Expositions

Rodin, la chair, le marbre

          Rodin est considéré comme l’un des maîtres de cette matière noble qui est le marbre. Il est considéré comme le matériau le plus proche de la chair, la virtuosité de l’artiste se mesure à sa capacité à donner à cette matière froide la souplesse et la chaleur de la chair. L’exposition réunit une cinquantaine de marbres de l’artiste afin de témoigner de la place de celui-ci dans son oeuvre. 

   Paolo et Francesca dans les nuages     La Danaïde, Grand modèle     Mains d'amants

          L’exposition est installée dans la chapelle, ce qui lui confère une très jolie lumière. Elle présente une cinquantaine de marbres ainsi que quelques maquettes en plâtre ou terre cuite. Les marbres sont répartis en deux salles. Sa technique particulière du non finito, reprise ensuite par d’autres artistes, est particulièrement mise en avant. Souvent dévalorisés par la critique, les marbres représentent pourtant un pan important de l’oeuvre du l’artiste. J’ai beaucoup aimé la scénographie de l’exposition, qui met très bien les oeuvres en valeur. En revanche, j’ai trouvé les panneaux explicatifs un peu tristes. S’il y a bien quelques explications, j’ai trouvé dommage qu’il n’y ait pas des précisions sur certaines sculptures par exemples. J’ai été un peu frustrée à la sortie de cette exposition, certes très belle, mais pour laquelle j’ai eu l’impression de manquer peut-être un peu de références pour pouvoir l’apprécier pleinement. Quelques très belles sculptures sont présentées et le musée est des plus agréables, avec un personnel charmant et un jardin où il fait bon flâner par temps ensoleillé. Une bonne idée de sortie.

Rodin au dépôt des marbres à côté de la Main de Dieu

Rodin, la chair, le marbre

Jusqu’au 1° septembre 2013

Musée Rodin

79 rue de Varenne

75007 Paris

Fermé le lundi

Expositions

Degas et le nu

          Une exposition sur la place du nu dans l’oeuvre d’Edgar Degas se tient actuellement au Musée d’Orsay. Elle met en avant l’évolution de la technique de l’artiste à travers ses nus, qui préfigurent les grands courants de son travail. Fusain, pastel, huile, bronzes… autant de modes d’expression utilisés par l’artiste et qu’on retrouve dans cette très belle exposition.

          J’ai toujours baucoup aimé Degas et ses nus justement.  A ses célèbres danseuses, je préfère ses scènes de bains ou ses portraits de prostituées. Allez savoir pourquoi j’ai toujours été fascinée par les représentations de femmes coiffant leurs cheveux longs et par les intérieurs de maisons closes (avec en la matière une vénération pour Toulouse-Lautrec, évidemment). Cette exposition regroupe donc tout ce que j’aime.

          Les premiers dessins sont académiques et, même si bien exécutés, d’un intérêt artistique fort limité. Assez vite, le style évolue et les prostituées remplacent les modèles des beaux-arts. Les scènes sont particulièrement vivantes. Les poses choisies sont souvent criantes de vérités : des femmes rarement belles et qui ne respirent pas toujours la féminité. Il y a quelques fusains particulièrement réussis. Les sculptures aussi sont assez marquantes (je ne parle évidemment pas des pastels, connus et reconnus, marque de fabrique de l’artiste). Il y a une certaine violence dans le travail sur le nu de Degas que j’ai particulièrement appréciée. On sort de l’image un peu mièvre qu’il peut parfois avoir (petits rats en tutu oblige).

          La seule chose que je n’ai pas aimé dans cette exposition, c’est le monde. Quelle foule ! On se marche dessus, on se fait bousculer, houspiller. On ne peut pas approcher le moindre dessin ou tableau. Je crois bien ne pas en avoir vu un seul sans au moins 2 ou 3 têtes devant, et encore en me contorsionnant. J’aurais aimé passer des heures à admirer chaque coup de crayon. J’aurais eu besoin de place pour étaler mon admiration. J’en suis donc ressortie à la fois éblouie et terriblement frustrée. Et pourtant j’y suis allée en semaine (et d’après leur site internet, un jour de faible fréquentation…) ! Heureusement, c’est gratuit pour les moins de 26 ans, je n’ai donc pas eu à payer pour me faire écraser les pieds et labourer les côtes à coups de coudes. Je songe sérieusement à y retourner pour en reprendre un dose. Une très belle exposition qui permet de mieux connaître l’artiste. A voir.

Musée d’Orsay

1, rue de la Légion d’Honneur

75007 Paris

Du 3 mars au 1° juillet 2012

Du mardi au dimanche, de 9h30 à 18h (21h30 le jeudi), fin de la vente des billets 1h avant la fermeture

12 €, 9€ tarif réduit et après 16h30, gratuit pour les – de 26 ans et demandeurs d’emplois

www.musee-orsay.fr