Mes lectures

Les pays – Marie-Hélène Lafon

          Claire est issue d’une famille d’agriculteurs du Cantal et part faire ses études à Paris. Un changement d’univers complet que cette arrivée à la Sorbonne. Elle va devoir travailler dur pour conserver sa bourse et sortir de son milieu par les études. Pourtant, elle n’oubliera pas d’où elle vient. Elle nous conte ici son histoire.

les pays

          J’avais entendu dire beaucoup de bien de ce roman et il me tentait tout particulièrement par son sujet. Cette histoire ressemble de très près à celle de mes parents. Mes grands-parents étaient de petits agriculteurs, ma mère a fait des études pour devenir professeur, profitant des vacances d’été pour aider à faire les foins. J’avais envie de retrouver l’histoire familiale racontée par quelqu’un d’autre, de lire le même type de destin. Mais si c’est ce que raconte Marie-Hélène Lafon, avec quelle platitude le fait-elle ! Son récit est d’une banalité sans nom, l’écriture sans relief. Je me suis ennuyée au plus haut point. Aucune émotion, pas le moindre plaisir de lecture. Un récit sans doute un peu trop intellectualisé à mon goût.

          Ce que raconte l’auteur est assez commun, une histoire comme en ont vécu des milliers d’autres personnes de son époque, et que certains vivent encore aujourd’hui. D’autres y auraient mis plus de sentiments, plus d’émotion, plus de tendresse. Certains auraient su peut-être mettre en avant les difficultés qui se mettent en travers du chemin ou le déchirement entre deux univers que tout oppose. Là nous avons une description un peu plate d’un quotidien banal. Moi qui n’ai à peu près aucun goût pour les écrits de l’intime, je me suis ennuyée ferme ! Un livre prometteur qui fut une déception. Il aura sans doute paru exotique aux intellos parisiens et autres citadins à la vague ascendance paysanne coupés de leurs racines, les autres peineront sans doute à y trouver leur compte…

marie-helene-lafon-dr

Avec le fumet sauvage du saint-nectaire pelu et les pages froissées de La Montagne était entré dans la cuisine de Paris un air de là-bas, de l’autre pays, dont le corps de Suzanne avait été traversé.

_______________

Avec des femmes comme Claire, qui ne voulaient pas se charger d’une famille, supporter un mari, des enfants, et habitaient dans des appartements bourrés de livres allaient à des spectacles ou voir des peintures dans des musées, à Paris en Autriche à New York, au lieu d’élever des gosses et de s’occuper d’une maison, avec rien que des femmes comme elle, qui gagnaient leur argent sans attendre après les hommes, ça serait bientôt la fin du monde.

Mes lectures

Long John Silver, 4 : Guyanacapac, de Xavier DORISON et Mathieu LAUFFRAY

          Le quatrième et dernier épisode de la série. Dans le dernier opus, on avait laissé Long John et ses amis en Amérique, en proie a des fantômes. On les retrouve là plus proches que jamais du trésor. Mais arriver à s’en emparer ne sera pas chose facile, nombreux sont ceux qui veulent les en empêcher…

1423328

          Avec ce dernier tome, on arrive enfin tout près du trésor. Suspens et aventure sont au rendez-vous ! Vont-ils trouver le trésor ? arriveront-ils à le ramener sans s’entre-tuer ? Rien n’est moins sûr étant donné que les ennemis ne manqueront pas sur leur route. J’ai beaucoup aimé ce dernier volet, très riche en rebondissements. Les dessins sont toujours aussi beaux, et même si le scénario mériterait peut-être d’être un peu étoffé, le tout se tient quand même dans l’ensemble assez bien. Une belle histoire de piraterie et d’aventure qui se clôt ici en beauté !

1256_P4

Cinéma

Gatsby le Magnifique

Drame autralo-américain de Baz Luhrmann avec Leonardo DiCaprio, Tobey Maguire, Carey Mulligan

20531934.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

          En 1922, Nick Carraway, apprenti écrivain, quitte son Middle West natal pour New-York. Il retrouve là-bas sa charmante cousine, Daisy, et Tom, son mari volage. Mais surtout, il va faire la connaissance de son nouveau voisin, Gatsby, un milliardaire aussi séduisant que mystérieux. 

