Mes lectures

Katarina MAZETTI, Le mec de la tombe d’à côté

          Désirée et Benny se rendent régulièrement au cimetière, elle va sur la tombe de son mari, si sobre, et lui, c’est le mec de la tombe d’à côté, trop tape-à-l’oeil, celle de ses parents. Elle est bibliothécaire, citadine, vit dans un appartement tout blanc et très bien rangé, c’est une femme beige, sans éclat, presque transparente. Il est agriculteur, vit dans une vieille ferme décorée avec les travaux d’aiguille de sa mère, pas idiot mais un peu rustre. Tout les oppose, et chacun agace prodigieusement l’autre à venir comme ça prendre la moitié du banc face aux deux tombes, banc qu’ils doivent se partager. Et puis un jour, un sourire va tout changer.

           J’avais vu ce livre il y a très longtemps sur les étals des librairies, et son titre m’avait interpellé. Et puis je ne l’avais pas pris. Quand un livre est trop lu et relu, semble avoir été ouvert par la terre entière, j’ai toujours besoin d’un peu de temps pour oublier tous les avis entendus et réentendus avant de le lire. Et puis, après quelques années à l’avoir laissé reposer, je me suis lancée. Je craignais un peu le côté romantique de la chose, eh bien c’était un tort.

          Ce livre se lit tout seul. C’est léger, c’est frais, c’est drôle. On alterne les chapitres du point de vue de Désirée et ceux vus par Benny, ce qui donne à la construction un certain dynamisme. Les personnages sont un brin caricaturaux mais suffisamment attachants pour que ça ne gêne pas vraiment la lecture. L’écriture n’est pas exceptionnelle mais alerte et agréable. Rien de transcendant dans ce petit livre, et pourtant, on se laisse prendre au jeu. Je l’ai littéralement dévoré. Je n’avais qu’une envie, connaître la suite, que je me suis donc empressée d’acheter. Une lecture très agréable et sans prétentions que je vous recommande.

Impossible de décrire ce sourire-là sans plonger dans le monde merveilleux des vieux standards de bal-musette.

Dedans, il y avait du soleil, des fraises des bois, des reflets sur un lac de montagne […]. Il s’est écoulé trois heures, ou trois secondes.

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J’étais tombé amoureux d’elle.

Ce n’était pas exactement un déclic. Plutôt comme quand je touche la clôture électrique sans faire gaffe.

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J’aime le simple, le minimal

les formes strictes, les couleurs discrètes

Un pré fleuri en été

me parâit toujours affligeant.

Musique

Kustuuuuu !!!

          Que faire ce week-end ? Aller enfin voir l’expo Manet ? Aller courir dans le bois de Boulogne ? Aller voir Une séparation au cinéma ? Profiter du soleil pour pique-niquer entre amis ? Peut-être… Surement aussi aller faire un tour à la Gaypride samedi, qui part de Montparnasse à 14h. Et surtout, surtout, aller écouter Emir Kusturica et le No smoking orchestra, à 20h samedi sous la grande arche de la Défense dans un concert gratuit offert dans le cadre de La défense festival jazz.

          A défaut de place pour les Solidays, j’espère enfin pouvoir voir le fameux groupe balte ! Le groupe a compose les musiques des films du grand réalisateur depuis 25 ans, un mélange de musique balte traditionnelle et de rock garage, absolument irrésistible, rien de tel contre la morosité matinale. Ils font ensemble des tournées dans toute l’Europe dès que leur bassiste (Kusturica donc) a un peu de temps entre deux tournages. Autant dire qu’ils ne sont pas faciles à attraper ! Les voir en concert gratuit, c’est Noël avant l’heure !!! Et dimanche, ce sera Kesiah Jones qui sera au programme. Profitez-en ! Au passage, pour ceux qui auraient autre chose de prévu samedi, je vous conseille grandement le cinéma totalement fou et très poétique d’Emir Kusturica, notamment Le temps des gitans ou La vie est un miracle. Un documentaire existe aussi sur son aventure avec le groupe, Super 8 stories.

2) Quelle est la voie de Paris la plus étroite ?

La voie de Paris la moins longue est le passage de la Duée (20°), long de 85 mètres et large seulement de 90 centimètres.

Bars, restaurants

Jean-Luc Rabanel, L’atelier

          J’avais déjà fait l’année dernière un article sur le fameux 2 étoiles de Jean-Luc Rabanel. Une cuisine que j’avais trouvée absolument géniale, élaborée à partir des produits du marché avec une rare inventivité. Comme l’article date un peu, je me permets de remettre ça, avec une petite mise à jour au passage.

