Actualité·Expositions

20 expos à voir en janvier à Paris

bd_afficheFélix Vallotton, le feu sous la glace : une exposition de taille consacrée à cet artiste inclassable proche des nabis. Des toiles dans des styles variés au traits marqués et aux couleurs franches, pour moi, l’une des plus belles expositions de ces dernières années, malgré un style parfois hésitant, un immense coup de cœur (ma critique ici). Du 02 octobre au 20 janvier au Grand Palais.

affiche_orsay_masculinmasculinMasculin/Masculin, L’homme nu dans l’art de 1800 à nos jours : si le nu féminin est souvent exposé, le nu masculin connaît rarement les mêmes faveurs. Il est ici mis à l’honneur à l’honneur à travers peintures, sculptures et photographies. Une exposition qui m’a déçue mais allez voir par vous-même, mon avis complet par-là. Du 24 septembre au 12 janvier au Musée d’Orsay.

99692-frida-kahlo-et-diego-rivera-au-musee-de-lorangerie-en-2013-2Frida Kahlo / Diego Rivera, l’Art en fusion : cette exposition présente conjointement les œuvres d’un couple mythique de l’histoire de l’art, divorcé mais jamais réellement séparé. L’occasion de confronter leurs deux univers, à la fois très différents et pourtant complémentaires. Du 09 octobre au 13 janvier à l’Orangerie.

La Renaissance et le Rêverenaissance : cette période a donné au rêve une place importante. En effet, pour les savants des XV° et XVI° s., rêver permettait d’échapper à son corps et d’accéder à l’au-delà. Une conception qui a inspiré les artistes dont 80 toiles sur ce thème ont été réunies. Du 9 octobre au 26 janvier au musée du Luxembourg.

285455_desirs-volupte-a-l-epoque-victorienne-paris-08Désir et Volupté à l’époque victorienne : une exposition qui invite à la découverte des grands artistes de l’époque victorienne à travers le culte de la beauté. Du 13 septembre au 20 janvier au Musée Jacquemart-André.

partenariat_pinacotheque-exposLes peintres témoins de leur temps : la Pinacothèque consacre 3 expositions à ce thème qu’elle décline autour d’artistes très différents. Vous pourrez ainsi découvrir Goya et la modernité, La dynastie Brueghel et Chu Teh-Chun. Du 11 octobre au 16 mars à la Pinacothèque.

Jordaens.previewJordaens : l’un des trois grands maîtres de la peinture flamande du XVII° s., avec Van Dyck et Rubens, le moins connu en France pourtant. Cette première grande rétrospective lui étant dédiée met en valeur une œuvre très riche. Une exposition magnifique, à ne pas rater ! Du 19 septembre au 19 janvier au Petit Palais.

exposition-kanak-musee-du-quai-branli-2013-2014-jewandaKanak, l’art est une parole : avec plus de 300 œuvres et documents, le quai Branly propose la plus grande exposition réalisée sur la culture kanak. Une exposition assez riche, dommage que les aspect culturels les plus intéressants ne soient  pas assez mis en avant. Du 15 octobre au 26 janvier au Musée du Quai Branly.

exposition bronze cernuschiBronzes de la Chine impériale : la collection du musée est l’une des plus importantes du monde, avec plus de mille œuvres du X° au XIX° s. Un ensemble très varié montré pour la première fois. Du 20 septembre au 19 janvier au musée Cernuschi.

mg_edition_roman_dune_garde-robeRoman d’une garde-robe : Une garde-robe exceptionnelle des années 30 est proposée par le musée de la mode hors les murs. L’histoire d’une parisienne à la mode à travers ses robes e chapeaux. Du 17 octobre au 16 mars au Musée du Carnavalet.

1925-quand-l-art-deco-seduit-le-monde_xl1925, quand l’Art Déco séduit le monde : le style Art Déco s’est développé entre 1920 et 1940. Il se caractérise par ses formes géométriques qui allient pureté et vivacité. Souvent confondu avec l’Art Nouveau, il réunit des champs artistiques variés et s’est diffusé à l’échelle mondiale. Du 16 octobre au 03 mars à la Cité de l’Architecture et de Patrimoine.

