Bars, restaurants

Un dîner chez Michel et Sébastien Bras

          Michel et Sébastien Bras, un père et un fils qui ont su faire de leur restaurant de Laguiole un repère de la gastronomie. 3 étoiles que le père a su transmettre à son fils. Une cuisine a base de produits de l’Aubrac et de plantes fraîchement cueillies pour une cuisine de saison au plus près de la nature. J’avais hâte d’y goûter !

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           La première chose qui impressionne quand on arrive chez les Bras, c’est la vue exceptionnelle sur le plateau de l’Aubrac qui s’offre à nous. Elle est de toute beauté et la terrasse qui ressemble à une proue de bateau est idéale pour en profiter. La décoration de la salle est très sobre mais avec ses grandes baies vitrées, elle offre une vue exceptionnelle. Nous avons d’ailleurs pu profiter d’un coucher de soleil absolument fabuleux.

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          Dans l’assiette, la relative sobriété de la cuisine – comme de la déco d’ailleurs – m’a étonnée. Au menu, on trouve entre autres une salade d’herbes encore plus belle que bonne, de l’agneau avec de l’aligot (j’adore ça mais là j’ai cru que j’allais exploser) ou encore du homard avec une vinaigrette à la myrtille qui était juste à tomber ! Parce que certes c’est simple, mais qu’est-ce que c’est bon !

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          Souvent dans les grands restaurants, je suis déçue par les desserts, rarement à la hauteur. Ici, ils sont largement au niveau de ce qui précède, voire même légèrement supérieurs pour un repas qui se termine en beauté. Sébastien Bras a même réussi à me faire aimer les figues, l’un des très rares fruits que je n’apprécie  habituellement pas. J’aurais pu en manger des kilos si je n’avais pas déjà été aussi repue ! Un délice !

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          Evidemment, ce type de restaurant n’est pas donné et reste réservé à des occasions particulières (en l’occurrence le départ à la retraite de ma maman – au passage je remercie d’ailleurs ses collègues pour cette riche idée et mes parents de m’avoir gentiment invitée). Toutefois, la maison Bras n’est pas parmi les plus chères, comptez autour de 150€ par personne.

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          On m’avait vanté cette adresse pour son originalité et son côté marquant. A vrai dire, si j’ai tout trouvé excellent, la surprise a rarement été au rendez-vous au cours du repas. J’ai aimé qu’on puisse visiter les cuisines, ça restera pour moi le moment le plus fort de la soirée malgré un passage trop bref (foutue timidité), suivi de près par le fabuleux coucher de soleil qui a donné a ce repas une teinte toute particulière.

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          L’accueil est adorable et plein de petites attentions que j’ai beaucoup appréciées. C’est finalement le tout qui fait que cette soirée restera pour moi mémorable, même si je ne garderai sans doute pas le souvenir de chaque plat comme ça a pu être le cas chez Marc Veyrat ou Jean-Luc Rabanel. Une très belle soirée dans une adresse à part, entre tradition et modernité, qui met la nature au cœur de l’assiette. 

Cinéma

Hippocrate

Comédie dramatique française de Thomas Lilti avec Vincent Lacoste, Reda Kateb, Jacques Gamblin

          Benjamin veut devenir un grand médecin, comme son père, c’est donc tout naturellement qu’il choisit le service de celui-ci pour son internat. Mais la pratique n’est pas de tout repos et les responsabilités écrasantes. Il va s’en rendre compte le jour où un patient meurt par sa faute. Se remet-on d’une épreuve pareille ?

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          Ce film me tentait bien. On peut dire que je suis pour le moins confrontée au milieu médical en ce moment et un regard un peu différent m’attirait forcément. Le tout traité avec humour en prime, je ne voulais pas rater ça ! La bande-annonce était plutôt drôle mais laissait présager des moments d’émotion. J’ai été un peu déçue de ne pas retrouver tout à fait cette ambiance dans le film qui s’est avéré peut-être un peu fade même s’il n’est pas dénué de qualité. Son atout principal tient dans son point de vue inhabituel qui nous immerge dans le milieu médical. On sent une vraie honnêteté dans la réalisation qui donne au film une certaine fraîcheur quitte à le rendre parfois un rien naïf.

