Actualité·Culture en vrac

Henry Bauchau nous quittés

          Le grand écrivain belge Henry Bauchau est mort à l’âge de 99 ans dans son sommeil. Il a été avocat et est entré dans la Résistance durant la Senconde Guerre Mondiale avant de quitter la Belgique, où la Justice l’accusait après la guerre, pour venir s’installer à Paris en 1946. Il y découvre la psychanalyse et en fera son métier. Il écrit ses premiers poèmes au début des années 50 et son premier roman La déchirure paraît en 1966. Il est notamment connu sur son travail romanesque autour du mythe d’Oedipe et Antigone.

          Il a reçu en 2008 le prix du Livre Inter pour Le boulevard périphérique. Bien que presque sourd et aveugle, il aura écrit jusqu’à la fin. Il laisse des manuscrits en cours et un ouvrage, Pierre et Blanche, paraîtra en octobre chez Actes Sud. Je n’ai jamais pu finir son Antigone tant son écriture est complexe et bourrée de références culturelles qui me font défaut. Pouvoir en venir à bout un jour reste un objectif à long terme, comme une jauge de culture générale et de bon développement intellectuel. Henry Bauchau laisse derrière lui une oeuvre riche et raffinée. 

 

 

 

Actualité

L’actualité de la semaine (21/09)

Que s’est-il passé cette semaine ?

– La publications de photos de la princesse d’Angleterre les seins à l’air a fait scandale. Le magazine a été condamné à rendre les clichés et s’est vu interdire leur diffusion.

– Quinze hommes ont été jugés pour viol en réunion. Les faits remontent à plus de 10 ans, ils auraient violé 2 adolescentes à plusieurs reprises. L’un d’eux à fui à l’étranger, les autres nient les faits.

– Suite aux émeutes dans le monde arabe (qui ont encore fait 13 morts aujourd’hui au Pakistan) après la diffusion d’une vidéo anti-islam, Charlie Hebdo a de nouveau publié des caricatures du prophète. Une nouvelle provocation qui a lancé un vif débat sur la liberté d’expression et les responsabilités qui en résultent.

– Une étude a mis en avant la dangerosité de la consommation de maïs OGM par les rats. Celle-ci favorise l’apparition de tumeurs pouvant faire jusqu’à 15% de leur poids. Des résultats pour le moins alarmants. Comment ça ? le Roundup serait toxique ? Première nouvelle !

– Vous vous souvenez peut-être de la vieille dame qui avait « restauré » un Christ en Espagne avec un succès très relatif. Devant l’ampleur du scandale, l’Eglise a décidé de faire payer l’entrée pour voir cette oeuvre pour le moins surprenante. L’artiste réclame donc en toute logique des royalties.

          Le mot de la semaine sera caboulot : « petit café plus ou moins mal famé à la clientèle régulière ».

          Côté ciné : Les saveurs du palais, de Christian Vincent, un film qui retrace le parcours de celle qui fut la cuisinière personnelle de François Miterrand pendant deux ans à l’Elysée, il y a à manger, ça m’intéresse forcément ; Quelques heures de printemps, de Stéphane Brizé, un homme retourne vivre chez sa mère condamnée par la maladie, Brizé signe généralement des films sensibles qui valent le détour ; Captive, de Brillante Mendoza, une jeune femme qui travaille pour une ONG aux Philippines se veut kidnapper, on y va au moins pour Isabelle Huppert.

Bonne semaine à tous !

Expositions

Gerhard Richter – Panorama

          Gerhard Richter est un artiste contemporain qui a beaucoup travaillé sur la photographie. Non pas qu’il soit photographe lui-même mais il reproduit avec une impressionnante précision des clichés du bout de son pinceau. Mais son travail ne saurait ce résumer à cela et cette rétrospective le prouve si besoin était.

          Je connaissais peu l’oeuvre de cet artiste avant d’aller voir cette exposition. J’en avais à peine entraperçu 2/3 toiles dans un reportage sur Arte qui m’avait donné envie d’en savoir plus. Panorana est une rétrospective de son oeuvre qui en présente des aspects très divers. Cet artiste allemand est né en 1932 et son travail est reconnu pour son originalité et sa diversité. Il travaille aussi bien sur des oeuvres figuratives qu’abstraites. Le Centre Pompidou nous offre la possibilité de découvrir le parcours de cet artiste hors normes.

