Mes lectures

L’homme qui ne voulait plus se lever – David Lodge

          Six nouvelles en relation avec la vie ou les romans de l’auteur. Trois ont pour cadre l’été, trois l’hiver. Des textes très différents, écrits à divers moments de la vie de l’auteur et qui du rire aux larmes nous offre un éventail de ses talents.

          J’aime beaucoup les romans de David Lodge et la finesse de son écriture. Son humour subtil mais parfois féroce m’enchante. Quand je suis tombée par hasard sur ce recueil de nouvelles, je me suis donc jetée dessus, ayant hâte de découvrir une autre facette de son talent. Les nouvelles sont toutes les six dans des styles différents. Certaines sont assez drôles, d’autres beaucoup plus sombre. J’ai été un peu déçue de ne pas vraiment retrouver l’humour mordant de l’auteur dans ces courts textes. En revanche, j’ai été assez agréablement surprise par la profondeur de certains, qui sous des airs assez légers s’avèrent plutôt cruels. J’aime bien les nouvelles à chute et celles-ci n’en ont dans l’ensemble pas vraiment, ce qui me frustre toujours un peu. Toutefois, j’ai été contente de découvrir de nouveaux aspects de l’écriture de David Lodge. Si ces textes ne sont pas les meilleurs de l’auteur qui semble s’avérer plus à l’aise dans la longueur du roman, ils sont toutefois agréables à lire et permettent de découvrir différentes facettes de son univers.

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Ayant quitté l’école signifie un adolescent bon à rien renvoyé d’un collège secondaire. C’est un euphémisme, insista ma mère qui était une femme instruite. Depuis le temps qu’elle était mariée avec mon père, son sens de l’humour irlandais avait pris un mordant assez juif.

Mes lectures

La fille sans visage – Patricia MacDonald

          Quand sa mère est assassinée et son père reconnu coupable des faits, Nina refuse de croire en sa culpabilité. Quinze ans plus tard, lorsqu’il sort enfin de prison, elle fera tout pour l’aider à prouver son innocence. Mais la mort va frapper à nouveau et pas forcément où on l’attendait…

La fille sans visage

          J’ai reçu ce livre grâce aux « Jeudi critiques » du site Entrée Livre que je remercie de m’avoir sélectionnée. Il me semble que j’avais déjà lu un Patricia MacDonald et que j’avais beaucoup aimé. pourtant là, dès le début, j’ai trouvé le style franchement faible. L’histoire n’est pas folichonne est c’est assez mal écrit. Bon, comme j’avais promis une critique en échange du livre et que ce n’était pas désagréable non plus (et puis court aussi), j’ai quand même continué. La première moitié est un peu fastidieuse… On a d’un côté Nina qui croit très fort que son papa est innocent, et de l’autre son frère qui lui s’acharne à le penser coupable (devinez quoi, le troisième enfant ne sait que penser). Elle l’aide donc, s’émeut dès que quelqu’un croit en lui et s’énerve dans le cas contraire. Bref, la psychologie est un peu sommaire.

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          Je vous passe les différentes étapes de l’enquête à peu près inintéressante. Toutefois, la seconde moitié du livre gagne en suspens. Les choses se corsent un peu et se dont plus troubles. On peine parfois à croire aux rebondissements un peu improbables mais ils permettent au moins d’étoffer un peu l’intrigue et de créer le doute, donnant envie au lecteur d’en savoir plus. Plus on avance vers le dénouement, plus on attend avec impatience l’explication qui semble pourtant s’éloigner. La fin amène une explication assez incroyable qui crée une réelle surprise. Au final, un polar qui ne marquera pas plus que ça, le style et la psychologie étant un peu faibles mais dont la fin rattrape assez bien le tout. 

Mes lectures

Limonov – Emmanuel Carrère

          Edouard Limonov, un personnage inclassable de l’opposition au pouvoir en Russie. Avant d’en arriver là, il a été tour à tour petit voyou, poète, clochard, valet de chambre, écrivain à la mode, soldat… De Moscou aux Balkans en passant par Paris et New-York, une vie d’aventure pour un personnage trouble et ambigu.

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          Je ne sais pas pourquoi, je n’ai jamais été particulièrement tenté par les livres d’Emmanuel Carrère, sans doute parce que les gens qui l’appréciaient autour de moi étaient très intellos parisiens. Pourtant, quand il a obtenu le prix Renaudot avec Limonov, pour la première fois, ça a réellement éveillé ma curiosité. Parce que Limonov est un sacré personnage et que je voulais en apprendre plus sur lui, parce que le sujet ne collait pas avec l’image (fausse et étriquée) que j’avais de l’auteur et parce que la critique était unanime. Bref, autant de raison de s’y mettre, même s’il m’aura fallu quelques mois (l’attente de la sortie en poche, tout ça…) avant de me décider.

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          Dès les premières lignes j’ai été très surprise – et conquise – par le style. Il est simple et efficace : on est plus proche du journalisme que du romanesque. L’auteur n’hésite pas à faire entendre sa voix, donner son avis ou faire part de ses doutes, ce qui donne au texte un aspect très intéressant. Quant à la vie de Limonov, elle se suffit à elle-même. Un destin hors-normes pour un personnage qui l’est tout autant. A travers son histoire, c’est également l’évolution de la Russie après la Seconde Guerre Mondiale qu’on découvre. Il donne également envie de se pencher sur d’autres auteurs, qui ont jalonné les parcours des deux écrivains. Tout est passionnant dans ce livre qui se dévore littéralement.

