Divers

La hotte du Père Noël

          Cette année, la hotte du Père Noël était chargée de livres que vous retrouverez bientôt ici, parmi eux :

– Maylis de Karengal, Naissance d’un pont, prix médicis 2010

– Patrick Lapeyre, La vie est brève et le désir sans fin, prix Fémina 2010

– Katrina Kalda, Un roman estonien

Jacques Fiscus, De la naissance de l’écriture au premier livre

Le coffret de cuisine Cuillères

Le coffret Macarons, moelleux, muffins

Le coffret Mousses et espumas d’Anne Sophie Pic

          J’ai donc de quoi faire pour un certain temps ! Très fort ce Père Noël ! Et vous, vous avez eu des livres ?

Club lecture·Mes lectures

Club lecture, 1°, décembre : Serge Joncour, L’Idole

          Hier soir, notre club lecture parisien a connu sa première réunion. Nous nous sommes rencontrées, The Girl Next Door, La Nuit des Forains et moi-même, au Café Livre, rue Saint-Martin, autour de notre première lecture commune : L’Idole de Serge Joncour.

Dès lors que les choses nous concernent très directement, on est toujours les derniers à être au courant. Comme pour l’adultère ou le licenciement, les autres le savent toujours avant. Personnellement, quoi qu’il m’arrive, je suis rarement le premier à le réaliser. Je crois que c’est pour tout le monde pareil.

          L’histoire : Georges est un homme tout ce qu’il y a de plus banal. Il n’a ni emploi, ni famille. Il est ce que l’on pourrait appeler un raté. Un matin, tout le monde le reconnaît dans la rue. Il a beau chercher, il n’a pourtant rien fait d’extraordinaire. Qu’importe ? il a été pris dans la grande machine médiatique, il est devenu célèbre. On roman cynique sur la célébrité.

          Notre avis : Nous avons toutes été plutôt d’accord sur ce livre. Je vais essayer de ne pas trahir les impressions de mes consoeurs. Nous avons assez apprécié notre lecture. Un style auquel on n’est pas tellement habituées et qui peut surprendre. On a aimé le côté réaliste de ce livre. On s’identifie au personnage par certains aspects et il nous énerve par bien d’autres, bref, il est très humain. Les réactions face à la célébrité, son changement de comportement à lui, mais aussi celui des autres (ceux qui font semblant de ne pas le reconnaître, ceux qui lui courent après…) sont très convaincantes. C’est une bonne description du système médiatique.

          On a toutes été frustrées par le fait de ne pas savoir pourquoi Georges était devenu célèbre. On a envie de savoir pourquoi, comment, ce qu’il s’est passé, ce qu’il va devenir, envie de tout savoir quoi ! Eh bien on ne sait rien ! On ne découvrira pas le pourquoi du comment, c’est comme ça et puis c’est tout ! Terriblement frustrant. On brûle de tout savoir et on reste dans l’ignorance. C’est assez énervant. Cependant, pour ma part, même si cela m’a quelque peu désappointée et que j’aurais tiré un grand plaisir immédiat à avoir plus d’explications, je dois admettre que c’est aussi ce qui fait la force du livre. La dénonciation du système n’aurait pas si bien fonctionné si on nous expliquait tout. Le but étant de montrer qu’on marche sur la tête et qu’on peut devenir célèbre pour rien, si notre héros avait fait ne serait-ce que la moindre petite chose pour être connu, ç’aurait été moins convaincant. Une frustration à court terme donc, mais à plus long terme, un livre qui amène à réfléchir. En clair, on a plutôt aimé (pour ma part, j’ai même aimé tout court et confirme ma première impression : Monsieur Joncour est un auteur fort intéressant sur lequel il faut compter).

           J’ai passé une très bonne soirée à parler littérature, mais pas seulement. J’ai aimé le lieu, plein de livres dans lesquels on peut piocher le temps  de boire un thé, et on y mange plutôt bien pour un tarif raisonnable pour la capitale. Une rencontre fort agréable donc, vivement la prochaine !

          Pour janvier, c’est The Girl Next Door qui choisit ce que nous allons lire, nous vous transmettrons rapidement le titre. Le lieu étant très sympathique, nous gardons a priori le même pour la prochaine fois. La prochaine rencontre sera le mardi 18 janvier à 18h30, réservez votre soirée !

Mes lectures

Romain GARY

          Le 2 décembre, on célébrait le 30° anniversaire de la mort de Romain Gary. A cette occasion, je vous propose une petite présentation de cet auteur.

