Mes lectures

La vraie vie d’Agatha Christie

          Cette BD revient sur la vie d’Agatha Christie, célèbre dans le monde entier pour ses romans à énigme. On y découvre comment elle a découvert la littérature policière et quelle fut la vie de cette grande dame de la littérature policière.

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          Adolescente, j’adorais les romans d’Agatha Christie et j’en ai dévoré un certain nombre. A un moment j’ai même songé à me faire l’intégrale mais il y en a quand même un sacré paquet de romans et je suis passée à d’autres lectures avant d’avoir mené à bien mon projet. Le problème du roman à énigme, c’est que la mécanique est souvent la même et qu’à la longue, ça peu devenir lassant. J’en ai lu d’autres auteurs, puis je suis passé au polar historique avant de tomber amoureuse du thriller pour finalement presque totalement abandonner le polar ces dernières années au profit d’autres types de lectures (les classiques d’abord puis la littérature contemporaine, j’ai un côté un peu monomaniaque parfois…). Mais si je connaissais bien les romans de la reine du crime, je n’avais aucune idée de quelle avait pu être sa vie. Cette BD était donc l’occasion d’en apprendre plus…

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          J’ai vraiment beaucoup aimé cette BD. Le dessin n’est pas exactement dans mes goûts, je préfère les choses plus travaillées (ou sophistiquées devrais-je sans doute dire). Mais si je lui ai trouvé un côté un peu « naïf » au début, il est agréable et le côté très coloré est franchement sympa. Il colle parfaitement au caractère espiègle du personnage. J’ai beaucoup aimé apprendre comment la petite Agatha avait commencé à s’intéresser à la littérature policière. Cette femme a eu une vie bien remplie, entre voyages et écriture intensive. Beaucoup de ses livres se passent à l’étranger, notamment en Egypte et c’est assez fascinant de voir la manière dont elle pioche dans sa propre expérience pour écrire ses histoires. Bon, j’avoue que personnellement, je n’aurais pas forcément choisi de faire dialoguer la romancière avec ses personnages, ce qui laisse présager qu’elle est quand même sérieusement dérangée. Pour le reste, j’ai beaucoup aimé cette BD qui se lit d’une traite et m’a donner envie de redécouvrir l’œuvre d’Agatha Christie.

Mes lectures

06h41 – un joli roman signé Jean-Philippe Blondel

          Cécile Duffaut, mère de famille et chef d’entreprise, rentre chez elle après un week-end chez ses parents. Elle prend le train de 06h41. A côté d’elle, la place est libre. Jusqu’à ce que vienne s’y installer Philippe Leduc, son amour de jeunesse. Entre eux, le silence s’installe.

          Je dois avouer que ce livre ne me tentait que très moyennement lorsque je l’ai entamé. Je me demande d’ailleurs ce qui a bien pu me pousser à cette lecture. Peut-être était-ce parce que je cherchais quelque chose de léger et vite lu. Ou j’ai peut-être eu une soudaine envie de lire quelques-uns des 34 livres offerts par Pocket. Je ne sais plus. Toujours est-il que ce choix me semble avec le recul saugrenu. Grand bien m’en a pris toutefois car c’est une jolie surprise qui m’attendait dans ces pages. Je n’aime généralement pas trop les romans intimes. C’est vrai que mon truc ç’a toujours été plus le social, tendance qui se renforce avec le temps. Je craignais donc un peu le pire et j’ai été très surprise de constater que cette lecture était vraiment agréable.

          Le style tout d’abord m’a bien accrochée. Simple mais pas simpliste, l’écriture est fluide. Ensuite on alterne le point de vue entre deux personnages. Je ne sais pas pourquoi, c’est un procédé que j’ai toujours apprécié (peut-être parce qu’il rompt la monotonie du récit ?). Souvent dans ces cas-là, on a quand même une préférence pour l’un des personnages. Même si ç’a un peu été le cas ici, pour une fois, elle n’était pas trop marquée et j’ai apprécié les parties consacrées chacun des deux protagonistes. J’ai trouvé que cette histoire transpirait la mélancolie et racontait des choses simples qu’on a tous connues. Des questions qu’on s’est tous posées. C’est pour ça que ça fonctionne si bien. L’auteur parvient à créer une sorte de bulle qui dure le temps d’un trajet en train et à nous faire rentrer dedans avec ses personnages. Un petit livre que j’ai beaucoup aimé. Subtil et délicat.

