Expositions

La mécanique des dessous

          Dessiner la silhouette fait depuis longtemps partie des préoccupations féminines, et, si cela nous semble sans doute moins évident aujourd’hui, les hommes ne sont pas en reste et ne sont pas avares d’artifices pour mettre en avant leur virilité. Du XIV° siècle à nos jours, l’exposition explore les mécanismes qui ont contraint les corps pour répondre aux modes et modeler le « corps parfait ».

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©Patricia Canino

          Je ne suis une accro à la mode, on peut même dire que je n’y connais franchement rien, mais le thème de cette exposition m’intéressait beaucoup. J’ai toujours été fascinée par les crinolines, corsets et autres objets de tortures qui dessinent des silhouettes ubuesques et contraignent le corps dans des positions qui permettent à peine de respirer. Combien de ces tenues sont faites uniquement pour parader et empêchent à peu près tout mouvement ? Et pourtant, quelque part, je ne peux m’empêcher d’y trouver une certaine forme de beauté. On voit toujours les jolies robes, leurs décolletés, leurs hanches démesurées et leurs tailles si fines mais en dehors du corset, connaît-on si bien ce qui se cache dessous ? C’était l’occasion de le découvrir et de voir les évolution à travers les âges, un parcours instructif et passionnant.

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©Sylvain Norget

         L’exposition est construite chronologiquement ce qui permet de bien comprendre la manière dont s’est construite la silhouette au fil des siècles. Les panneaux explicatifs sont très  bien conçus avec à la fois pour chaque vitrine un présentation assez vaste du contexte, et d’autres, plus brèves, de l’utilité de chaque pièce. Il y a également des montages multimédias avec différentes représentations picturales qui montrent des effets donnés par chaque sous-vêtement et qui animent le parcours. La lumière est tamisée et met en avant les pièces exposées, qui ainsi nues sous l’éclairage dévoilent des formes pures semblables à des squelettes abandonnés. A la fin un espace est aménagé où il est possible d’essayer crinolines et autres corsets. Sans doute plus destinée aux férus d’histoire qu’aux adeptes du shopping , une exposition instructive, fascinante et ludique que je vous recommande. 

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La mécanique des dessous, une histoire indiscrète de la silhouette

Musée des Arts Décoratifs

107 rue de Rivoli, 75001 Paris

Du mardi au dimanche 11h-18h, nocturne jusqu’à 21h le jeudi pour les expositions

9,5€

Expositions

Félix Ziem – J’ai rêvé le beau, au Petit Palais

          Félix Ziem a peint l’Orient et les Mille et une nuits mais ce sont surtout ses peintures de Venise qui l’ont rendu célèbre. Un voyageur à la longue carrière qui a tenu une place à part dans la peinture du XIX° siècle. Une peinture entre ciel et eau inondée de lumière.

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          Je ne connaissais absolument pas Félix Ziem et quand j’ai vu que le Petit Palais lui consacrait une exposition, j’ai été très étonnée de constater qu’il s’agissait d’un peintre du XIX°. C’est ensuite le style entraperçu à travers l’affiche et la description faite sur le site du musée qui m’a surprise et m’a réellement donnée envie d’en savoir plus sur ce peintre dont j’ignorais tout. Quand j’ai essayé d’y aller la première fois, j’ai eu la bonne idée de me pointer le jour de fermeture et, comme souvent en ce moment, j’ai finalement attendu le tout dernier moment pour m’y rendre. Et je le regrette franchement car j’aurais aimé pouvoir y retourner et la voir une seconde fois tant au premier coup d’œil je suis tombée amoureuse du coup de pinceau de Félix Ziem ! Il y a même un tableau que j’aurais bien embarqué pour l’accrocher dans mon salon, mais bon, on peut toujours rêver…