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          Je m’attendais à la fois à quelque chose de plus drôle et de plus sensible. De plus fort en somme. Le réalisateur est médecin et c’est l’histoire de son internat qu’il raconte ici. S’il est intéressant de voir ces jeunes médecins désemparés en se retrouvant seuls pour la premier fois, il aurait sans doute été préférable que l’histoire ait été traitée par quelqu’un qui en soit moins proche. Il m’a semblé que le réalisateur manquait un peu de recul pour donner au film l’impulsion qui lui manque pour convaincre vraiment. Toutefois, il n’y a pas grand chose à reprocher au résultat à part un certain manque de d’originalité dans la mise en scène qui plombe un peu le tout.

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          Le jeune Vincent Lacoste est très convaincant et parvient à donne une certaine profondeur au personnage de Benjamin et à le rendre sympathique. Les aspects humains du film sont assez réussis : les médecins démunis face au manque de moyen, la peur de faire des erreurs, les querelles entre les uns et les autres avec leurs conséquences pour les patients. C’est sur ce point que le scénario fait la différence même si le potentiel n’est pas suffisamment exploité et que le résultat aurait pu gagner en profondeur. Un film un peu trop sage formellement mais agréable et qui a le mérite de faire la lumière sur un milieu assez obscur. Une demie-réussite en somme.

Mes lectures

Chrysis, un très beau roman de Jim Fergus

          Gabrielle a 18 ans quand elle entre aux Beaux-Arts, dans le seul atelier ouvert aux femmes. Très vite, elle prendra pour nom d’artiste « Chrysis » et la jeune fille de bonne famille va découvrir un monde où les mœurs sont pour le moins dissolues. Fascinée, elle va en faire le matériau principal de son art. Elle va également rencontrer Boguey, un cow-boy qui a intégré la légion étrangère pendant la guerre et avec qui elle va vivre une grande histoire d’amour.

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          Jim Fergus nous a surtout habitués à des récits passionnants sur les peuples indiens, comme c’était le cas avec Mille femmes blanches notamment. J’ai été surprise de voir qu’ici il changé totalement de sujet en nous livrant la biographie d’une peintre française du début du XX° siècle. J’avais hâte de découvrir ce texte dont j’avais entendu dire tant de bien. Je dois avouer que je n’ai pas été déçue ! L’écriture est plus fluide que dans les deux autres romans que j’avais lus de l’auteur. Elle a ici une certaine légèreté qui me semble parfaitement coller à l’ambiance du Paris des années 30. De plus, le court texte introduisant le roman et racontant son origine est pour le moins émouvant et offre une lecture toute particulière de ce qui suit.

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          J’ai beaucoup aimé ce livre qui m’a fait découvrir une peintre dont j’ignorais tout. Je ne suis pas experte en la question mais le milieu du Montparnasse dans l’après-guerre m’a semblé extrêmement bien décrit. L’auteur le rend très vivant et nous immerge dans cette effervescence qui y règne. L’histoire d’amour entre Gabrielle et Boguey est très forte sans pour autant sombrer dans la mièvrerie ou les clichés habituels. Elle est simplement belle. Beaucoup de sujets de société sont abordés l’air de rien dans ce roman, la place des femmes notamment. Il nous livre aussi une peinture fascinante du milieu artistique parisien de l’époque. J’ai trouvé ce texte passionnant de bout e bout. Cette lecture est un vrai régal.

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Si tu ne revois jamais cet homme, une partie de toi l’aimera jusqu’à la fin de tes jours. Tu garderas pour toujours le souvenir d’un sentiment pur. L’amour concrétisé est rarement aussi durable.

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Il n’y a pas de sujet qui soit hors de la portée de l’artiste, à partir du moment où il se sent engagé.

Expositions

Magnifiques arts de l’islam au Louvre

          Il y a 2 ans, ouvraient au Louvre le nouveau département des Arts de l’Islam. 1000 ans d’histoire représentés par 3000 œuvres exposées sur 1000 m² au cœur du plus grand musée du monde. Avec un peu de retard, je suis enfin allée visiter ce nouveau département.

