Mes lectures

L’évangile des Quenouilles

          Ce texte écrit au Moyen Age retranscrit des savoirs populaires féminins. Les femmes étaient déconsidérées (mais sans doute moins que dans les siècles suivants étrangement) et ont ressenti le besoin de partager leur savoir, qui valait bien celui des hommes. Comme les Evangiles dans la Bible donnent une orientation à la vie spirituelle, les évangiles des Quenouilles veulent instruire sur la vie du foyer.

          Il y a 6 évangiles, à la fois parce qu’il y a 6 jours dans la semaine (le dimanche, c’est repos) et il faut la parole de 3 femmes pour celle de 2 hommes (on est avant l’invention de la parité), donc, par simple calcul, on a 4 évangélistes dans le Nouveau testament, il nous en faut 6 pour la version féminine. Les femmes les plus en vue du village ont donc pris chacune à leur tour la parole pour partager leur sagesse. Bon, autant vous le dire de suite, vous n’apprendrez pas de secrets disparus à cette lecture (quoi que). Ce sont essentiellement des croyances populaires qui sont regroupées et que la science a pour la plupart invalidée depuis. Certaines peuvent toutefois être considérées comme des « recettes de grand-mère », encore utilisées aujourd’hui. Et beaucoup de ces croyances aujourd’hui disparues, ont longtemps perduré dans nos campagnes.

          Cependant, à travers ces conseils, on apprend beaucoup de choses sur la vie de l’époque, parfois surprenantes. Notamment sur la place des femmes ou l’importance de la religion. Cela m’avait déjà frappée à la lecture des Contes et Fabliaux du Moyen Age : on se fait une idée totalement faussée de la période (certes très longue, ce qui ajoute nombre de nuances, ce texte-ci date de la fin du XV° siècle). On est assez loin de l’obscurantisme dont on nous parlait à l’école. La liberté de ton est surprenante compte-tenu des siècles de pudibonderie qui suivront. Une lecture qui met à mal bien des idées reçue et donne envie de se pencher de plus près sur cette période.

Tout homme qui fait quelque chose sans en parler à sa femme, je vous dit comme Evangile qu’il est en conscience pire qu’un larron, qui, lui, l’oserait dire.

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Pour aussi vrai qu’Evangile, je vous dis que, lorsqu’un jeune homme puceau épouse une jeune fille pucelle, le premier enfant qu’ils ont naît habituellement fou.

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Si vous voyez un chat assis sur une fenêtre au soleil se lécher le derrière et lever sa patte pour la passer au-dessus de l’oreille, alors ne doutez pas qu’il ne pleuve ce jour-là.

Cinéma

Les Oscars 2012

          Après les Césars la semaine dernière, les Oscars ont été décernés. Au cas où vous auriez passé la journée coupés du monde, voici un petit condensé du palmarès :

Meilleur acteur, Jean Dujardin pour The artist

Meilleure actrice, Meryl Streep pour La dame de fer

Meilleur film, The artist

Meilleur scénario, Minuit à Paris

Meilleur film étranger, Une séparation

          Les grands gagnants de la soirée sont The artist et Hugo Cabret, avec 5 oscars chacun. L’équipe de The artist est sur tous les plateaux de télévision ce soir, éclipsant totalement le reste de l’actualité, vous aurez donc sans doute déjà vu tout ça. Jean Dujardin est le 1° acteur français à recevoir la récompense ultime. Pour le reste du palmarès, c’est ici

Bars, restaurants

Tarim Ouighour

          La cuisine ouighour (province chinoise) est un drôle de mélange entre saveurs chinoises et turques avec une petite touche de tibétain. Je sais, c’est dur à imaginer, étant donné qu’il n’y a aucun rapport entre les deux. Pourtant, au Ouighour, vous pouvez manger aussi bien une soupe au raviolis aux saveurs de coriandre qui rappellent les soupes traditionnelles chinoises, que des brochettes marinées dignes des meilleurs restaurants turcs. Le tout à des prix raisonnables et en quantités généreuses. 