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          Félix Ziem est né en 1821 à Beaune. Il entre aux Beaux-Arts de Dijon en section architecture en 1837. Il est rapidement exclu de l’école et part pour Marseille où il pratique le dessin et l’aquarelle et ouvre rapidement son atelier. En 1841 il qui Marseille pour Nice et en 1843, il séjourne pour la première fois en Russie. Il est alors pris d’une passion pour les voyages qui ne le quittera plus. Il partagera plus tard son temps entre sa maison de la butte Montmartre, le Sud et ses voyages, notamment Venise, ce qu’on retrouve dans les thèmes de ses peintures. Ses œuvres seront présentées au Salon de 1850 à 1868 et très vite les acheteurs s’arrachent ses toiles qui après 1970 atteignent des prix élevés. Il a connu de son vivant une véritable réussite commerciale. Près de la moitié des peintures vendues représentaient Venise. En 1901, Félix Ziem est nommé peintre officiel de la Marine. C’est vers cette époque que sa production jusqu’alors très fournie va commencer à ralentir en raison de crises de rhumatismes. Il s’est éteint en 1911 à l’âge de 90 ans. Il est enterré au Père Lachaise et une copie du Lion de Saint Marc est placé sur sa tombe. Actif de 1845 à 1910, Félix Ziem a laissé derrière lui plus de 10 000 dessins et de 6 000 peintures.

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         Un coucher de soleil sur la lagune avec un voilier au premier plan, voilà sans doute ce qui représente le mieux la peinture de Félix Ziem. Mais ce serait réducteur de la résumer à cela. Si la vue de la lagune a connu un réel succès et est très largement représentée, l’horizon du peintre ne se limite pas à si peu et on trouve également des toiles représentant le Sud de la France, Paris ou l’Orient. En revanche, c’est un peintre de paysage, la nature représente la quasi-totalité de son oeuvre à travers deux grands axes : la mer (et notamment les navires) et l’Orient. Si la peinture à l’huile prédomine, au début de sa carrière Félix Ziem a également réalisé quelques aquarelles et les dessins issus de ses carnets de voyages sont également exposés. Ses premières toiles sont assez classiques mais on note peu à peu un travail très intéressant sur la lumière. Félix Ziem peint beaucoup de paysages où la présence du ciel et de l’eau prédomine, permettant ainsi un jeu de reflets. Il choisit souvent de peindre l’aube, le crépuscule ou les cieux orageux afin de rendre ces lumières particulières et parfois un eu irréelles dans ses tableaux aux couleurs chatoyantes. Une exposition magnifique où j’ai passé beaucoup de temps à découvrir le peintre et ses toiles colorées et lumineuses qui m’ont laissée sous le charme. Je n’ai qu’un regret, ne pas avoir pu y revenir. 

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Il n’est pas toujours nécessaire pour voyager, de monter en wagon, ou de prendre le bateau à vapeur, et la preuve en est que nous venons sans quitter notre fauteuil, de revoir Venise, Marseille, la Méditerranée, Barbizon, la Hollande, et même un coin d’Egypte.

Théophile Gauthier

Expositions

Les Macchiaioli, des impressionnistes italiens ?

          Ce printemps, le Musée de l’Orangerie nous a proposé une exposition qui a éveillé ma curiosité : Les Macchiaioli 1850-1874, Des impressionnistes italiens ? On connaît l’art classique italien dont on voit de nombreux exemples mais côté impressionnistes, ce sont surtout les peintres français dont la renommée est grande. J’ai donc voulu voir de plus près de quoi il retournait…

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          Les macchiaioli sont des peintres italiens majoritairement originaires de Toscane qui dès les années 1850 forment à Florence un groupe d’artistes révoltés. Littéralement « macchiaioli » signifie « tachiste », l’expression péjorative est apparue dans la presse en 1862 et les peintres eux-même ont décidé de l’adopter. En rupture avec le néoclassicisme et le romantisme très en vogue à l’époque, et rompent avec les conventions, à la recherche d’une nouvelle forme d’expression picturale. Ils se distinguent de leurs contemporains aussi bien par le choix des sujets que par leur manière de les traiter : pour retranscrire la réalité, ils privilégient les taches de couleurs et les clairs-obscurs. Ce mouvement est considéré comme étant l’initiateur de la peinture moderne italienne.

