Mes lectures

Julien GRACQ, La presqu’île

          Trois nouvelles assez longues et très différentes. La route est la longue description tout en poésie de l’histoire d’une route abandonnée, comment elle s’intègre au paysage, qui la remarque encore. La presqu’île nous fait vivre l’attente d’un homme que la femme qu’il aime vient rejoindre dans le village breton où il a passé ses vacances étant enfant. Le roi Cophétua est l’histoire étrange d’une rencontre entre un homme et la domestique d’un de ses amis, un soir de tempête. Trois récits hors du temps.

           J’avais était éblouie par la beauté d’Un balcon en forêt,  un texte qui pour moi frôle la perfection. J’abordais donc ce texte dans d’excellentes dispositions. J’attendais cette lecture avec impatience. Malheureusement, le miracle ne s’est pas reproduit. L’écriture est belle mais je n’ai pas réussi à me faire à son rythme particulier. La route est un beau texte mais dans lequel on ne trouve que peu de choses auxquelles s’accrocher. Un joli moment de poésie, trop vite oublié. La presqu’île est axé sur le souvenir, sur ce qu’est le désir aussi. Un sujet intéressant et bien traité. Malheureusement ça traîne un peu en longueur. Je me suis vite lassée des vagabondages de cet homme qui attend. Finalement, à peine 10 jours après la fin de ma lecture, j’avais déjà oublié de quoi il retournait. Le roi Cophétua est sans doute des trois la nouvelle que j’ai préférée. Une ambiance très chargée, oppressante et une histoire si ténue qu’elle en paraît fantastique. Un très joli texte. Dans l’ensemble un livre qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.

Des pays qu’elle travrsait, il me reste une image flottante, pareille à celle que pourrait laisser, plutôt qu’une terre ferme, avec tout ce que le mot implique de précis, de mesurable et de délimité, le souvenir par exemple d’un ciel de nuages.

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Peu lui importait de déjeuner mal pourvu qu’il déjeunât devant les arbres d’un parc.

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Nul ne venait. une fois de plus, je me levai de mon fauteuil et je tendis l’oreille ; aucun bruit ne parvenait des fonds de la maison que parfois la chute tintante et claire d’une ardoise.

Cinéma

Détective Dee : Le mystère de la flamme fantôme, de Tsui HARK

Film d’action chinois de Tsui Hark avec Andy Lau, Bingbing Li, Tony Leung Ka Fai.

          En Chine, en 690, Wu Ze Tian s’apprête à devenir la première (et unique) impératrice chinoise, mais des morts mystérieuses menacent son accession au trône. Afin d’élucider ces crimes, elle fait libérer le juge Ti, qu’elle avait elle-même envoyé en prison car il s’opposait à son règne.

          Derrière ce film, une part de vérité historique. L’impératrice Wu Ze Tian et le détective Dee (de son vrai nom Di Renjie) ont réellement existé, même si ici leur histoire est très largement détournée.

          Je m’attendais en allant voir ce film à un bon vieux film d’arts martiaux très stylisé à la Tigre et dragon. Que nenni ! Il y a un peu ça, mais pas seulement : des combats assez bien chorégraphiés, en effet, mais aussi une enquête complexe et des éléments de science-fiction (des gens qui brûlent de l’intérieur à cause de cloportes aussi rares que dangereux). Et puis beaucoup, beaucoup, beaucoup d’effets spéciaux et d’images de synthèse. Qu’on se le dise : trop d’image de synthèse tue l’image de synthèse. Lors des reconstitutions de la ville (qui pourraient être assez impressionnante cela dit) on se croirait dans un jeu vidéo. De plus, cela était-il dû au film ou à l’écran, je ne sais, mais j’en ai vu une version numérique où je pouvais sans peine compter les pixels depuis mon siège. Côté technique, des choses à revoir donc.

          L’histoire, trop complexe, est parfois un peu dure à suivre, sans pour autant en devenir plus intéressante. Le côté merveilleux, avec ses cloportes qui prennent feu et ses cerfs qui parlent m’a un peu gênée (pour ne pas dire beaucoup). Certes, les films d’arts martiaux ne sont jamais un comble de réalisme mais bon, trop d’impossible finit par laisser perplexe. Les combats sont plutôt réussis et les costumes époustouflants. De beaux efforts de mise en scène et d’esthétisme dans l’ensemble.