Les Arts de l'Islam

           J’avais hâte de voir le nouveau bâtiment qui avait demandé tant d’années de travaux. Il a été construit sur une des cours du Louvre et on nous avait promis un joli toit irisé en forme de tapis volant. J’avoue que j’ai été un peu déçue par cet aspect-là, je m’attendais un lieu plus lumineux. Il faut dire aussi que j’y suis allée un jour de grisaille, ce n’étaient pas forcément les conditions idéales pour profiter des reflets sur la toiture…

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          En revanche, j’ai été assez impressionnée par le contenu. Je ne connais pas du tout l’histoire du Moyen-Orient et des empires arabes. Même si je sais qu’ils ont créé des pièces magnifiques (un petit voyage en Espagne suffit largement à s’en convaincre), je ne savais pas exactement à quoi m’attendre et j’avais un peu peur de ne pas arriver à tout suivre, je manque sérieusement de références en la matière.

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          Fort heureusement, les panneaux explicatifs sont très clairs et permettent de se repérer dans l’histoire. Bon, il y a quelques références qui m’ont échappé j’ai quand même réussi à comprendre l’essentiel il me semble. En tout cas plus ou moins d’où les pièces venaient, de quelle époque et même les grands courants artistiques et leurs inspirations. C’est déjà pas mal !

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          J’ai été époustouflée par la beauté de certaines œuvres et par leur exceptionnel état de conservation. Les céramiques sont particulièrement fines et bien décorées : de toute beauté ! Ce sont sans doute les pièces qui m’ont le plus impressionnée même si le travail du métal est également très impressionnant. L’espace d’exposition est très vaste et on en prend plein les yeux. Ca mérite vraiment le détour.

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          Des écrans sont disposés tout au long du parcours et apportent des éclaircissements passionnants sur certains points. J’ai particulièrement aimé celui sur le livre (forcément !). Bref, j’ai trouvé cette visite des plus instructive. Vous excuserez la piètre qualité des photos, j’avais malencontreusement oublié mon appareil photo et ai dû me contenter de mon téléphone. Le département des arts de l’Islam est splendide et très bien conçu. Une visite intéressante et de toute beauté.

Mes lectures

Pas pleurer, un joli texte de Lydie Salvayre

          Lydie Salvayre raconte la Guerre d’Espagne à travers la voix de sa mère, Montse, alors adolescente et qui l’a vécue comme une libération. S’y mêle la voix révoltée, elle, de Bernanos, témoin et dénonciateur des pires atrocités. Deux visions opposées d’un même événement qui résonnent étrangement avec le présent.

Pas pleurer

          De Lydie Salvayre, je n’avais lu que BW, très récemment, et que j’avais beaucoup aimé. Il m’avait donné l’envie de lire autre chose d’elle et quand j’ai vu qu’elle publiait un nouveau livre en cette rentrée littéraire, sur un sujet aussi fort qui plus est, je n’ai pas pu résister à la tentation de le lire. J’ai retrouvé avec bonheur le même style enlevé que dans BW, la même énergie. Une écriture plus complexe qu’il n’y paraît et extrêmement maîtrisée, un vrai régal ! Ici, l’auteur donne la parole à sa mère, qui a grandit en Espagne, et retranscrit ses paroles en y laissant les fautes de français et les mélanges entre les deux langues pour un résultat très vivant et plus vrai que nature.

          Quant à l’histoire, elle est bien sûr passionnante. Le sujet choisi est très fort et la manière de le traiter pour le moins originale. Je dois admettre que j’ai quelques lacunes en histoire (à mon grand désespoir) et que je suis loin de connaître les détails de la Guerre d’Espagne. Les quelques livres que j’ai lus sur le sujet étaient toujours assez arides – trop parfois – et j’ai été étonnée par le ton de celui-ci tout comme par son point de vue particulier. Le fait de faire parler sa mère, avec son point de vue singulier et ses imprécisions, rend le récit à la fois accessible et touchant, ça le rapproche de nous. Le fait d’y mêler la voix de Bernanos permet de rétablir dans le même temps une autre vérité historique, celle des exécutions et de l’horreur. Un très joli texte, léger, tendre, émouvant.

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Il faut que tu comprends qu’à cette époque-là, les racontages remplacent la télévision et que les villageois, dans leur appétit romantique de disgrâces, et de drames, y trouvent matière à rêves et à inflammations.

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Ma mère est une mauvaise pauvre. Une mauvaise pauvre est une pauvre qui ouvre sa gueule.