Archives de Tag: lycée

Life is strange

Par défaut

Life is strange

Je ne vous en parle jamais ici mais je suis assez amatrice de jeux vidéo. Je ne me sens toutefois pas toujours très légitime pour en parler. J’ai décidé de me lancer avec celui-ci. Ce n’est pas trop mon type de jeu, j’apprécie un peu plus d’action. Mais si je suis plus habituée aux jeux d’aventure, le côté très scénarisé de Life is strange le rapproche presque d’un film, ce qui rend un peu plus facile pour moi le fait d’en parler. Et puis il faut bien commencer quelque part. J’avais beaucoup aimé Remember me, du même éditeur, et j’étais curieuse de découvrir ce jeu-ci. Le jeu est très narratif et nos choix ont une influence sur le déroulé de l’histoire, ce qui est plutôt intéressant.

Life is strange

Dans l’ensemble, j’ai apprécié ce jeu. Du côté des plus, on compte notamment les graphismes, vraiment très beaux. La narration est agréable et réserve quelques surprises appréciables qui rendent le jeu agréable. J’ai bien aimé la douceur de l’univers mis en place et sa beauté bien sûr, avec des lumières très travaillées. Les personnages sont assez attachants et contribuent à nous faire apprécier l’ensemble. On se retrouve replongés en adolescence. Ce n’est pas nécessairement le type d’ambiance que je préfère mais le mal-être et l’importance de l’amitié quand on est exclu du groupe sont très bien rendus. J’ai également apprécié le petit clin d’œil photo. Le jeu est très facile à prendre en main, même pour ceux qui sont peu habitués à user de la manette. L’impression d’une assez grande liberté de choix et d’influer sur l’histoire est vraiment agréable et fait clairement partie des points forts de ce jeu.

Life is strange

Pourtant, au fil de l’avancée du récit, je me suis demandé à quel point mes choix changeaient ou non la suite. Il faudrait que je rejoue à ce jeu de manière totalement différente mais j’ai l’impression qu’il n’y a au fond que deux grandes voies possibles et que tout nous y ramène, même si quelques détails peuvent être modifiés. C’est un peu frustrant. La durée de vie du jeu m’a un peu déçue, j’ai eu l’impression de le terminer assez vite, et pourtant je suis plutôt lente comme joueuse. Il y a un passage sur la fin qui m’a déçue mais dans l’ensemble j’ai trouvé le jeu agréable. Enfin, du fait que ça se passe dans un lycée et qu’on joue une adolescente, il y a un côté un peu gnan-gnan parfois un peu agaçant, même si l’ensemble reste réussi. Un très joli jeu qui laisse le joueur un peu passif malgré l’importance donnée à ses choix. Une réussite avant tout visuelle.

Ecrire pour exister, de Ichard LAGRAVANESE

Par défaut

          Comédie dramatique américaine de Richard LaGravenese avec  Hilary Swank, Patrick Dempsey, Ricardo Molina

          Une jeune femme inexpérimentée choisit de débuter sa carrière d’enseignante dans un collège malfamé. Bien vite, elle va perdre ses illusions et se rendre compte que la littérature est bien le dernier des soucis de ces jeunes qui nagent en pleine guerre des gangs. Professeurs et élèves vivent dans deux mondes totalement différents mais elle va tout faire pour tenter d’aller à leur rencontre.

          L’absence de télé m’a permis de regarder quelques uns des DVD que j’avais en stock, dont celui-ci. On a déjà vu ce genre de films très idéalistes de nombreuses fois. Rien de bien original. A la différence près peut-être que celui-ci est tiré d’une histoire vrai. Je n’ai toutefois pu m’empêcher de penser qu’on avait dû en rajouter une couche dans la guimauve en cours de route. Il me semble en effet pour le moins improbable qu’en deux ans ‘aucun de ces jeunes ne se soit rebellé en cours de route, n’ait abandonné, ne soit mort tué par balle… Je reste donc un peu septique sur tout cet amour. Et je suis quasiment certaine que sur le moment les élèves n’étaient pas suivis en permanence par des violons. Cette manie d’en rajouter dans le pathos avec de la mauvaise musique me tape décidément de plus en plus sur les nerfs.

          Mis à part un léger problème de crédibilité (tout se passe trop bien pour sembler réel) dû sans doute à des raccourcis un peu rapides et cette manie de tout noyer dans de la musique mièvre, le film est plutôt prenant. L’histoire est forte. Tout d’abord, les incursions dans le système scolaire américain sont toujours surprenantes. Ensuite, bien qu’un brin idéaliste, cette histoire marche assez bien. La guerre des gangs est abordée d’un point de vue extérieur, en mettant en avant les personnalités de ces adolescents. Malgré les évidents défauts de réalisation (bien trop hollywoodienne pour faire réellement un bon film), ce film demeure assez convainquant et m’a donné envie d’en savoir plus sur l’histoire de ces jeunes. Un film moyen mais une histoire qui fonctionne. Un peu trop mélo mais agréable à regarder.

Detachment, de Tony KAYE

Par défaut

          Drame américain de Tony Kaye avec Adrian Brody, Marcia Gay Harden, James Caan.

          L’histoire d’un professeur remplaçant qui arrive dans un nouveau lycée, avec de nouveaux monstres à supporter pendant un mois. Des adolescents difficiles, parfois violents et souvent profondément malheureux. Il fait de son mieux pour les aider et les intéresser à la littérature classique, sans pour autant se faire beaucoup d’illusions. C’est d’autant plus compliqué qu’il a lui-même une vie un peu chaotique. Au fond n’est-il pas aussi paumé que ceux qu’il essaie de sauver ?

          Autant le dire de suite : LE chef-d’oeuvre de ce début d’année. Ce film est magnifique, profond, bouleversant. La critique lui a reproché un trop grand idéalisme. Certes, le personnage principal est un homme bien comme il n’en existe (presque) que dans les films (oui, je veux croire qu’il existe aussi des hommes bien pour de vrai) mais il est suffisamment désabusé et torturé pour être crédible. Quand on connaît mon peu de complaisance avec les histoires larmoyantes, je crois qu’on peut raisonnablement supposer que si je n’y ai pas vu de mièvrerie c’est qu’elle doit être très bien cachée… ou que le critique était amer face à la perfection d’Adrian Brody, au choix.

          Parce que oui, Brody est exceptionnel. On a dit que c’était son meilleur rôle depuis Le pianiste, eh bien oui ! Le rôle est magnifique et il est parfait dedans. Son interprétation est d’une intensité rare. Cet homme est incroyable, j’étais déjà sous le charme mais là je suis totalement bouche-bée devant un tel talent. J’ai trouvé cette histoire très sensible. Les questions posées sont universelles et il n’y a pas de volonté d’imposer de réponses préfabriquées, simplement d’ouvrir à la réflexion. La mise en scène est très réussie, originale et inventive. A vrai dire je n’ai rien à reprocher à ce film (j’ai juste noté une incohérence dans une scène, histoire de chipoter un peu) : on frôle la perfection. J’ai été au bord des larmes du début à la fin, pas que ce soit particulièrement triste ou larmoyant mais c’est poignant. Ca m’a un peu rappelé un film sorti il y a quelques années, Half Nelson, en mieux encore. Un film bouleversant qui aurait mérité qu’on en parle plus et mieux.