Expositions·Photo

Jardin du Musée Rodin

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          Vous habitez Paris mais n’allez pas au Salon du Livre ce week-end ? ou justement vous avez besoin d’un peu d’air entre deux bains de foule ? Si vous profitiez de l’arrivée du printemps pour découvrir ou redécouvrir le jardin du Musée Rodin ? L’endroit n’est pas vaste mais plein de charme pour quelques minutes de répits dans le brouhahas parisien.

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Musée Rodin

79 rue de Varenne

75007 Paris

Entrée du jardin seul, 1 €

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Théâtre

Tango passion

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          La semaine dernière, je suis allée voir la célèbre troupe de Tango passion sur les planches des Folies Bergères. J’ai toujours été totalement fascinée par le tango et j’étais donc on ne peut plus enthousiaste à l’idée de voir ce spectacle dont on parle tant.

Tango Pasion - El Ultimo TangoEtant donné mes modestes revenus et les tarifs prohibitifs des théâtres parisiens, je m’étais contentée d’une place en 3° catégorie mais n’étais finalement pas si mal placée, au 2° rang du balcon, complètement sur le côté, juste au dessus de la scène. L’avantage c’est que je voyais et entendais extrêmement ce qui se passait sous mes yeux, l’inconvénient c’est que je ne voyais que les 2/3 de la scène, en restant penché et de côté. Mais bon, ce n’était pas si mal. Le spectacle commence avec une très belle mise en scène, qui retrace la vie d’un bar argentin. Des tables sont disposées autour de la scène et un jeu de séduction et de rivalités est mimé entre les danseurs. Si c’est visuellement très beau, j’ai regretté que les parties dansées soient assez peu spectaculaires et qu’il y ait de nombreux temps morts.

tangopasion(13)Dans un second temps, le décor disparaît et la danse se fait beaucoup plus grand spectacle, avec beaucoup de portés et des jeux de jambes assez impressionnants. Si ça correspond plus à ce que j’apprécie dans un spectacle de danse, j’ai trouvé dommage que la mise en scène soit délaissée. Je pense que j’aurais apprécié un spectacle plus équilibré, et non pas divisé en deux parties aussi différentes. Il y a également beaucoup de moments réservés à l’orchestre seul, pour des morceaux souvent plus longs que ceux dansés. J’ai trouvé ces intermèdes uniquement musicaux un peu trop nombreux, ils cassent le rythme du spectacle. En revanche, je suis tombée totalement sur le charme de la chanteuse avec sa voix chaude et son physique de rêve. Ses formes à la Betty Boop m’ont laissée rêveuse…

Tango_Pasion©AnjaBeutler-14Les danseurs sont très bons et les costumes absolument magnifiques, cette élégance est d’ailleurs sans doute le point fort de ce spectacle. Dommage que les deux parties soient aussi marquées et que le rythme soit un peu haché. Autre reproche, le spectacle est extrêmement cher et chacune des 2 parties dure à peine 35 min, avec 20 min d’entracte, pour un rapport quantité/prix un peu léger. Il faut bien l’avouer, j’avais en tête un point de comparaison dur à égaler, le spectacle Paris-Buenos Aires vu il y a deux ans à la Cigale et qui était impressionnant de bout en bout avec une mise en scène splendide. Il y a avait dans celui-là beaucoup de danse à plusieurs couples où tout était tellement beau qu’on ne savait où donner de la tête. C’est cette profusion qui m’a un peu manquée dans Tango passion. Malgré le talent de la troupe et de très jolies choses, ça manquait un peu de magie, ou de folie peut-être. Mais bon, je chipote je chipote, dans l’ensemble, ça reste un très beau spectacle.

          Si j’ai été vaguement déçue de ne pas en prendre un peu plus plein la vue tout le long, les danseurs sont très bons, la chanteuse vraiment exceptionnelle et l’élégance des costumes fait rêver. Un divertissement des plus agréable.

