L’accent de ma mère, de Michel RAGON

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          Un jour, au détour d’une conversation téléphonique, l’évidence est là : la propre mère de l’auteur a un accent. Et pire, cela signifiait forcément que lui avait perdu le sien. Comment se rend-on compte de ce terrible changement ? Qu’est-ce que cela implique ? Est-ce forcément le signe de la perte de ses racines ? L’auteur se penche sur le sujet au travers de sa propre histoire. 

          Ce livre me tentait beaucoup et ce pour deux raisons. La première, c’est que j’avais beaucoup aimé, du même auteur, La mémoire des vaincus ; la seconde, c’est que je me sens particulièrement concernée par le sujet (même si pour ma part, je n’ai pas encore perdu mon accent du sud). J’ai donc commandé ce livre chez mon libraire et me suis jetée dessus dès son arrivée. Eh bien… mon excitation est bien vite retombée. J’en attendais certainement trop de ce livre avec la belle image que je m’en étais faite et tous les articles élogieux que j’avais lus à son sujet. Je l’ai finalement trouvé… banal.

          Je ne sais trop quoi dire de cet ouvrage. On en dit le plus grand bien, un chef d’oeuvre paraît-il et pourtant je n’ai absolument pas vu le génie de la chose. Je me suis terriblement ennuyée à cette lecture. C’est étrange, d’un côté j’ai reconnu cette situation, cette question des racines lorsqu’on est « expatrié » à la capitale ; et pourtant, je n’ai pas ressenti le moindre atome crochu avec ce personnage qui a des réactions aux antipodes des miennes. Pourvu que ça dure et que jamais je ne devienne comme lui à la fois méprisante et vaguement nostalgique. Bref, étant donné que je n’envisage absolument pas cette situation (passer des années sans rentrer, ne pas s’occuper de sa grand-mère dépressive, refuser d’admettre que sa mère puisse préférer un bon pot-au-feu dans le bistrot du coin plutôt que du caviar dans un gastro, j’en passe et des meilleures), il m’a été extrêmement difficile de poursuivre ma lecture. Le livre typique du parisien reniant ses racines et ne l’assumant pas. 

Donc ma mère avait bien un accent. Mais cet accent, que je connaissais depuis ma naissance, cet accent qui était celui de ma langue maternelle, je ne l’entendais pas lorsque je le « voyais » parler. Je ne l’entendais pas parce qu’il m’était naturel. Il ne m’apparaissait qu’à travers l’anonymat de l’écouteur téléphonique. Je ne voyais plus alors ma mère, je ne percevais que l’accent.

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