Cinéma

Recherche bad boys désespérément, de Julie Anne ROBINSON

          Comédie américaine de julie Anne Robinson avec Katherine Heigl, Jason O’mara, Daniel Sunjata.

          Stéphanie Plum ne manque ni de fierté ni d’aplomb, même si elle vient de se faire virer et qu’un créancier vient lui prendre sa voiture. Fauchée, elle parvient à convaincre son cousin, un type plutôt louche, de l’engager dans son agence de cautionnement… comme chasseuse de primes ! Elle n’y connait rien mais ne va pas moins se lancer aux trousses de Joe Morelli, un ancien flic suspecté de meurtre.

          Oui, je sais, c’est honteux d’aller voir ce genre de films. Mais bon, j’étais devant le cinéma, j’avais du temps et ma carte illimitée en poche et j’avais déjà vu tous les autres films qui passaient à cette heure là. Je me suis donc lancée en me disant qu’au pire, ça me donnerait toujours l’occasion de faire la sieste dans un fauteuil moelleux. Ceci étant dit, je vais être brève, pas la peine de s’étaler. On a déjà cent fois ce genre de comédie américaines pas bien futées. Quand c’est bien fait, c’est drôle et enlevé et on passe un bon moment même si on oublie ce qu’on a vu aussitôt sorti de la salle. Là, honnêtement, ce n’est pas franchement une réussite. Le scénario est plus que léger, il n’y a aucun suspense et ce n’est même pas spectaculaire (à peine une petite explosion de rien du tout). Ce n’est pas désagréable à regarder mais très entendu. Heureusement que les acteurs ne se prennent pas au sérieux et arrivent à transmettre un peu de leur amusement flagrant. Bof bof…

Mes lectures

Linda Lê, A l’enfant que je n’aurai pas

          Comme son titre l’indique, ce texte est une lettre à l’enfant que l’auteur n’a pas eu. Parce qu’elle a eu une relation difficile avec sa mère qu’elle avait peur de reproduire, parce qu’elle n’en ressentait ni l’envie ni le besoin, parce qu’elle souhaitait garder sa liberté, l’auteur explique à l’enfant qu’elle n’aura pas les raisons pour lesquelles elle ne l’a pas conçu. 

          Je n’aime généralement pas beaucoup les récits intimes, autant dire que ça commence mal. Toutefois, je me suis lancée dans la lecture de celui-ci car je voulais depuis longtemps découvrir cet auteur et qu’il me semblait qu’un texte court serait un bon début. Première impression plutôt positive, l’écriture est très belle. Le style est soutenu, les phrases bien tournées, le tout est élégant. On n’est plus habitués à un tel raffinement et c’est bien agréable.

          Malheureusement (eh oui, il y a toujours un « mais »), j’ai trouvé le style assez peu approprié à l’histoire. Il me semble que si on écrit à un enfant imaginaire, on se le représente forcément en bas âge (« enfant » quoi), hors, qui parlerait de manière aussi sophistiquée à un tout petit ? On a beau ne pas avoir d’enfants, voire ne pas les aimer, ce langage me semble tout ce qu’il y a de moins naturel en la circonstance. D’autant qu’elle lui parle rarement directement, se parlant plutôt à elle-même. Ce récit tient plus de l’exercice de style que de la confession. Un cruel manque de naturel qui lasse vite. C’est dommage, le contenu comme la forme étaient pourtant intéressants. Un texte moyennement réussi mais qui m’a donné envie de découvrir cet auteur.

Et même quand nous aurions été déçus dans nos attentes, quand nous aurions été déçus dans nos attentes, quand il se serait révélé un gosse tout à fait ordinaire, sans aptitude particulière, un copieur collectionnant les zéro pointés et bon client des boîtes à bachot, nous lui aurions trouvé des qualités, telles que la serviabilité et la modestie.

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Et Big Mother nous inculquait des maximes puritaines, nous prémunissait contre les dévergondages et les lectures corruptrices, contre l’onanisme, cette pratique de futures traînées, contre les beaux discours des tentateurs qui se feraient une joie de suborner de calamiteuses gourdes dans notre genre, contre l’influence des camarades émancipées, au parler cru.

Club lecture

Club-lecture février

          Après deux mois d’interruption en raison d’emploi du temps surchargé chez tout le monde, notre club-lecture reprend du service. Ce mois-ci, nous partons à la conquête des classiques et nous réunissons autour de William Shakespeare. A chacun de choisir le texte qu’il souhaite lire parmi ses pièces de théâtre, Roméo et Juliette mis à part (ce serait trop facile).

