Archives de Tag: polar

Les thrillers du printemps

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La promesse, de Tony Cavanaugh

Le roman qui va vous donner des sueurs froides

Darian Richards a laissé derrière lui un cortège de vies anéanties. Épuisé par cette litanie de souffrances, il a pris une retraite solitaire dans le Queensland. Mais les démons sont partout. Et dans la région, depuis quelques mois, des adolescentes disparaissent sans laisser de traces.

Couverture de La PromesseLe choc de ce printemps côté roman noir. Je ne dirais pas forcément qu’il est meilleur que les autres quant à l’écriture ou l’originalité de l’histoire mais c’est celui qui m’a le plus amenée dans son univers. Un peu trop même… Un flic qui fuit la ville pour prendre sa retraite à la campagne et se tenir éloigné des ennuis. Jusque-là la trame est classique, tout comme le personnage de flic solitaire. Quant à l’intrigue, des jeunes filles qui disparaissent sans laisser de traces : encore une valeur sure. Simple et efficace en somme. Mais ce qui déroute vraiment dans ce roman, c’est le « méchant ». Certains passages sont écrits avec son point de vue et franchement, ça fait froid dans le dos. Il y a avait longtemps que ça ne m’étais plus arrivée mais je n’ai pas pu fermer l’œil avant de 1/ connaître la fin et 2/ savoir ce taré hors d’état de nuire. Une nuit blanche à dévorer ce roman parfois dérangeant, comme je le faisais adolescente avec les plus tordus des Stephen King. J’ai adoré retrouver cette sensation, cette immersion totale dans l’univers de l’auteur. Un univers sombre et dérangeant pour ce thriller terriblement efficace.

Un tombeau sur l’île rouge, de Jean Eli Chab

Plongée dans les traditions malgaches

À Ambotemena, petit village au sud de Madagascar, un tombeau a été profané. Les os ont été retrouvés dans une décharge, une trentaine de kilomètres plus loin. Alors que le jeune inspecteur Monza est chargé de les ramener à bon port, il comprend qu’une jeune femme a déjà été accusée à tort.

Couverture d'Un tombeau sur l'île rougeAprès un roman aussi fort que La promesse, je dois avouer que le reste a eu tendance à me sembler bien fade, et c’est un peu le cas de ce roman. J’ai bien aimé que l’intrigue ait pour base les fondements de la culture malgache que ça m’a ainsi permis d’un peu découvrir. En revanche j’ai trouvé l’écriture plutôt moyenne, elle manque de rythme et de personnalité. C’est un peu plat. Sans compter quelques lourdeurs de style : l’auteur balance en boucle du « le jeune policier » alors qu’il doit avoir la quarantaine (à ce qu’il m’a semblé, mais je me trompe peut-être) et paraît bien désabusé, ce manque de vocabulaire pour le désigner s’est avéré terriblement agaçant. Heureusement qu’il s’avère assez sympathique quoique parfois un peu balourd. Je n’ai pas trouvé qu’il y avait beaucoup d’originalité dans ce texte qui a un peu de mal à envoûter le lecteur malgré un contexte intéressant. Il reste toutefois agréable à lire et permet au moins de découvrir quelques bribes de la culture malgache.

Le pensionnat des innocentes, d’Angela Marsons

Victimes, ou capables ?

Kim Stone, inspectrice rebelle et solitaire, se voit confier une nouvelle enquête. Teresa Wyatt, directrice d’école, a été retrouvée noyée dans sa baignoire. Peu de temps avant sa mort, elle s’était intéressée à une fouille archéologique prévue autour d’un foyer d’accueil où elle avait travaillé avant que le lieu ne soit entièrement détruit par les flammes.

Le pensionnat des innocentesJe ne sais pas trop quoi penser de ce roman que j’ai pourtant pris un certain plaisir à lire. La personnage principale est assez attachante dans son genre même si elle s’avère un peu trop caricaturale pour convaincre totalement, la jeune flic manque encore un peu de relief. L’intrigue est plutôt prenante et j’ai bien aimé qu’elle mette en scène des jeunes filles vivant dans un foyer (encore du déjà vu, je sais, mais c’est plutôt bien fait en l’occurrence). Dans l’ensemble c’est assez agréable à lire malgré quelques maladresses, notamment avec des tentatives d’intégrer des passages « émotion » qui ne collent pas du tout avec le caractère de l’héroïne et donnent l’impression de pièces rapportées. Quant à l’intrigue, s’il y a une bonne base, elle aurait mérité d’être un peu plus corsée. La fin est pas mal tirée par les cheveux mais le tout fonctionne à peu près. S’il y a de bonnes idées dans l’ensemble, je suis plus mitigée sur la mise en œuvre, toutefois la nervosité du style empêche de trop s’arrêter sur les lourdeurs. Pas parfait mais plutôt efficace.

