Mes lectures

Littérature : à la découverte des pays de l’Est

La petite communiste qui ne souriait jamais, de Lola Lafon

Une miraculeuse petite gymnaste roumaine de quatorze ans est apparue aux JO de Montréal en 1976 pour mettre à mal guerres froides, ordinateurs et records au point d’accéder au statut de mythe planétaire. Le récit imaginaire de l’expérience que vécut cette prodigieuse fillette, symbole d’une Europe révolue, venue, par la seule pureté de ses gestes, incarner aux yeux désabusés du monde le rêve d’une enfance éternelle. 

La petite communiste qui ne souriait jamaisUn roman français contrairement à ce que pourrait laisser croire le titre de mon article, mais qui se déroule tout de même en Roumanie. J’avais entendu dire beaucoup de bien de ce livre et le titre me plaisait beaucoup. Pourtant, je dois admettre que je n’avais qu’une très vague idée de ce dont il retournait, ma connaissance de Nadia Comaneci et de la Roumanie des années 70 étant plus que limitée. Au moins, ça ne risquait pas de me gâcher le plaisir de la découverte… J’ai beaucoup aimé le début de ce livre. Je ne saurais pas trop expliquer pourquoi mais bien que le sujet ne me parle a priori pas plus que ça, j’ai trouvé l’écriture très belle et les premières pages ont été un vrai régal. La petite Nadia est assez fascinante et j’ai apprécié la manière dont sa vie est disséquée. En revanche, passé le premier tiers du livre, j’ai trouvé que ça s’essoufflait un peu. Si le personnage principal fascine, il s’avère assez peu sympathique… La jeune fille à l’entraînement quasi-militaire est froide comme la banquise et semble prendre la grosse tête avec ses premiers succès. Même son malheur ne parviendra guère à la rendre plus humaine. Malgré tout, ce roman est bien écrit et permet de se plonger dans une époque que je connaissais mal. Un destin hors du commun, pas toujours très sympathique, mais qui mérite tout de même le détour.

Des mille et une façons de quitter la Moldavie, de Vladimir Lortchenkov

À Larga, tous les habitants ne rêvent que d’une chose: rejoindre l’Italie et connaître enfin la prospérité. Quitte à vendre tous leurs biens pour payer des passeurs malhonnêtes, ou à s’improviser équipe moldave de curling afin de rejoindre les compétitions internationales. Parviendront-ils à atteindre leur Eldorado ?

Des mille et une façons de quitter la MoldavieUn jour que je traînais dans une librairie alors que j’avais 2h à tuer et que mon livre était honteusement resté se la couler douce à la maison, je suis tombée sur ce titre. Il m’a intriguée. Tout autant que le tracteur sur la couverture et plus encore le résumé complètement barré. Il me fallait quelque chose de vite lu : c’était parfait ! J’ai de suite accroché avec ce style déjanté et cette histoire ubuesque. J’ai suivi avec plaisir les aventures de ces villageois moldaves prêts à tout pour quitter le pays et surtout ne jamais y revenir. J’ai trouvé que l’auteur faisait preuve de beaucoup d’auto-dérision. Il parle l’air de rien des problèmes majeurs rencontrés dans le pays, avec un humour qui touche à l’absurde. Si j’ai beaucoup ri au début, je dois toutefois avouer que j’ai fini par me lasser un peu de cette énergie débordant qui part dans tous les sens. Certains passages sont plus drôles que d’autres et ça finit par aller très loin. Peut-être bien trop pour que j’arrive à rester complètement dans cette histoire. Mais malgré tout, j’ai apprécié cette lecture dans son ensemble et j’ai envie de découvrir ce que l’auteur a pu écrire d’autre. Un roman un peu inégal mais très drôle et pas inintéressant pour autant : totalement déjanté.