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Théâtre

Anne [Rouge]manoff

          Anne Roumanoff revient au théâtre du Palais Royal avec un nouveau spectacle. On y retrouve bien sûr ses personnages les plus célèbres parmi lesquels la bouchère ou la coach québécoise. Sans oublier bien sûr « radio bistrot ». Elle aborde des thèmes d’actualité avec un certain penchant pour la vie politique. Un spectacle plein d’humour sur notre quotidienne.

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          J’avais vu le dernier spectacle de l’humoriste et l’avais bien aimé. En revanche, j’ai entendu dire le plus grand mal de son émission quotidienne sur France 2 (que pour la peine je n’ai jamais regardée). J’ai toutefois voulu retenter l’expérience, en raison de ce bon souvenir, mais aussi et surtout parce que je cherchais un spectacle avant Noël et qu’elle était la seule à réunir les conditions de date/intérêt/place/tarif. Je n’étais jamais allée au théâtre du Palais Royal, j’en profite pour glisser un petit mot à son sujet : un très joli théâtre à l’italienne comme il y en a tant à Paris.

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          Assez vite, mes craintes ont été apaisées. J’ai trouvé le début un peu « artificiel », ça manquait un tantinet de vie et de spontanéité, mais très vite, les sketchs se sont enchaînés, les bonnes vannes aussi, et l’ambiance a commencé à prendre. Anne Roumanoff a un  talent certain pour les jeux de mots et pour peindre des personnages hauts en couleurs. Ce nouveau spectacle est dans la lignée du précédent, un peu trop peut-être, on aurait sans doute aimé être un peu plus surpris. Toutefois, ça fonctionne bien ; s’il y a quelques passages que j’ai moyennement aimés, ils sont restés rares et j’ai ri la plupart du temps, comme le reste de la salle d’ailleurs. Un spectacle bien écrit et bien rodé, qui manque sans doute un rien de nouveauté (à ce sujet, lire la critique sur Criticomique, plus mitigée que la mienne) mais m’a tout de même beaucoup fait rire et m’a fait passer un très bon moment ; c’est bien là l’essentiel !

Bars, restaurants

Le sagittaire

          Au pied de Montmartre, du côté de la mairie du 18° arrondissement, loin de la cohue des touristes, on trouve nombre de petits restaurants aux tarifs abordables qui nous réservent de bien bonnes surprises. Parmi eux, Le Sagittaire. Le lieu est assez chic et propose pourtant des menus à l’excellent rapport qualité/prix. Une cuisine classique mais généreuse qui ne déçoit pas.

          La devanture rouge au beau milieu de la rue Lamarck laisse penser à un bistrot chic, d’autant qu’on aperçoit un très joli bar derrière la vitrine. Une fois à l’intérieur, c’est une salle bien plus bourgeoise qui nous attend. Le restaurant propose le midi un menu à 20,50€ entrée/plat ou plat/dessert avec un quart de vin et un café. Un menu à 35€ est également proposé, tout compris (apéritif, entrée, plat, salade, fromage, dessert, 1/2 de vin, café). Le choix et vaste bien que très classique.Vous pourrez y manger potage de pois cassés, foie gras, cuisse de canard, pavé de boeuf au poivre, profiteroles ou crème brûlée. Pas plus d’originalité dans la réalisation que dans l’intitulé mais tout est impeccablement réalisé et servi avec le sourire en prime. Une adresse classique mais de bon goût.

Le Sagittaire

77 rue Lamarck

75018 Paris

Théâtre

Britannicus aux Amandiers

          Néron est empereur et en ce début de règne, aimé de tous. Pourtant, il fait enlever Junie, l’amante de son frère adoptif, Britannicus, dans l’espoir de l’épouser. Leur mère, Agrippine, qui l’a fait asseoir sur le trône qui revenait à son frère, tente de lui faire entendre raison. Mais Néron est en train de sombrer dans la folie et s’apprête à devenir le tyran qu’on connaît. 

