Jeunesse·Mes lectures

Pico Bogue, La vie et moi

          Pico est un petit garçon plein de vie. S’il n’est pas franchement doué à l’école, il est pourtant sacrément futé. Il a une petite soeur, Ana Ana, qui le fatigue parfois mais qui quand même, a des bons côtés. Et puis il y a papa et maman, et les copains bien sûr ! Tout un programme…

          Pico Bogue est finalement un petit garçon comme les autres. Il a un sacré caractère, et sa soeur aussi, tous les deux ne sont jamais à court de réparties déconcertantes. La vie du petit garçon se partage entre sa famille et ses copains, et puis l’école, dont il se passerait bien. On se reconnaît forcément tous un peu dans les états d’âmes de ce bout de chou si attachant.

          Les dessins sont vifs et agréables, même si les couleurs un peu ternes me semblent plus adaptées à un public adulte qu’à des enfants. Les saynètes sont très parlantes, les scènes décrites en peu de mots. Le style est percutant, on ne peut que sourire devant la justesse des situations esquissées. Un humour léger dont on se délecte. Une BD tendre et divertissante, je compte bien me jeter sur la suite !

Ce livre faisait parti du Swap BD et chocolat. Un très bon choix !

Jeunesse·Mes lectures

Histoires pressées, de Bernard FRIOT

          De courtes histoires pour les enfants sages ou moins sages. Une ou deux pages pour rêver quand le temps presse.

          J’ai bien aimé certaines de ces histoires, aussi variées qu’imaginatives. Cependant, j’ai une petite préférence pour les histoires qui prennent un peu plus le temps de s’installer. Un petit livre sympathique, à destiner peut-être avant tout aux enfants turbulents qui ont du mal à fixer leur attention plus de quelques minutes et trouveront ici peut-être le goût de la lecture.

Il était une fois un enfant qui ne croyait pas aux histoires. Dès que sa mère commençait : « Il était une fois un ogre cruel… », il l’interrompait.

– Ne me raconte pas d’histoires, disait-il, les ogres ça n’existe pas !

Jeunesse·Mes lectures

Chambre A2, de Julien PARRA

          Mélina et Mathieu sont tous deux en attente de transplantation à l’hôpital. Quand un hélicoptère s’écrase sur une des façades du bâtiments, on les place dans la même chambre faute de lits disponibles. Ces deux adolescents si différents vont peu à peu apprendre à se connaître et s’apprécier.

          Ce roman graphique m’a semblé plus proche du manga que de la BD traditionnelle, tant par les illustrations que par la manière d’aborder le récit. J’ai beaucoup aimé la construction de l’histoire. Elle est découpée en chapitres, chacuns séparés par une planche qui ne prend sens que plus tard dans le récit. J’ai particulièrement apprécié cette petite originalité. J’ai aussi aimé les dessins assez épurés mais efficaces. Les personnages sont dressés en quelques coups de crayons : leur personnalité se dégage nettement sans qu’il ne soit fait usage de beaucoup de mots.

          J’ai bien aimé aussi que l’histoire avance plus par l’image que par l’écrit. L’auteur arrive à trouver un équilibre intéressant entre texte et illustration. En revanche, l’histoire en elle-même m’a moyennement convaincue. On s’approche parfois dangereusement du cliché entre cette jeune fille de banlieue et ce garçon d’une timidité maladive. Si c’est touchant par moments, ça frôle parfois le lieu commun. La fin en queue de poisson m’a laissée perplexe, l’annonce d’une suite peut-être ? Une BD pleine de potentiel pas totalement exploité. Je pense toutefois qu’elle s’adresse plutôt à des adolescents un peu fleur bleue. Ma légère déception est sans doute due au fait que je n’appartient pas vraiment u public ciblé. Une assez belle découverte tout de même.

Jeunesse·Mes lectures

Tigre le dévoué, de SHEN Qifeng et KAWA Agata

          Quand le père de la belle Xiaoying (Fleur de printemps) est cruellement assassiné, la laissant seule avec sa mère, elle promet d’épouser celui qui vengera sa mort. Mais elle n’avait pas prévu que ce serait un tigre qui relèverait le défi. Tiendra-t-elle sa promesse ? La belle peut-elle vraiment aimer la bête ?

          Ce conte chinois est déroutant. L’histoire est très belle et magnifiquement illustrée. Des caractères chinois constellent le texte et sont traduits, le rattachant fortement à ses origines. Le texte  est extrait d’un recueil d’histoires fantastiques publié par un auteur chinois en 1792. Les illustrations et enluminures mêlent tradition et modernité, à mi-chemin entre les estampes traditionnelles chinoises et l’Art Nouveau occidental. En quelques pages, on s’immerge dans la culture traditionnelle chinoise qu’agrémente la modernité des dessins. Une histoire qui sort de l’ordinaire et des illustrations splendides. Ce texte s’adresse plutôt à des enfants déjà grands (8 ans). Un très beau livre qui j’espère rejoindra bientôt votre bibliothèque.

Pour en savoir plus, c’est ici et pour d’autres titres de cette maison d’édition qui nous fait avec joie découvrir les traditions chinoises, allez faire un tour sur le site d’HongFei.

Jeunesse·Mes lectures

Kim HYANG-YI, Murmure à la lune

          Song-Hwa est une petite fille de 11 ans qui vit seule avec sa grand-mère chamanesse. Elle n’a jamais connu ses parents mais espère en secret que son père un jour reviendra. Elle confie ses rêves à son amie Yeong-bun… et à la lune.

         J’ai beaucoup aimé ce livre destiné aux 10-12 ans. Il est bien écrit (même si après Laurent Gaudé, forcément, ça paraît un peu fade) et l’histoire est prenante. Ca change de ce qu’on a l’habitude de voir pour cet âge-là. L’auteur aborde au fil de l’histoire de grands thèmes : la famille, l’amitié, le partage, les croyances ou encore la mort. Si des pistes de réflexion sont apportées, le ton ne de vient jamais moralisateur, ce que j’ai grandement apprécié. On apprend également beaucoup de choses sur l’histoire et les coutumes coréennes. Un texte plein de poésie, malheureusement bien loin des préoccupations de la plupart des enfants de cet âge. A confier plutôt à des enfants sages avides de découvrir de nouveaux horizons.

Tu n’imagines pas à quel point ça me manque de ne pas pouvoir prononcer les mots « papa » et « maman » à haute voix. Pour les autres, c’est aussi normal que de respirer, mais, moi, je n’y suis jamais arrivée… Toi, quand tu t’ennuies de ta maman, tu peux toujours te rappeler son visage. Moi, je n’ai jamais vu ma mère.

Song-Hwa sourit. A ses yeux, la plus grande valeur de cette épingle était celle du souvenir. Toujours, elle lui rappellerait sa grand-mère. Peu importait sa valeur marchande.