie mais j’ai trouvé ensuite que l’auteur en faisait parfois un peu trop en nous présentant ces hommes, comme s’il voulait augmenter son prestige à travers eux. Il y a nombre de digressions dans le récit et si elles sont parfois intéressantes, elles alourdissent le texte et donnent par moments l’impression que l’auteur s’empêtre dans son sujet. Certaines anecdotes sont intéressantes, d’autres beaucoup moins, c’est assez inégal et surtout ça traîne un peu en longueur. Il y a dans ce livre un certain manque de rythme et un enthousiasme surjoué un peu pesant. Une lecture qui offre un éclairage intéressant sur l’histoire de France mais dont le style est un peu laborieux. Pas mal mais je m’attendais à mieux.
J’étais une inconditionnelle des chroniques de Stéphane de Groodt le week-end sur Canal+. Qu’est-ce que j’ai pu rire (même si je n’ai pas toujours tout compris) ! J’avais été ravie de les retrouver dans Retour en absurdie qui en reprend une partie et permet de comprendre des choses qui à l’oral nous avaient échappé – à l’inverse, les jeux de mots basés sur l’oralité y sont durs à saisir, forcément. Une telle vivacité d’esprit me séduit et me laisse rêveuse. J’ai donc sauté de joie en découvrant un beau matin ce livre dans ma boîte aux lettres (Stéphane si tu me lis – oui, je t’appelle par ton petit nom et te tutoie pour l’occasion – merci infiniment d’avoir pensé à moi !). En le feuilletant, j’ai d’abord été déçue : ce sont des proverbes très courts et je n’y ai pas retrouvé l’humour si caractéristique de l’auteur. Ca m’a paru un peu fade. En m’y replongeant plus sérieusement, j’ai un peu révisé mon jugement. Certes, les textes sont moins développés et par là même moins impressionnants mais ils font toujours montre du même esprit acéré. Je dois avouer que pour changer, je n’ai pas toujours tout compris, l’auteur a un esprit retors délectable mais pas toujours facile à suivre ! S’il y a quelques trouvailles, le tout reste quand même assez inégal. Une demi-réussite.
Je ne savais pas au juste ce que j’allais trouver dans cet essai en en commençant la lecture. En même temps, je trouvais le titre assez parlant. J’espérais y trouver des réponses sur comment promouvoir la culture aujourd’hui je suppose. Ce domaine dont j’ai voulu faire mon métier et que je sens dépérir. Le prologue m’a confortée dans cette idée et m’a rassurée quant au style : fluide et agréable, ce ne serait pas une lecture trop fastidieuse. Et pourtant ! Si le style est en effet très lisible, le contenu m’a moins emballée. L’auteur revient longuement sur son parcours. Trop longuement. Certes c’est sensé aider à le comprendre je suppose mais trop de détails tue le détail, surtout qu’évidemment, je n’ai pas vu telle ou telle mise en scène des années 70 qui l’avaient alors ébloui. La curiosité a vite laissé le pas à l’ennui. « Moi je, moi je, moi je… » C’est bien un truc d’énarque ça ! Un complexe de supériorité incurable. J’ai fini par abandonner cet essai qui me tombait des mains. S’il y avait de bonnes idées sur la fin, n’hésitez pas à m’en faire un résumé, je n’ai pas le courage de poursuivre cette lecture soporifique.
Il y avait longtemps que Le Prince dormait sur mes étagères. C’est bien sûr un classique parmi les classiques et j’étais très curieuse de découvrir ce texte qui aura donné son nom au machiavélisme même si le sens semble franchement détourné (Machiavel est bien plus pragmatique que diabolique). Le Prince serait largement inspiré de Cesare Borgia, fils du pape le plus controversé de l’histoire. N’étant pas à l’aise avec ce genre d’ouvrage, j’avais un peu peur de m’y atteler. Je dois bien avouer que mes craintes étaient fondées et que j’ai trouvé ce texte particulièrement indigeste. Honnêtement, les jeux de guerre et de pouvoir ne me passionnent pas des masses, surtout lorsqu’ils sont abordés de manière aussi technique, il y avait donc tout simplement erreur de casting. S’il y a des choses passionnantes dans cet essai, j’ai trouvé qu’elles étaient rendues difficile d’accès par un style ampoulé, particulièrement pompeux. Je suis toutefois allée au bout de ma lecture et bien qu’elle ait été pour moi un supplice, force est d’admettre que l’auteur y énonce des principes qui dans l’ensemble n’ont pas vieilli, dommage qu’il n’en aille pas de même pour le style.