          L’histoire du peuple ouighour est pour le moins mouvementée. Je n’ai pas étudié la question de près et espère donc ne pas vous dire trop de bêtises en tentant de la résumer. Les ouighours étaient un peuple nomade d’origine turque installé en Mongolie. Dès le 4° siècle, on constate des migrations vers le Turkestan, mais c’est en 840 qu’aura lieu un exode massif, après que les ouighours aient été chassés de Mongolie (avec laquelle les relations seront toutefois nombreuses par la suite). La région du Turkestan a connu une influence chinoise dès le II° siècle avant JC, des colonies militaires s’installent dans la région mais malgré de nombreuses tentatives, l’autorité chinoise a du mal à s’affirmer. Le pouvoir est repris par les tibétains à la fin du VIII° siècle avant de passer aux mains des ouighours 50 ans plus tard. Parallèlement, la région connaît une turquisation progressive de sa population. On considère qu’elle est totalement effective au XIII° siècle avec l’usage de la langue turque dans la région. La région fut de nouveau soumise par la Chine en 1759. Au début de XX° siècle, le Turkestan oriental connût quelques années d’indépendance, quelque peu régentée toutefois pas l’URSS. Depuis 1950, le Ouighour est redevenu chinois, c’est l’actuelle province de Xinjiang.

          Ainsi donc s’explique ce curieux mélange de saveurs. La cuisine ouighour est fine et savoureuse. Elle joue beaucoup sur les condiments, sans être très piquante (en comparaison aux autres cuisines asiatiques tout du moins), tout comme la cuisine chinoise. De la Turquie, elle hérite d’un amour inconditionnel pour l’ail qui viendra relever les plats de pâtes traditionnels. Une cuisine surprenante mais dans laquelle on retrouve finalement des saveurs familières et qui semble mêler des traditions universelles. Je ne saurais que trop vous recommander la soupe de raviolis et les excellentes pâtes maison (en photo ci-dessous, ça ne paye pas de mine mais qu’est-ce que c’est bon !). Leur fabuleuse odeur me revient à cette simple évocation et me donne envie de me jeter dans le premier métro pour aller les déguster. Dépaysement assuré.

Restaurant Tarim

74 rue Jean-Pierre Timbaud

75011 Paris

Club lecture

Club-lecture février : William Shakespeare

          Ce mois-ci, après une petite interruption, nous nous sommes retrouvés autours de William Shakespeare. Malheureusement des difficulté d’accordage des emplois du temps ont rendu difficile la rencontre et réduit sérieusement notre comité. J’ai donc peu d’avis à vous fournir, d’un autre côté ça ira plus vite. L’une d’entre nous avait lu Roméo et Juliette  mais pas trop récemment et avait bien aimé (ben oui, mais on est obligé quand même…). Une 2° convive a choisi Le marchand de Venise. La pièce est enlevée et agréable à lire. Le déroulement est imaginatif et les jeux de mots nombreux (même si la traduction ne leur fait pas toujours honneur). Toutefois, le côté antisémite a paru choquant aujourd’hui et difficile à remettre dans son contexte. Une bonne lecture dans l’ensemble.

          Pour ma part, j’ai choisi Hamlet dans une traduction qui m’a semblée terriblement mauvaise. Une grosse déception. J’avais lu il y a quelques temps Jules César que j’avais trouvé brillant mais aride. Mais ayant vu quelques pièces de Shakespeare sur scène et les ayant toutes aimées, je n’ai pas dit mon dernier mot ! Je compte donc m’attaquer aux traductions de Philippe Jaccottet qui j’espère retranscriront plus l’ambiance général que le vulgaire mot à mot (ce dont je ne doute pas étant donnés ses talents de poète). Dans l’ensemble, on eut quand même dire que Shakespaere, on peut difficilement ne pas aimer, un théâtre universel et intemporel.

          Cette fois nous avions changé de lieu et choisi Les éditeurs, dans le quartier chic et intello du l’Odéon. Les prix sont un peu prohibitifs mais le lieu est magnifique. Typiquement ses vieux cafés bourgeois parisiens avec leurs boiseries et leurs fauteuils en cuir. Le décor fait la part belle aux livres. Un lieu chaleureux et agréable. Le service est sympathique et on y mange plutôt bien. L’adresse me semble toutefois plus indiquée pour un thé l’après-midi que pour un repas.

Cinéma

Les Césars 2012

Ce soir se déroulait la 37° cérémonie des Césars. Voici un petit condensé du palmarès :

Meilleur film étranger, Une Séparation

Meilleur réalisateur, Michel Hazanavicius, The artist

Meilleur acteur dans un second rôle, Michel Blanc, L’exercice de l’état

Meilleur actrice, Bérénice Béjo, The artist

Meilleur acteur, Omar Sy, Intouchables

Un résultat que je trouve dans l’ensemble plutôt justifié. Il représente en tout cas assez bien cette année cinématographique. Pour le palmarès complet, c’est ici