Mes lectures

A la santé d’Henri Miller

          Balthazar Saint-Cene est un antiquaire reconnu sur la place de Paris. Alors qu’il est invité à un mariage qui ne l’enchante guère, il fait la rencontre d’Alma, une femme énigmatique qui se présente comme son ange gardien. Celle-ci va le conduire sur le chemin d’une nouvelle vie, la vita nova : il quitte famille, femme, enfant, activité professionnelle, à la recherche du mystère qui le relie à elle. Ce sera l’occasion de découvrir un milieu inconnu, ainsi que le courage et le don de soi.

          J’ai beaucoup aimé le début de ce roman. Le style est très agréable et on se laisse porter par la fluidité de l’écriture. Le narrateur raconte une rencontre qui a changé sa vie au cours d’un mariage auquel il s’est rendu à contre-coeur. Il fat preuve d’un certain humour et même si parfois il en fait un peu trop (il y a par moment une sorte de course au bon mot ou à la belle tournure qui manque quelque peu de naturel), on se retrouve finalement tous un peu dans ce texte. J’ai moins apprécié les longues explications sur pourquoi Henry Miller ? Des passages poussifs et qui ne font pas réellement avancer l’histoire. On aurait aimé plus de subtilité. Erreur de débutant, l’auteur veut trop en dire et dans son désir d’être compris, enlève un peu du mystère qui fait toute la magie d’un texte.

          Je ne suis pas très portée sur ce type de texte, où l’introspection tient une grande place. Si on peut noter la présence de quelques clichés, dans l’ensemble ce texte se tient bien. Bien construit, servi par une écriture agréable, ce roman est assez réussi et évite malgré quelques maladresses la plupart des écueils du genre. Dommage que l’auteur manque parfois un de confiance en lui et prenne sans cesse ses distances avec son propre texte. Si cela peut être appréciable à petite dose, cette distanciation nuit un peu au texte. On le déplore d’autant plus qu’un véritable style se dégage de ce roman. Un auteur prometteur.

A la santé d’Henry Miller, d’Olivier Bernabé

Persée, 320 pages, 21 €

Jeunesse·Mes lectures

Pico Bogue, La vie et moi

          Pico est un petit garçon plein de vie. S’il n’est pas franchement doué à l’école, il est pourtant sacrément futé. Il a une petite soeur, Ana Ana, qui le fatigue parfois mais qui quand même, a des bons côtés. Et puis il y a papa et maman, et les copains bien sûr ! Tout un programme…

          Pico Bogue est finalement un petit garçon comme les autres. Il a un sacré caractère, et sa soeur aussi, tous les deux ne sont jamais à court de réparties déconcertantes. La vie du petit garçon se partage entre sa famille et ses copains, et puis l’école, dont il se passerait bien. On se reconnaît forcément tous un peu dans les états d’âmes de ce bout de chou si attachant.

          Les dessins sont vifs et agréables, même si les couleurs un peu ternes me semblent plus adaptées à un public adulte qu’à des enfants. Les saynètes sont très parlantes, les scènes décrites en peu de mots. Le style est percutant, on ne peut que sourire devant la justesse des situations esquissées. Un humour léger dont on se délecte. Une BD tendre et divertissante, je compte bien me jeter sur la suite !

Ce livre faisait parti du Swap BD et chocolat. Un très bon choix !

Mes lectures

Cher Monsieur Queneau

          Cet ouvrage rassemble des lettres reçues par Raymond Queneau, éditeur chez Gallimard, en accompagnement de manuscrits. Certaines sont droles, d’autres touchantes. Tous les genres s’y cotoient dans une galerie d’auteurs méconnus qui n’ont pas eu la chance de voir leurs écrits publiés.

          J’ai trouvé l’idée de ce livre très bonne et en ai fait mon livre de chevet dès qu’il a rejoint ma bibliothèque. Petite frustration toutefois car si nous avons les lettres de ceux qui espèrent devenir de célèbres auteurs, nous n’avons ni les réponses qui leurs sont adressées, ni les textes qui les accompagnaient. Ainsi sorties de leur contexte, si certaines restent amusantes, on regrette de ne pouvoir en savoir plus. Un livre intéressant donc mais auquel il manque toutefois un petit quelque chose pour nous tenir vraiment en halène. En revanche, l’objet en lui-même est très réussi, avec une belle couverture et des reproductions de lettres qui viennent agréablement ponctuer la lecture.

Cher Monsieur,

Il y a belle lurette que je meurs d’envie de vous écrire, seulement deux raisons m’en ont toujours empêché ! Une raison mineure : ma timidité, une raison majeure : je n’arrivais pas à trouver votre adresse…

Mes lectures

Top ten tuesday (19/06)

          Top Ten Tuesday, un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il est désormais repris en français par Iani et son carnet de lecture.

