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Michel Sarran, la grande table toulousaine

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          Pour l’anniversaire de ma maman, nous sommes allés manger en famille chez Michel Sarran. Malgré ses deux étoiles, ce n’était pas spécialement le chef qui me faisait le plus rêver. Je ne sais pas si je craignais plus que ce soit trop classique ou trop m’as-tu vu. J’y allais donc circonspecte. J’ai très vite laissé tomber mes réticences en voyant aussi bien le décor que ce qu’il y avait dans nos assiettes ! J’ai beaucoup aimé la décoration de la salle, à la fois moderne et accueillante. Il faut dire que les touches de couleurs sont apportées par des fauteuils violets (et verts), à savoir ma couleur préférée, je ne pouvais qu’être conquise. Une première impression plutôt favorable donc. Ca a continué à la découverte du menu. Je m’attendais à ce que ce soit exorbitant. Bon, certes ce n’est pas donné, nous sommes dans un étoilé tout de même, mais 100€ le soir pour un menu en 5 services, c’est raisonnable étant donné le standing de la maison. Nous n’avions donc plus qu’à nous régaler.

© Jean-Jacques GELBART

© Jean-Jacques GELBART

          Ca commence fort avec les amuse-bouches dont une bière de tomate particulièrement surprenante. L’entrée du menu ne me tentait pas du tout, j’ai donc demandé s’il était possible de changer. On m’a de suite proposé autre chose. J’ai ainsi pu déguster le poulet au citron et à l’huile d’argan, un plat signature qui s’avère être un véritable délice. L’assiette était magnifique et c’est sans nul doute le meilleur poulet qu’il m’ait été donné de déguster : j’en aurais bien demandé une seconde part ! Si la suite était à l’avenant, ce plat demeure celui qui m’a le plus marqué, tant par le visuel que par les saveurs. Les portions sont assez copieuses et je n’ai pas regretté de ne pas avoir pris le « grand » menu. Mon seul petit regret reste sur le dessert. Il était très bon, à base de cassis et violette, mais j’aurais souhaité en déguster un deuxième pour pouvoir réellement juger du niveau des pâtisseries qui m’ont semblé un peu en deçà, non pas par leur goût mais plutôt par leur complexité. Mais cela reste à vérifier, c’est là l’amoureuse des desserts qui pinaille.

© Jacques VIEUSSENS

© Jacques VIEUSSENS

          Un repas succulent donc, qui fut une excellente surprise. Qui plus est, le service est adorable, avec un sommelier qui est venu discuter à notre table dès qu’il m’a entendue parler de pâtisserie et m’a abreuvée de conseils quant aux grandes maisons parisiennes. Une proximité que j’ai beaucoup appréciée et qui a grandement contribué à l’excellent souvenir que je garde de ce dîner. Les conseils en vin étaient par ailleurs très bons. Finalement, malgré mes réticences, je n’ai rien eu à reprocher à ce restaurant qui s’avère être une excellente adresse (je sais, c’est un 2 étoiles, on aurait pu s’en douter). Michel Sarran propose une cuisine inventive et maîtrisée, aussi riche en couleurs qu’en saveurs. Un menu sans fausses notes. Je compte bien y retourner un midi pour le menu à 55€ entrée/plat/dessert, vin et café. Ca fait certes une brèche dans le budget mais étant donnée la qualité, ça mérite bien quelques sacrifices. A noter que le restaurant possède une terrasse dans une jolie cour intérieure pour l’été. Une excellente adresse, accueillante et raffinée où j’ai hâte de retourner. A tester sans hésiter à la première occasion.

