Mes lectures

Top ten tuesday (08/05)

Top Ten Tuesday, un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il est désormais repris en français par Iani et son carnet de lecture.

Cette semaine, le thème est :

Vos 10 couples préférés dans la littérature

1) Angelo et Pauline, Le hussard sur le toit de Jean Giono. Ah Angelo ! Le bel hussard qui court au secours de cette pauvre femme seule loin de son mari. Une histoire d’amour platonique qui aura marqué des générations.

2) Julien Sorel et Madame de Renal, Le rouge et le noir de Stendhal. Sans doute un des couples les plus connus de la littérature française. Une autre histoire d’amour impossible qui fait des ravages.

La passion peut se comparer à la loterie : duperie et bonheur cherché par les fous !

3) Angélique et Félicien, Le rêve de Zola. Quand Angélique rencontre Félicien, c’est le coup de foudre. Une grande histoire d’amour comme dans les contes de fée.

4) Antigone et Hémon, Antigone de Jean Anouilh. Essentiellement parce que j’aime la tirade d’Antigone chez Anouilh lorsqu’elle explique à Créon pourquoi elle quitte Hémon malgré tout son amour.

Oui j’aime Hémon. J’aime un Hémon dur et jeune ; un Hémon exigeant et fidèle, comme moi. Mais si votre vie, votre bonheur doivent passer sur lui avec leur usure, si Hémon ne doit plus palir quand je palis, s’il ne doit pas me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, s’il ne doit plus se sentir seul au monde et me détester quand je ris sans qu’il sache pourquoi, s’il doit devenir près de moi le monsieur Hémon, s’il doit apprendre à dire « oui » lui aussi, alors je ne l’aime plus Hémon !

5) Tianyi et Yumei, Le dit de Tianyi de François Cheng. Un triangle amoureux dont le nom du 3° protagoniste m’échappe pour le moment. Une histoire teintée de nostalgie qui m’avait beaucoup touchée.

6) Icare et LN, Le vol d’Icare de Raymond Queneau. Un couple peu célèbre mais tout à fait unique. Icare est un personnage de roman et LN est sortie de mots croisés. Une histoire forcément hors du commun.

7) Celeborn et Galadriel, Le seigneur des anneaux de JJR Tolkien. Le roi et la reine des elfes. Tant de beauté, de grâce, d’intelligence… En plus ils vivent dans la forêt. Tant d’élégance, de sagesse et de gravité m’ont toujours fait rêver.

8) Petruchio et Catharina, La mégère apprivoisée de William Shakespeare. Bien plus drôle que les trop terriblement romantiques Roméo et Juliette. Un couple moderne qui n’a pas pris une ride !

9) Titus et Bérénice, Bérénice de Jean Racine. Un couple mythique qui doit choisir entre amour et devoir. Sans doute une des plus belles histoires d’amour littéraires.

Pour jamais ! Ah ! Seigneur, songez-vous en vous-même
Combien ce mot cruel est affreux quand on aime ?
Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
Que le jour recommence et que le jour finisse
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ?
Mais quelle est mon erreur, et que de soins perdus!
L’ingrat, de mon départ consolé par avance,
Daignera-t-il compter les jours de mon absence ?

10) Maggie et Ralph, Les oiseaux se cachent pour mourir de Colleen Mc Cullough. On est presque là dans la caricature de l’histoire d’amour. Une jeune fille et un prêtre qui ne peuvent ni s’aimer ni s’oublier. Un peu excessif à mon goût mais touchant tout de même.

          Bon, je n’avais malheureusement pas de citation pour tous mais c’est à regret. J’aurais sans doute pu choisir d’autres couples, plus célèbres, plus romantiques, plus forts. Ceux-là me sont venus plus ou moins spontanément, ce qui est toujours bon signe. Je ne me reconnais pas nécessairement dans tous mais chacun me séduit à sa manière. Et vous, quels sont les couples littéraires qui vous font rêver ?

Jeunesse·Mes lectures

Histoires pressées, de Bernard FRIOT

          De courtes histoires pour les enfants sages ou moins sages. Une ou deux pages pour rêver quand le temps presse.

          J’ai bien aimé certaines de ces histoires, aussi variées qu’imaginatives. Cependant, j’ai une petite préférence pour les histoires qui prennent un peu plus le temps de s’installer. Un petit livre sympathique, à destiner peut-être avant tout aux enfants turbulents qui ont du mal à fixer leur attention plus de quelques minutes et trouveront ici peut-être le goût de la lecture.

Il était une fois un enfant qui ne croyait pas aux histoires. Dès que sa mère commençait : « Il était une fois un ogre cruel… », il l’interrompait.

