Mes lectures

Chevalier de l’ordre du mérite, Sylvie TESTUD

          Sybille travaille dans une compagnie d’assurance pour animaux. Carriériste, elle fait passer son emploi avant son couple. Mais à la maison aussi elle veut tout contrôler, ne supportant pas de voir traîner la moindre miette. Adrien, son compagnon, n’en peut plus de tant de stress face à lui, une solution s’impose pour calmer le jeu : employer une femme de ménage. Une mission qui s’annonce plus ardue qu’il n’y paraît.

          Le style de cet ouvrage m’a étrangement rappelé Amélie Nothomb, avec un vague côté Stupeur et tremblements (ce qui en l’occurrence est plutôt un compliment tout de même) : le même fraîcheur, la même légèreté. Un talent un peu moindre sans doute mais une écriture agréable tout de même, première bonne surprise de ce livre. L’histoire est plutôt efficace également, le côté un peu névrosé du personnage apporte une petite touche d’humour, et on se reconnaît forcément un peu dans l’un ou l’autre des protagonistes.Je n’ai ps grand chose à ajouter sur ce livre. Ce n’est pas exceptionnel, ça ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais j’ai assez apprécié cette lecture qui est somme toute agréable et m’a permis de découvrir une nouvelle facette de Sylvie Testud.


Dès que je passe la porte de notre appartement, je me transforme. Sans plus aucune coquetterie, je retire mes escarpins, je jette mes vêtements dans la panière à linge sale. Je m’attache les cheveux sur le sommet du crâne, remonte mes manches, et c’est parti pour le rodéo de l’ordre et de la propreté. Une chorégraphie d’un genre peu sexy, à laquelle je ne renonce que tombante de sommeil.
Pauvre Adrien : il vit avec une mégère.

Mes lectures

Méfiez-vous des femmes, Catherine EUVRARD

          Les femmes ont longtemps été considéré comme des choses fragiles et discrètes, pas bien méchantes et encore moins dangereuses. Mais les rapports de force ont changé, les femmes prennent le pouvoir. Elles aussi réclament l’indépendance, des responsabilités, les hommes se sentent menacés. Petit mode d’emploi des femmes d’aujourd’hui. 

          J’ai bien aimé ce petit livre plein de légèreté. Il dresse le portrait de 12 types de femmes qu’on a tous croisés et qui s’éloigne bien de l’image de la femme effacée. Des femmes qui nous font sans doute un peu peur et dont il est parfois bon de se méfier. Les portraits sont assez justes et point trop moralisateurs, ce qui est appréciable. En revanche, il y a un point sur lequel je suis en total désaccord avec l’auteur : le couple. L’homme semble être considéré comme une propriété privée, manquant de volonté face à une femme aux atouts généreux, et qu’il faut protéger à tout prix. La jalousie semble être de mise. Pour ma part je ne comprends absolument cette possessivité exacerbée. Un peu confiance que diable, en soi et dans son partenaire tant qu’à faire. Du coup, certains passages m’ont profondément agacée… Cela mis à part, un livre agréable tout de même. Le petit plus : une couverture rétro absolument charmante !

Les femmes ont changé, disais-je. Aux atouts qu’on leur reconnaissait traditionnellement dans leurs relations à l’autre sexe – l’art de la séduction et de la dissimulation, l’intuition, la persévérance… – elles ont ajouté de nouvelles armes, considérées jusqu’ici comme « masculines » : la confiance en soi, l’esprit de décision, la volonté de réussir à tout prix, le réseau de copains, l’égoïsme décomplexé, l’emploi immodéré de la goujaterie, de la brutalité et même de la force.

Méfiez-vous des femmes, Catherine Euvrard

Eyrolles, 120 pages, 12€90

Mes lectures

Eurydice, Jean ANOUILH

          Quand Eurydice, une jeune comédienne, croise Orphée, qui gagne sa vie en jouant du violon aux terrasses des cafés, c’est immédiatement le coup de foudre. Tous deux vont tout quitter pour vivre leur amour. Mais devant la dure réalité de la vie, la magie des début s’estompe bien vite.

          Je suis une inconditionnelle des pièces noires d’Anouilh. J’ai toutefois été assez déçue de celle-là qui est loin d’être sa meilleure. On n’y retrouve pas vraiment la poésie qui fait tout le charme de cet auteur. Peut-être est-ce aussi parce que je connais à présent assez bien sa manière de traiter l’amour dans son oeuvre et que j’ai trouvé qu’il le faisait avec plus de brio dans d’autres textes. Toujours est-il que j’ai trouvé ce texte-ci assez moyen. Une pièce qui se rapproche presque par moment du théâtre de boulevards et supporte donc assez mal la lecture, demandant à être vue sur scène, comme s’est également le cas pour La Colombe. A voir montée donc.

          Au festival de Cannes, Alain Resnais présentait cette année un film hommage à notre Eurydice : Vous n’avez-encore rien vu. Je pense aller le voir dès sa sortie afin de voir ce que donne l’adaptation.