Sous nos yeux, de Cara Hunter

Une famille pas si parfaite

Alerte enlèvement : la petite Daisy Mason, 8 ans, a disparu lors d’une fête, donnée dans le jardin de ses parents. Elle était déguisée en pâquerette : elle portait une robe, des collants et des chaussures vertes, ainsi qu’une coiffe avec des pétales blancs. Et personne n’a rien vu.

Couverture de Sous nos yeuxPlus encore que le précédent, ce roman m’a laissée mitigée. Ca se lit très bien, avec une trame là encore pas très originale – une petite fille disparaît, la famille est accusée et les méchants secrets ressortent. C’est simple et efficace avec un style pas franchement flamboyant mais qui se laisse oublier (c’est déjà ça…). La première partie est un peu lente, ça met du temps à se mettre en place, ça manque de rythme. Et puis ensuite au contraire ça s’emballe un peu. Vers la moitié du roman, j’ai soudainement eu l’impression que l’auteur cherchait à brouiller les pistes à tout prix, en ne lésinant pas sur la péripétie improbable au besoin : ça en devient assez brouillon pour un résultat pas terrible terrible puisqu’au final on continue à soupçonner les parents malgré tout. Bien que la trame tienne à peu près la route, l’auteur se perd un peu en chemin en voulant trop en faire. On sent un petit manque d’inventivité. Pas désagréable à lire mais tout à fait dispensable.

Principes mortels, de Jacques Saussey

Temps d’orage à la ferme

Franck fuit le naufrage du foyer familial pour réviser son bac chez son oncle et sa tante, dans une ferme isolée de la Creuse où quatre ans plus tôt, son cousin a trouvé la mort sur une route qu’il connaissait pourtant depuis son enfance. Cette tragédie a ouvert une plaie qui ne s’est jamais refermée. Elle ronge insidieusement le cœur de ses proches.

Couverture de Principes mortelsCe roman m’a étonnée. En le commençant, j’ai eu l’impression d’un roman régionaliste, avec le parisien qui débarque chez sa tante à la ferme. D’autant plus que le style est assez classique (et pas mal du tout d’ailleurs). Mais on sent poindre bien vite le drame familial. La mort du cousin de Franck a laissé des plaies ouvertes dans sa famille mais aussi quelques zones d’ombres qu’il compte bien éclairer. Le tout sur fond de travaux à la ferme et d’amour de vacances. Un mélange plus original qu’il n’y paraît. D’autant plus qu’on se rend compte assez vite que tout n’est pas rose dans la famille Servin et que le front uni se fissure rapidement… Si tous les indices sont mis en place au fur et à mesure de l’histoire, le dénouement m’a tout de même surprise. J’ai beaucoup aimé l’originalité de l’intrigue et l’ambiance que l’auteur parvient à mettre en place. Une jolie surprise.

Quand sort la recluse

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– Trois morts, c’est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n’est pas de notre compétence.

– Ce qu’il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J’ai donc rendez-vous demain au Muséum d’Histoire naturelle.

– Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue ?

– Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.

– Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l’araignée recluse ?

          Quand j’ai découvert Fred Vargas il y a une dizaine d’année avec Pars vite et reviens tard, c’a été le coup de coeur. J’aime son univers poétique et décalé, ses intrigues tordues et le bon fond d’érudition sur lequel elle base ses romans. Je les ai tous dévorés et j’ai rarement été déçue (même si j’ai un gros faible pour ceux avec Ademsberg). Pourtant, ces derniers temps je trouvais ces romans moins bons. Moins inspirés, plus tirés par les cheveux, on sentait comme un essoufflement, ca n’avait plus le peps des débuts. Mais bon, je reste une lectrice fidèle (comme je le suis avec finalement assez peu d’auteurs), j’ai donc lu le dernier.

          Et je n’ai pas été déçue ! Les personnages sont toujours aussi barrés et leurs relations tumultueuses. Pour une fois, on devine assez vite qui est le coupable. Quant à savoir pourquoi… c’est bien là que réside tout le mystère ! C’est bien écrit, c’est hyper bien documenté (sur les recluses et les légendes qui les entourent), bref c’est vraiment chouette. J’ai dévoré ce roman avec le même plaisir que lorsque j’ai découvert l’auteur pour la première fois. Un Vargas grand cru.