L’oiseau bariolé, de Jerzy Kosinski

Dans ce paysage désolé de l’Europe de l’Est ravagée par la tourmente de la guerre, un petit garçon de six ans est envoyé à la campagne par ses parents. Campagne hostile dans laquelle les plus extravagantes superstitions survivent. L’enfant a les cheveux noirs, là où tout le monde est blond. Tel l’oiseau bariolé, il tente en vain de convaincre ceux qui l’entourent qu’il fait partie des leurs. Peine perdue. Il reste l’autre, le  » Bohémien « , celui par qui le malheur arrive, condamné à être persécuté…

L'oiseau barioléOn change encore de genre et de pays, avec cette fois une histoire qui se déroule en Pologne (écrite en anglais pas un immigré polonais ayant pris la nationalité américaine). Il traînait depuis un certain temps dans ma bibliothèque et j’aimais beaucoup le titre (eh oui, encore !) sans bien savoir de quoi il s’agissait. Je ne me souviens pas d’avoir relu la quatrième de couverture avant de commencer à le lire et j’avoue avoir été très surprise par la violence de ce texte. Je m’attendais bêtement à quelque chose de beaucoup plus léger… On y suit un petit garçon rejeté de tous à cause de la couleur de ses yeux et pour qui les malheurs vont s’enchaîner à un rythme soutenu. Chaque chapitre est consacré à une nouvelle croyance et un nouvel épisode funeste pour notre jeune héros. A sa sortie, le livre a eu un succès retentissant et a été lu comme une autobiographie, faisant alors grand bruit. Personnellement j’aurais tendance à penser que vu la quantité astronomique de malheurs qui pleut sur la tête de cet enfant, ce texte est plutôt à lire comme un catalogue des croyances profondément ancrée ou autant de paraboles sur la connerie humaine. Une histoire qui sonne étrangement actuelle… Un texte très difficile de par son extrême violence mais également l’un des plus fort qu’il m’ait été donné de lire. Bouleversant. 

Cinéma·Mes lectures

Thrillers et polars au rdv

D’un mauvais œil, de Jessica Treadway

D'un mauvais oeilAu milieu de la nuit, Hanna et son mari sont attaqués sauvagement dans leur lit. Il ne survit pas aux coups et Hanna est défigurée, elle ne conservera aucun souvenir de cet épisode tragique. Tous les soupçons se portent sur le seul intrus présent dans la maison ce soir-là : Rud, le petit ami de Dawn, la cadette, qui dormait avec elle. Trois ans plus tard, Rud, emprisonné, fait appel. Un nouveau procès va s’ouvrir. Alors que Hanna tente désespérément de se rappeler les événements du drame, Dawn revient vivre chez sa mère.

Le titre de ce roman ne m’inspirait pas des masses (on ne parlera jamais assez de l’importance d’un bon titre !), je dois donc admettre que je traînais un peu des pieds en commençant ma lecture. Pourtant, j’ai été agréablement surprise. L’écriture est efficace et je me suis laissée prendre à cette histoire familiale pour le moins tordue. Même si on sent venir la fin assez rapidement, le flou autour des détails de l’histoire demeure suffisant pour que le lecteur ait envie de continuer jusqu’au bout. On se met assez facilement à la place du personnage principal et on partage son angoisse. La tension monte au fil des pages et on attend le dénouement avec une certaine impatience. Même si le style aurait peut-être mérité d’être un peu plus travaillé et qu’il aurait été bon de semer un peu plus le trouble dans l’esprit du lecteur, j’ai trouvé cette histoire très intéressante d’un point de vue psychologique. Un roman prenant malgré quelques faiblesses. Une bonne surprise. 

Prête à tout, de Joyce Maynard

Prête à toutJeune, belle, mariée à un homme qui la vénère, installée dans une jolie maison, Suzanne Stone ressemble à ces filles trop parfaites des magazines. Mais elle veut davantage, elle veut la célébrité, elle décide que la télévision sera son royaume et, à force de persuasion, obtient un petit poste dans la station locale. Quand son époux est retrouvé mort, la veuve éplorée, point de mire des caméras, devient rapidement suspecte. 

J’avais beaucoup aimé le dernier Joyce Maynard, L’homme de la montagne. J’étais donc impatiente de découvrir celui-ci. J’ai été très heureuse de retrouver son style, simple mais terriblement efficace. Je m’attendais à un polar et j’ai été assez étonnée de me retrouver face à une sorte de thriller ou de roman psychologique où finalement on sait l’essentiel dès le début même si les détails restent flous et que le doute persiste. Le personnage de Suzanne est assez antipathique et m’a très vite agacée. Même si c’est le but et qu’à travers elle l’auteur fait une critique acerbe du milieu de la télévision et de l’obsession pour la célébrité, ça a quand même rendu cette lecture un peu longue. Le sujet ne m’a pas passionnée et je n’ai pas trop aimé son côté malsain. Même si j’ai moins accroché qu’avec le précédant roman de l’auteur, une lecture qui est loin d’être dénuée d’intérêt. 