          Nous nous lançons également dans l’aventure du changement de lieu. Ce mois-ci, nous nous retrouvons dans le quartier de l’Odéon, traditionnellement situé au coeur de la vie littéraire, au café Les éditeurs (4 Carrefour de l’Odéon, dans le 6°) à 20h. Et bien sûr, vous retrouverez le compte-rendu de la soirée dès le lendemain sur ce blog.

Théâtre

Pensées secrètes, au Théâtre Montparnasse

          Pensées secrètes, c’est d’abord et avant tout un roman génial de David Lodge, drôle et enlevé, grinçant juste ce qu’il faut, une perle d’humour anglais. C’est l’histoire d’un professeur de faculté qui entame une relation extra-conjugale avec une collègue fraîchement débarquée. Il va faire preuve de trésors d’ingéniosité pour la séduire et nous dévoilera à travers l’étude qu’il mène sur l’inconscient ses pensées les plus secrètes et inavouables.

          Adapté par Gérald Sibleyras, on peut découvrir ce texte au Théâtre Montparnasse dans une mise en scène de Christophe Lidon avec Samuel Labarthe et Isabelle Carré. Les décors sont extrêmement réussis, avec une mise en scène très inventive. Il y a notamment des jeux de lumière intéressants. Les deux acteurs restent en permanence sur scène, même lorsque leurs personnages ne sont pas sensée se croiser, les acteurs sont côte à côte. Ca marche très bien, on ne s’y perd pas (le récit marche essentiellement par monologues, ce qui fait gagner en clarté) et ça donne l’impression que les personnages continuent leur vie en dehors de l’histoire.

          La pièce est un peu longue à démarrer, nous faisant craindre le pire pendant quelques interminables minutes. Et puis ça se met en place peu à peu. Une fois le décor posé, l’histoire prend forme et on retrouve l’humour irrésistible de David Lodge. Les comédiens sont très convaincants, particulièrement Samuel Labarthe à qui le rôle va parfaitement. Finalement on rit et on prend plaisir à voir les personnages se démener dans cette histoire d’adultère. S’il manque peut-être un petit quelque chose pour en faire un grand moment ce théâtre, cette pièce est toutefois réussie et retranscrit bien l’univers d’un roman pourtant difficile à adapter. Décors et mise en scène à eux seuls valent le détour. On aimerait que toutes les pièces soient de ce niveau. A voir.

Pensée secrètes

A l’affiche jusqu’au 31 mars 2012 (ou plus)

Du mardi au samedi 20h30, et samedi 17h30

Théâtre Montparnasse

31, rue de La Gaîté

75014 Paris

 http://www.theatremontparnasse.com/

Mes lectures

Erik ORSENNA, La chanson de Charles Quint

          Une autobiographie qui ne s’affiche pas. Du narrateur, on ne sait que peu de choses. Il ne se nomme pas et se dépeint essentiellement par sa relation aux autres. A son frère tout d’abord, qui a aimé une femme toute sa vie, alors que lui en a connu des dizaines sans jamais s’arrêter avec une seule. Et puis sa relation avec une femme justement. Celle avec qui il pensait passer le reste de sa vie enfin et emportée si vite par un cancer. Un livre comme un hommage à la femme aimée.

          Avec ce livre, Erik Orsenna entre dans la sphère de l’intime. On le connaît drôle et avide d’instruire, avec ses livres sur la grammaire et l’orthographe par exemple, plus sérieux avec un ouvrage sur le coton, ou imposant avec L’exposition coloniale. Mais jamais on ne l’avait vu ne serait-ce qu’approcher des sujets plus personnels. Un changement d’orientation total et réussi.

          Dès les premières phrases, on retrouve le style léger de l’auteur, si aisément identifiable. La narration est pour le moins surprenante : à la 3° personne, avec un point de vue interne. L’auteur parle de lui-même comme s’il était un personnage qu’il observait de l’extérieur, le ressenti en plus. Etrange et déroutant mais ça donne un style incroyable à ce livre. Pas de long récit détaillé ici. L’auteur semble seulement effleurer les souvenirs, passant de l’un à l’autre sans jamais s’y arrêter vraiment. J’ai trouvé agréable cette manière d’avancer dans l’histoire par petites touches. Cela donne l’impression d’une certaine pudeur dans l’évocation des sentiments qui est touchante. Un très joli texte.

Une carrière, l’idée même de faire une carrière lui ayant toujours semblé le comble de l’appauvrissement personnel, et la curiosité étant, à l’évidence, son unique vocation, il s’était employé à varier les univers à varier ses univers de travail.

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Voilà d’ailleurs comment éduquer ses amis : les habituer à ne jamais s’étonner de vos questions. Et voilà comment il faut s’éduquer soi-même : tout faire pour, néanmoins, continuer d’étonner ses amis.

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La maladie est une présence. La plupart des gens guéris sont des orphelins.