7766693579_l-affiche-de-l-exposition-pixar-a-parisPixar, 25 ans d’animation : pour son ouverture, le musée d’art ludique reçoit l’exposition Pixar. 500 dessins de recherches, études, story-boards, sculptures, mais aussi le fameux zootrope de « Toy Story » permettent de mieux découvrir l’univers des studios. Il y a beaucoup de matière dans cette exposition mais j’ai trouvé dommage qu’il n’y ait aucun texte, les amoureux de Pixar et les enfants l’apprécieront tout de même. Du 16 novembre au 02 mars au Musée d’art Ludique.

Mecanhumanimal-3 Enki Bilal, Mécanhumanimal : la rencontre d’un créateur multimédia et d’une collection scientifique ; un dialogue surprenant autour de plusieurs grands thèmes.  Si vous ne connaissez pas le musée, profitez absolument de la visite guidée gratuite, un vrai régal ! Du 4 juin au 2 mars au musée des Arts et Métiers.

294229_jeux-video-l-expoJeux vidéo l’expo : une exposition pour tout découvrir sur le jeu vidéo, que vous soyez un joueur passionné ou un néophyte. On peut aussi bien y découvrir comment naît un jeu que tout simplement s’y amuser avec des classiques ou des nouveautés. Du 22 octobre au 24 août à la Cité des Sciences.

europunk-afficheEuropunk : la première partie de l’exposition est entièrement consacrée aux Sex Pistols, groupe sans doute le plus emblématique du punk. Viennent ensuite Anarchy, Bazooka, WTF, DIY, New Wave mais aussi une timeline et le collectif de photographes Belle journée en perspective. Du 15 octobre au 19 janvier à la Cité de la Musique.

Pasolini-RomaPasolini Roma : Pasolini et Rome, 25 ans d’une passion houleuse. Source d’inspiration et moteur de création, la ville éternelle est au cœur de son œuvre et c’est à travers elle qu’il témoigne des bouleversements de la société italienne. Du 16 octobre au 26 janvier à la Cinémathèque Française.

afficheLe surréalisme et l’objet : l’adhésion des membres les plus actifs du surréalisme au parti Communiste marquera un tournant dans le mouvement avec l’apparition de « recyclage » d’objets du quotidien. Jeux de mots et des images, le ready-made démystifie l’art. Du 30 octobre au 03 mars au Centre Pompidou.

51724-2Bourdelle intime : à travers une soixantaine de photographies prises par l’artiste lui-même ou par ses proches, l’exposition ouvre une nouvelle perspective sur l’atelier comme lieu de création mais aussi comme lieu de vie. Un témoignage rare qui permet de mieux découvrir le sculpteur. Du 13 novembre au 23 février au Musée Bourdelle.

visuel-affiche-Brassaï-sans-traits-de-coupe-693x1024Brassaï, Pour l’amour de Paris : le photographe était fasciné par Paris qui a été son principal modèle. On retrouve la ville dans toute son œuvre, de jour comme de nuit, par ses habitant, ses quartiers, ses graffitis ou ses objets. L’occasion de découvrir gratuitement le photographe, et la ville à travers lui.

Tzuri GuetaNoces végétales : Tzuri Gueta, artiste textile, est invité au cœur des serres. Il y a effectué un travail à base de silicium où les œuvres viennent sublimer la nature, proposant au visiteur de découvrir le monde végétal avec des yeux nouveaux. Du 21 novembre au 03 février au Muséum national d’Histoire Naturelle.

                                                                                      BONNES VISITES

Expositions

Georges Braque est pour quelques jours encore au Grand Palais

          Georges Braque fut l’une des grandes figures de l’avant-garde du début du XX° s. : l’initiateur du cubisme et l’inventeur des papiers collés. Le Grand Palais propose la première grande rétrospective consacrée à l’artiste depuis plus de 40 ans. Elle propose un regard nouveau sur son œuvre, en la mettant en perspective avec le travail d’autres grands artistes de son temps dans différents domaines.

