Mes lectures

Natacha, Vladimir NABOKOV

          Des nouvelles de Vladimir Nabokov. Toutes ont pour thème principal l’amour. Un amour chaste aux funestes conséquences, un adolescent amant d’une femme mariée, une jeune femme folle amoureuse de son mari aussi vieux que cruel… Autant d’histoires tragiques de Nabokov nous livre avec délices.

          Il y a un certain charme dans ces nouvelles. On y retrouve un peu de la cruauté de Lolita. Cependant, bien que l’écriture soit agréable et le développement souvent surprenant. Je reste assez mitigée. Ces nouvelles sont agréables à lire mais manquent un peu de mordant à mon goût. Une lecture que j’ai appréciée mais qui ne me marquera pas durablement. A lire en guise d’initiation à Nabokov.

Mes lectures

La jeunesse mélancolique et très désabusée d’Adolf Hitler, Michel FOLCO

           Comme son titre l’indique, ce livre est un biographie du jeune Adolf. Etait-il un enfant exceptionnel ? plus intelligent ? plus cruel ? plus malheureux peut-être ? Eh bien pas vraiment. Si le jeune Adolf n’était pas d’un naturel spécialement avenant, capricieux et extrêmement orgueilleux, il n’avait pour autant rien de bien remarquable. Un enfant assez antipathique et un rien pathétique qui manque parfois cruellement de bon sens. Il n’était même pas vraiment antisémite… Mais alors, comment est-il devenu un des pires personnages que l’histoire ait connu ?

           Le livre ne répondra pas à cette dernière question. Le propos est de montrer que le dictateur qu’on connaît, qui a commis les pires atrocités, était un enfant plutôt banal. Cette thèse a bien sûr suscité une vive polémique : comment peut-on traiter cet ignoble personnage comme un être humain lambda ? Eh bien parce qu’il l’était, tout simplement. C’est bien le problème d’ailleurs. Tant qu’on le considère comme exceptionnel, on se dit que ça ne peut pas nous arriver à nouveau. C’est à mon humble avis une grave erreur. Parce que oui, ça pourrait arriver à nouveau. Parce qu’on a certainement tous en nous une âme de dictateur, parce qu’il n’y a pas besoin d’être un génie du crime pour tuer en masse. Parfois, de la frustration et beaucoup d’obstinations suffisent à changer le monde, pour le meilleur ou pour le pire. Le savoir, l’accepter, c’est limiter les chances de revivre ce genre de situations.

           Pour en revenir au livre donc, étant en accord avec le postulat de base, je pouvais me lancer. En revanche, j’aime Michel Folco pour son humour corrosif mais on touche là à un sujet qui ne prête pas vraiment à la rigolade. Je pense qu’on peut rire de beaucoup de choses mais pas des atrocité commises. Le personnages est risible par bien aspects, mais ce qu’il a commis ne peut en aucun cas être pris à la légère. La marge de manoeuvre est donc particulièrement mince en la matière. Chaplin s’en était sorti avec brio dans Le dictateur, qui sans doute pour moi son meilleur film. Je crois qu’on peut dire que Michel Folco se positionne dans cette lignée, bien que l’humour y soit bien moins marqué. En effet, le personnage ne m’a pas semblé être présenté comme particulièrement risible, contrairement à ce que j’avais pu lire dans certaines critiques.

           L’auteur semble totalement mettre de côté ce qu’on sait d’Hitler pour se concentrer avec un regard impartial à son enfance. Elle est racontée comme le serait l’enfance de n’importe qui d’autres, avec ses bons et mauvais côtés (même si là on doit admettre qu’il est quand même particulièrement tête à claques le gosse). On retrouve par petites touches l’humour savoureux de l’auteur mais ça reste à ce jour son roman le plus noir. La lecture de ce livre n’éclaire en rien sur les raisons qui ont fait de cet enfant plutôt commun un personnage qui échappe à toute description tant sa cruauté dépasse l’imagination. Et c’est là tout l’intérêt de ce livre. S’il ne donne pas de réponse, il nous incite à nous poser des questions. Cette banalité du personnage m’a donné des sueurs froides. Les circonstances peuvent faire du moindre des enfants moyens un tueur froid et méthodique. Effrayant. Un livre qui pousse à la réflexion malgré son apparente légèreté et rappelle l’importance de rester constamment sur ses gardes. Passionnant.

Mes lectures

La grève des électeurs, Octave MIRBEAU

          Cet article ainsi que les deux suivants (l’un écrit lors de la Révolution, l’autre contemporain) vantent les mérites de l’abstentionnisme. Les arguments utilisés ont encore cours aujourd’hui. Un petit livre d’actualité en cette période électorale.

