Bon, je sais, ces deux films sont sans le moindre rapport. Mais tous deux sont des films d’action, je suis en retard pour les deux chroniques, aucun ne m’a réellement convaincue et surtout ils représentent deux parfaits opposés. J’en ai donc profité pour les réunir.
Film de science-fiction américain de Robert Schwentke avec Shailene Woodley, Theo James, Jeff Daniels
Tris et Quatre doivent fuir et franchir le mur encerclant Chicago. Pour la première fois, ils quittent la seule ville et famille qu’ils aient connues. Au-delà du mur se trouve un monde hostile qu’ils vont devoir affronter.
Je n’ai pas lu les romans qui ont inspiré les films même si j’en avais entendu dire plutôt du bien. J’ai vu le premier film à la télé et j’avoue avoir été mitigée. Le personnage principal m’a été assez antipathique. Pourtant, ce gros manque de charisme mis à part, il y a quelques bonnes idées dans la construction de l’histoire. Quand on m’a proposé d’aller voir le 3, je n’avais pas vu le 2 et les retours que j’avais eu sur ce dernier volet étaient assez catastrophiques, j’ai tout de même suivi le mouvement. Bizarrement, je n’ai pas trouvé ça si atroce. Même en ayant raté le 2 (vu juste après – logique quand tu nous tiens^^) je n’ai pas eu trop de mal à suivre. Les personnages sont toujours aussi peu convaincants mais cette faiblesse est rattrapée par un côté très grand spectacle. L’utilisation des effets spéciaux à outrance va bon train et si je comprends les reproches qu’on a pu faire à ce film qui n’y va pas de main morte sur le stéréotype, je ne me suis pas ennuyée. Un film somme toute assez insipide (et prévisible) mais qui offre un divertissement plutôt efficace.
Film d’action taïwanais de Hsiao-Hsien Hou avec Shu Qi, Chang Chen, Yun Zhou
Chine, IX siècle. Nie Yinniang revient dans sa famille après de longues années d’exil. Son éducation a été confiée à une nonne qui l’a initiée dans le plus grand secret aux arts martiaux. Véritable justicière, sa mission est d’éliminer les tyrans.
A l’inverse du film pour ado prévisible, fade et bourré d’effets spéciaux, un autre film d’action à la lenteur hypnotique, hyper esthétisant. Même leur origine géographique les oppose. Quand je suis allée voir ce film, j’avais en tête Tigres et dragons, que j’avais adoré. Et bien… il n’y a à peu près aucune comparaison possible (à part l’aspect film d’action esthétique). Je ne saurais trop que dire de ce film que j’ai trouvé très beau mais d’un ennui mortel. J’ai d’ailleurs fini par m’endormir, sieste qui a duré une bonne moitié du film je pense. Etrangement, je n’ai pas eu l’impression d’avoir raté grand chose et à mon réveil j’ai trouvé ça ni plus ni moins compréhensible qu’avant. J’ai eu le plus grand mal à distinguer les différents personnages féminins que je n’ai cessé de confondre. J’ai trouvé qu’il y avait un grand manque de clarté de ce côté-là. Du point de vue de l’action, c’est mollasson, ça manque autant de rythme que de suspens. Un film que j’ai eu du mal à suivre et qui a mes yeux manque de relief mais dont l’esthétique, il faut bien l’admettre, frôle la perfection.
Bien que j’en aie souvent entendu parler, je n’étais jamais allée à la Géode. De l’extérieur, je trouve ce dôme chromé où se reflète le ciel assez impressionnant. Après avoir longtemps tergiversé (oui, c’est loin La Villette, pas toujours très facile d’accès et surtout pas dans mes habitudes) j’ai fini par y aller parce que j’avais une place qui allait se périmer. Au programme un film de 45 min sur l’Arctique. Ca tombe bien, les ours blancs et les pingouins j’adore ça ! La salle est aussi impressionnante de l’intérieur que de l’extérieur. Voire même plus. La volée de marches est assez spectaculaires et plutôt compliquée avec des béquilles (bien sûr personne n’a songé à me dire à la caisse ou à l’entrée qu’il y avait un ascenseur…). L’écran a perte de vue est une expérience assez déroutante. Alors, la Géode, c’est aussi bien qu’on le dit ?