Night Nurse : le crime de la rue Quincampoix

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          Un policier mène l’enquête autour du cadavre d’un scientifique retrouvé dans les toilettes du Night Nurse, club libertin. Qui est le mystérieux assassin qui sème des petits mots partout, épingle des charades ici et là et semble connaître ce petit monde comme sa poche ? Le dénouement est un feu d’artifice de chaises musicales : on rebat les cartes sentimentales et sexuelles. 

Couverture de Night Nurse de Gala Fur

          On m’a offert ce roman il y a peu. En effet, il m’arrive de traîner dans les nombreux bars de la rue Quincampoix et ce roman qui s’y déroule (dans un club échangiste, autre spécialité du quartier, quoique fort discrète) était donc un clin d’œil à un de mes quartiers de prédilection. Même si l’univers en est bien éloigné ! Je dois avouer que je lis peu de littérature érotique (pas du tout en fait) et je ne savais donc pas à quoi m’attendre. Mais c’est aussi un polar et là de suite, c’est plus dans mes cordes. Si j’ai attendu un peu avant d’entamer cette lecture, j’étais toutefois ravie de sortir un peu de ma zone de confort et de découvrir de nouveaux horizons littéraires. Bon, j’avoue être restée un peu perplexe. Dans la première moitié, j’ai trouvé que l’enquête policière prenait largement le pas sur le côté « monde de la nuit » qui demeure en toile de fond. A vrai dire, ça m’allait plutôt bien, même si du coup j’aurais presque trouvé qu’il y avait tromperie sur la marchandise. Du côté du style, c’est pas mal non plus. L’écriture est assez recherchée même si j’ai trouvé qu’il y avait un certain nombre d’expressions un peu bizarres qui manquaient de naturel, mais bon, pourquoi pas après tout, au moins ça a le mérite de sortir du lot.

          Si au début je plaçais beaucoup d’espoirs dans l’enquête policière, j’ai fini par trouver que ça patinait un peu. L’enquêteur ne m’a pas été hyper sympathique et il y a peu d’indices pour guider le lecteur, je trouve toujours ça un peu dommage. L’intérêt du polar c’est de se sentir investit, si on reste spectateur ça fonctionne toujours un peu moins bien. J’avoue que le milieu sado-masochiste ne me parle pas le moins du monde, cet aspect-là m’a donc laissée grandement indifférente même si curieuse comme je suis, je suis toujours ravie de découvrir des univers que je ne connais pas (mais sérieusement, passer ses soirée à servir de table basse ?!).  La deuxième partie du roman m’a moins convaincue. L’enquête tourne un peu en rond, les personnages semblent aussi perdu que le lecteur et dans leur vie ça devient un peu n’importe quoi. Cela dit, c’est plutôt rigolo. Même si c’est bien écrit, j’ai trouvé que ce roman n’était pas particulièrement facile à lire, je crois que j’aurais bien aimé quelque chose d’un peu plus léger, voire d’encore plus fou, ça m’aurait sans doute aidée à entrer dans cet univers. Mais bon, même si cet univers ne m’a guère emballée, je n’ai pas trouvé cette lecture désagréable et elle aura au moins eu le mérite de changer de mes lectures habituelles.

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Jeux de miroir

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Un agent littéraire reçoit un manuscrit qui l’intrigue immédiatement. L’un des personnages n’est autre que le professeur Wieder, ponte de la psychologie cognitive, brutalement assassiné à la fin des années quatre-vingt et dont le meurtre ne fut jamais élucidé. Se pourrait-il que ce roman contienne des révélations sur cette affaire qui avait tenu en haleine les États-Unis ? Persuadé d’avoir entre les mains un futur best-seller qui dévoilera enfin la clef de l’intrigue, l’agent tente d’en savoir plus.

E.O. Chirovici

On continue avec la rentrée littéraire de janvier, plus trop dans les temps. Je n’avance pas beaucoup dans mes lectures en ce moment et je commence à reprendre du retard dans mes articles. C’est en janvier dernier que je me suis mise à ne lire quasiment que des nouveautés, l’occasion s’étant présentée. Je n’ai pas vraiment arrêté depuis. Et janvier m’avait réservé de très bonnes surprises. De gros gros coups de coeur. Bon, cette année, je dois avouer que malgré des lectures agréables il y a peut-être eu moins d’enthousiasme que l’année dernière. Ce sont des choses qui arrivent. Une petite phase de lassitude je suppose.

