Linda Lê, A l’enfant que je n’aurai pas

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          Comme son titre l’indique, ce texte est une lettre à l’enfant que l’auteur n’a pas eu. Parce qu’elle a eu une relation difficile avec sa mère qu’elle avait peur de reproduire, parce qu’elle n’en ressentait ni l’envie ni le besoin, parce qu’elle souhaitait garder sa liberté, l’auteur explique à l’enfant qu’elle n’aura pas les raisons pour lesquelles elle ne l’a pas conçu. 

          Je n’aime généralement pas beaucoup les récits intimes, autant dire que ça commence mal. Toutefois, je me suis lancée dans la lecture de celui-ci car je voulais depuis longtemps découvrir cet auteur et qu’il me semblait qu’un texte court serait un bon début. Première impression plutôt positive, l’écriture est très belle. Le style est soutenu, les phrases bien tournées, le tout est élégant. On n’est plus habitués à un tel raffinement et c’est bien agréable.

          Malheureusement (eh oui, il y a toujours un « mais »), j’ai trouvé le style assez peu approprié à l’histoire. Il me semble que si on écrit à un enfant imaginaire, on se le représente forcément en bas âge (« enfant » quoi), hors, qui parlerait de manière aussi sophistiquée à un tout petit ? On a beau ne pas avoir d’enfants, voire ne pas les aimer, ce langage me semble tout ce qu’il y a de moins naturel en la circonstance. D’autant qu’elle lui parle rarement directement, se parlant plutôt à elle-même. Ce récit tient plus de l’exercice de style que de la confession. Un cruel manque de naturel qui lasse vite. C’est dommage, le contenu comme la forme étaient pourtant intéressants. Un texte moyennement réussi mais qui m’a donné envie de découvrir cet auteur.

Et même quand nous aurions été déçus dans nos attentes, quand nous aurions été déçus dans nos attentes, quand il se serait révélé un gosse tout à fait ordinaire, sans aptitude particulière, un copieur collectionnant les zéro pointés et bon client des boîtes à bachot, nous lui aurions trouvé des qualités, telles que la serviabilité et la modestie.

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Et Big Mother nous inculquait des maximes puritaines, nous prémunissait contre les dévergondages et les lectures corruptrices, contre l’onanisme, cette pratique de futures traînées, contre les beaux discours des tentateurs qui se feraient une joie de suborner de calamiteuses gourdes dans notre genre, contre l’influence des camarades émancipées, au parler cru.

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