Cette semaine, le thème est :

Les 10 livres que vous aimeriez lire cet été

          Je choisis toujours les livres que je vais lire au dernier moment, selon mon état d’esprit au moment de piocher dans ma bibliothèque. Il est donc a peu près impossible pour moi de dire ce que je voudrais lire cet été (ou l’hiver prochain, peu importe la saison). Mes envies de lecture étant dans l’absolu quasi-illimitées, une liste de 10 s’annonce d’autant plus difficile. N’ayant pas de vacances, le choix ne varie pas vraiment du reste de l’année, mais je vais tenter une liste plutot légère, à la fois par le contenu et par le poids de papier à transporter dans mon sac. Des auteurs que j’aime, d’autres qui sommeillent dans ma bibliothèque et surtout pas mal de découvertes. Un ou deux gros morceaux aussi, pour le plaisir de prendre le temps de s’immerger dans une looongue histoire.

1) La guerre et la paix, de Leon Tolstoï. Peut-être vais-je enfin finir par trouver le courage d’ouvrir ce grand classique de la littérature russe avant l’arrivée de l’automne. Qui sait ? L’espoir fait vivre…

2) L’assassin royal, de Robin Hobb. Ou n’importe quel autre tome 1 de série st-fantasy qui hante ma bibliothèque.

3) Rêves  de mon père, de Barack Obama. Il patiente depuis bien longtemps sur son étagère, il serait peut-être temps de l’en déloger.

4) Un polar. Je ne sais pas encore quoi. Un petit Mankell peut-être. Je délaisse le genre depuis un certain temps déjà et ça commence à sérieusement me manquer, il va falloir y remédier. Quant à savoir sur qui je vais jeter mon dévolu, nous verrons bien.

5) Ce que je sais de Vera Candida, de Véronique Ovaldé. Je n’ai jamais rien lu de cet auteur et je voudrais m’y essayer.

6) Les larmes de Tarzan, de Katarina Mazetti. J’avais trouvé Le mec de la tombe d’à côté divertissant, pourquoi pas lire un autre ouvrage du même auteur ?

7) La promesse de l’aube, de Romain Gary. Depuis le temps que je veux le lire, peut-être que je vais finir par le faire tout de même.

8) La clé de l’abîme, de José Carlos Somoza. J’aime énormément Somoza, dont je ne peux que recommander encore Clara et la pénombre, je compte donc bientôt me faire le plaisir d’en lire un autre.

9) Le loup de mers, de Jack London. Je suis une inconditionnelle de London, j’en lis un tous les 6 mois à peu près, le prochain sera donc pour bientôt.

10) Même les cow-grils ont du vague à l’âme, de Tom Robbins. Je ne sais pour quelle étrange raison je n’ai toujours pas lu ce livre qui me tente tant. Un jour c’est sûr, je le lirai !

          Pas sure qu’un seul des romans cité ci-dessus soit finalement ouvert avant la fin de l’été. Il y en a tellement d’autres qui m’appellent ! Le système Victoria, la biographie de Marie-Antoinette, le dernier Manuela Drager (alias Antoine Volodine), le tome 2 du Pacte de Minuit… et tant d’autres ! Verdict dans quelques semaines. Et vous, qu’allez-vous lire cet été ?

Mes lectures

Pourquoi moi ?

          En cambriolant une petite bijouterie, Dortmunter empoche par hasard le Brasier de Byzance, le plus gros rubis du monde, que les États-Unis devaient remettre à la Turquie. Aussitôt police, FBI, services secrets, truands et mafias de tous les pays se lancent à sa recherche. Il n’a plus alors qu’une seule obsession : rendre la bague et retrouver la tranquillité en faisant oublier le plus gros casse de sa vie. La tache s’annonce difficile.

          L’histoire repose sur un énorme malentendu, dont le personnage (qu’on a déjà pu croiser dans d’autres romans de cet auteur) est un habitué. Ce voleur raté a un don pour se mettre dans des situations improbables qui amusent le lecteur à tous les coups. On retrouve l’humour grinçant de Donald Westlake qui manie avec une grande habileté les situations les plus cocasses. Le style est alerte, enlevé, on ne s’ennuie pas une seconde, allant de péripétie en péripétie, se délectant des malheurs de notre héros. La galerie de personnages est savoureuse et on se demande jusqu’à la fin comment ce sac de noeuds va bien pouvoir finir par se démêler. Un roman noir des plus réussis, on en redemande.

Malcholm Zachary, ça lui plaisait d’être un agent du FBI. Cela conférait à tous ses actes un élément de tension tout à fait fascinant. Quand il descendait de voiture et qu’il claquait la porte, il ne le faisait pas comme n’importe qui, il le faisait comme un agent du FBI : un pas, un quart de tour, une poussée sur la portière, et bing, tous les gestes enchaînés, les muscles souples, solide et déterminé, gracieux tout en restant viril. Malcolm Zachary buvait son café comme un agent du FBI, il écoutait en silence comme un agent du FBI.

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Une fois une gonzesse a été raconter des trucs sur moi, dit Tiny. Je l’ai pendue à une corniche d’immeuble avec son collant. (Il secoua la tête.) Elle n’aurait pas dû acheter des collants de mauvaise qualité.

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Quand la vie devient dure, les durs reprennent vie.