affiche_expobraque          Voilà déjà plusieurs semaines que j’ai vu cette exposition. J’ai posé plusieurs fois les mains sur mon clavier pour tenter de vous en parler mais rien à faire, les mots ne viennent pas. Toutefois, elle ferme bientôt et il est donc temps de d’écrire quelque chose, inspiration ou pas. Si c’est si difficile pour moi de trouver que vous dire sur cette exposition c’est qu’elle m’a laissé une impression plus que mitigée. Mon problème est simple : je n’aime pas l’œuvre de Georges Braque. Tout comme je n’aime pas celle de Pablo Picasso. Des artiste trop modernes pour moi, qui heurtent mon amour pour une certaine harmonie. Toutefois, je reconnais leur génie, tout comme leur importance dans l’histoire de la peinture, et il arrive même au détour d’une salle qu’une de leurs toiles me touche. Je me laisse donc parfois entraîner dans une exposition qui leur est consacrée, par curiosité ou pour élargir ma culture, même si je sais que ce ne sera sans nul doute pas mon coup de cœur de l’année.

g_GrandPalais13GeorgesBraque03B          Je savais donc en passant les portes du Grand Palais que ce serait pour moi un moment un peu difficile. Et ce fut le cas. On a parfois des bonnes surprises, des révélations. Les œuvres de jeunesses au moins sont souvent plus accessibles que les autres et nous réconcilient quelque peu avec un artiste. Mais là, il n’en fut rien. J’ai trouvé une certaine unité au travail de George Braque, même s’il évolue clairement au fil du temps, ce qui ne m’a guère aidé à y trouver une porte d’entrée. Pourtant, on ne peut le nier, cette exposition est magnifique. Elle présente de manière très claire le travail de Georges Braque et met en avant sa place de choix dans l’histoire de la peinture, comparant son travail à celui d’autres artistes de son temps que ce soit dans le même domaine ou dans d’autres, complémentaires comme la littérature ou la musique. Cela permet de mieux comprendre l’artiste, sa manière de penser et son besoin de toujours innover, d’aller toujours plus loin dans la nouveauté.

braque130919s          Si cette puissance créatrice et ce génie créateur font avancer l’art, ses techniques et sa théorie, j’avoue préférer une approche plus sensible des choses, comme je vous le disais dans mon article sur Félix Vallotton, touche à tout qui ne paraît avoir eu pour objectif que le plaisir de peindre et dont les toiles (plus ou moins réussies) m’ont profondément touchée. Georges Braque est au contraire un visionnaire, il m’a semblé en voyant ses toiles qu’une ligne directrice assez nette se détachait de son œuvre. Je crois bien qu’en plus d’avoir des goûts classiques en matière de peinture j’apprécie bien plus la poésie des tâtonnements. Toutefois, non seulement l’exposition aide à comprendre le travail de l’artiste mais elle le met largement en avant avec un incroyable nombre d’œuvres exposées (plus de 200 sont réunies pour l’occasion !), représentant toutes les périodes de sa peinture : impressionnant !

dsc08544          Certains tableaux sont assez spectaculaires et bien sûr, les plus célèbres sont de la partie (on en a même un sur l’affiche). N’aimant pas particulièrement l’artiste, j’ai trouvé l’exposition – quoique passionnante – très très longue, et j’ai un peu décroché sur la fin. Toutefois, même dans la période cubiste que je goûte pourtant fort peu, certaine toiles sortent du lot par une délicatesse et un équilibre assez remarquable (il faut bien le reconnaître). Je n’ai pas noté les noms mais je me souviens notamment de natures mortes avec des jeux de cartes et des bouteilles de rhum dans des tons bruns qui m’auraient presque réconciliée avec le genre. Les oiseaux passent toujours bien aussi bien sûr même si je ne suis pas une inconditionnelle. L’utilisation de verre pilé dans certaines toiles vient leur donner du relief, ainsi, un très beau vase semble lancer des reflets dorés de toute beauté.Mais, les toiles qui m’ont éblouie sont peu nombreuses et rassemblées tout à la fin de l’exposition. Ce sont parmi les dernières peintes par l’artiste. Des paysage dans de petits formats tout en longueur mais qui tous dégagent une grande force. Ils illustrent bien cette phrase de leur auteur « L’art est une blessure qui devient lumière ». J’avoue être restée un long moment sans voix dans cette petite salle. Une exposition bien conçue, intéressante et riche qui ravira sans doute les amoureux de cet artiste et devrait aider les plus réticents à s’initier à cette œuvre très dense.