          J’aime énormément Racine et Britannicus est une pièce que j’apprécie particulièrement. Elle est une de celles qui m’ont fait découvrir le dramaturge et m’ont donné envie de lire toute son oeuvre (ce dont je ne me suis pas privée). Je ne l’avais jamais vue sur scène et quand j’ai vu que Martinelli la montait aux Amandiers, où je comptais me rendre depuis fort longtemps, je me suis précipitée pour avoir une place (et même deux d’ailleurs) ! Avant j’ai jeté un oeil aux critiques, plus que mitigées… Pour résumer, sobre mais fade. Une description assez peu engageante. Ca ne m’a toutefois pas totalement découragée pour aller jusqu’à Nanterre voir ce qu’il en était malgré un gros rhume. Ce qui valait le coup, au moins pour découvrir ce lieu chaleureux et dynamique qui semble favoriser les rencontres. Et au passage, un grand merci à la jeune femme qui a fait un détour pour nous amener jusqu’au théâtre, nous faisant une visite guidée du quartier, une rencontre surprenante qui a égaillé cette froide soirée et l’a fait démarrer sous les meilleurs auspices.

           Le décor est assez dépouillé mais convient fort bien à ce texte dont l’action de déroule dans un périmètre très restreint à l’intérieur du palais. J’ai aimé que les costumes respectent un certain classicisme de bon goût, tout comme la mise en scène. Ici, pas de Néron le cigare au bec ou d’Agripinne tout de cuir vêtu, ouf ! il reste donc des metteurs en scène qui respectent les textes et ne cherchent pas une pseudo-modernité à tout prix. On commençait à en douter… Toutefois, si la mise en scène est très sobre, elle l’est peut-être un peu trop. Rien qui ne vienne aider à soutenir l’attention, le texte rien que le texte. Malheureusement, les acteurs ne sont pas tous à la hauteur de ce défi. Agrippine est exceptionnelle, elle porte cette pièce presque à elle toute seule. Si les autres ne sont pas mauvais (quoi que Britannicus ait un timbre quasi inaudible), leur jeu manque de conviction. On ne s’ennuie pas, on n’a pas grand chose à reprocher à cette pièce mais on aurait aimé y trouver plus du feu des grands drames. Un peu trop fade pour convaincre totalement mais une pièce qui demeure agréable malgré tout. 

          Britannicus, de Jean Racine. Mise en scène de Jean-Louis Martinelli avec Anne Benoît, Éric Caruso, Alain Fromager, Grégoire Œstermann, Agathe Rouiller, Anne Suarez, Jean-Marie Winling. Au théâtre de Nanterre-Amandiers puis en tournée pour la saison 2013/2014.

Excité d’un désir curieux,
Cette nuit je l’ai vue arriver en ces lieux,
Triste, levant au ciel ses yeux mouillés de larmes,
Qui brillaient au travers des flambeaux et des armes,
Belle, sans ornement, dans le simple appareil
D’une beauté qu’on vient d’arracher au sommeil.
Que veux-tu ? Je ne sais si cette négligence,
Les ombres, les flambeaux, les cris et le silence,
Et le farouche aspect de ses fiers ravisseurs,
Relevaient de ses yeux les timides douceurs.
Quoi qu’il en soit, ravi d’une si belle vue,
J’ai voulu lui parler, et ma voix s’est perdue :
Immobile, saisi d’un long étonnement,
Je l’ai laissée passer dans son appartement.
J’ai passé dans le mien. C’est là que solitaire,
De son image en vain j’ai voulu me distraire.
Trop présente à mes yeux, je croyais lui parler,
J’aimais jusqu’à ses pleurs que je faisais couler.
Quelquefois, mais trop tard, je lui demandais grâce ;
J’employais les soupirs, et même la menace.
Voilà comme, occupé de mon nouvel amour,
Mes yeux sans se fermer, ont attendu le jour.