Série tv

Wentworth, une très belle série sur le milieu carcéral

          Quand Bea Smith est condamnée pour avoir tenté de tuer son mari qui la battait, elle doit laisser sa fille derrière elle. Elle découvre alors le monde impitoyable de Wentworth, une prison pour femmes australienne.

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          Cette série est mon gros coup de cœur de ce début d’année. Je n’en avais pas du tout entendu parler et je suis tombée dessus complètement par hasard. C’a de suite été un choc. L’univers est très fort et c’est franchement prenant. Les épisodes sont relativement longs et denses mais ça ne m’a pas empêchée de dévorer la 1° saison assez rapidement. Je me calme un peu pour la 2°, il n’y en a pas d’autre derrière alors autant savourer. Je dois avouer que même si j’en vois assez peu, je trouve souvent les séries australiennes assez bonnes. En tout cas, c’est le cas de celle-ci. J’ai apprécié son côté sombre avec un personnage central pourtant assez lumineux. Ce contraste fonctionne très bien. Je me suis rapidement attachée à l’héroïne. On se demande si elle va se faire bouffer, finir briser ou se révéler plus forte qu’il n’y paraît et devenir une meneuse. Le suspens ne dure pas très longtemps mais la question est passionnante.

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          Ce qui fait l’intérêt de cette série, ce sont ses personnages. Les profils sont variés, de la cheftaine sans scrupules à la junkie en passant fille ultra-violente ou la passionnée de jardinage. Chacun (ou plutôt chacune puisqu’il y a presque exclusivement des femmes) a une histoire qui lui est propre et qu’on découvre peu à peu. Les caractères sont aussi contrastés que les histoires et même si on ne peut échapper totalement aux stéréotypes, j’ai trouvé ces personnages particulièrement réalistes avec leurs fêlures. Chacun se révèle surprenant à un moment ou un autre, plus fort, plus sensible ou moins solide qu’il n’y paraît. Les gardiens n’échappent pas à la règle avec des profils là aussi assez atypiques et variés. C’est sans nul doute ce qui fait qu’on s’attache aux personnages et qu’on les suit avec autant de plaisir. Ce qui frappe ici, c’est l’histoire. Une trame hyper simple mais efficace. Visuellement parlant, pas de révolution mais un univers visuel quand même assez marqué.

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          Évidement, les jeux de pouvoir sont au centre de la vie dans la prison. Inutile de dire qu’on ne risque pas de s’ennuyer ! Le fonctionnement de la prison m’a beaucoup étonnée. Même si ce n’est pas du tout le même qu’en France, c’est intéressant de voir ce qu’il se passe à l’intérieur. La difficulté pour la série est de ne pas devenir trop prévisible ou linéaire. Elle y parvient assez bien. La saison 2 s’annonce beaucoup plus sombre que la première et j’ai un peu moins accroché aux premiers épisodes. Je trouve que les caractères ont tendance à s’y affirmer et perdent au passage en subtilité. On a vite l’impression d’une avancée inéluctable mais je n’en suis qu’à la moitié et la fin peut encore réserver bien des surprises. Dans l’ensemble, deux premières saisons réussies pour cette série atypique. Une belle surprise, on attend impatiemment la suite.

Série tv

Hello Ladies, la série qui dépote !

          Stuart cherche la femme de sa vie à Los Angeles. Elle sera forcément grande, belle et si possible célèbre. Malheureusement, rencontrer un mannequin n’est pas une mince affaire. Mais il en faut plus arrêter notre prince (presque) charmant.

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          J’ai commencé l’année en découvrant cette série humoristique. Je l’ai regardée un peu par hasard le 1° janvier et j’ai de suite adoré cet humour décalé. Je l’ai finie à une vitesse assez hallucinante. Et encore, je me suis raisonnée, je pense que sinon je l’aurais regardée dans la journée ! Il faut dire que les épisodes sont assez courts (26 minutes) et au nombre de huit seulement, ce qui est un crève-cœur, la fin arrivant forcément trop vite ! Je ne suis pas toujours très réceptive aux séries humoristiques même si quelques une font exception comme How I met your mother (enfin le début, d’ailleurs je n’ai pas vu les dernières saisons) ou The Big-bang theory. Je sais , je sais, pas très original mais bon, on fait ce qu’on peut. J’ai trouvé qu’il y avait d’ailleurs dans le personnage principal quelque chose qui rappelait Sheldon dans The Big-bang. Pas que les deux se ressemblent mais ils font partie de ces personnages assez antipathiques au premier abord aux dépends de qui on rit et qui deviennent finalement d’une certaine manière assez touchants.

