Mes lectures

Le Premier Homme – Albert Camus

          Jacques se souvient de son enfance à Alger, dans une famille pauvre mais aimante, à sa façon. Une vie simple et dure où l’amitié et les petits plaisirs prennent toute la place. Des jeunes années difficiles qui vont forger la personnalité du jeune Jacques et le marquer durablement. 

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          Le premier homme est le manuscrit sur lequel travaillait Albert Camus au moment de sa mort. Il reste inachevé et les nombreuses notes de bas de page sont autant de témoignages de l’écriture en cours, avec ses hésitations. L’écriture est très agréable, même si on sent par moments que le texte n’est pas fini. Il y a parfois des longueurs et quelques passages mériteraient d’être retravaillés, pourtant, quand on lit ce texte, on est avant tout marqué par la maîtrise et la qualité du style. On n’en est que plus frustré de le savoir inachevé, et on pense au chef-d’oeuvre qu’il se serait sans doute devenu.

          Si l’écriture d’une grande qualité, l’histoire n’est pas en reste. Ce roman est largement autobiographique et cela se ressent dans la force des souvenirs évoqués. Il y a beaucoup de tendresse dans ces lignes, malgré la rudesse de la vie qu’elles décrivent. C’est simple et dur, grillé par le soleil, où jamais rien n’est superflu, et où se cache pourtant une certaine beauté. Plus encore que la beauté de l’écriture, j’ai apprécié l’univers qu’elle esquisse, sec et intransigeant. Certains des souvenirs d’enfance de l’auteur sont particulièrement forts et émouvants, et on ne peut qu’admirer son incroyable parcours. Un très beau livre dont on ne peut que regretter qu’il n’ait pu être fini.

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La mémoire des pauvres est déjà moins nourrie que celle des riches, elle a moins de repères dans l’espace puisqu’ils quittent rarement le lieu où ils vivent, moins de repères aussi dans le temps d’une vie uniforme et grise.

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Une défiance résignée à l’égard de la vie, qu’ils aimaient animalement mais dont ils savaient par expérience qu’elle accouche régulièrement du malheur sans même avoir donné de signes qu’elle le portait.

Cinéma

Les gamins

Comédie française d’Anthony Marciano avec Alain Chabat, Max Boublil, Sandrine Kiberlain, Mélanie Bernier

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          Thomas vient de se fiancer à Lola quand elle lui présente ses parents. Le jeune homme va devenir très proche de son beau-père, Gilbert, désabusé et au bord de la dépression, qui va tout faire pour le convaincre de ne pas se marier. Ensemble, ils vont faire les quatre cents coups, une vie de gamins exaltante mais qui risque de ne pas être sans conséquences.

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          Je suis allée voir ce film avec plaisir en étant (presque) sure de passer un bon moment. Une envie de film détente et un choix qui s’est avéré très judicieux. Je m’attendais à une comédie un peu creuse sur le fond et sans doute un peu lourde sur la forme, rien de bien exceptionnel, juste de quoi se changer les idées le temps de la séance. Mais finalement, j’ai été très agréablement surprise. Ce n’est certes pas un chef-d’oeuvre mais ça fonctionne rudement bien ! J’ai ri du début à la fin et je ne suis pas la seule. La salle a été prise d’un fou rire quasi-ininterrompu et franchement contagieux. Je ne suis pas toujours très bon public pour les comédies mais celle-ci a réussi à m’embarquer dans son univers tendre et loufoque ; une véritable plongée en enfance, aussi régressive que délectable.

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          Les situations sont souvent cocasses, voire totalement incongrues. Bien souvent, l’histoire manque parfois de crédibilité mais finalement, quelle importance ? Cela ne dessert pas vraiment le propos (assez simple par ailleurs) et n’est que l’occasion de forcer le trait pour nous faire sourire. On s’amuse à voir ces deux grands gamins faire leur crise d’adolescence à retardement. L’énergie que déploient les comédiens est communicative et tient à elle seule tout le film. Certes, l’humour n’est pas toujours très subtil, on ne nous épargne guère de clichés et certains points du scénario auraient peut-être mérité un peu plus d’attention mais le film ne se prend jamais au sérieux et l’ensemble tient finalement plutôt bien la route, si on part du principe qu’il a pour seule ambition de faire rire. Un pari réussi : on rit franchement et on passe un très bon moment. Une comédie qui ne marquera peut-être pas les esprits mais qui m’aura valu une belle tranche de rire et de bonne humeur. Un peu de légèreté qui fait le plus grand bien !

Actualité

L’actu de la semaine (03/05)

Arnaud Montebourg a refusé le rachat de Dailymotion par Yahoo. Une décision qui a déclenché une vive polémique, d’autant que Pierre Moscovici ne semblait nullement au courant. Décidément, le ministre du Redressement productif fait beaucoup parler de lui.

Un consortium mené par Areva, Mitsubishi et GDF-Suez a été choisi pour construire la seconde centrale nucléaire turque. Un contrat de 15 milliards d’euros qui relance le nucléaire japonais après la catastrophe de Fukushima.

Un sixième soldat français a trouvé la mort au Mali. Jean-Yves Le Drian lui a rendu hommage mardi à Aubagne. Il a été tué par un engin explosif qui a également blessé grièvement deux autres soldats.

Des inondations dans le centre-est ont entraîné l’évacuation de 250 personnes. Dijon est sous les eaux, avec plusieurs rues inondées. Trois départements sont toujours en vigilance orange.