Franchement, j’ai été déçue. L’écran hémisphérique – parmi les plus grands du monde – est constitué d’un grand nombre de rectangles dont j’ai eu le plus grand mal à faire abstraction au cours du visionnage. J’ai également eu un peu de mal – et c’est plus gênant – avec le principe même de l’écran 360. Je pensais que ça allait être génial, immersif, tout ça, finalement ça m’a surtout donné la nausée et un joli mal de crâne. J’ai eu le plus grand mal à savoir où il fallait regarder et j’ai eu la désagréable impression que mon cerveau n’arrivait pas du tout à traiter toutes les informations qu’il recevait à la fois. Quant à l’horizon courbe inversé (question de perspective bizarre due à la forme de l’écran), il m’a perturbée pendant tout le visionnage.
Et le film ? Là non plus, pas de gros coup de cœur. Il y avait de belles images et nounours tout mignons mais ça ne dépassait pas ce stade là. On voit essentiellement les mères défendant leurs petits et quasiment pas la chasse ou la reproduction (il ne faudrait pas risquer de choquer quand même) et il n’y a à peu près aucun message écologique – ni aucun message tout court d’ailleurs – alors que ça s’y prêtait grandement. Grosse déception de ce côté-là même si j’ai trouvé ce petit documentaire agréable à regarder. Il m’a en revanche donné l’impression d’être un peu daté. Bien que ne datant que de 2012, il m’a paru un peu vieillot dans la manière de filmer et de raconter. Il n’était par ailleurs pas particulièrement adapté aux spécificités de l’écran.
Si je suis contente d’être enfin allée à la Géode, vous l’aurez compris, je n’ai pas été emballée. Nous n’avons pas vu un film en 3D, qui sont sans doute beaucoup plus impressionnants mais que mon crâne aurait sans doute encore moins bien supporté. Pas trop de regrets de ce côté-là donc. Nous avions eu des places à tarif réduit mais sinon c’est très cher pour ce que c’est. Quand à l’accessibilité de la Villette, elle reste très relative même si la Géode est assez bien située par rapport au métro. Le contenu m’a semblé bien plus adapté aux enfants qu’aux adultes, d’ailleurs ils étaient nombreux dans la salle. Si l’expérience mérite d’être tentée au moins une fois, je ne compte pas vraiment la renouvelée. Une petite déception pour cet écran qui mériterai sans doute un contenu un peu plus actuel.
La Géode
Parc de la Villette
26 avenue Corentin Cariou
75019 Paris
Hollywood, la Guerre Froide bat son plein. Alors qu’il est au sommet de son art, le scénariste Dalton Trumbo est accusé d’être communiste. Avec d’autres artistes, il devient très vite infréquentable, puis est emprisonné et placé sur la Liste Noire : il lui est désormais impossible de travailler. Grâce à son talent et au soutien inconditionnel de sa famille, Il va contourner cette interdiction. En menant dans l’ombre un long combat vers sa réhabilitation, il forgera sa légende.
Biopic américain de Jay Roach avec Bryan Cranston, Diane Lane et Helen Mirren
J’avais entendu dire du bien de ce film, sans savoir au juste de quoi il retournait. L’histoire d’un scénariste hollywoodien des années 50 (enfin, à vue de nez, je n’étais pas bien sure de l’époque), ça me tentait forcément. Je n’en savais pas plus et je m’attendais à un film divertissant. J’y allais sans grande conviction quoi. Eh bien je me trompais. Bon, j’avais tout bon sur le pitch de base mais c’est loin de se résumer à ça. Certes c’est l’histoire d’un scénariste ultra célèbre dans le milieu à l’époque mais ce qui est passionnant c’est le fond historique et politique avec la grande chasse au communiste très à la mode aux Etats-Unis en ces temps-là. Je ne connaissais pas cette histoire des 10 scénaristes emprisonnés pour leurs idées « communistes ». Il faut dire que mes connaissances en histoire sont pour le moins limitées et j’ai vraiment trouvé le contexte passionnant.