Carthage, de Joyce Carol Oates

CarthageTout semble aller comme il se doit dans la petite ville de Carthage en ce début de juillet 2005, si ce n’est que Juliet Mayfield, la ravissante fille de l’ancien maire a rompu ses fiançailles avec le caporal Brett Kincaid, héros de retour de la guerre d’Irak. Or, ce soir-là, Cressida disparaît, ne laissant en fait de traces que quelques gouttes de son sang dans la jeep de Brett.

Bien que j’aie eu envie depuis longtemps de découvrir cette auteur, je n’avais encore jamais rien lu d’elle. J’ai été assez surprise par la sobriété du style. Toutefois, il est plus travaillé qu’il n’y paraît et parfaitement efficace. J’ai beaucoup aimé la première partie de ce roman. Les personnages sont clairement le point fort de ce roman. J’ai trouvé la détresse des parents de la jeune disparue parfaitement bien dépeinte et très touchante. Mais ce roman aborde aussi à travers le caporal Kincaid le problème du stress post-traumatique. Sans doute l’aspect du roman que j’ai préféré. La deuxième moitié m’a un peu moins emballée, même si l’histoire et la personnalité de Cressida sont loin d’être inintéressantes, ça traîne tout de même un peu en longueur. Finalement, j’ai trouvé que la disparition était avant tout un prétexte à la peinture des différentes strates de la société américaine dans une petite ville. Malgré quelques faiblesses, un roman prenant dont les aspects psychologiques sont passionnants.

Au bout du tunnel : nouvelles du noir au gris, de Claire Gilbert

Au bout du tunnelVingt nouvelles qui varient les registres autour des émotions de leurs personnages dans des moments clef de leur existence. L’auteur construit un monde noir où subsiste pourtant toujours une issue.

J’ai lu ce recueil de nouvelles il y a peu et je dois avouer que si j’étais assez enthousiaste à l’idée de découvrir cet auteur, j’ai été plutôt déçue. L’écriture n’est pas folichonne et les nouvelles assez prévisibles. Je dois dire que je suis assez difficile en matière de nouvelles (comment ça pour le reste aussi ?). J’aime les nouvelles à chute et forcément, ce que j’aime dans la chute, c’est la surprise. Or là elle a rarement été au rendez-vous. Le plus souvent, j’ai vu la fin arriver assez rapidement, et quand ça n’a pas été le cas, j’ai trouvé la fin était amenée de manière maladroite. Bref, je n’ai vraiment pas accroché. J’ai trouvé le tout banal et plat. Dommage.

Le mort aux 4 tombeaux, de Peter May

Le mort aux quatre tombeauxUn pari lors d’une soirée trop alcoolisée amène Enzo MacLeod, ancien légiste de la police écossaise établi en France, à entreprendre une enquête autour de la mystérieuse disparition de Jacques Gaillard, ancien conseiller du Premier ministre devenu star de la télévision et dont on n’a plus aucune trace depuis le mois d’août 1996.

Le premier tome de la série d’enquêtes d’Enzo MacLeod : un ancien conseiller du premier ministre devenu star de la télévision a disparu sans laisser de traces, des années plus tard, après un pari entre amis, Enzo, ancien légiste, va mener l’enquête. J’avais beaucoup aimé L’homme de Lewis et j’étais contente de découvrir cette nouvelle série. Le personnage principal est très sympathique. L’enquête est un peu tordue et même si la fin est trop sentimentale à mon goût, j’ai beaucoup aimé ce roman dans son ensemble. Ce n’est pas tout à fait du niveau de L’homme de Lewis du côté de la psychologie des personnages mais j’ai bien aimé la complexité de l’intrigue. Le style est toujours aussi agréable, on dévore les romans de Peter May plus qu’on ne les lit. Cette série devrait comporter 7 tomes, j’ai hâte de lire la suite.