braqueGeorges Braque

Galeries Nationales du Grand Palais

Place Clémenceau – 75008 Paris

Du 18 septembre 2013 au 06 janvier 2014

Entrée 12€, tarifs réduit 8€

Expositions

Masculin/Masculin au musée d’Orsay

          Si le corps féminin est souvent mis à nu et placé sous le feu des projecteurs, le corps masculin est plus souvent délaissé. Le Musée d’Orsay a choisi de le remettre sur le devant de la scène en lui consacrant une grande exposition cet automne. Venez découvrir l’homme nu dans l’art de 1800 à nos jours.

affiche_orsay_masculinmasculin          On avait beaucoup parlé de cette exposition et j’étais curieuse de la découvrir étant donné que j’ai toujours beaucoup aimé le nu (même si j’ai sans aucune originalité une préférence pour le nu féminin). Pourtant, amère fut ma déception. Dès les premières salles, j’ai ressenti comme un problème de cohérence dans l’accrochage. Impossible de déterminer selon quelle logique il avait été réalisé : visiblement, il n’a rien de chronologique puisque des toiles du XIX° s. se retrouvent confrontées à des travaux bien plus contemporains sur la photographie ; thématique alors ? c’est ce qu’il semblerait, pourtant, si je n’avais pas lu les panneaux explicatifs, je ne suis pas sure que j’aurais compris de moi-même et je n’aurais en tout cas jamais pu dégager de près ou de loin les grands thèmes abordés. Un gros raté du côté de la conception donc.

coup-de-grisou_4050373          Mais une exposition peut-elle plaire malgré un tel problème de cohérence ? Si les toiles exposées avaient été vraiment merveilleuses, peut-être. Il m’est sans doute arrivé d’aller voir des expositions thématiques et d’y voir des toiles sans lien apparent, de les trouver juste belles et de m’en contenter très largement. Seulement là, c’est très loin d’être le cas ! Il y a un peu de tout, quelques grands noms représentés bien sûr (on est à Orsay tout de même !), aussi bien en peinture qu’en photographie ou sculpture, avec des choses classiques et d’autres plus contemporaines. Cependant, malgré une grande variété dans les œuvres, bien peu m’ont touchée. J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de redites dans les choix qui étaient faits et que ceux-ci n’étaient pas toujours très judicieux et représentatifs de la production artistique. Une exposition qui manque de cohérence et de force mais aussi et surtout de belles œuvres à présenter.

552038-orsayMasculin / Masculin. L’homme nu dans l’art de 1800 à nos jours

Du 24 septembre 2013 au 02 janvier 2014

Musée d’Orsay

1, rue de la Légion d’Honneur

75007 Paris

12€

Expositions

Félix Vallotton : Le feu sous la glace

          Félix Vallotton est un peintre de la fin du XIX° – début XX° s. proche des nabis. Son oeuvre est moderne et son style très personnel, inclassable. Parmi ses travaux, des huiles, des gravures mais aussi des sculptures, des critiques d’art et même des romans. Il a peint aussi bien des portrait que des paysages, des nus que des natures mortes. Un artiste prolifique et surprenant à découvrir en ce moment au Grand Palais.

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Site_mail_femme-nue-assiseSi je connaissais Vallotton de nom, je dois bien admettre que c’est à peu près tout. Je situais vaguement l’époque et le style mais j’aurais été incapable de citer une seule de ses toiles et je ne sais même pas si j’en avais déjà vu une auparavant. Etant assez férue de cette période j’étais curieuse d’en découvrir un peu plus et j’avais donc hâte d’inaugurer ma carte Sésame pour aller voir de plus près de quoi il retournait. Dès les premières salles, j’ai été agréablement surprise. En effet, la diversité des styles est assez incroyable : du portrait le plus classique à des paysages proche de l’impressionnisme ou des scènes d’intérieur qui ne sont pas sans rappeler Hopper ; une grande richesse dans les sujets et les formes d’expression qui m’a ébahie.

