Club lecture

Club lecture : que fait-on ?

         Comme vous le savez, le club lecture a repris du service cette semaine. Une première session euh… comment dire ? catastrophique ? Oui, je crois que c’est bien le mot. J’avais abandonné le club devant les difficultés d’organisation mais suite à plusieurs demande, je m’étais décidée à retenter l’expérience. Finalement, malgré des articles d’annonce sur le blog, la reprise de contacts avec chacun et de nombreux rappels par mail et via les réseaux sociaux nous sommes… roulements de tambours… 2 à nous être déplacées. Merci donc à la courageuse participante ! Merci aussi à celles qui ont pris la peine de me répondre et n’étaient malheureusement pas disponibles.

          Une fois n’est pas coutume, il n’y aura donc pas de compte rendu étant donné que j’avais déjà commenté le livre sur ce blog et que nous étions sensiblement du même avis. En revanche, la question de la suite se pose. est-ce vraiment la peine de continuer à gaspiller de l’énergie si personne n’est intéressé ? Après une longue discussion avec l’irréductible du club, nous avons décidé de retenter une dernière fois le mois prochain de rassembler les troupes. Un livre court, facile à lire, d’un auteur connu, et adapté au cinéma. Quelque chose de léger qui ne devrait pas décourager les bonnes volontés (sauf peut-être les amoureux de gros pavés au style encyclopédique, mais ceux-là feront un effort…). Trêve de suspens superflu, nous lirons donc L’amour dure trois ans de Frédéric Beigbeder.

          Nous nous retrouverons pour cela le jeudi 15 novembre à 20h à La Prune folle, 33 rue Crussol, dans le 11°. Si vous souhaitez participer, faites-le savoir en commentaire, vous l’aurez compris, toutes les bonnes volontés sont bienvenues. En espérant que vous viendrez nombreux. En attendant, bonne lecture à tous !

Mes lectures

Grand maître- Jim Harrison

          L’inspecteur Sunderson est sur le point de prendre sa retraite. Il rêve déjà des longues parties de pêche à la truite près de Lac Supérieur, dans son Nord natal. Mais une affaire le tracasse, un gourou qui se fait appeler Grand Maître et qu’il soupçonne de s’intéresser d’un peu trop près aux très jeunes filles. Tant qu’il n’aura pas arrêté le vieux fou, Sunderson ne trouvera pas le repos.

          La trame est un classique du polar et n’offre pas de réelles surprises. D’ailleurs, l’histoire est presque secondaire. Une fois encore, en prenant pour prétexte cette traque, c’est l’Amérique que nous raconte Jim Harrison. Il nous parle de ce pays si varié, tant par les paysages que par les hommes qui les peuplent. Entre exaspération face à la bêtise ambiante et amour pour sa patrie, l’auteur nous livre un portrait sans concession mais pourtant plein de tendresse des Etats-Unis. Du Michigan à l’Arizona, on découvrira de grands espaces dignes des plus belles cartes postales et des modes de vie que tout oppose. La nature tient une place de choix dans les romans de Jim Harrison, ses personnages y font de longues excursions et il prend plaisir à nous décrire ces lieux qu’il aime, nous donnant envie d’aller à notre tour les découvrir.

          Il est moins tendre avec les hommes. Le personnage principal de ce roman est un homme vieillissant, un peu paumé, assez pathétique au fond, mais tout de même attachant. Il est en est de même pour ceux qui l’entourent : ce sont les failles de chacun qui sont mises en avant, ses blessures. Ce qui donne au roman un note un peu triste qui fait aussi son charme. L’écriture est comme les hommes dont elle parle, brute, sans apprêt. Du côté de l’histoire, on se laisse porter par cette traque, je reprocherais simplement une fin un peu bâclée, ce qui est très dommage et gâche quelque peu ce roman qui eût pu être excellent. Toutefois, on prend grand plaisir à cette lecture, à découvrir une Amérique loin des clichés, pleine de contradictions et qui attire autant qu’elle fait peur. Jim Harrison ne signe sans doute pas ici son meilleur roman mais reste une valeur sure : des personnages nuancés, un amour des grands espaces et un esprit critique aiguisé qui en font un auteur incontournable de la littérature américaine. 

La religion était un fait de la vie, comme l’huile de foie de morue, les impôts, la rentrée scolaire.

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J’en suis venu à m’intéresser de près aux rapports entre la religion, l’argent et le sexe.