Pour la peine on s’éloigne un peu du film léger. Ca grouille de références, pour notre plus grand plaisir. Je suis très loin d’être une experte en cinéma « classique » mais il se trouve que parmi les œuvres les plus célèbres de Dalton Trumbo durant sa mauvaise passe, se trouvent Vacances romaines – vu il y a peu et que j’ai franchement adoré – et Spartacus qui est quelque chose comme un de mes films préférés de tous les temps (à tel point que je crains de le revoir, de peur que mon amour des péplums ait sérieusement baissé depuis le dernier visionnage, mais peut-on vraiment sa lasser de Kurk Douglas en tenue de gladiateur ?). Cette découverte a été une très bonne surprise. Je ne regarde jamais le nom du scénariste quand je vais voir un film et ça m’a donné envie de m’intéresser à leur travail de beaucoup plus près et de voir ce que Dalton Trumbo avait écrit d’autre comme films.
J’ai tout trouvé impeccable dans ce film qui est très bien écrit et s’avère vite extrêmement prenant. C’est très rythmé et bien qu’il soit assez long on ne s’ennuie pas une seconde. Visuellement, c’est réussi également, bien que relativement classique. Le casting quant à lui est impeccable avec entre autres le génial Bryan Cranston. J’ai aimé apprendre des choses devant ce film et découvrir ce personnage à la fois très charismatique et pas toujours très sympathique, même si j’aurais peut-être préféré un côté plus engagé. J’apprécie beaucoup quand un film – ou un livre – me donne envie d’en apprendre plus sur le contexte ou de voir ou lire des choses qui s’y rapportent pour prolonger l’histoire ou apporter un complément. C’est le cas ici. J’ai à la fois eu envie de voir les autres films écrits par ce scénariste et de m’intéresser de plus près à ce métier. La biographie dont a été tirée le film me fait également de l’œil. Un film très riche qui a été une excellente surprise : à la fois instructif et divertissant du grand cinéma.
Des films sur la condition de la femme : c’est à un gros morceau que je m’attaque aujourd’hui. Bien sûr, ils sont légion, mais il se trouve que j’en ai vu pas mal ces derniers mois, c’est eux que je voulais mettre à l’honneur. Certains ont été vu il y a maintenant un certain temps mais j’attendais un peu pour vous en parler (vous voyez, finalement je m’habitue aux articles groupés). Ils ne sont donc plus en salle depuis plus ou moins longtemps mais vous pouvez bien sûr pour la plupart les retrouver un DVD – et pour les autres ça ne saurait tarder. Voici donc 8 films très différents, venus du monde entier, mais qui ont en commun de porter à l’écran des femmes fortes avec qui la vie n’a pas toujours été tendre.
A 14 ans, Hirut est kidnappée sur le chemin de l’école. Une tradition contre laquelle elle se révolte en tuant son agresseur pour s’enfuir. Une jeune avocate qui milite pour le droit des femmes va la soutenir face aux accusations de meurtre qui pèsent contre elle.
Si le résumé de ce film me plaisait bien, je n’en attendais pas grand chose pour autant. Pourtant, ç’a été un de mes gros coups de cœur de 2015. La réalisation est classique. On a parfois l’impression d’être assez proche du documentaire. Mais l’histoire est incroyablement forte et le casting extrêmement convaincant. Difret c’est l’histoire d’une adolescente qui a osé se révolter contre l’ordre établi, contre la culture ancestrale de l’enlèvement et du viol, et surtout, l’histoire de la première éthiopienne a avoir gagné ce combat contre les traditions, contribuant à faire évoluer les lois et les mentalités. Difret veut dire « courage ». Un film magnifique sur une jeune femme au courage immense, appuyée par une avocate décidée à défendre ses droits. Une volonté qui force le respect et de grands moments d’émotion. On ressort un peu abasourdi à l’idée que ces traditions perdurent aujourd’hui encore. En effet, cette histoire a réellement eu lieu en Ethiopie il y a à peine 20 ans ! Ce petit film en partie produit par Angelina Jolie, très engagée en Ethiopie, aurait mérité une mise en scène moins banale pour attirer un plus large public mais son histoire à elle seule mérite amplement le déplacement.