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pastoureau-vallottonNé en 1865, l’artiste Suisse a étudié à Paris, à l’Académie Julian où se sont formé de nombreux artistes de l’époque. Il a rapidement acquis une renommée internationale grâce à ses gravures sur bois qui rencontrent un vif succès dans l’avant-garde parisienne et lui permettent d’intégrer le groupe des nabis. A partir de 1899, il préférera la peinture et laissera à sa mort en 1925 plus de 1700 tableaux. Il s’est essayé à tous les genres : portrait, nu, paysage, nature morte, sujet mythologique, peinture d’histoire… Mais s’il a peint des choses très diverses, ses toiles se distinguent toujours par un dessin précis aux formes bien découpées, des tons recherchés et un aspect lisse. Le cadrage et le perspective s’inspirent souvent de l’estampe ou de la photographie dans une réappropriation de différentes techniques qui est intéressante. Une oeuvre qui peut sembler un peu fourre tout et de laquelle se dégage pourtant un semblant d’unité. Le toiles sont réunies autours de 10 thèmes tels que l’esthétique, la politique, le double féminin… Cette exposition est la première d’envergure consacrée au peintre à Paris depuis près de 50 ans.

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felix-vallotton-feu-sous-glace-grand-palais-L-Sa8CLEJe dois avouer que j’ai eu un véritable coup de cœur pour cet artiste. Bien sûr, étant donnée la variété de la production, c’est un peu inégal mais ses nus sont de toute beauté, certains m’ont vraiment sidérée. Il y en a un notamment qui m’a clouée sur place. Je suis restée plusieurs minutes figée à l’admirer. Rien pourtant d’exceptionnel dans ce tableau, pas de débauche de technique : c’est simple et beau. Certains paysages sont également très intéressants, avec de belles lumières et des perspectives inattendues. Comme souvent lors des expositions, j’ai noté les tableaux dont je voulais me souvenir et rarement la liste avait été aussi longue ! J’ai par moment eu peine à croire que c’était le même homme qui avait peint des choses si différentes, et parfois à la même époque, pour revenir ensuite vers ce qu’il faisait avant. Même si en cherchant bien, un petit quelque chose dans le trait demeure toujours, qui n’appartient qu’à lui.

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289111_vallotton-le-feu-sous-la-glace-entree-simple-paris-08J’ai trouvé que ce côté touche à tout correspondait finalement assez à la manière dont j’envisageais les choses, bien plus en tout cas que celle qui consiste à choisir une voie et de la pousser à l’extrême, comme Braque (dont je venais justement d’aller voir l’exposition monumentale juste à côté) ou Picasso, même si c’est cela sans doute qui fait des révolutions artistiques. Malgré quelques ratés – dont les sujets mythologiques, franchement sans intérêt – l’exposition m’a dans l’ensemble séduite. Une débauche de formes, de couleurs, de sujets en tous genres qui m’a laissée sous le charme. Quelques réels moment d’émotion et déjà l’envie de retourner voir si la magie opérera une seconde fois.

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Félix Vallotton : Le feu sous la glace

Galeries Nationales du Grand Palais

Avenue Winston Churchill

75 008 Paris

Du 2 octobre 2013 au 20 janvier 2014

Tlj sauf le mardi de 10h à 20h

12€

A lire pour prolonger le plaisir de la visite :

 – Le catalogue de l’expositionFélix Vallotton, Le feu sous la glace. 250 tableaux assortis d’un texte riche. Le hic, le prix et l’encombrement. Ca reste toutefois un joli cadeau de Noël à offrir ou se faire offrir. RMN, 45€.

– Vallotton, L’expoUne sorte de mini catalogue. 170 œuvres et leur cartel ainsi que les panneaux pédagogiques, soit très exactement le contenu de l’exposition : ni plus, ni moins. RMN, 18€.

 Le petit dictionnaire Vallotton en 21 obsessions : en une centaine de pages et 80 illustrations l’auteur présente l’oeuvre de l’artiste à travers ses complexes, ses désirs, ses névroses. Un livre qui est une bonne introduction à l’univers de ce peintre pour le néophyte et s’avère très agréable à lire comme à feuilleter, selon l’envie du moment. Laurence de Cars, RMN, 12€.

Expositions

Félix Ziem – J’ai rêvé le beau, au Petit Palais

          Félix Ziem a peint l’Orient et les Mille et une nuits mais ce sont surtout ses peintures de Venise qui l’ont rendu célèbre. Un voyageur à la longue carrière qui a tenu une place à part dans la peinture du XIX° siècle. Une peinture entre ciel et eau inondée de lumière.