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Les enfants, c’est comme ça. Comme les ballons d’hélium dans les cathédrales. On les lâche, ils s’envolent mais restent quand même à portée de vue, on leur fait des signes, on leur rend visite, ils sont tout en haut, ils sont loin, encore coincés sous nos arcs gothiques. Et un jour, on ne comprend pas pourquoi exactement, ils ne sont plus dans notre sphère.

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Je me demande ce qui restera de notre couple quand notre fille sera partie de la maison. Si ça se trouve, on va se planter deux grosses bises sur les joues en se félicitant, « bon boulot avec la môme, maintenant tchao, on peut être fiers », et se séparer sans autre forme de procès parce que ça fait tellement longtemps qu’on ne sait plus qui est l’autre exactement, ce qu’il aime, ce dont il a envie. Ou alors on va rester en cohabitation, des moules sur un rocher, à attendre la prochaine marée.

Jeunesse·Mes lectures

La révolte des animaux, l’écologie à la portée des enfants

          Un jour qu’il regarde la télévision, Sha le chat prend soudain conscience de la cruauté de l’homme. Il décide alors d’en alerter tous les animaux. La révolte gronde dans le règne animal, les humains sauront-ils les entendre ?

          Un livre sur l’écologie destiné aux enfants ? une idée assez maligne. Encore faut-il que ce soit bien fait ; et je dois admettre que c’est plutôt réussi. J’ai souvent un peu de mal avec ce genre d’idée, les romans qui donnent la parole aux animaux ou aux objets. Je trouve que c’est assez difficile de rendre ça crédible, même s’il y a quelques exemples très réussis (La ferme des animaux, à tout hasard). Je suis rentrée facilement dans cette histoire que j’ai trouvée plutôt mignonne.

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          On suit cette histoire du point de vue des animaux et leur exaspération est touchante. Ils sont sans doute le meilleur moyen de sensibiliser les enfants à leur cause. J’ai parfois eu un peu l’impression au cours de ma lecture de perdre le message de vue. Au final, il m’a semblé que c’était avant tout un appel à devenir végétarien. Une position que je peux tout à fait comprendre mais que je ne cautionne pas vraiment pour des enfants. Je pense qu’on peut les sensibiliser à cette cause, qu’on n’est pas non plus obligé de les gaver de viande, mais que ce choix de vie est important et doit à mon sens se faire à l’âge adulte. Je suis pour consommer plus intelligemment plutôt que pas du tout.

          Il est vrai aussi que je lis ça avec un regard d’adulte assez sensible à ce sujet, les enfants perçoivent sans doute ce texte de manière assez différente. C’est en tout cas une invitation à faire plus attention aux animaux et à les respecter, ce qui ne peut pas faire de mal. Les enfants sont souvent très proches des animaux, je me demande pourquoi la plupart des gens perdent ça en devenant adulte. Malgré quelques réserves sur le fond, qui manque peut-être un brin de clarté (je comprends mieux pourquoi les contes finissent toujours par une morale, aussi lourde soit-elle), j’ai trouvé ce petit livre très séduisant. Bien écrit, plein d’humour et de poésie, un conte pour apprendre à nos enfants à protéger les animaux.

Mes lectures

Le dernier gardien d’Ellis Island, un roman passionnant de Gaëlle Josse

          « New York, 3 novembre 1954. Dans cinq jours, le centre d’Ellis Island, passage obligé depuis 1892 pour les immigrants venus d’Europe, va fermer. John Mitchell, son directeur, officier du Bureau fédéral de l’immigration, resté seul dans ce lieu déserté, remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent. »

9782882503497          Voici un des (nombreux) livres de la rentrée littéraire qui me tentait vraiment. J’en avais entendu parler ici et là et le thème me semblait intéressant. Je dois avouer qu’en le voyant en librairie, j’ai été très surprise de constater qu’il est extrêmement mince. Ca m’a d’ailleurs fait hésiter à l’acheter mais j’ai finalement cédé à l’envie de le lire. Je n’ai pas été déçue même si je dois avouer que je m’attendais à autre chose, même si je ne sais pas à quoi au juste. Comme le titre l’indique, on suit le parcours du dernier gardien d’Ellis Island au moment de la fermeture du site. La narration se concentre sur les dernières heures de ce bâtiment, même si les retours en arrière sont fréquents.