Film indien de Neeraj Ghaywan avec Richa Chadda, Vicky Kaushal, Sanjay Mishra
Le père de Devi est en prise avec la corruption depuis que sa fille a été surprise avec un homme, qui s’est ensuite suicidé. Deepak lui, aime une femme qui n’est pas de sa caste. A Bénarès, ville sacrée au bord de Gange, il ne fait pas bon vivre en dehors de la tradition.
J’avais entendu dire le plus grand bien de ce film et j’ai été heureuse d’avoir l’occasion de le voir au cinéma. J’en attendais surement un trop car bien que j’aie aimé ce film, j’ai été un peu déçue. Toutefois, il est loin d’être sans qualités. Le film est très sobre dans sa réalisation et je l’ai trouvé un peu lent par moments. Le point de départ est intéressant, avec une histoire forte, c’est dommage qu’une autre histoire qui n’a pas vraiment de rapport vienne se greffer à la première, ça n’aide pas à rendre le propos très clair et ça donne un résultat qui a tendance à être brouillon. On a l’impression que le réalisateur a voulu trop en dire et n’a pas su choisir. Cependant, le film reste intéressant sur la place de la femme en Inde mais aussi sur les coutumes ancestrales ou les problèmes de corruption. On en ressort avec la nette impression qu’il ne fait pas bon être une femme ! Les relations entre cette jeune fille et son père sont touchantes. Malgré tout, ça manque un peu d’émotion. Un film brouillon sur un sujet intéressant, le résultat est un peu lisse mais tout de même attachant.
Film italo-albanais de Laura Bispuri avec Alba Rohrwacher, Flonja Kodheli, Lars Eidinger
En Albanie, pour ne pas vivre sous la tutelle masculine, Hana se plie à une tradition ancestrale : elle fait le serment de rester vierge et de vivre comme un homme afin d’acquérir son indépendance.
Voici sans doute l’histoire la plus originale de cette sélection. En effet, j’ignorais totalement qu’en Albanie, une femme qui ne souhaitait pas se marier pouvait « devenir » un homme – en cachant sa féminité et en adoptant un comportement et un prénom masculins – à condition de faire le serment de rester vierge. Je dois avouer que j’ai trouvé ça assez fou (ça m’avait fait le même effet quand j’avais découvert le mariage temporaire en Iran dans Noces éphémères). C’est quand cette jeune femme décide de quitter ses montagnes pour aller en ville chez sa sœur en Italie que tout va se compliquer. Le film est avant tout basé sur la psychologie de cette jeune femme : comment le vit-elle ? peut-elle se défaire du carcans de traditions ? peut-elle s’adapter à la société ? C’est extrêmement intéressant. On est plus dans l’analyse que dans l’émotion même s’il y a quelques beaux moments. La réalisation est à première vue proche du documentaire, toutefois, visuellement l’austérité de l’Albanie s’oppose aux couleurs chatoyantes de l’Italie, appuyant les clivages entre les deux sociétés. Ce film assez austère met en avant une tradition méconnue et traite le sujet avec une certaine finesse et beaucoup de retenue.
Film marocain de Nabil Ayouch avec Loubna Abidar, Asmaa Lazrak, Halima Karaouane
A Marrakech, Noha, Randa, Soukaina et Hlima vivent en vendant leur corps. Ensemble, elles surmontent tant bien que mal la violence du quotidien, dans une société qui les utilise et les condamne tout à la fois.