Temps glaciaires, de Fred Vargas

Temps glaciairesCette fois-ci, l’enquête d’Adamsberg l’emmène dans les brumes islandaises avant de lui faire croiser le chemin de Robespierre. Mais quel est le lien entre ces deux univers en apparence si différents ?

J’aime beaucoup Fred Vargas mais j’avais moins accroché avec ses derniers romans qui a mon sens n’étaient pas les meilleurs. J’espérais retrouver avec celui-ci l’élan des débuts. Et c’est le cas. Une fois de plus, l’auteur fait appel à de vieilles légendes pour détourner l’attention du lecteur de l’essentiel (ou pas). Le style est toujours aussi convaincant et l’intrigue bien construite. Comme l’auteur sait si bien le faire, elle mêle plusieurs histoires qui semblent plus ou moins liées, empêchant le lecteur d’y voir clair trop tôt dans son jeu. Elle a un don certain pour brouiller les pistes même si pour une fois je ne m’étais pas trop trompée dans mes conclusions. J’ai adoré retrouver Adamsberg et sa clique, toujours aussi loufoques et attachants. Les personnages de Vargas sont particulièrement attachants et c’est un régal de continuer à les suivre après toutes ces années. Après quelques romans un peu en deçà de ses premiers, Fred Vargas revient à son meilleur avec ce polar des grands froids. 

Le contrat Salinger, d’Adam Langer

Le contrat SalingerAdam Langer est un journaliste qui  s’ennuie loin de New York. Jusqu’à ce que sa route croise celle d’une vieille connaissance, Conner Joyce – auteur de thrillers à succès –, venu à Bloomington, Indiana, pour assurer péniblement la promotion de son dernier roman. Bientôt, Conner révèle à Adam qu’il a reçu une offre des plus étonnantes qui va bouleverser sa vie.

Ce roman m’intriguait. Je ne savais pas bien pourquoi mais je suppose que c’est essentiellement parce que l’histoire porte sur un auteur et que je suis friande de livres qui mettent en scène la littérature. Le style est assez moyen sans être désagréable. Il est fluide et ce roman se lit très bien. Sans trop savoir où ça allait mener, j’étais plutôt curieuse de connaître la suite de cette histoire assez mystérieuse. Malheureusement, cet intérêt s’est peu à peu émoussé. Je n’ai que moyennement accroché à cette histoire un peu tarabiscotée à mon goût. Plus elle se précisait et plus j’avais du mal à y croire. Passé la moitié, j’ai continué ma lecture sans grande conviction, vaguement curieuse de la fin, tout en me doutant qu’elle allait me décevoir. Honnêtement, j’ai trouvé ça un peu tiré par les cheveux et il m’a manqué un petit quelque chose pour être vraiment convaincue. Malgré certaines qualités, une lecture pas folichonne dans l’ensemble. 

La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil, de Joann Sfar

La dame dans l'autoElle est la plus rousse, la plus myope, la plus sentimentale, la plus menteuse, la plus vraie, la plus déroutante, la plus obstinée, la plus inquiétante des héroïnes. La dame dans l’auto n’a jamais vu la mer, elle fuit la police et se répète sans cesse qu’elle n’est pas folle… Pourtant…

J’avais entendu dire beaucoup de bien de ce film au titre on ne peut plus intriguant. Bien que tous les éléments pour que je l’apprécie semblent réunis, je n’ai pas du tout accroché. La voix off m’a exaspérée. Je hais les voix off. Je ne les supporte pas (ou très très rarement), je trouve ça anti-naturel au possible. J’ai trouvé qu’il y avait un côté années 60 (70 ?) complètement surjoué, j’ai eu beau essayer de rentrer dedans – d’autant plus que c’est un univers que j’aime généralement beaucoup – mais je n’ai pas réussi. Partant de là, ç’a forcément été compliqué pour moi. Je n’ai pas vraiment réussi à croire à cette intrigue. L’histoire n’est pas mal construite et j’ai bien aimé son côté trouble, franchement réussi. J’ai également été agréablement surprise par la prestation de Benjamin Biolay. Un film qui malgré des qualités a eu le plus grand mal à me convaincre, en grande partie en raison d’un personnage principal irritant. J’ai trouvé le temps long, très long.