Après des lectures sympas mais pas joyeuses joyeuses, un petit polar pour se détendre. J’avais lu des critiques très élogieuses sur celui-ci, je le sentais bien. Malheureusement, ça ne s’est pas avéré aussi formidable que ce que j’attendais. J’ai trouvé la construction compliquée et artificielle. L’histoire aurait dû me plaire, il y est question de manuscrit perdu et de manipulation psychologique, le genre de truc qui marche à tous les coups. Sauf qu’allez savoir pourquoi, j’ai eu un mal fou à m’y intéresser. J’ai trouvé que c’était assez lent à se mettre en place. Il y a bien un mystère et de nombreuses zones d’ombres mais le suspens n’a pas du tout fonctionné pour moi à aucun moment je n’ai eu particulièrement envie de découvrir la suite.

Je ne saurais pas trop dire au fond pourquoi je n’ai pas été plus emballée que ça. C’est plutôt bien écrit, pas vraiment de soucis de ce côté-là, mais ça manque un peu de rythme. Les personnages s’avèrent plus insaisissables que ce qu’on pourrait croire au premier abord mais ça arrive tellement tard dans le roman que ça peine à réveiller un intérêt déjà largement émoussé. Il faut dire aussi que dans l’ensemble les protagonistes ne sont pas particulièrement sympathiques, ça n’aide pas. Dans l’ensemble, ce n’est pas si mal, ça manque simplement beaucoup de rythme. Une lecture qui ne m’a pas trop convaincue malgré de bonnes bases, dommage.

Jeux de miroir

Le souvenir des choses passées n’est pas nécessairement le souvenir des choses telles qu’elles furent.

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J’avais finalement décidé de lui faire confiance : il y a des moments où on a juste envie de croire qu’un éléphant peut sortir d’un chapeau.

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Romans : les sorties de l’automne

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On continue avec les nouveautés littéraires qui auront décidément été à l’honneur sur le blog cette année. Je vous propose six romans sortis cet automne. Essentiellement de thriller et polar. Une sélection bien sombre mais qui m’aura réservé quelques jolies surprises.

Si la lune éclaire nos pas, de Nadia Hashimi

 

Kaboul est entre les mains des talibans. Depuis que son mari a été assassiné, Fereiba est livrée à elle-même. Si elle ne veut pas connaître le même sort, elle doit fuir. Elle entreprend un voyage périlleux avec ses trois enfants. Comme des milliers d’autres, elle traverse l’Iran, la Turquie, la Grèce, l’Italie et la France. Hélas, les routes de l’exil sont semées d’embûches : que devra-t-elle sacrifier pour de meilleurs lendemains ?

Si la lune éclaire nos pas, couvertureLe titre de ce roman ne laissait pas vraiment supposer une histoire qui allait m’emballer outre mesure. Je me méfie des titres très poétiques, ça sent toujours un peu le romantisme outrancier, mais en même temps, ça m’attire toujours au fond, parce qu’une belle histoire qui marche, c’est rare mais ça fait du bien. Bref, je me suis donc retrouvée avec ce livre entre les mains sans bien savoir pourquoi ni même de quoi ça parlait. Finalement, ç’a été une bonne surprise. J’avais lu en début d’année le témoignage d’un jeune garçon qui avait fui l’Afghanistan pour l’Angleterre. Cette version romancée d’une histoire similaire m’a beaucoup touchée. On suit la jeune femme qui est au cœur du récit bien avant qu’elle ne songe à quitter son pays. On apprend ainsi à la connaître, à se familiariser avec sa culture, à comprendre les raisons profondes de ce choix. C’est un peu mélo comme histoire, cette pauvre fille enchaîne sacrément les galères. Pourtant, étrangement, on y croit et ça fonctionne plutôt bien. L’écriture est agréable et on se prend d’affection pour cette famille au destin tragique. Un joli texte, sans doute un peu trop mélo parfois mais émouvant. Une belle surprise.

Peut-être qu’il vaut mieux mourir sur sa propre terre, plutôt qu’être chassé comme un chien errant partout où on passe.

