Humiliés et offensés est considéré comme le premier grans roman de Dostoïevski. Si c’est loin d’être le plus abouti du point de vue du style (à en juger d’après les (excellentes) traductions d’André Markowicz), il est sans doute l’un des plus destructeurs. Les bons ne sont pas récompensés ni les mauvais punis, un roman profondément injuste, réaliste, aussi.
C’est l’histoire d’un trio amoureux, de femmes à l’honneur bafoué, d’orgueils blessés. Vania aime Natacha, qui lui préfère Aliocha. Celui-ci tombera-t-il sous le charme de Katia, la femme qui lui est promise ? Et la petite Nelly, pourquoi se montre-t-elle si taciturne ?
Une histoire cruelle, comme la vie. Pas le meilleur Dostoïevski mais un grand moment de littérature tout de même. Une fois habitué au style, on ne le lâche plus.
Pour ceux qui voudraient commencer avec ce monstre sacré de la littérature russe, le meilleur parmis ceux que j’ai lus est pour moi Les démons, grande fresque sur la folie quotidienne qui nous emporte et nous laisse le souffle coupé. Quel que soit le titre, préférez à toute autre la traduction d’André Markowicz chez Babel.
Il est des natures, tendres et fines dans leur sensibilité, qui ont parfois comme une espèce d’entêtement, comme une espèce de refus pudique à s’exprimer et montrer leur tendresse, même à l’être qu’ils chérissent le plus, non seulement devant les autres mais aussi en tête à tête ; plus encore en tête à tête ; leurs caresses ne ne jaillissent que de loin en loin, et elles jaillissent encore plus chaleureuses, plus passionnées d’avoir été si longtemps retenues.
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