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          J’ai toujours eu un petit faible pour les impressionnistes, j’avais donc hâte de découvrir ce mouvement qui semblait s’en approcher (c’est du moins ce que le titre de l’exposition suggérait). Je suis allée la voir au dernier moment et j’ai un peu tardé à vous en parler ce qui fait qu’elle est déjà terminée depuis un petit moment. J’ai un peu de mal à démêler mon ressenti, j’ai beaucoup aimé certaines choses tout en étant assez déçue. Je pense que c’est dû au sous-titre un peu racoleur. Commençons par l’impression générale. Quand on me dit « impressionnistes » je pense de suite « couleur » et j’ai trouvé les toiles des macchiaioli plutôt sombres, je n’ai pas retrouvé non plus cette impression de flou, le trait souvent net. Le rapprochement ne saute donc pas aux yeux et est sans doute plus subtil mais j’ai été dérouté par ce style qui ne correspondait pas à ce que je m’attendais à découvrir.

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         Je n’ai pas vu de suite en quoi consistait la modernité de ces artistes. Cela est sans doute aussi dû à une mauvaise connaissance du contexte qui n’est pas nécessairement le même en France et en Italie et mes connaissances en histoire de l’art sont très très loin de me permettre d’évaluer l’évolution de la peinture italienne au XIX° s. Il me semble que les panneaux explicatifs fournissaient quelques notions de ce coté-là mais comme j’ai fait l’exposition après une longue journée, je dois admettre que mes souvenirs sont un peu flous de ce coté-là… Toutefois, ils étaient suffisamment bien pensés pour nous éclairer peu à peu sur ce rapprochement pas si évident.

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          Il tient à deux axes majeurs, comme je l’ai déjà évoqué au début : tout d’abord, les sujets évoqués, ils rompent avec les compositions académiques et les portraits officiels et sortent des ateliers pour pour profiter de la lumière naturelle, souvent traduite par de forts contrastes qui se traduisent souvent sous forme de taches, ce qui s’inspire bien sûr des techniques impressionnistes, tout comme la grande variété des formats, et c’est là le deuxième axe, la liberté prise dans la réalisation. Si le traitement de la lumière sous forme de taches est moins abouti que chez les impressionnistes français, il en est inspiré. Il y a également la même recherche de trouver un style en rupture avec les conventions et de se rapprocher de la nature pour y trouver une inspiration nouvelle.

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          On trouve parmi leurs sujets de prédilection des paysages maritimes, des scènes rurales qui montrent les paysans dans leur quotidien, ce sont également des peintres engagés pour l’unification de l’Italie qui représentent la réalité des batailles, enfin, ils excellent dans la peinture des scènes de l’intimité, que ce soient les portraits ou les intérieurs bourgeois. Certains tableaux, notamment ceux sur les scènes rurales m’ont immédiatement évoqué le réalisme de Courbet, ce sont ceux qui m’ont le plus touchée dans cette exposition. Ils méritaient le détour, proposant des représentation sans doute un peu plus rares que les scènes de bord de mer devenues classiques par la suite (comme quoi…). Je ne connaissais aucun des peintres exposés ce qui en soi est une excellente raison de se déplacer. Il y avait quelques très belles toiles et je suis tombée totalement amoureuse d’un certain Giovanni Fattori. Une exposition surprenante qui nous fait découvrir des artistes italiens entre réalisme et impressionnisme qui méritent amplement le détour.

Patrimoine

La maison de George Sand

          La maison où vécut George Sand, située à Nohant, dans l’Indre, a été léguée aux Monuments Nationaux qui l’ont restaurée. On eut donc la visiter dans un état très proche de celui dans lequel elle l’a habitée, tout le mobilier ayant été conservé. Une heure visite dans l’univers de cette célèbre écrivain.

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         J’avoue ne pas trop connaître l’oeuvre de George Sand (voire pas du tout). Toutefois, cette visite fut une très bonne surprise. La maison n’est pas trop grande, ce qui lui donne une dimension très humaine, on imagine sans peine de la vie à l’intérieur. L’intérieur a été rénové et mobilier conservé ainsi que de nombreux tableaux et objets, on se retrouve donc plongés dans le passé dès qu’on franchit le seuil.