Encore un film qui m’intriguait, d’autant qu’on en disait beaucoup de bien. Pourtant j’avais un peu peur de ce que j’allais y trouver. Une fois de plus, le sujet est difficile et le film aurait pu aussi bien être très glauque que carrément vulgaire, voire même les deux à la fois. Il n’en est rien. Bien sûr, il y a des passages durs, difficile d’y échapper étant donné le sujet, mais le film est loin de se résumer à ça (il y a quand même 2 ou 3 scènes assez violentes, âmes sensibles s’abstenir). C’est finalement assez lent comme rythme, on suit le quotidien de prostituées qui partagent un appartement et travaillent parfois ensemble. Il y a à la fois les moments où elles travaillent mais aussi les autres, ceux où elles restent en pyjama à la maison, où elles discutent, où elles s’engueulent. Le film ne joue pas la carte du sexe à tout va et du voyeurisme. S’il y a des scènes de sexe, c’est qu’elles sont indispensables au récit. Ca commence d’ailleurs très fort avec une soirée folle où il est « obligatoire » de s’amuser. C’est bien réalisé et surtout très bien joué. C’est à la fois triste et joyeux et il s’en dégage autant d’humanité que d’espoir. J’en suis ressortie assez chamboulée. Un film lumineux sur un quotidien plutôt sombre : une belle tranche de vie.
Film guatémaltèque de Jayro Bustamante avec María Mercedes Croy, Maria Telon, Manuel Antún
Maya a 17 ans. Elle vit avec ses parents sur une plantation de café au Guatemala et rêve d’ailleurs, de la ville et de la modernité. Mais sa vie va basculer et elle va se retrouver enfermée dans le carcan des traditions.
J’avais très envie de voir ce film dont – une fois de plus – on m’avait dit beaucoup de bien. J’aime beaucoup le cinéma sud-américain même si j’en vois trop peu et les coutumes indiennes m’attirent toujours. Il y a pourtant eu comme un malentendu. Le synopsis laissait entendre quelque chose qui n’arrive jamais vraiment. J’ai limite eu l’impression qu’il n’y avait aucun rapport entre le film et son résumé, ou en tout cas qu’il faisait d’un détail la trame essentielle. La conséquence fâcheuse, c’est que j’ai passé tout le film à attendre quelque chose qui ne vient pas. Très frustrant. J’ai mis très longtemps (trop longtemps) à le comprendre et c’est un peu dommage. Mais une fois mes attentes révisées, je n’en ai pas moins trouvé que c’était un très bon film. Bien qu’on soit proche du documentaire, le réalisateur parvient à rendre une ambiance particulière et assez étrange, à la fois sombre et empreinte de mystère. Les paysages à couper le souffle n’y sont pas étrangers et il y a quelques scènes fascinantes. L’histoire quant à elle est très poignante, elle nous immerge dans la tradition, et j’ai trouvé la jeune actrice impressionnante. Un premier film fort et beau qui est loin de laisser indifférent.
Film franco-polonais d’Anne Fontaine avec Lou de Laâge, Vincent Macaigne, Agata Buzek
Mathilde, jeune interne à la Croix Rouge, est appelée au secours par une religieuse polonaise. Dans le couvent, elle va découvrir que plusieurs de ces Bénédictines coupées du monde sont sur le point d’accoucher après leur viol par des soldats. Elle va essayer de gagner leur confiance pour leur venir en aide.
Voilà un film que j’attendais avec une certaine impatience. Le sujet est très fort et ça m’a donné envie d’en savoir plus sur cette histoire atroce. J’ai beaucoup aimé le film mais il m’a déçue par certains aspects. Le film commence au moment où la jeune infirmière découvre que des bonnes sœurs sont enceintes après avoir été violées. Il occulte ainsi le début de l’histoire si l’on peut dire. C’est logique en un sens puisqu’il s’agit de l’adaptation du récit de l’infirmière en question qui ne pouvait donc pas relater ce qu’elle n’a pas vu. Toutefois la réalisatrice aurait pu choisir de combler les lacunes du récit. J’ai trouvé ces femmes très attachantes et le casting très convaincant. Quant à l’esthétique, elle est très travaillée avec des plans vraiment splendides, d’une froideur qui tend presque au monochrome. Pourtant, le résultat est un peu lisse au vu de l’horreur de l’histoire. Le viol est à peine évoqué et on ne suit finalement que leur grossesse à travers cette jeune infirmière. Leurs sentiments sont esquissés mais auraient pu être mis plus en avant. Un beau film qui aurait à mon sens mérité un engagement plus important pour marquer durablement.
Film américain de Todd Haynes avec Cate Blanchett, Rooney Mara, Kyle Chandler
La rencontre de Carol, femme distinguée et malheureuse dans son mariage, et de Therese, employée d’un grand magasin, va bouleverser leurs vies. Les deux femmes vont se retrouver coincées entre leur attirance et le respect des conventions. Un choix difficile va s’imposer à elles.