          Romain Gary est né le 8 mai 1914 à Wilno, en Lituanie. Il est élevé par sa mère, avec qui il s’installe à Nice à l’âge de 13 ans. Il fait des études de droit à Paris et s’engage dans l’aviation. En 1940, il rejoint la « France libre » aux côtés du Général de Gaulle et sera fait commandeur de la Légion d’honneur. En 1945, il entre au Quai d’Orsay et publie son 1° roman, Education européenne, qui recevra le prix des critiques. Il aura des postes dans des pays lointains mais continuera à publier en France. Il reçoit le Prix Goncourt en 1956 pour Les racines du ciel. Il quitte la diplomatie en 1961. Il réalise 2 films, en 1968 (Les oiseaux vont mourir au Pérou) et 1972 (Kill).

          En 1974, Emile Ajar publie son 1° roman, Gros Câlin, dans un style totalement novateur. En 1975, La vie devant soi reçoit le Prix Goncourt. Romain Gary se suicide le 2 décembre 1980. Quelques mois plus tard, Paul Pavlovitch, le cousin de Gary, qui avait prêté ses trait à Emile Ajar pour la presse, dévoile la supercherie : Gary et Ajar ne sont qu’un seul homme. Gary est donc le seul écrivain à avoir eu 2 fois le prix Goncourt. En 1981 paraît Vie et mort d’Emile Ajar, un testament dans lequel il annonce être Ajar et s’en explique. Il conclut de la sorte : « Je me suis bien amusé. Au revoir et merci. »

          Si vous voulez en savoir plus sur Romain Gary, une exposition a lieu au Musée des lettres et des manuscrits. Delphine est allée la voir et la commente.

Vous pouvez également aller voir jusqu’à la fin de la semaine l’émission de la grande librairie consacrée intégralement à l’auteur.

          Enfin, Folio propose un joli coffret avec La promesse de l’aube et un marque-page en métal ciselé qui est à gagner sur Grim’livres.

Divers

La bibliothèque s’agrandit

          Hier, tri au travail, pleeeein de livres en libre service. J’en ai récupéré tout un tas, en tous genres. Toujours plus de lecture qui m’attend. Entre autres : le fameux Joncour qui sera lu en ouverture du club lecture, un Barbara Cartland « collector » (vous n’imaginez pas mon émotion devant pareil ouvrage…), des topos d’escalade des différents sites de Fontainebleau, des romans d’illustres inconnus, des témoignage, un manga (mon 1° !) ; bref, de tout, de tout, de tout !!! Bon très peu de « bon » a priori mais sait-on jamais, peut-être aurai-je de bonnes surprises. A bientôt donc pour le comtpe rendu de ces lectures.

Mes lectures

Alessandro BARICCO, Soie

          Voilà un petit roman qui dormait depuis bien longtemps dans ma bibliothèque (8 ans pour être exacte, je pense que c’était celui qui m’attendait depuis le plus de temps). Il ne me tentait que moyennement. On a beaucoup vu ce livre, on en a beaucoup entendu parler (trop, je trouvais ça louche) et moi qui ai toujours préféré les gros pavés, je le trouvais désespérément mince. Et puis ce titre… pfff… ça ne me parlait pas. J’avais bien failli l’ouvrir quelques fois mais n’avais jamais sauté le pas. C’était un tort. Heureusement que ma surcharge de travail m’a obligée à choisir dans ma bibliothèque un titre pas trop volumineux pour mes trajets en métro entre deux ouvrages sur Guibert, sinon ce pauvre Baricco y dormirait encore.

          C’est l’histoire d’un jeune homme du sud de la France qui achète des oeufs de vers à soie afin de fournir les « éleveurs » et tisserands de son village. La maladie qui touche l’espèce dans une grande partie du monde l’obligera à aller en chercher au seul endroit où ils sont encore sains : le Japon. Il fera là-bas une rencontre qui bouleversera sa vie.

          L’histoire commence doucement. L’écriture est simple, sans fioritures. Au début, j’ai trouvé que tout allait un peu vite, qu’on restait trop en surface et que lieux et personnages auraient mérité qu’on s’y arrête un peu plus. Et puis finalement, au fil des pages, les caractères se dessinent, l’Histoire (avec un grand H) apparaît en filigrane ; les émotions font surface. Des ambiances naissent de rien. Un livre vite lu et léger mais empreint de poésie qui est une vraie réussite.

La demeure d’Hara Kei semblait noyée dans un lac de silence. Hervé Joncour s’approcha et s’arrêta à quelques mètres de l’entrée. Il n’y avait pas de portes, et sur les murs de papier apparaissaient et disparaissaient des ombres qui derrière elles ne semaient aucun bruit. Ca ne ressemblait pas à la vie : s’il y avait un nom pour tout ceci, c’était : théâtre.

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Hervé Joncourt resta immobile, regardant l’énorme brasier éteint. Il avait derrière lui une route longue de huit mille kilomètres. Et devant lui, rien. Brusquement, il vit ce qu’il croyait invisible.

La fin du monde.

A lire aussi : Novencento pianiste, un texte très émouvant.