Cognitum, de Stefan Palk

 

Dans un appartement parisien, un jeu sexuel en ligne tourne mal ; au fond d’une forêt africaine, une section de paras est anéantie sauvagement ; dans un réduit djihadiste de Syrie, on teste des produits redoutables. Yann Braque, lieutenant à la PJ, et Maxime Barelli, une capitaine des forces spéciales, vont se retrouver côte à côte face à une terrible épidémie technologique : Cognitum.

Cognitum, couvertureLe reste de mon automne aura été très noir. Et ça a commencé avec Cognitum. Un roman dystopique assez flippant. J’avoue ne pas trop savoir par quel bout prendre les choses pour en parler. On est dans un futur proche (très proche même je dirais) où la nanotechnologie infiltre le corps pour « l’améliorer ». Évidemment, ça ne se passe pas aussi bien qu’on pourrait s’y attendre, il y a des accident, des abus, des morts. Le sujet est pour le moins porteur, et plutôt d’actualité. La mise en œuvre m’a un peu moins convaincue, même s’il y a pas mal de bonnes choses dans ce roman. On alterne entre plusieurs personnages. En soi c’est un procédé que j’ai tendance à apprécier, malheureusement là les chapitres sont très courts (ce qui est également appréciable généralement) et c’est difficile de s’attacher aux personnages en passant aussi vite de l’un à l’autre. D’autant plus que l’histoire est quand même très compliquée. J’ai trouvé qu’il y avait trop de choses, trop de ramifications pas toujours parfaitement maîtrisées pour que l’histoire reste percutante. Malgré certaines faiblesses dans la construction du récit, le sujet traité est intéressant et l’enquête policière plutôt prenante. Une lecture singulière.

Évanouies, de Megan Miranda

 

Nicolette s’était pourtant juré de ne jamais remettre les pieds à Cooley Ridge, sa ville natale. Dix ans plus tôt, sa meilleure amie Corinne a disparu, et son corps n’a jamais été retrouvé. Aujourd’hui, Nic doit rentrer chez elle pour s’occuper de son père. Mais Nic n’a pas sitôt posé le pied à Cooley Ridge qu’une nouvelle jeune femme disparaît. Le piège se referme.

Evanouies, couvertureBon, ma mémoire me joue des tours. Je me souviens de la couverture, du nom de l’auteur, très vaguement d’une disparition, d’avoir bien aimé ce livre mais… mais… de rien d’autre, aucun détail. Il va falloir que j’aille faire un sérieux tour dans mes notes. C’est rare que j’oublie un roman que j’ai bien aimé mais que voulez-vous, ma mémoire n’est plus ce qu’elle était. La trame n’est pas particulièrement originale : une jeune fille qui disparaît sans laisser de traces, sa meilleure amie qui revient chez elle 10 ans après encore hantée par le drame, rien de bien exceptionnel jusque-là. En revanche, la construction elle n’est pas banale. En effet, on commence 15 jours après le retour de la jeune femme dans la ville de son enfance et on remonte le temps jusqu’à son arrivée. J’ai bien aimé l’idée qui crée une tension intéressante. C’est assez étrange pour le lecteur d’avoir de plus en plus d’informations au fil de la lecture alors que le personnage lui en a de moins en moins. Je me suis parfois demandé si à la relecture je ne trouverais pas des failles dans cette chronologie inversée, j’ai eu par moments l’impression de l’auteur s’y perdait un peu. Malgré quelques faiblesses, ce roman fonctionne plutôt bien et parvient à mettre en place un beau suspens. Pas parfait mais assez prenant tout de même.

Ma mère n’est pas morte chez elle. Elle en avait l’intention mais je crois qu’à un moment donné elle avait aussi eu l’intention de vivre. C’est bien beau, une intention, mais ça repose parfois davantage sur l’espoir que sur la réalité.

On se souvient du nom des assassins, de Dominique Maisons

 

1909. Paris, est à cette époque le centre du monde culturel et politique et repousse la misère au-delà de ses murs. Paris regarde vers le ciel et se passionne pour les dirigeables et invente le divertissement de masse. Mais aussi inventer le crime moderne et sa médiatisation. La foule va prendre gout au sang, aux aventures immorales, au frisson bon marché.