On m’avait dit le plus grand bien de Carol et j’en attendais beaucoup, d’autant plus que Cate Blanchet a souvent de très beaux rôles. C’est d’ailleurs le cas ici aussi, même si j’ai trouvé son personnage très froid et pas du tout dans l’émotion malgré une histoire qui s’y prêtait. Rooney Mara a un rôle plus nuancé (mais beaucoup moins glam’) qu’elle tient avec un certain brio. Contrairement à beaucoup, j’ai trouvé son prix d’interprétation parfaitement justifié. L’histoire est très forte et montre une femme indépendante tiraillée entre son amour pour sa fille et son envie de vivre sa vie comme elle l’entend, en essayant de se défaire du carcan de la société. Visuellement ce film est très beau : impeccablement réalisé, il porte un grand soin à la photographie. La musique est également très bien choisie. Bien que cela s’y prête assez, on ne sombre jamais dans le pathos. Malheureusement, on tombe un peu dans l’excès inverse. Tout en retenue, j’ai trouvé que ce film manquait d’émotion. Un film classique mais élégant qui aborde un sujet fort avec une certaine distance : beau mais un peu froid.
Film américain de Tom Hooper avec Eddie Redmayne, Alicia Vikander, Ben Whishaw
En 1930, quand Einar Wegener, peintre danois marié à Gerda, se transforme peu à peu en Lili Elbe, c’est tout leur univers qui bascule. Malgré les tensions, Gerda soutiendra son mari envers et contre-tout dans sa lutte pour devenir une femme. Il sera le premier de l’histoire à user de la chirurgie pour changer de sexe.
Bon, on s’éloigne peut-être un brin de la condition de la femme à proprement parler avec le premier transsexuel de l’histoire mais je ne voyais pas meilleur hommage que de le mettre dans cet article. Il y a dans ce film un très beau casting, les deux acteurs principaux sont très convaincants dans des rôles qui sont loin d’être faciles. L’histoire est magnifique. On ne sait ce qui est le plus touchant : le parcours du combattant pour cet homme qui souhaite devenir une femme ou celui de sa femme qui le soutient malgré tout. D’ailleurs cette partie semble parfois trop belle pour être vrai. Il y a bien quelques distensions au début mais elles auraient mérité d’être plus appuyée pour ajouter au réalisme du film qui là semble presque trop lisse. Visuellement, c’est irréprochable. Je ne connaissais pas ce peintre mais j’ai eu la sensation de me retrouver plongée dans un tableau d’un maître flamand. Mais si ce film est impeccable, il manque de caractère et joue trop sur la corde sensible à mon goût. A vouloir trop en faire, cette histoire qui aurait pu faire un grand film se transforme en mélo sympathique et très esthétique mais quelque peu insipide.
Un dossier qui me tenait beaucoup à cœur, j’espère qu’il vous aura plu. Les pays que j’ai indiqués sont ceux où se déroule l’histoire (ainsi que l’époque quand elle n’est pas contemporaine). J’espère que vous aurez l’occasion de voir quelques-uns de ces films dont certains sont très forts et qui offrent tous un éclairage intéressant sur la condition de la femme. En espérant qu’à force de temps et de persévérance, ils contribueront à faire avancer les choses et nous paraîtront dans un futur pas trop lointain quelque peu dépassés.
J’étais déjà passée devant le Café de la Presse un jour de projection et ça m’avait fait très très envie. Je m’étais dit que la fois suivante je ne raterais pas ça et puis bien sûr, j’avais oublié. Quand on m’a proposé d’aller y voir Vacances romaines avec Audrey Hepburn et Anthony Peck, j’ai donc sauté sur l’occasion. Le principe : le Café de la Presse s’associe avec Paris fait son cinéma pour une projection d’un grand classique chaque mois, le dimanche soir. La projection est gratuite, il ne vous reste plus qu’à commander quelque chose à siroter devant votre film. Ca tombe bien, l’équipe vous concocte pour chaque séance des cocktails et plats qui rappellent l’univers du film : immersion garantie.
