Expositions

Gerhard Richter – Panorama

          Gerhard Richter est un artiste contemporain qui a beaucoup travaillé sur la photographie. Non pas qu’il soit photographe lui-même mais il reproduit avec une impressionnante précision des clichés du bout de son pinceau. Mais son travail ne saurait ce résumer à cela et cette rétrospective le prouve si besoin était.

          Je connaissais peu l’oeuvre de cet artiste avant d’aller voir cette exposition. J’en avais à peine entraperçu 2/3 toiles dans un reportage sur Arte qui m’avait donné envie d’en savoir plus. Panorana est une rétrospective de son oeuvre qui en présente des aspects très divers. Cet artiste allemand est né en 1932 et son travail est reconnu pour son originalité et sa diversité. Il travaille aussi bien sur des oeuvres figuratives qu’abstraites. Le Centre Pompidou nous offre la possibilité de découvrir le parcours de cet artiste hors normes.

               

          Je suis assez hermétique à l’art abstrait, autant vous dire donc que j’ai près d’un siècle de retard côté peinture. Toutefois, je fais un effort de temps en temps pour améliorer ma piètre culture en matière d’art contemporain. Grand bien m’en a pris ! J’ai beaucoup aimé cette exposition qui comprend essentiellement de la peinture mais aussi quelques installations un brin obscures (un miroir, des vitres qu’on peut voir sur la photo ci-dessus, un pièce métallique…). Le travail de reproduction photographique est très impressionnant par sa minutie et la qualité de l’exécution : de loin impossible de deviner qu’il ne s’agit pas d’une photo. Cependant, plus que les simples reproductions, j’ai préféré le travail sur le flou et surtout les oeuvres abstraites réalisée par dessus une toile figurative. Un mélange de techniques qui m’a particulièrement séduite. Une très belle exposition.

               

Gerhard Richter « Panorama »

Centre Pompidou

19 rue Beaubourg

75004 Paris

Jusqu’au 24 septembre

Mes lectures

Artemisia – Alexandra LAPIERRE

          Artemisia Genteleshi est la fille d’un peintre romain de la Renaissance. Elle sera son élève puis suivra l’enseignement d’Agostino Tassi. Alors âgée de 17 ans, il la violera avant de lui promettre le mariage. Elle lui fera un procès afin de tenter de sauver son honneur. Elle se mariera ensuite et partira pour Florence. Elle connaîtra là-bas le succès et sera la première femme à entrer à l’Académie de peinture et à pouvoir vivre en toute indépendance. Un destin exceptionnel qui méritait bien qu’on s’y attarde.

         Je vous avais déjà parlé d’Artemisia dans deux articles : un sur le film qui est consacré à son histoire de viol, l’autre concernant l’exposition qui lui était consacrée au Musée Maillol. Le film m’a donné envie de connaître l’artiste qui m’a donné envie d’en savoir plus sur la femme. Un véritable coup de coeur doublé d’un arrière-goût de mystère des plus existants. Ainsi, je me suis lancée dans la lecture de cette longue autobiographie. L’histoire est traitée par le biais du roman historique. Ainsi, si les faits évoqués sont bien réels, l’auteur s’offre la liberté de combler les vides, et surtout d’évoquer les pensées et sentiments de ses personnages.

         J’ai trouvé ce choix un peu dommage. J’aurais pour ma part préféré une autobiographie pure s et simple. L’histoire en elle-même est déjà tellement incroyable, nul besoin d’en rajouter. Les faits se suffisaient, tout cet étalage de sentiments (supposés qui plus est) est tout à fait superflu. Ceci dit, le style est agréable (mis à part ces détours par la fiction donc), très fluide. L’ouvrage se lit très bien et est assez précis sans être obscur pour le néophyte, d’où sans doute sa longueur : expliquer prend forcément un peu de temps. J’y ai personnellement appris plein de chose, et ça m’a donné envie de me pencher de plus près sur les toiles des maîtres de la Renaissance italienne. Un livre très intéressant et fort agréable, et quitte à me répéter, un destin de femme tout simplement incroyable. A dévorer sans retenue.