La isla minima, d’Alberto Rodriguez

La isla minimaDeux flics que tout oppose, dans l’Espagne post-franquiste des années 1980, sont envoyés dans une petite ville d’Andalousie  pour enquêter sur l’assassinat sauvage de deux adolescentes pendant les fêtes locales. Au coeur des marécages de cette région encore ancrée dans le passé, parfois jusqu’à l’absurde et où règne la loi du silence,  ils vont devoir surmonter leurs différences pour démasquer le tueur.

On a pas mal parlé de ce polar lors de sa sortie. La bande-annonce est très belle mais j’avais peur de quelque chose de très sombre et violent. Finalement, même si c’est le cas, j’ai été très agréablement surprise. J’ai de suite été conquise par la beauté des images et l’intrigue complexe. Vraiment, vraiment conquise. La construction des plans m’a fascinée de bout en bout. La photographie est de toute beauté. Je me suis laissée prendre dans les méandres de cette enquête qui semble se défiler et n’offrir aucune prise. Les relations entre les deux flics sont assez intéressantes, tout comme celles avec la population d’ailleurs. Jusqu’au bout, je n’ai pas trop su à quoi m’attendre même si je pensais finalement à une résolution assez classique à défaut d’être évidente mais la fin m’a très agréablement surprise. Une intrigue complexe, de bons acteurs et des images de toute beauté pour un des plus beaux films de l’année.

Actualité

Prix littéraires 2015 : les lauréats

Après quelques jours de léthargie, totalement sonnée par les événements récents, retour à la « normale » sur le blog avec un article un peu léger pour reprendre en douceur.

La saison des prix littéraires a pris fin. Je ne vous ai pas tenus informés jour après jour des différentes sélections mais maintenant que le dernier lauréat a été annoncé, je peux vous donner le nom des heureux élus de ce cru 2015.

Prix Goncourt

C’est Mathias Enard qui obtient le plus prestigieux des prix de la rentrée littéraire avec son dernier roman, Boussole (Actes Sud). Je ne l’ai pas encore lu mais connaissant l’immense talent et la culture de l’auteur, je ne doute pas qu’il soit amplement mérité. Il attend depuis quelques semaines dans ma bibliothèque, je vous en parle bientôt.

Boussole, Mathias Enard

Prix Femina

Le Femina revient à La cache de Christophe Boltanski (Stock). Un roman dont je n’ai absolument pas entendu parler. Il faut dire aussi que j’ai suivi cette rentrée littéraire de très très loin. Mystère.

La cache, Christophe Boltanski

Prix Renaudot

C’est Delphine de Vigan qui obtient cette année le prix Renaudot avec son roman D’après une histoire vraie (JC Lattès). J’avais beaucoup aimé son dernier roman et j’avais hâte de lire celui-ci. Ma lecture est en cours et c’est un peu tôt pour se prononcer mais je dois dire que pour le moment je suis plutôt déçue. Mon avis ferme et définitif bientôt sur le blog.

D'après une histoire vraie, Delphine de Vigan

Prix Médicis

Je suis généralement le prix Médicis d’assez près, il m’a valu de belles découvertes. C’est Nathalie Azoulai qui l’emporte cette année avec Titus n’aimait pas Bérénice (P.O.L.). J’ai entendu tout et son contraire sur ce livre. Je devrais le lire d’ici peu, je vous dirai ce qu’il en est.

Titus n'aimait pas Bérénice, Nathalie Azoulai

Prix Décembre

Il revient à Christine Angot pour Un amour impossible (Flammarion). Je crois bien que je n’ai jamais rien lu de l’auteur bien que j’aie souvent entendu parler d’elle. Ce sera peut-être l’occasion de s’y mettre.

Un amour impossible, Christine Angot

Grand prix du roman de l’Académie Française

Petite originalité cette année, le prix à consacré deux auteurs à égalité. Il s’agit de Boualem Sansal pour 2084. La fin du monde et de Hédi Kaddour pour Les prépondérants. Deux livres dont on a énormément parlé et qui semblaient faire à peu près l’unanimité en cette rentrée. Je ne pense pas les lire dans l’immédiat. Tous deux sont publiés chez Gallimard.