          La manière dont est construit le texte est intéressante, elle montre en parallèle la vie de cet endroit et sa fin. J’ai simplement regretté que ce ne soit pas un peu plus fouillé même si cette brièveté ajoute une notion d’urgence imposée par la forme. L’histoire des immigrés qui ont transité par cette île est passionnante et j’aurais aimé avoir plus d’exemples, avoir le temps de me plonger plus longtemps dans leur univers. Une fois n’est pas coutume, j’aurais sans doute préféré quelque chose d’encore plus proche de l’essai en somme. Toutefois, j’ai beaucoup apprécié ce texte simple et efficace mais surtout très bien documenté. Une écriture sobre pour une histoire forte. Un beau roman, tout simplement.

Gaelle JosseIl faut croire que les mots creusent parfois des galeries souterraines, mystérieuses, et que ce que l’on croit enfoui, oublié ou perdu à jamais, ne demande qu’à ressurgir au moment le plus inattendu. Ils nous saisissent au col, et on n’y peut rien.

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Il faut avancer, s’adapter à une autre vie, à une autre langue, à d’autres gestes, à d’autres habitudes, à d’autres nourritures, à un autre climat. Apprendre, apprendre vite et ne pas se retourner.
Mes lectures

Hérétiques, un beau roman de Leonardo Padura

          En 1939, le S.S. Saint-Louis, transportant quelque 900 Juifs qui avaient réussi à fuir l’Allemagne, resta plusieurs jours ancré au large du port de La Havane à attendre l’autorisation de débarquer ses passagers. Daniel attend sur le quai, l’arrivée de ses parents et de sa sœur. Ils ne débarqueront jamais.

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          Ce livre m’avait été vivement conseillé par mon libraire. A première vue, il en impose. Plus de 600 pages en très grand format (pas du tout pratique dans le sac à main). Sans compter que l’histoire n’est pas des plus joyeuses. On s’attend à quelque chose d’un peu lourd quand même. Je me suis quand même lancée. Dès les premières pages, j’ai bien aimé ce roman. L’écriture est assez agréable et l’histoire prenante. L’aspect historique est vraiment passionnant et très poignant. L’histoire est un peu compliquée (même si à la lecture, ça passe bien) et un peu difficile à résumer. La première partie se passe à Cuba. Un homme part à la recherche d’un tableau de Rembrandt qui a appartenu à sa famille et revient ainsi sur les traces parfois tragiques du passé des siens. Dans la seconde partie, c’est l’histoire de la création de ce tableau qu’on découvre. Enfin, la dernière partie revient à Cuba.

          Ce roman mélange pas mal les genres, entre roman historique et policier, ce que j’ai beaucoup apprécié. J’ai particulièrement aimé la partie sur la naissance du tableau. Une incursion à Amsterdam auprès de Rembrandt que j’ai adorée. J’ai appris beaucoup, beaucoup de choses dans ce roman ! En revanche, je me suis demandé si l’auteur ne se dispersait pas un peu trop. Même si on a comme fil conducteur le tableau et à travers lui l’histoire de la persécution des juifs, ça fait beaucoup de strates et d’informations à assimiler. Vient un moment où c’est presque trop. C’est surtout dans la troisième partie que j’ai ressenti cet espèce de trop plein et que j’ai trouvé le rapprochement entre les différents aspects du livre peut-être un peu artificiel. En voulant à la fois parler de l’histoire juive et du présent de Cuba, l’auteur perd parfois un peu de vue l’essentiel.

          Malgré tout, la fluidité de l’écriture et l’intérêt de l’histoire rendent la lecture agréable même si un peu plus de simplicité n’aurait sans doute pas été de trop. Surtout sur la fin où je commençais à saturer avec encore une nouvelle histoire et de nouvelles informations à assimiler. Mais je chipote un peu, car dans l’ensemble, ce roman est de très bonne qualité et il n’y a pas grand chose à y redire. Le personnage principal est attachant et ça m’a donné envie de lire ses autres enquêtes. J’ai beaucoup aimé découvrir Cuba à travers ses yeux. Un roman riche et complexe (un peu trop ?) qui est passionnant par bien des aspects et souvent émouvant. Il se lit avec grand plaisir. Une bonne initiation à la littérature cubaine. A découvrir.

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Si depuis l’enfance, certaines histoires de la relation de Dieu avec son peuple élu lui avait semblé excessive, à partir de ce moment-là, il osa se demander de façon obsessionnelle pourquoi le fait de croire en un Dieu et de suivre ses commandements de ne pas tuer, ni voler, ni convoiter, pouvait faire de l’histoire des juifs un enchaînement de martyrs.

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Un pays sans putes, c’était comme un chien sans puces : tout ce qu’il y a de plus chiant au monde.