               

          Je suis assez hermétique à l’art abstrait, autant vous dire donc que j’ai près d’un siècle de retard côté peinture. Toutefois, je fais un effort de temps en temps pour améliorer ma piètre culture en matière d’art contemporain. Grand bien m’en a pris ! J’ai beaucoup aimé cette exposition qui comprend essentiellement de la peinture mais aussi quelques installations un brin obscures (un miroir, des vitres qu’on peut voir sur la photo ci-dessus, un pièce métallique…). Le travail de reproduction photographique est très impressionnant par sa minutie et la qualité de l’exécution : de loin impossible de deviner qu’il ne s’agit pas d’une photo. Cependant, plus que les simples reproductions, j’ai préféré le travail sur le flou et surtout les oeuvres abstraites réalisée par dessus une toile figurative. Un mélange de techniques qui m’a particulièrement séduite. Une très belle exposition.

               

Gerhard Richter « Panorama »

Centre Pompidou

19 rue Beaubourg

75004 Paris

Jusqu’au 24 septembre

Mes lectures

Pour seul cortège – Laurent Gaudé

          Le Grand Alexandre se meurt. Celui qui bataille après bataille s’est construit un empire, l’homme dont la volonté ne fléchit jamais et sème la terreur de par le monde, le meneur d’hommes craint et aimé, est à l’agonie. Mais celui dont la volonté n’a jamais flanché ne sait pas mourir, pas alors qu’il reste tant de contrées à découvrir, tant de terrer à conquérir. Mais alors que ses compagnons se déchirent déjà pour les miettes de l’empire, qui pourra l’accompagner dans ce dernier voyage ?

           On suit dans ce roman plusieurs personnages : Alexandre, Dryptéis et Ericléops. Ce dernier est le moins présent, pourtant il est le seul à parler à la première personne, ce qui lui confère une place particulière. Les pensées d’Alexandre et Dryptéis sont retranscrite à la troisième personne ; pourtant, le point de vue semble presque toujours interne (pour rappel, point de vue interne : on voit le monde par les yeux d’un personnage). Ce choix est assez surprenant et crée un étrange mélange de distance et de proximité qui rend le tout un peu vaporeux. L’écriture est très poétique. Les phrases sont souvent hachées, comme autant de bribes de pensées des personnages. Le passage constant de l’un à l’autre crée un rythme très particulier, un peu bancal, comme une course éperdue.

          Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne s’agit pas d’un roman histoire. La mort d’Alexandre n’est finalement qu’un prétexte à l’écriture. Le contexte historique est évoqué dans ses grandes lignes au détour d’une phrase ou l’autre mais l’auteur ne s’arrête pas dessus. Ce sont les contradictions des hommes qui sont au coeur du récit, leur grandeur et leurs faiblesses. Très onirique, ce texte m’a parfois déroutée. J’eusse aimé quelque chose de plus terre à terre. Je ne goûte guère les incursions dans le domaine des esprits. Fort heureusement, l’incroyable beauté de l’écriture vient un peu compenser cet aspect mystique. Toutefois si ce roman possède un charme indéniable, il s’avère tout de même assez difficile. Un texte fort et poétique qui frappe par son écriture magistrale. Sans aucun doute, un des grands romans de la rentrée.

Sa respiration devient plus difficile mais il n’a pas peur. Il s’accroche à la phrase de Perdiccas comme il lui est arrivé si souvent de s’appuyer sur ses camarades dans la mêlée des combats., il s’accroche à cette phrase qui tourne en son esprit et lui donne de la force :  » Il tiendra ».

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Il est une chose qui reste solide, aussi solide que la puissance des montagnes, c’est le chant des femmes endeuillées.

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Elle sait qu’elle va devoir lutter contre ses bras qui voudront étreindre son enfant, contre sa propre bouche qui voudra l’embrasser, contre sa langue qui voudra tout dire. Il faudra se dominer et elle ne sait pas si elle sera suffisamment forte pour cela. Le regarder, et partir : quelle mère pourrait faire cela ?

Divers

Golden Blog Awards

Cette année, je me suis inscrite aux Golden Blog Awards, parce qu’après tout, un peu de pub ne peut pas faire de mal. On verra bien si ça fonctionne… Pendant la phase de sélection, vous me seriez d’un grand secours si vous pouviez me faire l’aumône d’un petit clic chaque fois que vous en aurez le temps juste là :

Je vous tiendrai bientôt informée de la suite des évènements.

D’avance, Merci !