Cinéma

Ma part du gâteau, de Cédric KLAPISCH

          Comédie dramatique de Cédric Kaplisch avec Gilles Lellouche, Karin Viard, Audrey Lamy.

          France est ouvrière à Dunkerque. Quand son usine ferme, elle décide de devenir femme de ménage à Paris. Elle trouvera un emploi chez Steve, trader, qui gagne donc sa vie sur le dos des usines qui ferment. Chacun va se trouver confronté à un univers qu’il ignore et changer peu à peu.

          L’idée était certes un peu déjà vue, un peu dégoulinente de bons sentiments aussi mais pas foncièrement mauvaise. Le film lui par contre, l’est (foncièrement mauvais s’entend). Les 20 premières minutes sont un supplice : les clichés s’enchaînent à un rythme d’enfer, les dialogues sont d’une platitude sans nom, on atteint des sommets de nullité. Ensuite, ça s’arrange un peu. On s’habituerait presque aux personnages et même si le tout reste maladroit, on se surprend même à sourire par moments. Et puis la fin arrive. Et là… là ! eh bien on reste sans voix devant tant de médiocrité ! On retombe une fois de plus dans les clichés (gentils ouvrier/méchant trader) et l’histoire prend un tour des plus improbables avant de finir en queue de poisson. Les cahiers du cinéma l’ont dit avec justesse : « D’un réalisateur qui veut nous faire partager sa conscience de gauche, nous ne voyons que l’inconsciente gaucherie de son écriture. ». A éviter absolument.

Mes lectures

Jack LONDON, L’amour de la vie

          Un recueil de nouvelles qui ont pour personnage principal le Grand Nord. Dans la lignée de Croc Blanc, des histoires de grands espaces, du froid et de la souffrance. Un homme qui marche pendant des jours dans l’immensité de l’Alaska, sans manger ; un village d’indien qui fuie ; un loup qu’on domestique ; autant d’aperçus de la vie dans ces contrées sauvages.

          Je suis une inconditionnelle de Jack London. Un style brut que j’apprécie. Une biographie à faire pâlir d’envie les plus grands explorateurs. Un homme simple avec un esprit d’aventure incroyable, qui en 40 ans semble avoir vécu plusieurs vies, un écorché vif qui entre rudes travaux manuels et mondanités d’écrivain a bien du mal à trouver sa place.

          Ce livre est une vraie bouffée d’air frais. Des nouvelles qui nous montrent la vie dans ce qu’elle a de plus simple et de plus dur. Dans une société à la recherche de plaisir facile, London vante les marches interminables dans un froid polaire, la souffrance liée aux milieux arides. Le bonheur n’est peut-être pas où on le croit, les conditions extrêmes nous confrontent à nous-même, nous apprennent à nous connaître et nous font parfois découvrir, au fond de la souffrance, des ressources insoupçonnées : un amour de la vie qu’on ne peut rencontrer qu’en approchant la mort.

L’homme jura et jeta le fusil loin de lui ; il gémit tout haut tandis qu’il essayait de se mettre sur ses pieds. C’était une tâche difficile et lente ; ses jointures étaient comme des choses rouillées, travaillaient mal dans leurs alvéoles et avec beaucoup de frottement : chaque flexion, chaque raidissement ne pouvait ne pouvait s’accomplir que grâce à un effort de volonté. Une fois sur ses pieds, il lui fallut une autre minute ou deux pour se mettre droit.

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Du travail sans fin, et la famine, et la gelée, et toutes les autres misères : c’est ce qu’il aura en venant avec moi. Mais il aime cela.

Mes lectures

Laurent MAUVIGNIER, Ce que j’appelle oubli

          Ce court texte de 60 pages, sans points, s’inspire d’un fait divers : à Lyon en 2009, quatre vigiles ont tabassé à mort un homme pour le vol d’une bière.

          Ce texte est très surprenant. Je ne suis pas une inconditionnelle de l’écriture un peu âpre de Laurent Mauvignier, ni d’une manière générale des récits aussi intimistes. Je ne dirais donc pas que ce texte m’a particulièrement touchée. En revanche, on ne peut que remarquer son incroyable force. Ce texte se lit dans un souffle, sans arrêts ni pauses (d’où l’intérêt de l’absence de points), on commence à manquer d’air en même temps que le personnage qui agonise sous les coups.

          Laurent Mauvignier fait partie des grands auteurs d’aujourd’hui, des voix qui comptent. Il a un style très marqué, sans pour autant tomber dans la facilité d’un roman à l’autre. Si je ne suis pas particulièrement friande de ses textes, je trouve cependant qu’ils sont particulièrement intéressants dans leur construction et dans le travail de l’écriture. Un auteur qui ne me touche pas tellement mais que je pense quand même incontournable, un auteur dont j’admire l’indépendance dans le paysage littéraire actuel et que je compte suivre. Si vous ne le connaissez pas (et si vous le connaissez aussi d’ailleurs), je vous recommande la lecture de ce texte.

– peut-être ont-ils demandé si ça allait ? – est-ce que le plus vieux s’est penché vers lui pour le secouer ? et sa peau toute blanche, est-ce qu’elle a rougi un peu avant de demander, tu vas répondre, dis, ça va ? réponds et soudain l’image de la mort s’est collée sur la rétine de ses yeux verts et sur les deux autres, ceux que la lâcheté a fait reculer d’un pas

          Le 24 mars dernier, une journée d’étude consacrée à Laurent Mauvignier a été organisée par l’université de Toulouse le Mirail. Différents intervenants ont parlé de ses textes et c’était fort intéressant. Notamment parce que c’était très accessible au grand public : point jargonneux et dirigé par des gens que l’on sent passionnés. L’ambiance détendue et bonne enfant, trop rare dans les rencontres de recherche universitaires était des plus agréable. En fin de journée, l’auteur est venu lire son texte. Une performance exceptionnelle, qui vallait vraiment le déplacement et mettait en avant toute sa force. un grand moment.

Club lecture

Club lecture avril

          Au mois d’avril nous lirons un roman policier : Les chiens de Riga, d’Henning MANKELL. L’inspecteur Wallander est amené à enquêter sur le meurtre d’un de ses amis en Lettonie. Il semblerait que l’exécution ait étée avant tout politique et l’inspecteur va se retrouver piégé dans une situation qui le dépasse, où chacun essaiera de le manipuler.

          Ce roman est un des moins connus de Mankell, cependant, il a le bon goût d’être le plus court, ce qui convient parfaitement aux exigences de notre club-lecture. Nous nous réunirons pour en parler le 19 avril à 20h, toujours au Café livres. Bonne lecture à tous.

Divers

Grand nettoyage de printemps

          Comme vous pouvez le constater, le blog a quelque peu changé de tête. Que pensez-vous de la nouvelle présentation ? Vous trouvez ça mieux ? moins bien ? Vous avez des suggestions de changement ? pour ma part je changerais bien la police mais c’est malheureusement impossible sous WordPress lorqu’on ne sait pas coder. J’attends avec impatience vos commentaires.