Mes lectures

L’accent de ma mère, de Michel RAGON

          Un jour, au détour d’une conversation téléphonique, l’évidence est là : la propre mère de l’auteur a un accent. Et pire, cela signifiait forcément que lui avait perdu le sien. Comment se rend-on compte de ce terrible changement ? Qu’est-ce que cela implique ? Est-ce forcément le signe de la perte de ses racines ? L’auteur se penche sur le sujet au travers de sa propre histoire. 

          Ce livre me tentait beaucoup et ce pour deux raisons. La première, c’est que j’avais beaucoup aimé, du même auteur, La mémoire des vaincus ; la seconde, c’est que je me sens particulièrement concernée par le sujet (même si pour ma part, je n’ai pas encore perdu mon accent du sud). J’ai donc commandé ce livre chez mon libraire et me suis jetée dessus dès son arrivée. Eh bien… mon excitation est bien vite retombée. J’en attendais certainement trop de ce livre avec la belle image que je m’en étais faite et tous les articles élogieux que j’avais lus à son sujet. Je l’ai finalement trouvé… banal.

          Je ne sais trop quoi dire de cet ouvrage. On en dit le plus grand bien, un chef d’oeuvre paraît-il et pourtant je n’ai absolument pas vu le génie de la chose. Je me suis terriblement ennuyée à cette lecture. C’est étrange, d’un côté j’ai reconnu cette situation, cette question des racines lorsqu’on est « expatrié » à la capitale ; et pourtant, je n’ai pas ressenti le moindre atome crochu avec ce personnage qui a des réactions aux antipodes des miennes. Pourvu que ça dure et que jamais je ne devienne comme lui à la fois méprisante et vaguement nostalgique. Bref, étant donné que je n’envisage absolument pas cette situation (passer des années sans rentrer, ne pas s’occuper de sa grand-mère dépressive, refuser d’admettre que sa mère puisse préférer un bon pot-au-feu dans le bistrot du coin plutôt que du caviar dans un gastro, j’en passe et des meilleures), il m’a été extrêmement difficile de poursuivre ma lecture. Le livre typique du parisien reniant ses racines et ne l’assumant pas. 

Donc ma mère avait bien un accent. Mais cet accent, que je connaissais depuis ma naissance, cet accent qui était celui de ma langue maternelle, je ne l’entendais pas lorsque je le « voyais » parler. Je ne l’entendais pas parce qu’il m’était naturel. Il ne m’apparaissait qu’à travers l’anonymat de l’écouteur téléphonique. Je ne voyais plus alors ma mère, je ne percevais que l’accent.

Mes lectures

Causes perdues

          En 2025, la Chine est devenue la première puissance mondiale. L’Europe est quant à elle gouvernée par les ultra-libéraux et les lois sociales ont été abolies. Quand de grands hommes d’affaires européens sont arrêtés en Chine sans raison apparente, Philippe d’Arciac va être choisi pour défendre l’un d’eux. Sa tâche ne sera pas facile. 

          Ce roman ne m’inspirait que très moyennement n’étant pas franchement une adepte de l’anticipation et des complots en tous genres. Je l’ai tout de même ouvert « pour voir ». Première impression : le style est d’une banalité désespérante (et encore en étant gentille…). L’histoire commence dans le sud, pendant les vacances du personnage principal, ce dont on se passerait bien. N’ayant amené d’autre lecture pour un trajet de 7 heures en train, j’ai tout de même continué. Fort heureusement, peu à peu l’histoire se met en place et devient plus prenante. Finalement ce complot n’est pas si mal monté et on se laisse quelque peu prendre au jeu.

          J’ai toutefois un reproche majeur à faire à ce livre : il est incroyablement bavard. Les 50 premières pages sont tout à fait inutiles et ne font qu’énerver le lecteur. Et ensuite ça continue, l’histoire, pourtant assez bien ficelée, est noyée sous des tonnes (et des tooooonnes) de détails aussi inutiles qu’inopportuns. Amputé de moitié c’eut pu faire un bon roman de plage, en l’état, il me paraît difficile d’en venir à bout à moins d’une infinie patience. Je passerai sur les fautes de typographie qui m’ont passablement agacée et les interminables passages explicatifs. J’ai pourtant trouvé quelques bonnes choses dans ce livre. Le style est assez neutre mais pas désagréable et l’histoire plutôt originale. Elle fourmille d’idées. Il est dommage que l’auteur se disperse autant en rentrant dans des détails qui assoment son lecteur et viennent ralentir un rythme qui aurait mérité d’être plus soutenu. Si le développement vient un peu contre-balancer la mauvaise impression faite par les premières pages en arrivant par moments à nous surprendre, il n’en demeure pas moins que ce livre ne parvient pas vraiment à convaincre. Dommage.

Causes perdues, Gérard Meric-Cadourel

Editions Persées

448 pages, 23€