Mes lectures

Comment voler une banque ?

          John Dormuntder, habitué des vols en tous genres, en est réduit à vendre des encyclopédies pour gagner péniblement ça vie. Une situation qui n’a rien pour le réjouir. Heureusement, Victor, ancien agent du FBI et neveu de son ami Andy Kelp est sur un gros coup. Il ne propose rien moins que de voler une banque. Oui oui, la banque entière. Mais parviendront-ils à mener à bien cette opération des plus périlleuses ?

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          J’aime beaucoup les romans de Donald Westlake et son humour désopilant. Les aventures de son héros favori, John Dormuntder sont l’assurance de passer un agréable moment de lecture aux côtés de ce voleur raté qui joue systématiquement de malchance. Ce roman-ci ne déroge pas à la règle. L’histoire ne manque pas de sel. Nos compères veulent voler une banque installée dans un mobil-home ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes d’organisation : des repérages au vol d’un camion en passant par la recherche d’une planque, les questions à régler ne vont pas manquer et les complices auront parfois bien du mal à se mettre d’accord.

          Le style de Donald Westlake est très agréable : très fluide et avec un humour qui me ravit. J’adore retrouver Dortmuntnder d’un livre à l’autre et cette histoire-ci est particulièrement réussie, pleine de rebondissements, on se demande de bout en bout comment ça va bien pouvoir finir. Les personnages sont très attachants, une bande d’anti-héros assez touchante qu’on aime suivre et voir évoluer. On est loin du polar traditionnel et cette manière de le revisiter est aussi originale que réussie. Donald Westlake est un auteur avec une pâte vraiment particulière qu’on retrouve ici. Un roman plein d’humour et très agréable à lire qui confirme si besoin était mon amour pour cet auteur.

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Assis dans le break volé, à côté de Kelp qui l’entrainait avec optimisme dans sa chasse aux chimères, Dortmunder avait l’impression de vivre là toute l’histoire de sa vie. Sa chance n’était jamais totale, ni complètement absente. Elle oscillait toujours autour d’un savant équilibre qui faisait que veine et déveine se neutralisaient systématiquement.

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Né pour être sauvage – Alexis Aubenque

          Ryan est un membre des Hells Angels. Il est de retour à Seattle après quinze ans d’absence avec de noirs desseins et retrouve de vieux amis. Pendant ce temps, la police enquête sur l’agression de la petite amie de l’un d’entre eux. Une affaire tortueuse qui va les mettre sur la route de Ryan. 

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          Quand MyBoox a proposé de gagner ce roman d’un auteur que je ne connaissais pas, j’ai sauté sur l’occasion et j’ai été très heureuse de faire partie des gagnantes. J’avoue que j’étais assez enthousiaste avant de commencer cette lecture. J’aime beaucoup les polars, même si j’en lis beaucoup moins depuis quelques années déjà, et j’étais ravie de découvrir un auteur que je ne connaissais pas. Malheureusement, je n’ai pas trop accroché avec ce roman. Le style est assez banal et ne m’a pas emballée outre mesure. Quant à l’histoire, elle est très alambiquée et franchement tirée par les cheveux. A tel point que j’ai même à un moment hésité à abandonner.

          J’ai finalement poursuivi ma lecture, sans grande conviction. Si elle ne me passionnait pas, elle n’était pas pénible non plus et j’étais vaguement curieuse de savoir où cette histoire allait mener. J’ai trouvé que les personnages auraient mérité d’être plus fouillés, ils manquent un peu de nuances. L’histoire tient la route dans l’ensemble mais en fait un peu trop et, étrangement, en voulant faire dans l’originalité, l’auteur se disperse sans parvenir à sortir réellement des sentiers battus. Dans l’ensemble, ce roman n’est pas mauvais, il manque simplement un peu d’envergure. Une lecture qui n’est pas désagréable mais ne m’a pas passionnée. 

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Jamais il n’avait accordé crédit aux théories des Hommes en Noir qui travaillaient dans l’ombre, pour l’intérêt de l’Etat fédéral, du Vatican ou encore des Martiens! Et pourtant telle était la réalité. Il pensa à un héros de série télé, et se souvint de son leitmotiv : la vérité est ailleurs !

