Mes lectures

La grève des électeurs, Octave MIRBEAU

          Cet article ainsi que les deux suivants (l’un écrit lors de la Révolution, l’autre contemporain) vantent les mérites de l’abstentionnisme. Les arguments utilisés ont encore cours aujourd’hui. Un petit livre d’actualité en cette période électorale.

          Autant le dire de suite, ces articles vont totalement à l’encontre de mes convictions profondes. Admettons que tous les politiciens soient pourris et qu’on ne puisse pas en attendre grand chose, quelque soit leur bord. Je suis prête à le concevoir. Mais c’est trop facile de toujours se plaindre. Un roi ça n’allait pas, un empereur non plus, on ne veut pas d’un dictateur, raisons pour lesquelles des gens ce sont battus pour la démocratie pendant longtemps. Et maintenant qu’on l’a on fait la fine bouche ? Puéril.

           Je ne pense pas qu’on puisse se plaindre d’un gouvernement si on ne s’est pas déplacé pour aller voter. Le seul moyen de faire changer les choses c’est de s’engager dans la vie politique. Faire l’autruche n’a jamais rien réglé. Et si vraiment on ne peut pas sentir les politiques, alors votons blanc, c’est un mode de contestation moins je-m’en-foutiste que de ne pas aller voter du tout. Je ne vais pas me lancer dans un long pamphlet pour le droit de vote, que dis-je, pour le devoir que devrait représenter le fait d’aller voter, pourtant il y aurait à dire ! Un livre inutile et révoltant.

Cinéma

2 days in New-York, de Julie DELPY

          Comédie française de et avec Julie Delpy, avec Chris Rock et Albert Delpy.

          Marion est une photographe française qui vit à New-York. Jeune maman divorcée, elle vit à présent avec un jeune intello noir (oui, ça a son importance). Quand son père et sa soeur vont venir lui rendre visite pour quelques jours, les ennuis vont commencer.

          Que dire de ce film ? La critique était plutôt bonne, j’y suis donc allée pensant avoir affaire à une comédie gentillette. Et puis il y a Chris Rock dedans et j’aime bien Chrs Roch qu’on ne voit pas assez souvent. Quelle erreur n’ai-je pas faite ! Ce film est d’une nullité qui n’a d’égale que sa connerie.

          Julie Delpy se met en scène, nous montre à quel point elle parle bien anglais, à quel point elle connaît bien New-York et surtout à quel point elle est moins plouc que sa famille bretonne. Imbuvable. Jamais vu une tête à claques pareille. Un film nombriliste, insipide et inutile. Condescendant aussi. La réalisatrice se prend très au sérieux et il n’y a vraiment pas de quoi. Il y a un côté très provinciale parvenue reniant ses racine là-dedans. Sans doute la raison pour laquelle la cririque a apprécié, beaucoup doivent s’y retrouver. je dis NON, NON et NON et encore NON. LE film a éviter.

Expositions

Degas et le nu

          Une exposition sur la place du nu dans l’oeuvre d’Edgar Degas se tient actuellement au Musée d’Orsay. Elle met en avant l’évolution de la technique de l’artiste à travers ses nus, qui préfigurent les grands courants de son travail. Fusain, pastel, huile, bronzes… autant de modes d’expression utilisés par l’artiste et qu’on retrouve dans cette très belle exposition.

          J’ai toujours baucoup aimé Degas et ses nus justement.  A ses célèbres danseuses, je préfère ses scènes de bains ou ses portraits de prostituées. Allez savoir pourquoi j’ai toujours été fascinée par les représentations de femmes coiffant leurs cheveux longs et par les intérieurs de maisons closes (avec en la matière une vénération pour Toulouse-Lautrec, évidemment). Cette exposition regroupe donc tout ce que j’aime.

          Les premiers dessins sont académiques et, même si bien exécutés, d’un intérêt artistique fort limité. Assez vite, le style évolue et les prostituées remplacent les modèles des beaux-arts. Les scènes sont particulièrement vivantes. Les poses choisies sont souvent criantes de vérités : des femmes rarement belles et qui ne respirent pas toujours la féminité. Il y a quelques fusains particulièrement réussis. Les sculptures aussi sont assez marquantes (je ne parle évidemment pas des pastels, connus et reconnus, marque de fabrique de l’artiste). Il y a une certaine violence dans le travail sur le nu de Degas que j’ai particulièrement appréciée. On sort de l’image un peu mièvre qu’il peut parfois avoir (petits rats en tutu oblige).

