Cinéma

La défense Lincoln, de Brad FURMAN

          Thriller américain de Brad Furman avec Matthew McConaughey, Marisa Tomei, Ryan Philippe.

          Michael Haller est un brillant avocat aux dents longues, prêt à tout pour gagner les procès des petits criminels qu’il défend. Il semble passer son temps à l’arrière de sa Lincoln avec chauffeur, son téléphone rivé à l’oreille. Un jour, une grosse affaire se présente à lui : un riche play-boy est accusé de tentative de meurtre sur une prostituée. Une affaire en apparence facile qui va se révéler dangereuse.

 

          Ce film est l’adaptation d’un célèbre roman de Micheal Connely que je n’ai pas lu mais qu’il faudra quand même que j’ouvre un jour. Les acteurs ne sont pas très connus. L’acteur principal a joué dans un certain nombre de comédies romantiques pour adolescents et était jusque-là apprécié essentiellement pour la perfection de ses abdominaux. Un choix en apparence risqué donc. C’est pourtant un pari réussi. Il est absolument parfait. Le chauffeur est également très bon et on retrouve avec joie Katherine Moening dans un second rôle. Pas de grosse tête d’affiche donc mais un casting qui s’avère d’une rare efficacité.

 

          L’histoire est extrêmement bien ficelée (il faut dire qu’elle n’a pas été écrite par n’importe qui non plus). On se laisse totalement embarquer par cette affaire pour le moins tordue. Un vrai régal. Les images sont belles, c’est dans l’ensemble très bien filmé. Un résultat très propre, un film bien mené, on aimerait avoir affaire à une telle qualité technique plus souvent. Il n’y a rien à redire à ce très bon thriller. Les amateurs du genre apprécieront un film « à l’ancienne », plus basé sur la psychologie des personnages que sur l’action. Le personnage principal est très intéressant, plus méchant que gentil, pas clair du tout comme garçon, plutôt un vrai connard prétentieux qui va se découvrir une conscience un peu malgré lui. J’aime beaucoup ses personnages obscurs, loin de l’image de héros à laquelle nous habituent les films américains. Une belle réussite donc, un film que je vous recommande chaudement.

 

Musique

La Défense Jazz Festival

          Du 18 au 26 juin s’est tenue l’édition 2011 de La Défense Jazz Festival qui propose chaque année des concerts gratuits. Le midi en semaine et en soirée pour la fête de la musique et le week-end de clôture. Cette année, le festival s’est fermé sur Clinton Fearon et Emir Kusturica avec le No Smocking Orchestra le samedi et Keziah Jones suive de Georges Clinton le dimanche. J’y étais.

 

          Nous avons commencé les festivités avec Clinton Fearon, un chanteur de reggae né en 1951 en Jamaïque. Il est connu pour sa participation au groupe The Gladiators. Il nous proposait ici un concert en solo, seulement muni d’une guitare accoustique. Un concert tranquille mais agréable devant un public assez clairsemé.

          Ensuite, Emir Kusturica et son orchestre ont fait leur apparition. Je suis une inconditionnelle du groupe (qui signe les BO de ses films). Leur musique a le don de me mettre de bonne humeur le matin quand rien ne va, impossible d’y résister. Je voulais les voir depuis longtemps et ils tournent peu, j’attendais donc beaucoup de ce concert. J’ai A-DO-RÉ !!! Je regretterais juste le réveil un peu tardif du public (dur à décoincer les costard-cravate) et un concert un peu court. Mais bon, c’était gratuit alors on ne va pas trop raler. Cela mis à part, on en redemande !!! On a fait le plein de bonne humeur pour un moment. Mention spéciale pour la guitare qui tourne et clignote…

          Dimanche, c’est Keziah Jones qui a commencé la soirée. Il est né au Nigéria en 1968. Il s’est inventé un style propre, entre blues, soul et funk. C’est dans le métro parisien qu’il a débuté sa carrière et qu’il a été repéré avant de devenir une star internationale. Le concert était décevant. La musique était certes agréable mais pas un brin d’ambiance, on aurait dit un copain qui jouait de la guitare sur la pelouse sur l’apéro (bon, certes, on était justement en train de boire l’apéro sur la pelouse mais est-ce une raison ?). C’était sympathique mais ça ne cassait pas des briques. Mettons ça sur le compte de la chaleur qui avait endormi le public et espérons revoir l’artiste dans de meileurs conditions. Et soyons futiles 2 minutes : un corps pareil vaut quand même le déplacement.

          Et enfin, le festival s’est achevé sur George Clinton et sa bande (Parliament funkedelic). Né en 1941 en Caroline du Nord, il est considéré comme l’un des pères fondateurs de la funk. Je ne vais pas m’attarder sur sa longue carrière et n’ai qu’une chose à dire : mais comment ai-je pu passer à côté de ça aussi longtemps ?!? Le meilleur concert qu’il m’ait été donné de voir, de loin, de très loin, de très très loin !!! Une musique inclassable, très funk, bien sûr, mais influencée par bien d’autres styles. Et une énergie sur scène incroyable. Une foule déchaînée qui a vécu là un grand moment. Le concert a été long, très long, tellement long que les organisateurs ont coupé le groupe en plein morceau pour notre plus grand désespoir… Les artistes comme le public refusaient de partir. Inoubliable.