– Ne me raconte pas d’histoires, disait-il, les ogres ça n’existe pas !

Mes lectures

Quand reviennent les âmes errantes, François CHENG

          Deux hommes une femme. Histoire d’amour et d’amitié. Mais un triangle amoureux peut-il perdurer sans en rendre les protagonistes malheureux ? Peut-on échapper à l’envie, à la jalousie, au désir de posséder ? A partir de faits réels, François Cheng brosse le portrait de ces êtres exceptionnels portés par un amour tout aussi singulier.

           Longtemps, longtemps, j’ai attendu le troisième roman de François Cheng. J’avais tellement peur d’être déçue par ce que j’allais y trouver (pour ceux qui auraient raté ma minute groupie du mois, c’est ici). J’ai donc ouvert ce roman avec la plus grande prudence, terrorisée à l’idée de n’y pas trouver ce que j’attendais. Dès les premières lignes, j’ai retrouvé l’incroyable style de l’auteur. Tant de poésie en si peu de mots, ça dépense l’entendement, on touche au divin.

           L’auteur nous raconte une nouvelle histoire d’amour fou. Vous le savez, les grandes envolées lyriques ont une tendance certaine à m’agacer. Mais l’écriture de François Cheng est tout simplement magique : ce qui serait d’une mièvrerie sans nom sous toute autre plume devient juste un sommet de sensibilité et de délicatesse sous la sienne. J’en retrouverais presque un romantisme de jeune fille en fleur. Les sentiments sont exprimés avec une telle pureté qu’on ne peut que succomber à son tour. Je ne saurais expliquer à quel point la poésie qu’il met dans ses textes me remue, on touche là aux grands mystères et à toute la magie de la littérature.

          Ce roman n’est peut-être pas son meilleur. Un peu court à mon goût (eh oui, quand on aime, on voudrait que ça dure toujours…). J’aurais aimé que l’histoire soit plus développée. Il m’a un peu manqué l’aspect culturel du Dit de Tianyi. Cela dit, il s’agit d’une histoire tirée de faits réels dont je n’avais jamais entendu parler (ma culture chinoise est un peu faiblarde) et ça m’a donné cruellement envie d’en savoir plus. En tout cas, bien que je n’aie pas vécu de grande révélation face à ce livre, je n’ai pas pour autant été déçue, ce qui est déjà beau étant donné mes attentes. J’ai retrouvé le style incroyable de cet auteur à la sensibilité exacerbée. François Cheng reste définitivement un de mes auteurs favoris, et j’espère qu’il nous livrera encore quelques perles rares. Un livre léger et subtil comme on aimerait en lire plus souvent.

Si l’amour enseigne le don total et le total désir d’adoration, l’amitié, elle, initie au dialogue à coeur ouvert dans l’infini respect et à l’infini attachement dans la non-possession. Les deux, vraie amitié et vrai amour, s’épaulent, s’éclairent, s’éclairent, se haussent, ennoblissant les êtres aimants dans une commune élévation.

Mes lectures

Les mille automnes de Jacob de Zoet

          En 1799, Jacob de Zoet fait partie des rares européens à commercer avec le Japon. Il est en poste comme clerc à Dejima, un comptoir aux portes de Nagazaki dont il ne peut sortir. Dans ce pays où les étrangers sont parqués loin de la population, où l’intégration est interdite, il va découvrir un univers étrange et fascinant. Lui qui s’était engagé pour 5 ans espérant faire fortune pour pouvoir épouser la femme qu’il aime, va sans le savoir au devant d’une vie d’aventures. Un voyage qui lui réservera bien des surprises et le changera à jamais.

          J’ai mis un peu de temps pour rentrer dans cette histoire très riche. Si le style m’a de suite plu, il est assez travaillé et demande un certain temps d’adaptation. Ensuite, comme le personnage, il faut se familiariser avec un environnement nouveau, des personnages, une époque, un lieu, des coutumes… Beaucoup de choses à intégrer à la fois. Une profusion de détail, une écriture riche, qui déroutent un peu. Toutefois, malgré ces premières pages un peu difficiles, l’histoire démarre assez vite et sait accrocher son lecteur.

          J’ai beaucoup aimé cette plongée dans un comptoir oublié du Japon à la toute fin du XVIII° siècle. Contrairement à la plupart des fresques du genre, on échappe aux rebondissement attendus. Si l’histoire est riche en péripéties, le dénouement en est toujours incertain. On se laisse bien souvent surprendre par le tour que prennent les évènements, loin des habituels clichés. Il y a beaucoup de choses dans ce roman : de l’histoire, de l’action, de la culture, de l’amour… Un livre qui échappe presque à la description tant il est riche et complexe. J’ai trouvé l’aspect culturel et historique absolument passionnant. La confrontation entre orient et Occident est décrite avec subtilité. Les personnages sont aussi très travaillés, dressés avec finesse, ils sont attachants sans tomber dans le pathos. Une fresque extrêmement réussie.