Les traditionnelles manifestations du 1° mai se sont montrées bien timides cette année. Elles ont été marquées par des divisions syndicales et les rangs se sont avérés plus clairsemés que de coutume avec environ 5 fois moins de participants que l’année dernière.

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Le mot de la semaine sera BAGUENAUDER : « Passer son temps à des choses frivoles et sans importance. »

Les sorties de la semaine

Mud – Sur les rives du Mississippi : lors d’une escapade sur le fleuve, deux adolescents de 14 ans, découvrent un homme réfugié sur une île ; Mud, un doux rêveur recherché par la police pour avoir tué un homme qui avait frappé la femme qu’il aime. Un film vraiment tentant, aussi bien pour son histoire, ses paysages, que son acteur principal.

Stoker : après la mort de son père, l’oncle d’India vient s’installer avec sa mère et elle, la jeune fille oscille entre méfiance et attirance. Une affiche qui me fait penser à La famille Adams, et déjà je suis presque conquise, je sais, il m’en faut peu.

Le coeur a ses raisons : Shira a 18 ans et rêve de mariage, quand sa soeur meurt en couches, on lui propose d’épouser son beau-frère, choisira-t-elle le coeur ou la raison ? Je connais peu le cinéma israélien et ce film me donne bien envie d’en apprendre un peu plus.

Bonne semaine !

Mes lectures

Isaac le pirate, les Amériques

           Isaac rêve de gagner sa  vie en vendant ses toiles. Toutefois, son talent de peintre n’est pas reconnu et il vit dans la misère avec sa fiancée. Jusqu’au jour où un homme lui propose de gagner de l’argent rapidement en l’accompagnant pour un petit voyage. Un périple qui va le mener tout droit aux Amériques.

          Isaac le pirate, ce n’est pas récent récent comme BD et c’est avec grand plaisir que je me suis plongée dedans. Je n’aime pas particulièrement les dessins dont je trouve le trait un peu grossier. En revanche, on rentre très facilement dans l’histoire de ce peintre raté qui va devenir pirate malgré lui. Il y a beaucoup d’humour dans le texte et l’aventure est au rendez-vous. On s’amuse aux dépends de ce pauvre Isaac et on ne voit pas le temps passer tandis qu’il s’embourbe dans une situation des plus improbables et que diminuent les chances de le voir retrouver sa fiancée. Si on n’est pas face à une grande BD, ce premier tome donne toutefois envie de lire la suite. Une BD agréable et légère qui fait passer un bon moment.

Musique·Théâtre

Sunday in the park with George, au Théâtre du Châtelet

          Georges, c’est George Seurat, post-impressionniste français rendu célèbre par ses toiles pointillistes. Cette comédie musicale lui rend hommage en s’inspirant de sa toile la plus connue : « Un dimanche après-midi à l’île de la Grande-Jatte ». Un univers coloré et foisonnant qui en met plein la vue.

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          J’avais ouï dire le plus grand bien de cette comédie musicale aux décors spectaculaires et au sujet si particulier. Je me suis donc précipitée avec enthousiasme pour acheter une place hors de prix et mal placée. L’arrivée au théâtre m’a un rien refroidie : aller s’enfermer dans un théâtre par la seule soirée ensoleillée du mois d’avril, c’est un peu bête, surtout pour être au 6° étage de 3/4… Mais bon, Seurat, c’est beau, ça doit quand même valoir le coup, surtout quand on voit l’orchestre symphonique qui patiente dans la fosse. Ca hume bon le grand spectacle ! Et ça l’est !

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          Le décor est impressionnant ! Le fond du tableau de Seurat est projeté sur une toile blanche en demi-cercle , il y a des arbres au milieu de la scène et les personnages déambulent au milieu de tout ça. La première partie raconte l’histoire de la naissance de ce tableau qui deviendra célèbre. Les personnages se promènent, se rencontrent, discutent : en un mot, ils vivent. Voilà pour les bons côtés. Malheureusement, malgré toute cette énergie déployée et la magnificence du décor, je n’ai pas particulièrement accroché. Le moins qu’on puisse dire c’est que je ne suis pas une inconditionnelle du chant lyrique et, devinez quoi ? on est plus proche ici de l’opérette que du genre de comédie musicale à laquelle je m’attendais. Les parties chantées manquent cruellement de légèreté et alourdissent au contraire sérieusement la pièce.

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          La mise en scène est extrêmement soignée, à plusieurs reprises, les acteurs prennent les pauses des personnages des tableaux et semblent intégrés aux toiles de l’artiste par un habile jeu de transparence. Malheureusement, lorsqu’on est tout en haut et de biais, la perspective change et l’artifice, sans doute génial vu de face, tombe totalement à plat. J’ai trouvé la première partie très belle visuellement mais assez lente et plutôt longue. Heureusement, le début de la seconde partie est plus dynamique et vraiment enthousiasmant. Ca ne dure pas : passé le premier quart d’heure de la seconde partie, ça va de mal en pis jusqu’à devenir n’importe quoi et frôler dangereusement les limites du supportable. Dans l’ensemble, cette comédie musicale reste tout de même magnifique et très impressionnante, seulement, elle ne m’a nullement émue. Un manque de rythme et de légèreté qui m’a beaucoup gênée. Le genre de spectacle qu’on voit très rarement et qu’on regrette amèrement de ne pas apprécier.

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