          Le décor a un peu changé depuis l’année dernière, un salon zen dans les tons de gris est apparu, où l’on prend l’apéritif en écoutant le bruit de la fontaine (dont on se serait bien passé vu le déluge auquel on a eu droit…). Si l’ensemble est élégant, je l’ai aussi trouvé un peu oppressant. Tout ce gris et ce calme m’angoissent. Je n’ai pas trouvé que ça apportait grand chose, en tout cas pas du côté de la cuisine. Un pas de plus franchi vers le luxe, ce qui va sans aucun doute enchanter les inspecteurs Michelin qui reprochaient à Rabanel sa simplicité. Moi ça m’a laissée de glace.

          Fort heureusement, la salle principale a gardé son décor simple et chaleureux, rouge et noir, sans nappes ni argenterie. La cuisine non plus n’a pas changé. C’est toujours aussi bon ! C’est inventif, c’est coloré, c’est goûteux : on en redemande. Le seul bémol, dans le petit un seul dessert aux proportions réduites qui nous laisse un peu sur notre faim (même si au fond, de faim on n’a plus tellement et que c’est surtout affaire de gourmandise). Tout s’enchaîne très vite, aucune attente entre les plats. L’accord mets et vins est un peu difficile à suivre côté boisson mais les choix du sommelier sont aussi bons que surprenants. Le service est très aimable et disponible.

          Dans l’ensemble, un petit moins par rapport à l’année dernière. Si la qualité de la cuisine est toujours au rendez-vous, les prix ont sérieusement augmenté. Toutefois, ça reste une table qui vaut le déplacement. Espérons simplement que Jean-Luc Rabanel ne perdra pas son identité dans une possible course à la 3° étoile.

Restaurant L’Atelier

7 rue des Carmes

13200 Arles

http://www.rabanel.com/

 

Mes lectures

Jean-Philippe TOUSSAINT, La vérité sur Marie

          Cela fait plusieurs mois déjà que le narrateur ne vit plus avec Marie. Un soir celle-ci l’appelle, suite à un accident. Ces circonstances dramatiques vont le plonger dans ses souvenirs et faire surgir le manque. Aimerait-il toujours Marie ?

          Une histoire assez difficile à résumer. On plonge tour à tour dans les sensations présentes du narrateur et dans ses souvenirs. Son histoire d’amour avec Marie est au centre du récit, et pourtant, ce roman est bien plus que cela : c’est à la fois banal par le sujet choisi et singulier par le traitement. L’écriture est magnifique. Ce n’est jamais larmoyant, jamais mielleux, jamais convenu. Un véritable tour de force. Pourtant ce livre n’impressionne pas, pas de tours de manches ici, on reste dans une relative simplicité.

          Je me méfie assez des histoires d’amour mais celle-ci est magistralement traitée. Je me suis par moments un peu ennuyée dans cette plongée dans les souvenirs qui m’a semblé traîner un peu en longueur. Cependant, la dernière partie fait largement oublier ce petit passage à vide. C’est simple et beau. Ce n’est pas exactement le genre de littérature qui me touche,  pourtant j’ai beaucoup aimé ce livre, qui l’air de rien, sort largement du lot. C’est un très bon roman que signe ici Jean-Philippe Toussaint. L’auteur francophone le plus vendu au Japon mérite qu’on s’y intéresse.

Pourquoi arrivait-il à chaque fois un moment, quand nous étions ensemble, où, tout à coup, toujours, très vite, elle me détestait passionnément.

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Parfois, à partir d’un simple détail que Marie m’avait confié, qui lui avait échappé ou que j’avais surpris, je me laissais aller à échafauder des développements complets, déformant à l’occasion les faits, les transformant ou les exagérant, voire les dramatisant.

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Je connaissais tous les silences de la maison, ses craquements nocturnes, les brusques reprises du réfrigérateur pendant la nuit, que suivait un dégradé de hoquets exténués, qui annonçait le retour apaisé d’un ronronnement plus régulier dans le sombre silence de la maison endormie dans l’obscurité.

Club lecture

Club lecture de juin

          Je vous rappelle que notre club lecture se tiendra la semaine prochaine, le lundi 27 juin à 19h, au Café Livre, 10 rue Saint-Martin dans le 4° arrondissement.

          Nous nous retrouverons autour de La noce d’Anna, de Natacha Appanah. « Pendant la noce d’Anna, sa mère se souvient. De la jeune femme qu’elle a été, si différente de sa fille, de ses dix-huit ans, de sa liaison, brève et passionnée, avec Matthew rencontré à Londres, de son retour à Paris, seule et enceinte. Au fil de cette journée les souvenirs resurgissent accompagnés de regrets, d’espoirs et d’envies ; parce qu’elle en a encore, des envies, cette femme célibataire qui marie sa fille… « 

          N’hésitez pas à vous joindre à nous ou à nous faire part de vos impressions de lecture via le blog. Bonne lecture à tous.