 2084, la fin du monde, Boualem Sansal   Les prépondérants, Hédi Kaddour

Prix Interallié

Dernier prix de la saison, l’interallié à La septième fonction du langage de Laurent Binet (Grasset). Un livre qui a fait couler pas mal d’encre. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre. Je ne comptais pas spécialement le lire dans l’immédiat mais qui sait, peut-être sera-t-il sous le sapin à Noël ?

Laurent Binet, La septième fonction du langage

Prix Nobel

Un prix qui n’a rien à voir avec les prix de la rentrée puisqu’il consacre un auteur et non pas un roman mais puisqu’il est décerné à peu près à la même époque, j’en profite pour le joindre au lot. C’est l’oeuvre de la biélorusse Svetlana Alexievitch qui s’est vue consacrée. Je n’ai pas souvenir d’avoir déjà entendu parler d’elle (comme souvent avec le Nobel, je dois le confesser). Ses livres sont disponible en France chez Actes Sud.

Svetlana Alexievitch

Bien que pas mal des romans de la rentrée littéraire aient réussi à se frayer un chemin jusqu’à ma bibliothèque je dois admettre que je ne m’y suis pas franchement intéressée cette année. Peu d’auteurs que j’aime publiaient de nouveaux romans et je n’ai pas eu l’impression de voir émerger de voix nouvelles. Une rentrée trop plan plan en somme. La rentrée littéraire pour moi c’est un peu une année sur deux (soit sensiblement le rythme de publication des auteurs que je suis le plus), ça devrait donc aller mieux l’année prochaine. Je vous fais quand même un petit compte rendu de mes lectures d’ici quelques jours (ou semaines plutôt au rythme où je vais), quand j’aurai terminé mes lectures. Rendez-vous l’année prochaine pour une nouvelle fournée de lauréats.

Mes lectures

Quatre récits de voyage

  • Elles ont conquis le monde : 1850-1950, les grandes aventurières, d’Alexandra Lapierre et Christel Mouchard

          Qu’ont-elles en commun, toutes ces femmes aux personnalités si fortes ? Sinon l’intrépidité et le talent unique de savoir reconnaître leur instinct et soutenir leur désir. 

51RSse3759L._SX301_BO1,204,203,200_Moi qui lis peu d’essais, j’avais beaucoup beaucoup aimé Artemisia d’Alexandra Lapierre. Quand j’ai vu ce livre sur les grandes aventurières, je n’ai pu que succomber tant le sujet me fascine. Je dois avouer que j’ai été conquise. Je suis toujours impressionnée par ces destins incroyables et souvent méconnus. Ici, l’auteur consacre 4/5 pages à chaque aventurière avec une petite présentation et une anecdote un peu développée chaque fois. Je dois avouer que si ça permet de découvrir plein de profils différents, j’aurais préféré que le récit soit plus approfondi pour chacune, avec plus de détails, afin de mieux apprendre à les connaître et d’avoir le temps de me plonger un peu dans leur vie trépidante. Toutefois, malgré ce côté un peu trop catalogue qui est assez frustrant, ce livre m’a vraiment embarquée et fait rêver. Le style d’Alexandra Lapierre est toujours aussi clair et agréable. Elle rend hommage comme personne aux grandes dames qui ont accompli des exploits en tous genre. Un livre qui donne envie d’aller de ce pas courir le monde avec son sac à dos et de vivre de grandes aventures.

Il y a tant de choses à prouver. Qu’une dame peut marcher pieds nus dans la jungle de Bornéo en restant une dame, qu’elle peut manier la théodolite et calculer sa position sans se tromper, qu’elle peut affronter victorieusement (à sa manière qui est tout en douceur) anthropophages et desperados. Et surtout, qu’elle peut voyager sans chaperon tout en restant vertueuse.