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          Stuart peut s’avérer horripilant. Il ne possède à peu près aucun savoir vivre et nombre de situations m’ont mises franchement mal à l’aise. Pourtant, j’ai trouvé ça très, très drôle. En grande partie grâce à l’excellente performance de Stephen Merchant que j’avais déjà croisé dans des seconds rôles sans grand intérêt dans des films débiles mais dont j’ignorais jusque-là toute l’étendue du talent. On pourrait reprocher à la série de faire passer ses acolytes un peu au second plan mais entre le bon copain trop gentil obsédé par son ex, la coloc qui vit dans un cabanon au fond du jardin et le dragueur invétéré en fauteuil roulant, on ne peut pas leur reprocher de manquer de caractère. Les situations cocasses s’enchaînent non sans une bonne part de vérité qui rend la série si percutante. C’est assez étrange ce mélange d’aversion et de pitié pour ce personnage qui s’avère pourtant profondément comique.

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          Je n’ai pas bien compris pourquoi cette série avait été annulée alors qu’elle est franchement désopilante. Elle aurait mérité de continuer au-delà d’une première saison bien trop courte. J’aurais été curieuse de voir comment Stephen Marchant, également réalisateur, aurait fait évoluer son personnage qui, loin de se contenter de faire rire à ses dépends, gagne en profondeur au fil des épisodes. Un téléfilm a été tourné un peu en catastrophe pour clore la série, je n’ai pas encore eu l’occasion de le voir mais les échos sont mitigés, ça ne peut évidemment pas remplacer les 3 saisons supplémentaires qui étaient initialement prévues. C’est une vraie déception. Non seulement les personnages sont assez géniaux et les répliques franchement croustillantes mais la réalisation est impeccable, avec une bande-son plutôt sympa. J’ai rarement envie de revoir une série mais je pense faire une exception pour celle-ci. Une série drôle et intelligente qui sort des sentiers battus et dont on ne peut que regretter la disparition prématurée. 

Désolée, je ne vous ai pas trouvé de version sous-titrée en français mais voici quand même le trailer de la saison 1.

Mes lectures

Les Sauvages, la géniale fresque de Sabri Louatah

          « L’avenir, c’est maintenant » , c’est ce que promet le favori à la présidentielle à des millions de français. Pour la première fois, un homme issu de l’immigration pourrait diriger le pays. Un vrai bouleversement dans la vie politique. Pendant ce temps, à Saint-Etienne, la famille Nerrouche prépare un mariage. Deux histoires qui vont entrer en collision.

          A Noël dernier on m’a offert les 3 premiers tomes de cette série (les seuls sortis pour le moment). J’ai lu le premier presque immédiatement mais je ne sais pour quelle obscure raison, j’ai complètement oublié de vous en parler. Une fois le troisième tome refermé, je peux corriger cette terrible erreur. Les Sauvages, c’est une grande fresque sociale et politique conçue comme une série télé : une myriade de personnages, des rebondissements à revendre et une histoire forte pour cimenter tout ça. On suit les joies et les déboires (surtout les déboires) de la famille Nerrouche, des immigrés qui vivent paisiblement dans un quartier calme de Grenoble. En même temps, le pays vit un moment majeur de son histoire avec la possible élection à la tête de l’état du premier président arabe.