– Eh bien vous êtes un crétin ou un érudit, ou encore les deux à la fois. Tout ça ne fait qu’un. On ne peut pas les dissocier.

Divers

Résultats du concours « Recueil de quelques larmes »

Je vous proposais ici de gagner 3 recueils de nouvelles de cette jeune auteur talentueuse. Devant la faible participation, le choix a été facile, voici donc les gagnants :

– Katia

– Novice en cuisine

– DF

Félicitations à vous trois et j’espère que le recueil vous plaira. N’hésitez pas à venir commenter votre lecture sur le blog. Bonne lecture !

Cinéma

Sauna on Moon

          Comédie dramatique chinoise de Zou Peng avec Wu Yuchi, Lei Ting, Yang Xiaomin.

          Dans une ville chinoise, Wu, le gérant des thermes (entendez, du bordel) Sauna on Moon souhaite faire de son établissement un royaume du plaisir. Mais il n’est pas très doué pour les affaires et son projet va s’avérer difficile à mettre en oeuvre. Trouver des employées motivées n’est pas toujours une mince affaire et les clients sont difficile à satisfaire. 

          Ce film est extrêmement déroutant. S’il n’est pas dénué d’une certaine grâce, il peut aussi s’avérer par moment parfaitement banal voire de mauvais goût. Un mélange de genres parfois surprenant. La première scène est totalement incongrue avec des prostituées à demi nue en train de dormir et un homme ruisselant de pluie qui entre en courant dans la pièce à la poursuite d’un poulet. Tout le film est à l’avenant. Des plans magnifiques alternent avec des situations improbables, le splendide côtoie la fange, on est en permanence déstabilisé. J’aurais le plus grand mal à faire une critique constructive de ce film tant j’ai peiné à y prendre mes marques.

           On découvre en filigrane une Chine en plein mouvement, où tradition et modernité peinent à cohabiter. La misère et la violence côtoient le luxe et la volupté et les femmes sont encore bien souvent considérées par de simples objets. Un film qui montre un pays loin des clichés qui habituellement nous parviennent. L’histoire est assez décousue et il est parfois difficile de s’y retrouver, la trame manque quelque peu de clarté. On frôle parfois le plus pur mauvais goût auquel succède des scènes belles à pleurer. On arrête d’essayer de comprendre et on se laisse porter par ces images irréelles, fleurs du mal des temps modernes. On ressort de ce film sonné, sans bien savoir ce qui nous est arrivé tant nos repères s’en trouvent bouleversés. Zou Peng nous étonne et nous offre une expérience cinématographique unique ; et quelques images de toute beauté.

Mes lectures

Viviane Elisabeth Fauville – Julia Deck

          Viviane Elsabeth Fauville, la quarantaine, un bébé, fraîchement divorcée. Elle est suivi par un psychanalyste et un jour, sans trop savoir pourquoi, elle le tue. Un meurtre qui la surprend elle-même et va quelque peu chambouler son existence jusque-là bien rangée.

         Un roman pour le moins surprenant, tant par l’histoire que par l’écriture. En effet, le point de vue semble interne mais c’est le « vous » qui est utilisé pour désigner notre héroïne, ce qui est extrêmement rare en littérature (à vrai dire de mémoire je serais même bien incapable de vous fournir un seul exemple). Une très belle originalité donc qui crée une ambiance toute particulière. La distance du vouvoiement donne un style assez froid qui retranscrit bien l’état d’esprit du personnage. Je ne m’étendrai pas trop sur ce livre, assez court et dont l’intrigue très particulière est le principal atout. Je n’ai trouvé aucun reproche majeur à lui faire, c’est original, bien écrit, bien construit. Incroyable mais vrai : je n’ai strictement rien à y redire ! L’auteur nous surprend et nous offre même une fin inattendue. La sensibilité et l’humour n’en sont pas pour autant oubliés avec une réflexion douce amère sur la quarantaine, le couple et la maternité. Un excellent premier roman qui ne ressemble à aucun autre et laisse présager du meilleur. A découvrir au plus vite.

Elle y boit des cafés en attendant d’aller chercher sa fille. Il paraît que les autres mères sont débordées, ravies d’échanger leurs enfants contre une ou deux heures de liberté, et Viviane pense pour quoi faire, il n’y a pas assez de démarche administratives pour occuper toute une vie, pas assez de ressources créatives chez aucun coiffeur pour justifier de s’y rendre plus d’une fois par semaine.

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L’argent, l’amour – on prend l’un quand on n’a pas l’autre, vous ne croyez pas ?