  • Le secret d’Orbae, de François Place

          Quand Cornélius, fils de drapier, entend parler de la toile de nuage, il va n’avoir de cesse de retrouver l’endroit où on la produit : les îles Indigo. Un long voyage qui va l’amener à l’autre bout du monde, à la rencontre de la belle Ziyara.

imagesVoilà un livre jeunesse qu’on m’avait chaudement recommandé et qui patientait sagement sur mes étagères depuis déjà plusieurs mois. Je n’avais pas remarqué qu’il était signé François Place, auteur jeunesse que j’admire énormément et dont je ne connaissais jusque-là que les albums richement illustrés. Je me suis donc lancée au plus vite dans cette lecture. J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman. Dès le début, j’ai été embarquée par cette histoire, servie par une écriture de qualité. On a affaire a un excellent roman d’aventure, avec juste ce qu’il faut de fantastique et de romance pour nous faire rêver sans devenir improbable. J’ai particulièrement apprécié la première partie, absolument passionnante, récit d’aventure haletant de bout en bout. La seconde reprend la même histoire avec un point de vue différent. Ca apporte un éclairage différent qui n’est pas inintéressant mais il y a un peu moins de rythme et c’est un peu redondant par moments. Ca n’enlève absolument rien au grand intérêt que j’ai porté à ce roman que j’ai dévoré. Une histoire qui nous tient haletants, un récit d’amour et d’aventure à découvrir à tout âge.

Le grand désir d’horizon agit sur certaines personnes, non comme un vent qui souffle, mais comme un appel qui les inspire et les attire plus qu’il ne les pousse, et cette attraction merveilleuse est mille fois plus forte que toutes les raisons qui pourraient les contraindre à rester.

  • Shenzhen, de Guy Delisle

          Envoyé pour trois mois en Chine, Guy Delisle raconte avec humour son rapport au pays et à ses collègues. 

shenzhen500J’avais tellement ri avec Pyong-Yang il y a quelques mois. Je ne pouvais que me lancer (doucement) dans la découverte du reste de l’oeuvre de cet auteur à l’humour si particulier. Je dois bien admettre que j’ai été un peu déçue. Je ne sais pas trop pourquoi mais j’ai trouvé l’humour de cette BD moins percutant que dans l’autre. C’est peut-être aussi que la ville au cœur de cet opus s’y prête moins. Certes Shengzen n’est pas mal côté choc des cultures mais rien à voir avec la Corée du Nord, qui bat tout les records en matière d’absurde. Forcément, à côté, ça paraît un peu fade. On rit moins, on est moins surpris. Cela dit, ça reste quand même assez drôle. Guy Delisle ne manque pas d’auto-dérision. Comme il reste assez longtemps dans chaque pays et qu’il écrit au jour le jour, on assiste à la fois à la découverte du pays, avec toutes les surprises qu’elle peut comporter, mais aussi à ce que peut être la vie au quotidien et aux habitudes qu’on peut prendre. Une sorte de carnet de voyage bourré d’humour qui s’il m’a un peu déçue m’a quand même donné envie de lire les autres BD de l’auteur.

Après chaque gorgée, ma tasse est immédiatement remplie. Au début c’est assez obnubilant, après on s’habitue en faisant abstraction de leurs présences.
Ça doit commencer comme ça l’embourgeoisement.

  • Epépé, de Ferenc Karinthy

          Un linguiste s’endort dans l’avion et se réveille dans une ville inconnue où personne ne le comprend. Entre familiarité et étrangeté, le mur d’incompréhension ne va cesser de s’élever.

epepe-couv-ok-hd-572079On m’avait dit le plus grand bien ce cet ouvrage sur l’absurdité du langage. C’était d’ailleurs moi qui l’avait offert à l’ami qui me l’a ensuite passé. Comment dire… j’ai… euh… détesté ? Rien à faire, je n’ai absolument pas accroché ni avec le style, ni avec l’histoire. Il faut dire aussi que l’absurde n’a jamais été ma tasse de thé. Je me demande des fois pourquoi je m’acharne à tenter des lectures dans des genres que je n’apprécie pas. Je me dis toujours qu’on n’est pas à l’abri d’une bonne surprise mais force est de constater qu’elle se produit au final assez rarement. Je vais avoir du mal à vous parler longuement de ce roman étant donné qu’il m’est un peu tombé des mains. Ca m’a un peu fait penser au Procès de Kafka dans sa construction, toujours plus absurde et angoissante – avec toutefois un brin de dérision supplémentaire. Ce livre est un de mes pires souvenirs de lecture mais tout de même, je suppose que la comparaison est élogieuse. Le style ne m’a guère emballée non plus, dans mon souvenir il est un peu saccadé, comme pour imprimer un rythme particulier à cette épopée cauchemardesque. Un roman dont j’attendais un moment de détente et qui s’est avéré pour le moins angoissant. Une rencontre manquée.