Tournage du film "Gatsby le Magnifique". INF

          J’avais essayé de lire Gatsby le Magnifique il y a quelques années et je dois admettre que j’avais trouvé ce livre d’un ennui mortel, l’abandonnant même à ma grande honte à peine arrivée à la moitié… Je me suis que peut-être le film me permettrait de me rattraper, mettant des images hautes en couleurs et des airs de jazz sur les phrases assommantes qui ne m’évoquaient pas grand chose. Et puis DiCaprio en Gatsby, forcément, c’est vendeur ! J’ai attendu pour le voir qu’il passe en 2D et en VO à côté de chez mi, la 3D ne m’attirant pas du tout. Dès les premières images, j’ai été assez surprise par les couleurs ultra saturées qu’emploie le réalisateur. Certes, on imagine sans peine des myriades de couleur dans ces fêtes (ce qui faisait d’ailleurs partie de mes attentes) mais le gazon limite vert fluo, c’est un peu trop : de la mesure en toutes choses… Mais bon, Baz Luhrmann n’a visiblement que peu de goût pour la nuance.

gatsby-le-magnifique-the-great-gatsby-2012-9-g

           Si le film est assez spectaculaire visuellement (trop même), je l’ai surtout trouvé assez creux. Les acteurs ne sont pas folichons. Leonardo DiCaprio sort un peu du lot et campe un Gatsby assez séduisant et flirtant avec la folie, donnant une dimension intéressante au personnage, même si ce n’est pas son meilleur rôle. J’ai d’ailleurs tendance à penser que quand il joue sur son physique de jeune premier il devient étrangement lisse, perdant en route pas mal de son charme (ou serait-ce juste un problème personnel avec les physiques de papier glacé ?). Quant aux autres, ils sont bien fades et à peu près sans intérêt. Ceci dit, je trouve déjà les personnages terriblement lisses dans le roman… Bien sûr Gatsby, c’est avant tout une critique de cette société superficielle où seules les apparences comptent, mais le film mais sans doute plus l’accent sur le strass, les paillettes et le glamour que sur l’aspect sociologique, un peu vite esquissé. Toutefois, l’ambiance qui se charge peu à peu jusqu’à devenir franchement malsaine est très bien traitée. Un film agréable à regarder et très esthétique, doublé d’une adaptation assez fidèle mais qui manque sans doute un peu de consistance pour convaincre vraiment.

Actualité

L’actu de la semaine (08/06)

Un jeune étudiant de Sciences Po a été battu à mort mercredi soir près de la gare Saint-Lazare. Clément Méric était âgé de 18 ans et militait pour l’extrême gauche, il a été frappé à mort au visage par un groupe de skinheads. Suite à cette agression, le gouvernement souhaite interdire les Jeunesses nationalistes révolutionnaires, groupuscule d’extrême droite dont les agresseurs auraient été proches.

Pierre Mauroy est mort ce vendredi à l’âge de 84 ans. Il avait été le premier ministre de François Mitterrand et le maire de Lille avant de céder sa place à Martine Aubry. Hommes et femmes politiques de tous bords ont salué son courage politique et exprimé leur tristesse. Un hommage national lui sera rendu mardi aux Invalides.

Deux journalistes sont portés disparus en Syrie depuis jeudi. Ils travaillent pour Europe 1 et faisaient route vers Alep aux dernières nouvelles. Ils auraient été enlevés, François Hollande a demandé leur libération. 24 journalistes ont trouvé la mort en Syrie depuis le début des conflits.

La NSA aurait espionné les citoyens américains via des écoutes téléphoniques et l’accès à leurs données internet. Des communications venant d’Europe auraient pu être interceptées, sans que les dirigeants de l’UE ne soient mis au courant. Barack Obama s’est voulu rassurant sur le but de ce programme, destiné à lutter contre le terrorisme.