          Autant le dire de suite, ces articles vont totalement à l’encontre de mes convictions profondes. Admettons que tous les politiciens soient pourris et qu’on ne puisse pas en attendre grand chose, quelque soit leur bord. Je suis prête à le concevoir. Mais c’est trop facile de toujours se plaindre. Un roi ça n’allait pas, un empereur non plus, on ne veut pas d’un dictateur, raisons pour lesquelles des gens ce sont battus pour la démocratie pendant longtemps. Et maintenant qu’on l’a on fait la fine bouche ? Puéril.

           Je ne pense pas qu’on puisse se plaindre d’un gouvernement si on ne s’est pas déplacé pour aller voter. Le seul moyen de faire changer les choses c’est de s’engager dans la vie politique. Faire l’autruche n’a jamais rien réglé. Et si vraiment on ne peut pas sentir les politiques, alors votons blanc, c’est un mode de contestation moins je-m’en-foutiste que de ne pas aller voter du tout. Je ne vais pas me lancer dans un long pamphlet pour le droit de vote, que dis-je, pour le devoir que devrait représenter le fait d’aller voter, pourtant il y aurait à dire ! Un livre inutile et révoltant.

Culture en vrac

Mars : le bilan

         Voici l’heure du bilan de ce dernier mois. Côté lectures, un mois très réussi. beaucoup de livres lus, dans des styles très différents, que j’ai quasiment tous aimés. Deux se détachent toutefois clairement du lot. Mon coup de coeur du mois est Courir avec des ciseaux, un livre totalement fou qui correspond particulièrement bien à mon humeur joyeuse de ce début de printemps. J’ai également beaucoup aimé La mémoire des vaincus, qui m’a appris bien des choses et ouvert de nouveaux horizons. Deux livres très différents mais qui tous deux correspondent à ce que j’aime le plus dans la littérature (les grandes fresques romanesques et l’humour déjeanté).

         Encore un mois faiblard pour le cinéma. Le film vu en salle que j’ai le plus aimé est Young adult, sur lequel je n’ai pas encore fait d’article. Un choix sans doute surprenant mais je vous expliquerai très vite pourquoi (absence de connexion internet oblige, le rythme de mes lectures et sorties dépasse largement celui de mes publications en ce moment). Loin d’être un coup de coeur, Les adieux à la reine est le film commenté ce mois-ci qui m’a le moins déçue et ressemble le plus à mes yeux à ce qu’on peut attendre du cinéma.

         Du côté des autres sorties culturelles, l’exposition Doisneau à l’Hôtel de Ville m’a totalement séduite. Un accrochage gratuit qui mérite le détour. Pas encore commentée non plus, l’exposition Degas à Orsay, très séduisante malgré une foule des plus désagréable. Un mois plutôt positif donc avec pas mal de sorties : le soleil revient, l’envie de partir à la découverte du monde aussi (enfin de Paris en l’occurrence mais ce n’est déjà pas si mal). On se retrouve dans un mois tout pile pour le résumé du mois d’avril.

Mes lectures

Courir avec des ciseaux, Augusten BURROUGHS

Attention, attention, gros coup de coeur !!!

          Le jeune Augusten a une enfance quelque peu inhabituelle. Sa mère, une poétesse méconnue, connaît des périodes de folie. Son père l’ignore. Son frère est un étranger. Heureusement (pour nous du moins), le psychiatre de sa mère le recueille. Il va intégrer une fratrie des plus insolites. Une famille dans laquelle on consulte la Bible comme un jeu de tarots, où chacun est libre de ses choix au delà de 10 ans et où la liberté est le maître mot. Désopilant.

          Autant le dire tout net : j’ai totalement A-DO-RÉ ce livre ! J’hésite à me lancer dans le culte pur et simple de cet auteur. J’ai eu un peu de mal à démarrer. Je trouvais ça pas mal mais l’écriture un peu trop polissée me gênait. La quatrième de couverture alléchante annonçait une adolescence extraordinaire et j’étais un rien septique à la lecture des premières pages. Mais cette tiédeur n’a pas duré. Très vite l’histoire décolle. La mère du personnage devient folle et il est recueilli dans la famille de son psy, lui-même pour le moins dérangé.

          Notre héros se retrouve donc dans un genre de famille hippie (c’est plus ou moins l’époque) où tout semble permis. Il ne va plus à l’époque et se lance dans les expériences les plus farfelues. Une pareille vie, assortie d’une telle imagination, donne un livre foisonnant, riche en péripétie, en deux mots : totalement dingue. J’ai ri, suis allée de surprise en surprise et aurait voulu que l’histoire continue encore. Je me suis d’ailleurs précipitée pour acheter la suite (qui n’est pas une suite à proprement parler mais une autre autobiographie). Je songe même à distribuer ce livre autour de moi. Un humour grinçant et des situations rocambolesques : ce livre fait un bien fou, un concentré de fantaisie qui fait le plus grand bien.

Le roman a été adapté au cinéma, un résultat mitigé d’après les critiques.