J’ai trouvé l’ambiance du lieu très sympa. Nous étions installés à l’étage et nous avions une assez bonne vue sur l’écran (les écrans devrais-je dire puisqu’il y en a un à chaque bout de la salle). En bas les tables semblent beaucoup plus tassées. Economies obligent, nous ne comptions pas spécialement manger sur place. Pourtant, les assiettes que nous avons vues sur les tables voisines ne nous ont pas franchement aidées dans nos résolutions… Elles sont très copieuses et tout paraissait très bon. Nous avons coupé la poire en deux et opté pour une planche de fromage et charcuterie. Nous avons choisi la petite (A4, de son petit nom, car tous les plats font référence à… la presse bien sûr !) qui est déjà bien copieuse et tout à fait honnête pour son prix. Avec ça, un cocktail italien bien sûr !
Et le film, dans tout ça ?
Princesse soumise à un étouffant protocole, Ann n’a pas une minute de liberté. En déplacement à Rome, elle fait la rencontre du journaliste Joe Bradley qui la reçoit chez lui sans connaître son statut. Sous le charme du jeune homme, Ann profite enfin d’un moment d’évasion avant que sa condition ne la rattrape.
Ma culture classique n’est franchement pas terrible côté cinéma et je n’avais jamais vu ce film de William Wyler sorti en 1953. Je ne connaissais pas le synopsis mais le titre et le casting m’avaient donné très envie de le voir. Il m’a fallu quelques minutes pour rentrer dedans, comme souvent avec les vieux films, le temps de laisser de côté nos habitudes en matière de cinéma. Je ne suis pas particulièrement branché comédie romantique et je craignais un peu que ça ait mal vieilli. Que nenni ! Si le tout début n’est pas palpitant – il faut bien poser le contexte – ça devient rapidement très prenant et franchement drôle par dessus le marché. Je dois avouer avoir été surprise par l’omniprésence de l’humour dans ce film. Les vannes fusent et le comique de situation n’est pas en reste. Je suis rarement bon public pour les comédies mais j’ai pourtant beaucoup ri.
Le casting vend du rêve. C’est incroyable ce que ces deux acteurs peuvent être beaux et talentueux ! Certes, on le savait déjà mais tout de même, on est sous le charme de bout en bout. L’histoire quant à elle est assez simple mais elle fonctionne et après tout, on ne lui en demande pas plus. La fin est assez surprenante et on ne tombe absolument pas dans la mièvrerie. Il y a quelques scènes franchement cocasses qu’on risque difficilement d’oublier. Evidemment, le décor de rêve est aussi le bienvenu et on apprécie nous aussi ce petit séjour touristique dans la capitale italienne. J’ai vraiment pris un plaisir fou à la découverte de ce film drôle, sensible et enlevé : tout le charme d’Hollywood pendant 2h.
Vous l’aurez compris, j’ai passé une très bonne soirée qui me sera revenue au prix d’une place de cinéma mais en beaucoup mieux (vous m’excuserez, je n’ai pas trouvé la bande-annonce en VO sous-titrée). Ca m’a d’ailleurs donné envie de retourner au Café de la Presse pour découvrir le restaurant qui propose des plats simples (pâtes, burgers, tartares, salades…) mais qui semblent de qualité et servis en quantités très généreuses. Si mes souvenirs sont bons, il faut compter environ 15€ pour un plat, ce qui est sensiblement le tarif en vigueur dans le quartier. Je n’ai pas eu la carte des boissons entre les mains donc à part les cocktails du jour (5€ je crois), je ne connais pas les prix des consommations. Des concerts et expositions sont aussi organisés et il y a une grande terrasse pour l’été. Bref, un endroit où je me suis sentie bien et qui m’a donné envie d’y retourner. Pour les films en revanche, c’était le dernier de la saison mais j’espère qu’ils reviendront bientôt et en attendant vous pouvez découvrir le reste de la programmation de Paris fait son cinéma avec plein d’événements plus originaux les uns que les autres. Nous avons passé grâce à eux une excellente soirée qui avait comme un goût de vacances.