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          C’est ici que l’auteur a passé quasiment toute sa vie. Qu’elle a écrit, qu’elle a vécu, qu’elle a reçu ses amis. Car plus encore que son oeuvre, c’est sa vie qui est passionnante ! Une femme indépendante, très en avance sur son temps et dont le comportement a plus d’une fois fait scandale. On apprend a mieux la connaître entre ces murs et on s’étonne du vent de liberté qu’elle y a fait souffler. Une visite qui a beaucoup de charme et m’a donné envie de mieux connaître ce personnage haut en couleurs.

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Maison de George Sand

36400 Nohant

7,50€

Expositions

Une visite au musée Guimet

          Le musée Guimet est consacré aux arts asiatiques : Inde, Chine, Afghanistan, Cambodge, Japon, Corée… C’est un véritable voyage à travers l’Asie que nous proposent ces collections. Statues, arts religieux, textiles, mobilier, comme autant de manières de s’initier à d’autres cultures venues de pays et d’époques lointaines.

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          Je ne suis pas spontanément très attirée par ce type d’art, ayant tendance à aller plus facilement vers la peinture. Toutefois, découvrant il y a peu le Musée du Quai Branly, j’avais été très agréablement surprise. Je garde aussi un très bon souvenir du musée consacré aux arts asiatiques à Toulouse où on peut admirer de très beaux costumes. J’étais donc assez enthousiaste à l’idée de cette visite, espérant surtout y trouver des objets du quotidien, qui sont souvent ceux qui me touchent le plus.

          Le rez-de-chaussée est consacré à l’Inde et à l’Asie du Sud-Est. Il y a beaucoup de statues, dont certaines assez monumentales, qui viennent de temples et représentent des divinités. Au premier étage, l’Asie centrale, l’Afghanistan, la Pakistan, le Népal, le Tibet et la Chine antique. Enfin, au second, la Chine classique cette fois, le Japon et la Corée. Certaines salles du deuxième étage ainsi que les troisième et quatrième étages étaient fermés lors de notre visite. Le musée est vaste et les collections assez riches. Toutefois, je n’ai pu m’empêcher d’être un peu déçue et ce pour plusieurs raisons.

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          Les espaces sont assez mal conçus, je ne suis pas sure qu’on puisse tout voir sans revenir sur ses pas et j’ai raté plusieurs salles. Le rez-de-chaussée ne m’a pas vraiment passionnée. Il a y a quelques pièces impressionnantes malheureusement, le total manque de précisions sur les cartels perd assez vite le visiteur néophyte. J’ai vu en sortant que les audioguides étaient gratuits mais il ne nous en a pas été proposé à l’entrée, dommage, je le saurai pour la prochaine fois ! J’ai également regretté qu’il y ait très peu de costumes, de bijoux ou de vaisselle. On y trouve essentiellement des statues, des représentations de bouddha pour la plupart, qui peuvent rendre le tout un eu monotone quand on n’est pas spécialiste de la question.

          J’ai bien aimé au premier étage des statuettes chinoises, datant du V° siècle je crois et représentant des petites filles. J’ai trouvé qu’elles étaient d’une grande modernité.  Certaines représentent des joueuses de polo et j’aurais aimé en savoir un peu plus sur leur réalisation (on jouait au polo en Chine au V° s. ?!). Dans l’ensemble, plus que la qualité des œuvres exposées, c’est plutôt la mise en valeur qui fait défaut. Quant au Panthéon bouddhique, sa visite ne représente pas un grand intérêt. Si je suis tout de même contente d’avoir enfin découvert ce lieu, sa visite est plutôt à réserver aux férus d’arts asiatiques. Pour ma part, j’y retournerai sans doute mais pour des expositions temporaires. 

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Musée Guimet

6 place d’Iéna – 75016 Paris

De 10h à 18h, fermé le mardi

7,5 € (collections permanentes)