           Je n’ai pas trouvé de vidéo récente de sa chanson la plus connue qui soit d’une qualité à peu près potable. Elle a été largement remise au goût du jour depuis mais la voici dans sa version originale.

            Rendez-vous l’année prochaine pour la prochaine édition.

Jeunesse·Mes lectures

Christine FÉRET-FLEURY, La tour du silence

          Au milieu du XVIII° siècle, Madeleine, une jeune fille de quinze ans, est emprisonnée dans une tour sombre pour pratiquer un culte qui n’est pas celui du roi. En effet, elle et ses codétenues sont protestantes. Il va falloir qu’elle choisisse  entre sa religion et la liberté.

          J’avais lu un excellent livre jeunesse sur le sujet (dont j’ai bien sûr totalement oublié le nom) il y a quelques temps. J’avais donc des attentes assez importantes en ouvrant ce livre. Dans l’ensemble, je n’ai pas été déçue. C’est bien écrit, l’histoire est plutôt intéressante, le personnage est attachant. Un livre assez réussi donc. On est dans un roman épistolaire. On ne connaît l’histoire que par les lettres écrites par Madeleine à sa soeur de lait. L’Histoire (avec un grand H) se mêle habilement au questionnement intérieur de la jeune fille.

          Le personnage ne tombe pas dans la caricature. Ses doutes, ses peurs, rendent la lecture intéressante. Le style est soutenu, ce qui est appréciable, bien qu’on puisse se demander si ça colle vraiment avec le langage d’une jeune fille certes instruite mais de milieu très modeste… Passons sur ce détail qui après tout ne dérange nullement la lecture. Un petit livre agréable et intelligent.

 

Sarah, je sais que tu me pardonneras mon silence : il ne m’a pas fallu moins de trois semaines pour sortir de la prostration où j’étais tombée depuis mon incarcération, rassembler mon courage et t’écrire à nouveau.

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Chaque fois que l’une d’entre nous reçoit une lettre, nous la lisons à haute voix, pour que chacune ait sa part de nouvelles du pays. Celles-ci sont meilleures qu’elles ne l’ont été de longtemps. Il semble que la surveillance étroite où l’on tenait les protestants se soit un peu relâchée. Des assemblées ont eu lieu en plein jour, ce qui était inconcevable il y a seulement un an. Est-ce le cas chez nous ?

Club lecture·Mes lectures

Club lecture 7°, juin : Nathacha APPANAH, La noce d’Anna

          Anna se marie, avec un homme bien sous tous rapports. Le jour du mariage, sa mère, Sonia, réfléchit à sa vie. Elle si éprise de liberté, regrette que sa fille soit si sage, si conformiste. Elle aurait voulu la voir faire des folies : partir au bout du monde avec un étranger, se marier pieds nus dans une robe rouge, en un mot, qu’elle échappa aux conventions. 

         Ce livre nous a quelque peu divisés. D’un côté, quelqu’un qui l’a aimé de manière inconditionnelle : écriture, histoire, personnages… De l’autre, ceux qui n’ont que moyennement apprécié (voire pas du tout pour certains il semblerait). Là encore deux raisons  : le personnage principal n’a pas inspiré tout le monde, beaucoup ne l’ont pas apprécié, étant donné que tout le récit tourne autour, cela est forcément gênant. Pour ma part, je me suis assez identifiée à Sonia, un personnage dans lequel je me suis reconnue par bien des aspects. Cependant, je n’ai pas trop accroché avec l’écriture, un peu trop dépouillée, un récit trop intimiste. Ca m’a laissée froide.

          Cette lecture aura eu le mérite d’amener un débat plus général sur les convictions de chacun : qui est conformiste, qui ne l’est pas, le mariage, la vie, tout ça. Dans l’ensemble, même si on n’a pas tous aimé le résultat, on a trouvé l’idée de départ intéressante. Une lecture intéressante donc.

Cinéma

Very bad trip 2, de Todd PHILLIPS

Comédie de Todd Phillips avec Bradley Cooper, Ed Helms, Zach Galifianakis.

          Dans le 1, Stu s’apprêtait à se marier et avait enterré sa vie de garçon à Las Vegas. Une fête qui avait mal tourné et avait entraîné l’annulation de son mariage. Cette fois c’est en Thaïlande qu’il décide de se marier. La veille, il se contentera d’un brunch avec ses amis, ni drogues, ni alcool, c’est plus sûr. Evidemment, tout ne va pas se passer comme prévu…

           L e principe est le même que pour le 1. Mais si le premier épisode fonctionnait plutôt bien, celui-ci tombe totalement à plat. Les situations les plus improbables s’enchaînent, à la fois totalement tirées par les cheveux et prévisibles, ce qui tient tout de même de l’exploit. Côté humour, ce ne sont même plus des gros sabots mais des pattes d’éléphant atteint de phlébite. Je n’ai pas ri une seule fois, tout juste souri, et encore, de dépit.

          Je ne m’attendais certes pas à un grand film mais j’espérais au moins retrouver la fraîcheur du 1°. Résultat, un film sans le moindre intérêt, qui m’a ennuyée au possible. Ne vous déplacez pas.