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Une vraie folie. Il avait passé le samedi soir à boire, et à intervalles réguliers, à sniffer de la cocaïne. Il avait dansé comme un zombie au milieu du salon, remuant la tête en tous sens comme pour faire valdinguer une tignasse imaginaire, jouant de la “air guitar” en compagnie d’autres poivrots semblables à lui. On avait bien essayé de lui mettre une vraie guitare entre les mains, mais il était trop défait pour en sortir un seul accord valable. Pourtant Dieu sait qu’il avait été un authentique guitar hero en son temps.

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50 Cents – Thomas Carreras

          A San Francisco, c’est la guerre dans le milieu du crime. La femme de Vlad, un dangereux criminel, vient d’être tuée par une femme qu’on croyait morte depuis 10 ans et il n’a qu’une hâte : la venger ! Mais il n’est pas le seul à vouloir sa peau et lui-même a plus d’un ennemi.

          On m’a offert ce livre à Noël et on m’avait dit qu’il était complètement fou, ce qui m’avait donné grandement envie de le lire ! Bon, autant le dire de suite, mon enthousiasme a été de courte durée. Dès les premières pages, une question s’est imposée : « Mais c’est quoi ce truc ?!? ». A vrai dire, je me pose encore la question… Tout est complètement déjanté. D’habitude, je trouve que c’est plutôt une bonne chose mais là ça part vraiment trop dans tous les sens et le style n’est pas franchement à la hauteur. Difficile d’écrire une critique constructive sur ce roman tellement lui-même est déconstruit. J’ai eu l’impression que l’auteur a voulu mettre tout ce qui lui passait par la tête – à savoir essentiellement des clichés éculés et des images douteuses – sans parvenir à donner une cohérence à l’ensemble. Quand j’ai vu que c’était écrit par un adolescent d’à peine 18 ans, j’ai de suite mieux compris… Généralement, ce type d’histoire donne envie de continuer malgré les indéniables faiblesses pour connaître le dénouement mais là, on voit mal comment tout cela pourrait finir autrement que par la mort de tous les protagonistes, tuant ainsi le suspens dans l’œuf. Je crois qu’adolescente pourtant, j’aurais aimé ce livre pour son côté complètement fou : il faut croire que je vieillis ! J’ai peiné à aller au bout de cette histoire aussi mal écrite que décousue.

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Son visage se mit à pâlir de seconde en seconde, à tel point que lorsqu’il raccrocha, on aurait dit un alsacien en plein cœur de l’hiver.

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– Mon patron veut vous parler, continua nez tordu.

Le tueur à gages se détendit. On ne tabasse pas les offres d’emploi.

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La fille sans visage – Patricia MacDonald

          Quand sa mère est assassinée et son père reconnu coupable des faits, Nina refuse de croire en sa culpabilité. Quinze ans plus tard, lorsqu’il sort enfin de prison, elle fera tout pour l’aider à prouver son innocence. Mais la mort va frapper à nouveau et pas forcément où on l’attendait…

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          J’ai reçu ce livre grâce aux « Jeudi critiques » du site Entrée Livre que je remercie de m’avoir sélectionnée. Il me semble que j’avais déjà lu un Patricia MacDonald et que j’avais beaucoup aimé. pourtant là, dès le début, j’ai trouvé le style franchement faible. L’histoire n’est pas folichonne est c’est assez mal écrit. Bon, comme j’avais promis une critique en échange du livre et que ce n’était pas désagréable non plus (et puis court aussi), j’ai quand même continué. La première moitié est un peu fastidieuse… On a d’un côté Nina qui croit très fort que son papa est innocent, et de l’autre son frère qui lui s’acharne à le penser coupable (devinez quoi, le troisième enfant ne sait que penser). Elle l’aide donc, s’émeut dès que quelqu’un croit en lui et s’énerve dans le cas contraire. Bref, la psychologie est un peu sommaire.

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          Je vous passe les différentes étapes de l’enquête à peu près inintéressante. Toutefois, la seconde moitié du livre gagne en suspens. Les choses se corsent un peu et se dont plus troubles. On peine parfois à croire aux rebondissements un peu improbables mais ils permettent au moins d’étoffer un peu l’intrigue et de créer le doute, donnant envie au lecteur d’en savoir plus. Plus on avance vers le dénouement, plus on attend avec impatience l’explication qui semble pourtant s’éloigner. La fin amène une explication assez incroyable qui crée une réelle surprise. Au final, un polar qui ne marquera pas plus que ça, le style et la psychologie étant un peu faibles mais dont la fin rattrape assez bien le tout. 