          Je n’ai pas franchement aimé ce film. Pourtant, malgré des défauts a priori rédibitoires (mauvais effets spéciaux entre autres) je n’irai pas jusqu’à dire qu’il est mauvais. Un film unique en son genre, espèce de version chinoise des navets américains avec Nicolas Cage. Je pense qu’un minimum de la culture chinoise doit être indispensable à sa bonne compréhension. Le film est bien construit et je suppose qu’il se base sur des mythes chinois dont je n’ai jamais entendu parler (ma connaissance de la culture chinoise est très vague il faut dire) et qui m’ont rendu le tout très obscur. Je mettrai donc une grande part de mon scepticisme sur le compte de mon ignorance. Un projet très ambitieux qui n’est à mon sens que très moyennement réussi mais qui a au moins le mérite de nous surprendre.

 

Mes lectures

Pénélope BAGIEU, Ma vie est tout à fait fascinante

          Pénélope Bagieu croque ici des scènes cocasses de la vie quotidienne. Une BD largement auto-biographique. Les dessins comme les textes sont plein d’humour. Chacune (et chacun ?) s’y retrouve forcément un peu. Cependant, son univers est très féminin. Pour ma part, je me fiche totalement des talons vernis, des sacs à main en peau de léopard retournée, ou je ne sais quelles autres bizarreries typiquement féminines.

          Une bande-dessinée très sympathique et plutôt drôle qui plaira aux « vraies filles ». Je me retrouve assez peu dans la partie la plus intime de ces croquis, n’étant pas très portée mode et maquillage (non, ça ne veut pas dire que je mets le même vieux jean tous les jours, simplement que je ne ressens pas le besoin de m’étendre sur le choix de mes chaussettes le matin). J’ai beaucoup plus accroché avec la partie un peu plus « critique » sur la société. Dans l’ensemble j’ai aimé ce petit livre, idéal pour retrouver le sourire après une journée morose.

Cuisine

Criollo chocolatier, Toulouse

          Aujourd’hui, changeons un peu, et parlons chocolat ! Chocolat toulousain en particulier. La maison Criollo propose d’excellentes ganaches à base de chocolat noir (vous trouverez chez eux très peu de chocolats au lait et aucun chocolat blanc). Ganaches aux fruits : clémentine, framboise, banane, citron… aux épices : poivre, menthe, gingembre… aux fleurs : rose, violette… ou les plus classique caramels et pralinés. Une large sélection et une carte qui est en partie renouvellée deux fois par an. Quand on les a goûtés, impossible de s’en passer !

          Les chocolats sont fabriqués en région toulousaine et il est possible de visiter la chocolaterie. Pour Pâques, vous trouverez dans cette petite boutique de magnifiques oeufs et autres figures traditionnelles, le reste de l’année, de très belles boîtes permettent de faire des cadeaux gourmands. Comme chez tous les artisans chocolatiers, les tarifs sont assez élevés mais ça en vaut vraiment la peine. Sans doute les meilleurs chocolats que ‘aie goûtés à ce jour.

12 Rue Rempart Matabiau
31000 Toulouse

Mes lectures

Jean-Claude IZZO, Vivre fatigue

          Un court recueil de nouvelles. Jean-Claude Izzo est marseillais, il croque ici des instants de vie dans les quartiers populaires. Racisme, amour déçu, autant de tragédies pour les héros de ces textes.

          Le style est un peu âpre. Les phrases simples, le verbe cru, comme les scènes qu’ils décrivent. Les histoires sont celles de la vie quotidienne. Jean-Claude Izzo nous décrit avec talent la vie du port et de ses habitants, sans en ajouter des tonnes. Le titre résume très bien l’esprit du texte, emprunt d’une certaine langueur. J’ai apprécié cette simplicité si efficace et ses histoires si proches de nous. Sans être exceptionnel, un livre agréable, indémodable. J’ai particulièrement aimé la nouvelle qui a prêté son nom au recueil.

Ils avaient parlé, et elle avait bu. Les marins parlent facilement. De leurs voyages. De la mer. Théo parla de la vie. De lui. Il naviguait contre la mort. Il avait raconté beaucoup de choses, mais elle avait retenu ça. Elle avait levé les yeux vers Théo. Son regard était posé sur elle. Un regard absent. Elle s’était reconnue dans ce regard.