          S’il faut fournir quelques efforts pour s’immerger dans ce livre, cela en vaut grandement la peine. Le moins qu’on puisse dire c’est que je n’ai pas dévoré cet ouvrage, j’ai eu besoin de pauses fréquentes pour m’imprégner de chaque détail et voir le puzzle se mettre en place (même si vers la fin le rythme s’accélère sérieusement). Un livre dans lequel on plonge peu à peu et qu’on ne quitte qu’à grand regret, tant l’univers créé est fort et séduisant. Des intrigues qui s’entre-croisent, un volet historique très documenté, un voyage au coeur du Japon, une histoire d’amour délicate, un style magistral : un vrai grand moment de littérature. L’excellente nouvelle ? David Mitchell est jeune, nous avons encore de nombreuses aventures à vivre à travers ses histoires.

L’amour est la chose du coeur. ou bien : l’amour est comme le sake : on boit, il y a une nuit de joie, oui ; mais le matin froid arrive, et on a de la migraine et le ventre est malade. Un homme peut aimer les concubines car quand l’amour meurt il dit « au revoir » : c’est plus aisé et il n’y a pas de blessures. le mariage est différent. Le mariage c’est la chose de la tête : le rang… le commerce… la lignée.

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C’est pas les bonnes intentions qui pavent la route de l’enfer. C’est les bonnes raisons qu’on se donne.

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Le ventre recherche la nourriture ; la langue, l’eau ; le coeur, l’amour ; et l’esprit, les récits.

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Un récit se doit d’avancer. Le malheur est mouvement ; la satisfaction est inertie.

Cinéma·Mes lectures

Top ten tuesday (01/05)

          Top Ten Tuesday, un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il est désormais repris en français par Iani et son carnet de lecture.

Cette semaine, le thème est :

Les 10 meilleures adaptations cinématographiques ou télévisuelles de livres.

Voici une sélection tout à fait arbitraire, dans le désordre :

1) Le Seigneur des Anneaux. Le livre reste pour moi une référence absolue, une des fresques les plus incroyables jamais écrites. Impossible de reproduire à l’écran tous les détails imaginés par l’auteur et amplifiés par mon imagination. Pourtant l’adaptation, aussi casse-gueule fut-elle, est à la hauteur du roman. Si elle n’est pas aussi riche, elle ne trahit pas l’histoire et est devenue tout aussi culte.

2) Le liseur. J’ai moyennement aimé le livre, un peu pareil pour le film mais pour des raisons différentes. Pas assez de sentiments dans le 1°, un peu trop dans le 2°. Les deux se complètent bien et l’histoire comme les personnages y sont bien respectés.

3) Carnets de voyage. Le film est infiniment meilleur que le journal dont il est extrait. Le Che était meilleur révolutionnaire qu’écrivain. Un film qui rend joliment hommage à Ernesto Guevara et donne envie de filer sur les routes sud-américaines.

4) Ensemble c’est tout. Le film est aussi insipide que le livre. Un exploit !

5) Le journal de Bridget Jones. La même légèreté, le même humour décalé. Une adaptation réussie même si je garde un petit penchant pour le livre.

6) Les liaisons dangereuses. L’adaptation avec John Malkovich est très bonne. En revanche, celle avec Gérard Philippe restera comme un des plus gros ratages en matière d’adaptation.

7) Stupeur et tremblements. J’ai vu le film en premier, que j’ai beaucoup aimé, puis j’ai lu le livre et j’ai eu l’impression que c’était exactement la même chose. J’ai rarement vu un film retranscrire aussi précisément un texte. Impressionnant !

8) Le hussard sur le toit. Je garde une nette préférence pour le livre, mais le film, même s’il y manque quelques passages important, lui reste assez fidèle. Olivier Martinez en Angelo est un excellent choix.

9) Cyrano de Bergerac. Depardieu en Cyrano, une performance exceptionnelle. Sans doute un de ses plus beaux rôles. Je ne me lasse pas de le voir et le revoir. Le texte y est mis à l’honneur avec brio. Sans doute une des plus belles adaptations de théâtre au cinéma.

10) Zazie dans le métro. Ce n’est pas là mon Queneau préféré (c’est même un de ceux que j’aime le moins). Je n’ai pas aimé le film non plus, que je trouve particulièrement agaçant. Toutefois, il reste fidèle au texte et donne chair au personnage de Zazie. Un film culte.