06h41 – un joli roman signé Jean-Philippe Blondel

Par défaut

          Cécile Duffaut, mère de famille et chef d’entreprise, rentre chez elle après un week-end chez ses parents. Elle prend le train de 06h41. A côté d’elle, la place est libre. Jusqu’à ce que vienne s’y installer Philippe Leduc, son amour de jeunesse. Entre eux, le silence s’installe.

          Je dois avouer que ce livre ne me tentait que très moyennement lorsque je l’ai entamé. Je me demande d’ailleurs ce qui a bien pu me pousser à cette lecture. Peut-être était-ce parce que je cherchais quelque chose de léger et vite lu. Ou j’ai peut-être eu une soudaine envie de lire quelques-uns des 34 livres offerts par Pocket. Je ne sais plus. Toujours est-il que ce choix me semble avec le recul saugrenu. Grand bien m’en a pris toutefois car c’est une jolie surprise qui m’attendait dans ces pages. Je n’aime généralement pas trop les romans intimes. C’est vrai que mon truc ç’a toujours été plus le social, tendance qui se renforce avec le temps. Je craignais donc un peu le pire et j’ai été très surprise de constater que cette lecture était vraiment agréable.

          Le style tout d’abord m’a bien accrochée. Simple mais pas simpliste, l’écriture est fluide. Ensuite on alterne le point de vue entre deux personnages. Je ne sais pas pourquoi, c’est un procédé que j’ai toujours apprécié (peut-être parce qu’il rompt la monotonie du récit ?). Souvent dans ces cas-là, on a quand même une préférence pour l’un des personnages. Même si ç’a un peu été le cas ici, pour une fois, elle n’était pas trop marquée et j’ai apprécié les parties consacrées chacun des deux protagonistes. J’ai trouvé que cette histoire transpirait la mélancolie et racontait des choses simples qu’on a tous connues. Des questions qu’on s’est tous posées. C’est pour ça que ça fonctionne si bien. L’auteur parvient à créer une sorte de bulle qui dure le temps d’un trajet en train et à nous faire rentrer dedans avec ses personnages. Un petit livre que j’ai beaucoup aimé. Subtil et délicat.

jean-phillipe-blondel

Les enfants, c’est comme ça. Comme les ballons d’hélium dans les cathédrales. On les lâche, ils s’envolent mais restent quand même à portée de vue, on leur fait des signes, on leur rend visite, ils sont tout en haut, ils sont loin, encore coincés sous nos arcs gothiques. Et un jour, on ne comprend pas pourquoi exactement, ils ne sont plus dans notre sphère.

______________

Je me demande ce qui restera de notre couple quand notre fille sera partie de la maison. Si ça se trouve, on va se planter deux grosses bises sur les joues en se félicitant, « bon boulot avec la môme, maintenant tchao, on peut être fiers », et se séparer sans autre forme de procès parce que ça fait tellement longtemps qu’on ne sait plus qui est l’autre exactement, ce qu’il aime, ce dont il a envie. Ou alors on va rester en cohabitation, des moules sur un rocher, à attendre la prochaine marée.

"

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s