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De sang froid – Truman Capote

          Les Clutter sont une famille modèle : des fermiers qui se sont enrichis à force de travail et qui sont aimés de tous dans leur petite communauté. Pourtant, ils vont connaître un sort tragique, assassinés pour une poignée de dollars. Leurs meurtriers, Dick et Perry prennent la fuite ; vont s’ensuivre des mois de cavale avant que la police ne les arrête et es pende haut et court pour leur crime.

          Il y avait très longtemps que je voulais lire ce livre qui sommeillait depuis longtemps dans ma bibliothèque. J’avais vu le film Truman Capote à sa sortie : il m’avait fascinée et donné envie de découvrir le livre qui l’avait inspiré. Toutefois, la dureté du sujet m’a longtemps tenue éloignée de ce roman et j’ai commencé mon approche de Truman Capote par des textes plus courts et plus légers : La traversé de l’été (un roman de jeunesse un peu maladroit mais avec une fin assez forte pour mériter le coup d’oeil) puis Cercueils sur mesure (un court texte absolument génial, un des meilleurs polars que j’aie jamais lu et un style tout à fait délectable, un énorme coup de coeur). Et puis cette année, quand j’ai mis sur pied mon programme de lecture afin de vider un peu ma bibliothèque, il m’a paru évident que ce texte devait en être. Et voilà comment j’ai enfin lu ce roman qui a fait scandale en son temps et fait de son auteur un personnage de légende.

          Comme je vous l’ai dit, je connaissais déjà l’histoire aussi bien de ces hommes, que celle de l’écriture du texte, au risque de parasiter un peu la lecture. Pourtant, dès les premières pages, j’ai été extrêmement surprise. En effet, le récit commence par une longue description de la vie et des habitudes de ceux dont on sait qu’ils vont mourir dans des conditions atroces. On a le temps de s’attacher à eux, d’espérer que certains en réchappent. En alternance, on découvre les tueurs, la manière dont il montent leur plan, leurs relations, leurs motivations. Cela crée un suspens des plus intéressants et assez inattendu pour un récit de faits qui étaient alors connus : cela ne fait aucun doute, Truman Capote est un conteur de génie.

          Le livre va continuer sur cette lancée jusqu’à la fin : quand vont-ils mourir ? pourquoi ? comment les meurtriers seront-ils arrêtés ? dans quelles circonstances ? quand seront-ils exécutés ? On connaît les grandes lignes : les Cutter sont tués, les coupables prennent la fuite, ils sont arrêtés, emprisonnés, jugés, pendus et pourtant, l’auteur parvient à créer une tension incroyable due à une attente constante de détail des événements. Le style est assez moderne, il a très bien vieilli et s’avère aussi agréable qu’efficace. J’ai été littéralement happée par ce texte qui m’a autant séduite que fascinée. Plus encore que dans l’art du récit, la force de ce texte réside dans le portrait psychologique des tueurs, d’une incroyable finesse. On parvient bizarrement à les comprendre, on les prendrait presque en pitié parfois, et surtout, on prend conscience qu’à peut près n’importe qui peut se transformer en monstre sanguinaire. Un livre brillant et passionnant qu’on ne peut plus lâcher après l’avoir ouvert. De sang froid n’a décidément pas usurpé son titre de chef-d’œuvre !

Rien de plus habituel que de sentir que les autres ont une part de responsabilité dans nos échecs., tout comme c’est une réaction ordinaire d’oublier ceux qui ont pris part à nos réussites.

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Perry dit : « Est-ce que j’ai des regrets? Si c’est ce que tu veux dire, non. Je ne ressens rien . Je voudrais bien. Mais ça me laisse complétement froid. Une demi-heure après que ce soit arrivé, Dick blaguait et moi, je riais. Peut-être qu’on n’est pas humains. J’suis assez humain pour m’apitoyer sur moi-même. Je regrette de ne pas pouvoir sortir d’ici qu’en tu t’en iras. Mais c’est tout. »