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          Dès les premières pages, j’ai a-do-ré ce roman. L’écriture est nerveuse et fluide à la fois et on se laisse prendre au jeu de cette histoire à tiroirs. Les personnages sont tantôt touchants, tantôt agaçants, recréant au mieux une famille réelle. J’ai beaucoup aimé cette idée de politique-fiction où le paysage politique français serait bouleversé. Mais ce n’est pas là le seul aspect passionnant de ce texte qui est aussi roman d’aventure et fresque familiale avec quelques aspects tirant sur le polar. De plus, l’écriture n’est pas dénuée d’une certaine ironie tout à fait délectable. Les personnages sont hauts en couleurs et j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre leurs mésaventures. Le premier tome de cette série m’a rendue totalement accro !

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          Le deuxième tome m’a paru légèrement en deçà du premier, mais l’effet de surprise n’y était plus. Je l’ai toutefois dévoré, tout comme le premier. J’ai aimé retrouver cette foule de personnages attachants et suivre la suite de leurs aventures. Peut-être étais-je mieux lunée en m’attaquant au troisième et dernier tome paru car il m’a semblé meilleur que le précédent, renouant avec une plume plus acérée et une histoire plus rythmée. En avançant dans l’histoire, les tomes se font plus longs, ça me donne toujours un peu l’impression d’une écriture moins travaillée. Il faut dire aussi que les auteurs ont tout le temps qu’ils souhaitent pour écrire un premier tome alors qu’une certaine pression arrive avec le succès et la nécessité de rendre la suite rapidement pour ne pas faire attendre les lecteurs. Il en résulte souvent une légère baisse de qualité qui se ressent surtout au niveau de la concision, avec des textes un peu moins retravaillés et par là-même moins mordants. C’est à la fois tout à fait compréhensible et un peu dommage. Mais on est déjà tellement conquis dès le premier tome qu’il faut admettre qu’on n’y prête guère attention.

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          Bien que l’effet de surprise s’estompe et que le style se fasse un peu moins nerveux après le premier tome, on ne peut plus lâcher cette série une fois qu’on l’a commencée. On y retrouve vraiment le côté série télé que voulait lui donner son auteur. On aime la variété des personnages (même si on s’y perd un peu au début, on s’y retrouve vite), les rebondissements à répétition et le suspens quant au sort qui attend chacun. Cette série est très riche et offre le portrait d’une France nouvelle hyper crédible. Un mélange de réalisme et de fiction qui enchante. J’ai lu chacun de ces titres plus vite que le précédent. Je n’ai plus qu’une hâte, que le quatrième sorte en librairies. Initialement prévu pour la rentrée, il a été reporté à une date indéterminée. Une série aux multiples facettes qui ne ressemble à aucune autre et rend accro. Avec son premier essai, le jeune Sabri Louatah signe un coup de maître.

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Krim ne savait jamais comment réagir aux grandes déclarations. Sa mère en faisait souvent elle aussi, avec ces mêmes grands yeux dilatés qui essayaient de vous convaincre qu’on faisait tous partie du même grand chou-fleur de l’espèce humaine.

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Au fin fond de chaque être humain il y avait un réservoir aussi vaste et lumineux qu’un ciel ouvert. Une source vive dont on avait soi-même verrouillé l’accès. C’était ce verrou qui devait sauter. Il fallait s’attacher à ça, à des trésors que personne ne pouvait nous confisquer.

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Croyez-moi, il y a quelque chose de sacré dans la civilisation française. L’énergie nationale… est irriguée par un courant mystique intarissable, par une colère sainte, qui prend sa source dans le fond des âges. Cette colère, vous la verrez se déchaîner dans les jours qui viennent, et vos « preuves » seront aussi utiles qu’un carnet de chèques au milieu du désert de Gobi.

Jeunesse·Mes lectures

Beauté III – Simples mortels, quand Hubert et Kerascoët revisitent le conte de fée avec humour

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          Après avoir connu le pouvoir, Beauté commence à déchanter et rêve de redevenir la disgracieuse Morue pour afin d’avoir la paix et que le royaume retrouve un semblant de calme. En attendant que la fée Mab accède à sa demande, la guerre sévit toujours et elle est captive du roi sanglier. Heureusement, sa fille est à ses côtés pour lui apporter son soutien.

