Mes lectures

Andreï MAKINE, Requiem pour l’est

          Soyez prévenus, Andreï Makine est pour moi l’un des meilleurs écrivains contemporains de langue française. Le seul à m’avoir fait pleurer, l’un des rares dans les textes duquel je me retrouve. Bref, je suis totalement subjuguée par son talent.

          Requiem pour l’Est est peut-être le texte le plus dur de Makine (il l’est parmi ceux que j’ai lus en tout cas), celui dont le sujet est le plus aride. Un médecin militaire engagé par les services secrets soviétiques raconte son histoire. Pour comprendre ce qui se joue autour de lui il revient également sur l’histoire de son père, Pavel, qui a connu la seconde guerre mondiale, et son celle de son grand-père, Nicolaï qui a vu la naissance de la dictature communiste.

          Un récit incroyablement riche. Il m’a fallu un peu temps pour rentrer dans l’histoire et ce n’est sans doute pas le texte le plus émouvant de l’auteur. Cependant il offre un fabuleux panorama de l’histoire de l’URSS. Certains passages sont d’une poésie extrême, d’autres d’une grande violence. Cette alternance, la diversité des styles, les différentes époques traversées à travers les histoires de personnages hauts en couleurs, font toute la force de ce texte.

          Un très bon livre, aussi bien du point de vue de la construction, du style, que de l’histoire. Si seulement tous pouvaient être de ce niveau !

La réponse de la femme ne viendra pas tout de suite et, d’un samedi à l’autre, prendra plusieurs mois. Elle parlera d’une famille dans laquelle, peu àpeu, l’adolescent reconnaîtra ceux qui, avant, n’existaient que dans de vagues légendes de son enfance. Le récit prendra fin un soir d’été, après le coucher du soleil, dans l’air encore chaud et fluide au dessus de la steppe.

C’est cette lumière que j’avais devant mon regard quand je parlais silencieusement en répétant pour toi les paroles de Sacha.

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  De loin, je reconnus son sourire, le geste de sa main. Et avec toute l’ardeur de mon âge, je fis le serment muet de lui rendre, un jour, son vrai nom et son pays natal tel qu’elle l’avait rêvé dans l’infini de cette steppe.

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