          La seule chose que je n’ai pas aimé dans cette exposition, c’est le monde. Quelle foule ! On se marche dessus, on se fait bousculer, houspiller. On ne peut pas approcher le moindre dessin ou tableau. Je crois bien ne pas en avoir vu un seul sans au moins 2 ou 3 têtes devant, et encore en me contorsionnant. J’aurais aimé passer des heures à admirer chaque coup de crayon. J’aurais eu besoin de place pour étaler mon admiration. J’en suis donc ressortie à la fois éblouie et terriblement frustrée. Et pourtant j’y suis allée en semaine (et d’après leur site internet, un jour de faible fréquentation…) ! Heureusement, c’est gratuit pour les moins de 26 ans, je n’ai donc pas eu à payer pour me faire écraser les pieds et labourer les côtes à coups de coudes. Je songe sérieusement à y retourner pour en reprendre un dose. Une très belle exposition qui permet de mieux connaître l’artiste. A voir.

Musée d’Orsay

1, rue de la Légion d’Honneur

75007 Paris

Du 3 mars au 1° juillet 2012

Du mardi au dimanche, de 9h30 à 18h (21h30 le jeudi), fin de la vente des billets 1h avant la fermeture

12 €, 9€ tarif réduit et après 16h30, gratuit pour les – de 26 ans et demandeurs d’emplois

www.musee-orsay.fr

Culture en vrac

Mars : le bilan

         Voici l’heure du bilan de ce dernier mois. Côté lectures, un mois très réussi. beaucoup de livres lus, dans des styles très différents, que j’ai quasiment tous aimés. Deux se détachent toutefois clairement du lot. Mon coup de coeur du mois est Courir avec des ciseaux, un livre totalement fou qui correspond particulièrement bien à mon humeur joyeuse de ce début de printemps. J’ai également beaucoup aimé La mémoire des vaincus, qui m’a appris bien des choses et ouvert de nouveaux horizons. Deux livres très différents mais qui tous deux correspondent à ce que j’aime le plus dans la littérature (les grandes fresques romanesques et l’humour déjeanté).

         Encore un mois faiblard pour le cinéma. Le film vu en salle que j’ai le plus aimé est Young adult, sur lequel je n’ai pas encore fait d’article. Un choix sans doute surprenant mais je vous expliquerai très vite pourquoi (absence de connexion internet oblige, le rythme de mes lectures et sorties dépasse largement celui de mes publications en ce moment). Loin d’être un coup de coeur, Les adieux à la reine est le film commenté ce mois-ci qui m’a le moins déçue et ressemble le plus à mes yeux à ce qu’on peut attendre du cinéma.

         Du côté des autres sorties culturelles, l’exposition Doisneau à l’Hôtel de Ville m’a totalement séduite. Un accrochage gratuit qui mérite le détour. Pas encore commentée non plus, l’exposition Degas à Orsay, très séduisante malgré une foule des plus désagréable. Un mois plutôt positif donc avec pas mal de sorties : le soleil revient, l’envie de partir à la découverte du monde aussi (enfin de Paris en l’occurrence mais ce n’est déjà pas si mal). On se retrouve dans un mois tout pile pour le résumé du mois d’avril.

Mes lectures

Courir avec des ciseaux, Augusten BURROUGHS

Attention, attention, gros coup de coeur !!!

          Le jeune Augusten a une enfance quelque peu inhabituelle. Sa mère, une poétesse méconnue, connaît des périodes de folie. Son père l’ignore. Son frère est un étranger. Heureusement (pour nous du moins), le psychiatre de sa mère le recueille. Il va intégrer une fratrie des plus insolites. Une famille dans laquelle on consulte la Bible comme un jeu de tarots, où chacun est libre de ses choix au delà de 10 ans et où la liberté est le maître mot. Désopilant.

          Autant le dire tout net : j’ai totalement A-DO-RÉ ce livre ! J’hésite à me lancer dans le culte pur et simple de cet auteur. J’ai eu un peu de mal à démarrer. Je trouvais ça pas mal mais l’écriture un peu trop polissée me gênait. La quatrième de couverture alléchante annonçait une adolescence extraordinaire et j’étais un rien septique à la lecture des premières pages. Mais cette tiédeur n’a pas duré. Très vite l’histoire décolle. La mère du personnage devient folle et il est recueilli dans la famille de son psy, lui-même pour le moins dérangé.

          Notre héros se retrouve donc dans un genre de famille hippie (c’est plus ou moins l’époque) où tout semble permis. Il ne va plus à l’époque et se lance dans les expériences les plus farfelues. Une pareille vie, assortie d’une telle imagination, donne un livre foisonnant, riche en péripétie, en deux mots : totalement dingue. J’ai ri, suis allée de surprise en surprise et aurait voulu que l’histoire continue encore. Je me suis d’ailleurs précipitée pour acheter la suite (qui n’est pas une suite à proprement parler mais une autre autobiographie). Je songe même à distribuer ce livre autour de moi. Un humour grinçant et des situations rocambolesques : ce livre fait un bien fou, un concentré de fantaisie qui fait le plus grand bien.

Le roman a été adapté au cinéma, un résultat mitigé d’après les critiques.