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          Je ne connaissais absolument pas Félix Ziem et quand j’ai vu que le Petit Palais lui consacrait une exposition, j’ai été très étonnée de constater qu’il s’agissait d’un peintre du XIX°. C’est ensuite le style entraperçu à travers l’affiche et la description faite sur le site du musée qui m’a surprise et m’a réellement donnée envie d’en savoir plus sur ce peintre dont j’ignorais tout. Quand j’ai essayé d’y aller la première fois, j’ai eu la bonne idée de me pointer le jour de fermeture et, comme souvent en ce moment, j’ai finalement attendu le tout dernier moment pour m’y rendre. Et je le regrette franchement car j’aurais aimé pouvoir y retourner et la voir une seconde fois tant au premier coup d’œil je suis tombée amoureuse du coup de pinceau de Félix Ziem ! Il y a même un tableau que j’aurais bien embarqué pour l’accrocher dans mon salon, mais bon, on peut toujours rêver…

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          Félix Ziem est né en 1821 à Beaune. Il entre aux Beaux-Arts de Dijon en section architecture en 1837. Il est rapidement exclu de l’école et part pour Marseille où il pratique le dessin et l’aquarelle et ouvre rapidement son atelier. En 1841 il qui Marseille pour Nice et en 1843, il séjourne pour la première fois en Russie. Il est alors pris d’une passion pour les voyages qui ne le quittera plus. Il partagera plus tard son temps entre sa maison de la butte Montmartre, le Sud et ses voyages, notamment Venise, ce qu’on retrouve dans les thèmes de ses peintures. Ses œuvres seront présentées au Salon de 1850 à 1868 et très vite les acheteurs s’arrachent ses toiles qui après 1970 atteignent des prix élevés. Il a connu de son vivant une véritable réussite commerciale. Près de la moitié des peintures vendues représentaient Venise. En 1901, Félix Ziem est nommé peintre officiel de la Marine. C’est vers cette époque que sa production jusqu’alors très fournie va commencer à ralentir en raison de crises de rhumatismes. Il s’est éteint en 1911 à l’âge de 90 ans. Il est enterré au Père Lachaise et une copie du Lion de Saint Marc est placé sur sa tombe. Actif de 1845 à 1910, Félix Ziem a laissé derrière lui plus de 10 000 dessins et de 6 000 peintures.

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         Un coucher de soleil sur la lagune avec un voilier au premier plan, voilà sans doute ce qui représente le mieux la peinture de Félix Ziem. Mais ce serait réducteur de la résumer à cela. Si la vue de la lagune a connu un réel succès et est très largement représentée, l’horizon du peintre ne se limite pas à si peu et on trouve également des toiles représentant le Sud de la France, Paris ou l’Orient. En revanche, c’est un peintre de paysage, la nature représente la quasi-totalité de son oeuvre à travers deux grands axes : la mer (et notamment les navires) et l’Orient. Si la peinture à l’huile prédomine, au début de sa carrière Félix Ziem a également réalisé quelques aquarelles et les dessins issus de ses carnets de voyages sont également exposés. Ses premières toiles sont assez classiques mais on note peu à peu un travail très intéressant sur la lumière. Félix Ziem peint beaucoup de paysages où la présence du ciel et de l’eau prédomine, permettant ainsi un jeu de reflets. Il choisit souvent de peindre l’aube, le crépuscule ou les cieux orageux afin de rendre ces lumières particulières et parfois un eu irréelles dans ses tableaux aux couleurs chatoyantes. Une exposition magnifique où j’ai passé beaucoup de temps à découvrir le peintre et ses toiles colorées et lumineuses qui m’ont laissée sous le charme. Je n’ai qu’un regret, ne pas avoir pu y revenir. 

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Il n’est pas toujours nécessaire pour voyager, de monter en wagon, ou de prendre le bateau à vapeur, et la preuve en est que nous venons sans quitter notre fauteuil, de revoir Venise, Marseille, la Méditerranée, Barbizon, la Hollande, et même un coin d’Egypte.

Théophile Gauthier