Expositions

Artemisia

          J’avais vu il y a quelques temps un film consacré à la jeunesse de cette peintre italienne du 17° siècle. Elle fut la première femme à vivre de son art, à l’égal des hommes, en travaillant pour des princes et des cardinaux. Violée à 17 ans, déshonorée, marié de force, elle connut pourtant la gloire. Un destin exceptionnel qui m’intriguait. Je suis donc allée voir l’exposition qui lui est consacrée au Musée Maillol afin dans savoir plus.

          J’ai beaucoup aimé cette exposition. Je ne connaissais pas le Musée Maillol et j’ai apprécié cette découverte (je ne connaissais pas Maillol, autre bonne surprise de la visite). Les tableaux d’Artemisia sont pour la plupart grands, représentent des sujets historiques ou des allégories et sont une incroyable illustration du travail sur le clair-obscur. Elle sert de modèle à la plupart de ses figures féminines, souvent nue, ce qui dénote d’une incroyable liberté dans une société pudibonde.

          Que dire de cette oeuvre ? Elle égale celle des grands maîtres italiens de l’époque. La lumière et la couleur y tiennent la place dominante. L’exposition propose aussi un petit documentaire sur l’incroyable destin de cette femme. Si les tableaux nous rappellent les maîtres de l’époque, le contexte de leur création leur donne un pouvoir tout particulier. Une exposition qui mérite le détour, ne serait-ce que pour découvrir cette incroyable figure de la Renaissance.

Artemisia

Jusqu’au 15 juillet

Tous les jours jusqu’à 19h (21h30 le vendredi), 11€

Musée Maillol

61 rue de Grenelle

75007 Paris

Expositions·Photo

Fondation Monet – La maison du peintre et le jardin de Giverny

          Je n’avais jamais eu l’occasion d’aller voir les jardins de Monet et je voulais depuis longtemps voir sa source d’inspiration de mes propres yeux. Voilà qui est enfin fait. Il ne faisait pas très beau, et pourtant, il n’y a qu’une chose à dire : c’est sacrément beau ! On est parachuté au coeur d’un tableau du célèbre peintre.

          

          Des fleurs bleues, roses ou violettes partout, beaucoup de verdure, de l’eau, et bien sur, des nymphéas (en fleur). Un tableau impressionniste de la taille d’un grand jardin.

                                           

          La maison se visite aussi, accueillante. Il n’y avait pas trop trop de monde (mais bien assez !) en raison du temps pluvieux, ce qui rend la visite plus agréable.

                                      

          Seule déception, l’atelier transformé en attrape-touriste. Une très belle balade, à à peine une heure de Paris. Pour plus d’information rendez-vous ici.

Mes lectures

Elle, par bonheur, et toujours nue, Henri GOFETTE

           Quand Pierre rencontre Marthe au détour d’une rue parisienne, c’est le coup de foudre. Elle deviendra sa muse, la seule qu’il ait connue. Il la peindra inlassablement pendant plus de 40 ans, et presque toujours nue. Dans ses tableaux, sa femme ne cessera d’avoir 30 ans. Histoire d’un amour fou.

           Ce roman raconte l’incroyable histoire d’amour entre Pierre Bonnard et sa femme, Marthe. Rencontrée dans un coin de rue, elle deviendra sa compagne et sa muse et l’inspirera tout au long de sa vie. Des centaines de toiles et dessins à son effigie. Une histoire esquissée tout en pudeur et en délicatesse  à travers les grands moments qui la composent.

           J’ai bien aimé ce livre léger et agréable dont se dégage une certaine poésie. On croirait presque se promener dans une toile de Bonnard tant son univers est bien restitué, par petites touches. J’aurais sans doute aimé un peu plus de consistance justement, plus de profondeur et de précision. Toutefois, le manque d’information ne le permettait peut-être et cela siérait-il moins à cette toile impressionniste. Une lecture tout en légèreté fort agréable.

Il a choisi la liberté et la peinture envers et contre tous, son milieu, sa famille, la femme qu’il aimait, et contre l’avenir même, ce petit train gris qui roule son tacatam monotone sur des rails sans surprise et vers le couchant.

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Tout plutôt qu’une vie en pot, l’amour à la petite semaine et les voyages en pantoufles.

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L’eau, quand elle monte d’un regard de femme, peut tout renverser, et il n’y a pas de mur qui tienne, surtout si le mur est un homme qui vit et vibre dans l’azur comme un violoncelle.