© Laurent Barranco

© Laurent BARRANCO

Michel Sarran 

21, boulevard Armand Duportal
31000 TOULOUSE

05 61 12 32 32

Fermé le mercredi midi et le week-end

Arpège, un déjeuner chez Alain Passard

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          Pour l’anniversaire de ma maman, elles nous a invitées dans un restaurant qu’elle rêvait d’essayer depuis fort longtemps : L’Arpège d’Alain Passard. L’homme cultive lui-même ses légumes. Il possède pour cela un cheval et se fait livrer chaque matin en légumes frais et de saison. Sa cuisine les met au cœur de l’assiette. Il les travaille sans les dénaturer, ce qui lui a valu d’obtenir 3 étoiles au guide Michelin. Autant vous dire que j’avais hâte de goûter à sa cuisine !

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          Le restaurant est d’une étonnante sobriété. Rue de Varenne, entouré de ministères, la façade passe totalement inaperçue. C’est à peine si le nom figure dessus. Même simplicité à l’intérieur : tables en bois clair, nappes blanches et quelques légumes en déco. La salle était réservée, nous étions donc dans le salon, dans une jolie cave voûtée. La pièces est petite mais agréable, la vaisselle simple mais jolie, sur la table, un Opinel qui nous accompagne durant tout le repas (ainsi que du pain maison avec un excellent beurre salé) et un petit panier plein de légumes en guise de composition florale. On est loin du décorum des palaces et on se sent de suite à l’aise avec des serveurs pour le moins sympathiques.

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          Trois menus sont proposés à 140, 240 et 320€. Eh oui, quand même ! Les étoilés, ce n’est pas donné. Le 1° menu est une surprise du chef. Le 2° tout légume. Et le dernier terre et mer. Nous avons opté pour le 1° sans trop savoir à quoi nous attendre donc. Nous avons été plus qu’agréablement surprises. C’est un vrai festival que ce menu en 12 plats ! Essentiellement des légumes – ce qui n’est franchement pas pour me déplaire – mais aussi un plat de volaille, un de poisson et deux desserts. Sans compter les amuse-bouche et mignardises. Tout est absolument délicieux, même si bien sûr certains plats sortent du lot, comme l’asperge, le risotto aux petits légumes ou encore le mille-feuille.

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          Ce repas était un vrai régal ! Le chef est passé entre les tables et a discuté un bon moment de choses et d’autres, ce qui fut une excellente surprise. Le service est aux petits soins et vraiment adorable. Dans l’assiette, les surprises se multiplient. Chaque plat est très goûteux, on retrouve bien le goût de chaque élément. Les assaisonnements sont souvent à base d’herbes, ce que j’apprécie particulièrement. On aime toujours certains plats plus que d’autres mais il n’y en a aucun qui ne soit pas reparti vide et saucé (ce n’est pas chic mais c’était trop bon alors je m’en fiche !). J’ai d’ailleurs pris peu de photos, un peu parce que les plats ne sont pas très spectaculaires visuellement parlant et beaucoup parce que j’étais trop occupée à manger.

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          Côté produits, le mois d’avril n’était peut-être pas la meilleure saison avec essentiellement des asperges, des betteraves, des carottes et des navets (beurk !). Aucun fruit. Même si les légumes de printemps commençaient à pointer leur nez, je crois que j’aurais plus apprécié d’y déjeuner en été, quand poivrons, tomates et courgettes s’invitent sur les tables. Ce n’est était pas moins délicieux et ne m’a donné que plus envie d’y retourner. Seul bémol parmi les mignardises, le petit chou à la chantilly… au navet (!) qui m’a laissé un goût amer. La tartelette au petits-pois en dessert était quant à elle… intéressante. Ce repas était un sans faute de bout en bout et un excellent moment. Je n’hésiterai pas à casser ma tirelire pour renouveler l’expérience. Une table à recommander à tous les amoureux des légumes sans la moindre hésitation.

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Arpège

Alain Passard

84 rue de Varenne

75007 Paris

Menu à partir de 140€

Fermé le week-end

Hélène Darroze

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          Originaire des Landes, Hélène Darroze a installé il y 10 ans son restaurant rue d’Assas. Issue d’une famille de cuisiniers, elle allie dans ses menus terroir et modernité. Son savoir-faire est couronné par une étoile au guide Michelin.