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La vie a été bonne parce qu’on s’est aimés. Ce n’est peut-être pas comme ça que ça finira mais c’est comme ça, s’il ne tenait qu’à moi, que j’aimerais que ça finisse.

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Cette énergie, hélas, au lieu de me stimuler, m’enfonçait un peu plus, page après page, dans la dépression et la haine de moi-même. Plus je le lisais, plus je me sentais taillé dans une étoffe terne et médiocre, voué à tenir dans le monde un rôle de figurant, et de figurant amer, envieux, de figurant qui rêve des premiers rôles en sachant bien qu’il ne les aura jamais parce qu’il manque de charisme, de générosité, de courage, de tout sauf de l’affreuse lucidité des ratés.

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Je suis pris de court mais je répond sincèrement : parce qu’il a – ou parce qu’il a eu, je ne me rappelle plus le temps que j’ai employé – une vie passionnante. Une vie romanesque, dangereuse, une vie qui a pris le risque de se mêler à l’histoire.
Et là, il dit quelque chose qui me scie. Avec son petit rire sec, sans me regarde :
« une vie de merde, oui ».

Mes lectures·Patrimoine

Culture occitane : Max Rouquette

          Max Rouquette est un auteur de langue occitane né près de Montpellier en 1908 et mort en 2005. Fervent défenseur de la langue d’oc, il l’a choisie pour ses écrits aussi nombreux que variés : poésie, théâtre, prose… Une œuvre reconnue en France et au-delà grâce à des traductions dans plusieurs langues.

          C’est avec une semaine de retard que j’écris l’article du mois sur la culture occitane, une panne de d’ordinateur mettant à mal la publication de mes articles. Ce mois-ci donc, je vous parle d’un autre monument de la littérature occitane : Max Rouquette. Né dans la région de Montpellier, l’occitan est sa langue natale.Il fait des études de médecine mais trouve le temps de se consacrer à la défense de son patrimoine, notamment à travers un journal militant, « Occitania » et le participation active à la fondation puis au fonctionnement de l’Institut d’études occitanes. Son œuvre commencera à sortir de l’ombre seulement après les années 80, avec les premières traductions en français, puis dans de nombreuses autres langues.

          Parfois surnommé « le Gracq occitan », Max Rouquette a joué un rôle majeur dans la défense de la culture et de la langue occitane, qu’il choisit pour tout naturellement pour ses écrits. Vert Paradis, un recueil de courts textes qui ont pour cadre l’arrière-pays montpelliérain, est considéré comme son chef-d’œuvre. Pourtant, c’est sans doute sa Médée qui est aujourd’hui la plus célèbre, grâce à la mise en scène qu’en a fait Jean-Louis Martinelli en 2003, interprétée par des comédiens burkinabés. Elle a rencontré un grand succès à travers toute la France et remis l’œuvre de son auteur en lumière. Il s’est éteint en 2005 à l’âge de 96 ans, laissant une œuvre largement méconnue.

Mes lectures

Lulu, il était une fois une Princesse…

          Lulu est une jeune fille romantique qui rêve du grand amour. Seulement voilà, pas si simple de le trouver dans la jungle parisienne ! Si les cœurs à prendre y sont légion, on croise moins de princes que de crapauds, et ils ont déjà bien souvent la bague au doigt. Mais il en faudrait plus décourager Lulu qui ne désespère pas.

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          Lulu est une blonde à la longue chevelure soyeuse, elle connaît par cœur tous les Disney et est le romantisme incarné. Soit à peu près mon exact opposé… J’avais entendu beaucoup de bien de cette BD et les extraits que j’en avais lu m’avaient beaucoup fait rire, j’ai donc décidé de me lancer. J’ai bien aimé les dessins, avec un trait assez fin et une belle caricature de princesse. L’histoire est assez simple : Lulu cherche l’amour et connaît bien des déboires. Certaines scènes sont cocasses et plutôt bien vues mais j’ai trouvé que l’auteur peinait à tenir sur la durée. Elle joue beaucoup sur le côté très féminin et l’humour un peu décalé, laissant un peu de côté la trame et ses rebondissements. L’univers qu’elle crée fonctionne tout de même bien, même s’il aurait pu être un peu plus travaillé.

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          A mi-chemin environ, un crapaud fait son apparition, que j’ai trouvé plutôt mal exploité. On comprend difficilement ce qu’il fait là et qu’elle est sa place au juste auprès d’elle. Est-ce son amoureux ? son ami ? son animal de compagnie ? une hallucination ? aucune idée… Vous me direz, c’est sans doute l’inspiration dessin animé qui veut ça mais j’ai trouvé que ça gênait un peu la lecture (d’autant plus que le crapaud est insupportable). Quant à l’histoire, elle peine à avancer et la fin ouverte est un peu frustrante, on aurait que le prince pointe le bout de son nez avant le deuxième tome que du coup on n’est pas très sûr d’acheter. Une BD qui a des qualités certaines (une belle idée de départ, un joli trait et de l’humour) mais mériterait un scénario un peu plus solide. Une lecture sympathique tout de même.

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