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          J’avais beaucoup aimé le premier tome de cette BD qui ne manque pas d’humour mais avais trouvé le second plus sombre et un peu moins réussi. J’attendais donc le dernier avec impatience pour savoir quel chemin allait prendre cette histoire pour le moins originale. Le moins qu’on puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçue ! Ce dernier tome est peut-être bien le meilleur de la série avec à la fois beaucoup d’humour mais aussi une réflexion intéressante sur l’apparence et la conclusion des nombreux rebondissements dont ont été victime les personnages.

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          La fille de Beauté/Morue, particulièrement futée, apporte une vraie fraîcheur à l’histoire. Le contraste avec la bêtise de sa mère est très réussi, à la fois comique et mignon. On retrouve dans ce dernier tomes toutes les promesses faites par le premier qui à mon sens s’étaient un peu perdues en route : un joli conte, une réflexion intéressante sur le poids des apparences, et surtout, de l’humour, de l’humour, de l’humour ! Il y a une évolution intéressante d’un tome à l’autre pour une histoire qui gagne en profondeur au fil du temps. Une très belle manière de revisiter le conte traditionnel. 

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Mes lectures

La compagnie noire – 7 – Saisons funestes de Glen COOK

          Pour ce septième tome de la géniale série fantasy, c’est Murgen qui reprend le rôle d’annaliste. Toubib est mort et la Compagnie, assiégée à Dejagore, se déchire entre les vieux de la vieille et l’équipe de Mogaba. La scission est proche et la tension à son comble. Pendant ce temps, Tisse-Ombre rôde toujours.

          J’avais adoré les 6 premiers tomes de cette série, même si j’avais trouvé celui relaté par Madame un peu en dessous. J’ai eu plus de mal à entrer dans celui-là. Pour ceux qui ne connaissent pas la série, la Compagnie Noire est une bande de mercenaires qui offre ses services au plus offrant. L’originalité de cette série fantasy (une aventure dans un monde inventé où la magie fait généralement irruption) est que le rôle du narrateur peut varier d’un tome à l’autre, avec par la même occasion des changements de ton et de point de vue intéressants. La tradition tient un rôle important dans la Compagnie et elle est consignée dans des annales tenues par un annaliste. Il s’agissait en bonne partie de Toubib dans les premiers tomes – un personnage très attachant. Toutefois, Madame, sa compagne a également tenu ce rôle, tout comme Murgen, le successeur de Toubib, dans ce tome-ci. Ceci étant dit, revenons-en donc à nos moutons.

          Jusqu’ici, j’avais été une inconditionnelle de la Compagnie Noire. Dès les premières lignes, je replongeais avec délices dans leurs aventures truculentes. Pourtant, cette fois, j’ai eu un peu plus de mal à rentrer dans cet univers. Le style « Murgen » est moins coulant que celui de ses prédécesseurs et j’ai un peu peiné à m’y faire. Quant à l’histoire, dans un premier temps la plus grande partie m’a échappée et je la trouvais tirée par les cheveux. Je sais que la crédibilité est forcément relative dans un monde plein de sorciers mais là je trouvais qu’avec des espèces de voyages dans le temps pour le moins étranges, on sombrait franchement du côté obscur de la fantasy. Et puis, vers la moitié du roman, tout s’est éclairé dans mon esprit et j’ai enfin pu l’apprécier à sa juste valeur. Bon, j’avoue que je n’ai pas été très réactive sur ce coup-là. Au final, ce tome assez complexe tient tout à fait la route et offre un point de vue intéressant sur certains événements ou sur les relations entre différentes factions. Une série qui décidément réserve bien des surprises.

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Si c’était juste un gagne-pain, juste louer son épée au plus offrant, alors la Compagnie noire ne se trouverait pas dans cette région du monde. Du boulot il y en avait à foison dans le Nord. Le monde ne manque jamais de potentat désireux de brimer leurs sujets ou leurs voisins. La Compagnie est une famille pour ses membres. La Compagnie est un foyer. La Compagnie est une nation de parias, seule, défiant le monde entier.

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Sûr que le monde ne fait pas de cadeaux à ceux qui s’efforcent d’être doux et réfléchis.