          Les grands restaurants ont une tendance certaine à être inaccessibles financièrement parlant. Ici, un « petit » menu est proposé le midi à 52€, week-end compris. Il se compose de 2 entrées, un plat de poisson ou de viande au choix et un dessert au choix autour du chocolat ou d’un fruit. Il est également possible de déguster des tapas au salon, avec un plateau repas à 28€. Des formules avec vins sont également proposées à des tarifs relativement raisonnables. Pour ceux qui veulent voir les choses en grands, des menus plus luxueux (et onéreux) sont également disponibles.

          La salle est vraiment très belle, décorée dans des tons chauds et accueillants. Les chaises et fauteuils confortables sont également les bienvenus. Le service est aimable, pas trop guindé pour ce type d’endroit. Quant à la cuisine, c’est tout bonnement délicieux. On retrouve dans l’assiette les produits du sud-ouest, mis en valeur par des recettes créatives. On reste dans une relative simplicité, le goût reste au coeur de la cuisine d’Hélène Darroze.

          De plat en plat, on se régale. Une cuisine à la fois goûteuse et raffinée. Il n’y a pas grand chose à changer à la formule. On passe un bon moment à table dans un cadre agréable, sans trop de chichis. Et on ne ressort pas avec la faim, ce qui n’est pas toujours le cas dans ce genre d’endroits. Une très bonne adresse, qu’on ne pourrait se permettre tous les jours mais parfaite quand on a quelque chose à fêter !

Restaurant Hélène Darroze

4, rue d’Assas

75006 Paris

http://www.helenedarroze.com

Jean-Luc Rabanel, L’atelier

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          J’avais déjà fait l’année dernière un article sur le fameux 2 étoiles de Jean-Luc Rabanel. Une cuisine que j’avais trouvée absolument géniale, élaborée à partir des produits du marché avec une rare inventivité. Comme l’article date un peu, je me permets de remettre ça, avec une petite mise à jour au passage.

          Le décor a un peu changé depuis l’année dernière, un salon zen dans les tons de gris est apparu, où l’on prend l’apéritif en écoutant le bruit de la fontaine (dont on se serait bien passé vu le déluge auquel on a eu droit…). Si l’ensemble est élégant, je l’ai aussi trouvé un peu oppressant. Tout ce gris et ce calme m’angoissent. Je n’ai pas trouvé que ça apportait grand chose, en tout cas pas du côté de la cuisine. Un pas de plus franchi vers le luxe, ce qui va sans aucun doute enchanter les inspecteurs Michelin qui reprochaient à Rabanel sa simplicité. Moi ça m’a laissée de glace.

          Fort heureusement, la salle principale a gardé son décor simple et chaleureux, rouge et noir, sans nappes ni argenterie. La cuisine non plus n’a pas changé. C’est toujours aussi bon ! C’est inventif, c’est coloré, c’est goûteux : on en redemande. Le seul bémol, dans le petit un seul dessert aux proportions réduites qui nous laisse un peu sur notre faim (même si au fond, de faim on n’a plus tellement et que c’est surtout affaire de gourmandise). Tout s’enchaîne très vite, aucune attente entre les plats. L’accord mets et vins est un peu difficile à suivre côté boisson mais les choix du sommelier sont aussi bons que surprenants. Le service est très aimable et disponible.

          Dans l’ensemble, un petit moins par rapport à l’année dernière. Si la qualité de la cuisine est toujours au rendez-vous, les prix ont sérieusement augmenté. Toutefois, ça reste une table qui vaut le déplacement. Espérons simplement que Jean-Luc Rabanel ne perdra pas son identité dans une possible course à la 3° étoile.

Restaurant L’Atelier

7 rue des Carmes

13200 Arles

http://www.rabanel.com/