Les médicaments à base de cannabis sont autorisés en France suite à l’adoption d’un décret. A partir de samedi, ils pourront obtenir une autorisation de mise sur le marché. Certains sont déjà disponibles dans plusieurs pays européens, notamment pour lutter contre les douleurs et courbatures.

vendeur20journaux-cff80

Le mot de la semaine sera VATICINATION : « Action de prophétiser » ou « Prédiction emphatique ou prétentieuse. »

Les sorties ciné

After Earth : après que la Terre est été abandonnée par les hommes et que la faune ait muté pour tuer l’humanité, Kitai et son père sont contraint à un atterrissage forcé sur la planète ; son père étant blessé, le jeune Kitai va devoir faire face à bien des dangers pour les sortir de ce mauvais pas. Je ne suis pas une adepte de science-fiction mais l’idée me tente assez, pourquoi pas ?

Oh boy : Niko est un doux rêveur berlinois mais un jour sa copine le quitte et son père lui coupe les vivres, il prendrait bien un café pour se remonter le moral mais le sort semble s’acharner contre lui. Un film qui a plutôt bonne presse et peut s’avérer intéressant.

La fille du 14 juillet : depuis qu’Hector a croisé Truquette au Louvre un 14 juillet, il n’a qu’une envie, la séduire, le début d’un véritable road-movie. A vrai dire cette comédie peut présager du meilleur comme du pire, mais comme les critiques sont plutôt bonnes, qui sait, ce sera peut-être une bonne surprise ?

Et aussi, Shokuzai, celles qui voulaient oublierla seconde partie, après la sortie de la première la semaine dernière, Shokuzai, celles qui voulaient se souvenir.

Mes lectures

Le coeur cousu – Carole Martinez

          Frasquita a des dons, qui la font passer dans son village du Sud de l’Espagne pour une magicienne où une sorcière : elle peut d’un simple bout de chiffon faire une œuvre d’art qui fera chavirer les cœurs, du bout de son aiguille. Un jour, elle doit quitter le village avec ses enfants ; un long périple commencera alors, où chacun d’entre découvrira peu à peu ses propres dons, sans bien savoir s’ils sont une chance, ou une malédiction.

LeCoeurCousu

          Je dois admettre que je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en commençant cette lecture. J’avais entendu parler de ce livre sans savoir au juste de quoi il parlait, et, s’agissant d’un cadeau, pour une fois je n’avais pas lu la quatrième de couverture. Le titre m’évoquait une histoire d’amour, ma surprise fut donc grande en découvrant qu’il s’agissait de tout autre chose. Il est difficile de parler de ce roman tant il est surprenant et inclassable. La meilleure chose à en dire est surement que ce fut une excellente surprise.

          Je ne suis pas particulièrement férue des intrusions du fantastique dans des univers réalistes, cela peut s’avérer absolument magique mais est le plus souvent casse-gueule. On est ici face à ces rares romans où le mystère fonctionne et le charme opère. Étrangement j’ai eu le sentiment que ce récit était celui d’une conteuse plus que d’un écrivain : les mots résonnent et évoquent bien des images. Il aurait pu s’agir de ces histoires qu’on se racontait autrefois autour du feu, de veillée en veillée.

          Ce roman est plein de poésie. Il fait appel à des croyances populaires, sujet que je trouve toujours passionnant. Il y est aussi question de famille, de transmission, et d’amour aussi un peu. Le tout sur fond d’aventure avec un fabuleux voyage à travers l’Espagne pour rejoindre les côtes africaines. J’ai beaucoup aimé la poésie de ce texte qui fait appel à des émotions profondes et des croyances ancestrales. Un sujet universel traité avec force et finesse. Il y avait longtemps qu’un livre ne m’avait pas embarquée à ce point, me donnant l’envie de me lever plus tôt le matin pour commencer la journée en en lisant quelques pages. Un texte magnifique, universel, magique.

martinez

Le trouvait-elle vraiment beau cet homme étendu à ses côtés ?

Elle s’y était attachée comme un bateau à son quai.

_______________

Les paysans ne réagirent pas, ils ne remarquèrent pas tout de suite qu’ils s’étaient regroupé pour la première fois. Ils ne virent pas cette masse compacte qu’ils formaient et qui grossissait de minute en minute.