Budaï a eu l’impression étrange que les autres aussi ne faisaient que proférer des expressions sonores complètement dénuées de sens, clairement personne n’écoutait personne. Devrait-on envisager que les gens eux-mêmes ne se comprennent pas tous les uns les autres ?

Vous aimez les récits de voyage ? Un autre article sur le sujet à découvrir ou redécouvrir dans mes archives : ici.

Cinéma·Mes lectures

Retour sur quelques ratés…

          Il y a les bonnes surprises, et puis il y a les autres. Même si le début d’année a été plus riche en coups de cœur qu’en loupés, il y a tout de même eu quelques déceptions. En voici trois.

La vieille qui voulait tuer le bon dieu, de Nadine Monfils

          Je dois avouer que je ne m’attendais à rien d’exceptionnel en ouvrant ce livre gagné l’année dernière et qui attendait depuis dans ma bibliothèque. Je l’ai ouvert un jour où j’avais envie de quelque chose de léger en me disant que ça pouvait être drôle. J’ai vite déchanté. L’écriture se veut légère mais je l’ai trouvée « surjouée » si je peux dire, un défaut courant dans ce type de roman qui en fait des caisses pour avoir l’air naturels et enjoués. Ce ton assez typique des romans « humoristiques » a une certaine tendance à me taper sur les nerfs. Je ne suis donc pas très bons public pour les romans qui se veulent drôles, malgré tous mes efforts. Celui-ci ne m’a franchement pas emballée. Le personnage principal m’a semblé à la fois antipathique et peu crédible. Mais il faut dire que ce n’aurait pas été un gros problème si le style ne m’avait pas autant agacée. J’ai eu beau essayer de m’intéresser à l’histoire, rien à faire. J’ai trouvé le trait grossier et je n’ai pas souri une seule fois. Un roman qui m’a semblé sans le moindre intérêt.

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En équilibre, de Denis Dercourt

          Ce film me tentait assez, ne serait-ce que parce qu’il y avait Albert Dupontel à l’affiche, ce qui est généralement un gage de qualité. Une fois n’est pas coutume, celui-ci m’a déçue. Il faut dire que les comédies romantiques et moi ne sommes pas forcément faites pour nous entendre, je ne le apprécie que très modérément et suis assez hermétique au romantisme. J’aurais donc sans doute pu me douter que ça n’allait pas coller mais mon optimisme naturel me poussait à croire le contraire. Finalement, j’ai trouvé cette histoire totalement niaise. Je n’ai même pas trouvé que les acteurs jouaient bien alors que je les apprécie habituellement. Même la passionnée de cheval que je suis est restée perplexe devant l’univers équin. Bref, un raté total. J’ai trouvé qu’il ne se payait même pas le luxe d’être franchement mauvais, juste totalement insignifiant. Je suis ennuyée ferme devant ce film qui m’a semblé plus d’une fois improbable. Une grosse déception.

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Un homme idéal, de Yann Gozlan

          Le synopsis de ce film me semblait très prometteur. Une histoire d’écrivain, de manuscrit volé, de harcèlement, les ingrédients semblaient réunis pour passer un bon moment. Pourtant, rapidement j’ai senti que ça n’allait pas être le bon moment espéré. J’ai trouvé le personnage principal de ce film assez exaspérant (les autres aussi d’ailleurs) et plus on avance plus il perd en crédibilité. L’idée de départ était prometteuse mais le film s’enlise dans un scénario improbable servi par un jeu d’acteurs assez fade. J’ai hésité un bon moment entre ennui profond, perplexité et agacement. Et ça ne va pas en s’arrangeant ! Les critiques n’étaient certes pas très élogieuses sur ce film mais je ne m’attendais pas à pareil désastre. J’ai beau être très bon public pour les thriller, je n’ai pas du tout apprécié celui-ci auquel je n’ai pas cru une seconde. Navrant.

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