On se souvient du nom des assassins, couvertureVoilà un roman assez surprenant. A la fac j’avais un cour (où j’ai été assez peu assidue, avouons-le) sur le roman populaire : on est en plein dedans. On croirait à s’y méprendre un roman du début du XX° s. Le style est enlevé et très agréable. Ajoutez à ça une bonne vieille enquête policière dans les rues de Paris avec un auteur de romans-feuilleton comme héros et vous aurez un mélange détonnant. Bien que j’aie beaucoup apprécié cette lecture, je n’ai pas avancé très vite, ce qui m’a un peu empêché de rester dans la dynamique nécessaire pour l’apprécier pleinement. L’enquête est pleine de rebondissements, plus ou moins farfelus mais qui dans l’ensemble ne fonctionnent pas si mal. Ca traîne peut-être un peu en longueur mais les personnages sont attachants et le style enlevé ne manque pas de charme. Dommage que la résolution de l’enquête aille chercher une explication tarabiscotée qui aurait sans doute être pu mieux amener, on peine un peu à y croire. Un roman rocambolesque qui en fait parfois trop mais reste sympathique.

Sacrifice, de Joyce Carol Oates

 

1987, dans un quartier noir délabré d’une ville du New Jersey, une mère cherche partout sa fille, Sybilla, disparue depuis trois jours. L’adolescente sera retrouvée, ligotée, le corps barbouillé d’excréments et d’injures racistes, dans les sous-sols d’une vieille usine abandonnée. Emmenée aux urgences, elle accuse des « flics blancs » de l’avoir enlevée, battue et violée.

Sacrifice, couvertureJ’ai découvert Joyce Carol Oates il y a peu (oui, je ne suis pas en avance sur ce coup-là) et j’ai de suite beaucoup aimé sa plume précise et les thèmes très sombres qu’elle aborde. Après avoir lu d’elle un roman sur une disparition pour un autre sur un enlèvement et un viol d’enfant, on reste dans la même veine avec cette fois une jeune fille qui accuse des policiers blancs de kidnapping et de viol. L’écriture est très dure, imitant l’accent rocailleux de la rue. C’est très très sombre. Certains passages sont un peu difficiles à encaisser et l’évolution de l’histoire ne redonne pas exactement foi en l’espèce humaine. Mais l’auteur a le mérite dans ce roman de taper à la fois sur le racisme, la religion, l’administration et ceux qui exploitent les faibles qu’elle qu’en soit la manière. Elle n’est franchement pas tendre avec ses concitoyens mais ça sonne terriblement juste. Le récit s’inspire d’ailleurs de faits réels. C’est d’une violence inouïe mais je dois avouer avoir été totalement fascinée par ce roman que j’ai dévoré. Un roman engagé et fort qui ne laisse pas indifférent.

La victime d’un traumatisme ressemble à un animal blessé. En cherchant à l’aider, on risque d’exacerber sa souffrance.

Que le bête s’échappe, de Jesse et Jonathan Kellerman

 

Traumatisé par ses exploits récents, l’inspecteur Jacob Lev s’est remis à boire et passe ses journées à réviser des dossiers de cold cases dans un entrepôt désaffecté de Los Angeles. Un double meurtre non résolu retient son attention et l’amène à enquêter à Paris sur un cas similaire : les corps d’une mère et de son fils, retrouvés dans le Bois de Boulogne.

Que la bête s'échappe, couvertureQuand j’ai reçu ce livre, rien qu’à la couverture, je n’étais pas très inspirée. Quand j’ai commencé ma lecture, mes craintes se sont en partie trouvées fondées. Ça joue beaucoup sur le fantastique et je n’aime pas franchement les romans qui y ont recours. Je suis assez terre à terre et je n’aime pas trop qu’on mêle le monde « réel » et des éléments surnaturels. Je trouve que fonctionne rarement. Je préfère à la limite un univers créé de toutes pièces, mes attentes en matière de réalisme ne sont pas les mêmes. Pourtant, contre toute attente, je n’ai pas détesté ce roman et honnêtement, je me demande bien pourquoi. Il y a des rebondissements improbables, c’est tiré par les cheveux au possible et pourtant j’ai trouvé que ça se laissait lire. Je suppose que c’est dû à l’écriture, qui est agréable et dynamique, on est pris dans l’enquête et on ne nous laisse pas trop le temps de nous poser des questions sur sa crédibilité. C’est une suite mais on peut la lire sans problème sans avoir lu le premier volet. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai vraiment aimé, trop de thèmes abordé qui me laissent de marbre, trop tarabiscoté, mais ça reste étrangement une lecture plutôt plaisante. Le genre de roman où on trouve un plaisir un peu coupable.

Un mois d’horreur, sur la totalité d’une existence… ce n’est rien. Un simple hoquet.